La France et le Royaume-Uni renforcent leur coopération scientifique

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Royaume-Uni | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
13 mars 2019

À l’occasion des 80 bougies du CNRS, la France et le Royaume-Uni renouvellent leurs liens étroits dans le domaine de la coopération scientifique

Ce mardi 12 mars, le CNRS rassemblera ses partenaires académiques et institutionnels britanniques ainsi que des industriels français présents sur le sol britannique afin de célébrer ensemble son 80ème anniversaire.

Cet évènement aura pour objectif de mettre en lumière le rôle du CNRS en tant qu’acteur majeur de la recherche et de l’innovation au niveau mondial, et partenaire académique de prédilection au Royaume-Uni en soulignant notamment le lien étroit qui l’unit à la communauté des chercheurs. Cette réunion sera une occasion unique de montrer que le CNRS valorise le partenariat scientifique avec les institutions britanniques, fondé sur des relations solides et à long terme, et d’exprimer l’engagement des deux pays à voir perdurer leur coopération bilatérale.

En effet, la coopération entre le CNRS et le Royaume-Uni se décline en partenariats forts qui s’appuient sur des actions institutionnelles conjointes, tels que les partenariats avec l’Université d’Oxford autour de la Maison française d’Oxford, et avec Imperial College London à travers le laboratoire de recherche international (UMI) Abraham de Moivre en mathématiques, inauguré en 2018.

La Maison française d’Oxford renforce ses liens avec l’Université d’Oxford en signant un accord de collaboration tripartite

Depuis 1946, la Maison française d’Oxford (MFO) contribue à entretenir les relations fortes qui se sont tissées entre le CNRS et l’Université d’Oxford, une des universités les plus réputées au monde. À l’occasion de la réception marquant le 80ème anniversaire du CNRS à Londres, un accord de collaboration tripartite CNRS-MEAE-Université d’Oxford sera signé, qui veillera à élargir le périmètre scientifique de la MFO dans un objectif d’interdisciplinarité et à pérenniser son intégration au sein de l’Université britannique. L’accord permettra également à l’Université d’accroître sa représentation au sein du Comité de Paris, l’organe chargé de superviser la stratégie académique de la MFO.

L’Ambassadeur de France au Royaume-Uni, Son Excellence Jean-Pierre Jouyet, a déclaré : « Cet accord permettra d’assurer une relation toujours plus étroite entre le CNRS et l’Université d’Oxford, deux institutions d’excellence réputées dans le monde entier. Je me réjouis de cette initiative, car elle illustre à quel point les relations franco-britanniques sont dynamiques, en particulier dans le domaine universitaire. »

Le renforcement des liens avec les universitaires du monde entier est une priorité pour l’Université d’Oxford, qui s’est engagée, par le biais de son plan stratégique récemment publié, à élargir ses collaborations de recherche stratégiques internationales.

Le professeur Lionel Tarassenko, directeur du département des sciences de l’ingénieur d’Oxford et président du comité d’Oxford de la MFO, a déclaré pour sa part : « Cet accord nous donne l’opportunité d’élargir et d’approfondir les relations entre le CNRS et les chercheurs d’Oxford dans les quatre Divisions de l’Université, à un moment où il est essentiel de jeter les bases des collaborations entre la communauté universitaire britannique et ses homologues en Europe. » Frédéric Thibault-Starzyk, directeur de la Maison Française d’Oxford, a ajouté : « La Maison Française d’Oxford est ravie d’accueillir ce nouveau partenariat. L’accord d’aujourd’hui aura un impact transformationnel sur la MFO et […] donnera ainsi à notre travail une plus grande visibilité tant au niveau local que dans le contexte européen. »

Selon le Professeur Alain Schuhl, directeur général délégué à la science du CNRS, « célébrer les 80 ans du CNRS à la Résidence de France avec nos partenaires britanniques est l’un des événements phares de cette année anniversaire. Je remercie tout particulièrement Son Excellence Jean-Pierre Jouyet, ambassadeur de France au Royaume-Uni, pour la co-organisation de cet événement, et le Professeur Alice Gast, présidente d’Imperial College London, pour son témoignage sur la qualité de notre coopération. Nos implantations au Royaume-Uni et les nombreux projets initiés conjointement par le CNRS et nos partenaires britanniques au fil des années témoignent de la vitalité et de la richesse de cette collaboration, que nous sommes déterminés à poursuivre au plus haut niveau. La signature d’un accord élargissant les activités de la Maison française d’Oxford confirme notre engagement à maintenir une étroite coopération en matière de recherche. »

Le centre UMI de Moivre : un exemple de la diversité et profondeur des liens franco-britanniques

Le 1er janvier 2018, Imperial College London s’était associé au CNRS, le plus grand organisme de recherche en Europe, pour créer l’Unité Mixte Internationale (UMI) de mathématiques, un signe fort des liens étroits qui lient la France et le Royaume-Uni. Imperial College London est l’une des dix meilleures universités au monde, la seconde institution en termes de nombre de publications au Royaume-Uni, et la première en termes d’impact dans le domaine des mathématiques. Sur la base de cette coopération et des liens anciens entre les deux communautés de chercheurs, les deux institutions avaient continué à concrétiser leurs relations approfondies en inaugurant conjointement, le 15 janvier 2018, le premier laboratoire de recherche international au Royaume-Uni, pour célébrer « Les nouvelles frontières des mathématiques », en présence de plusieurs mathématiciens médaillés tels Martin Hairer et le député Cédric Villani.

Première UMI établie entre le CNRS et une institution britannique, le laboratoire Abraham de Moivre, qui porte le nom du grand mathématicien français ayant vécu aux 17e et 18e siècles, est la 37e Unité mixte internationale du CNRS et la dixième dans le domaine des mathématiques. Ce projet, qui représente le plus haut niveau de collaboration, établit la pérennité du partenariat franco-britannique dans le domaine des mathématiques. Il permet une meilleure mobilité entre les deux institutions et s’appuie sur des bourses de recherche.

Le laboratoire Abraham de Moivre accueille aujourd’hui des chercheurs et étudiants des deux institutions sous la direction de Richard Craster, professeur émérite de mathématiques appliquées à l’Imperial College, qui entend mettre l’accent sur des domaines tels que la théorie des nombres, l’analyse mathématique, les biomathématiques et les mathématiques financières. Ces cinq dernières années, les chercheurs des deux institutions ont publié en commun plus de 2 700 articles scientifiques.

Le professeur Pascal Auscher, directeur scientifique de l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions (INSMI) du CNRS, a déclaré : « Une politique internationale dynamique fait partie de l’ADN du CNRS. Grâce au grand nombre de mathématiciens français sur le sol britannique et aux liens franco-britanniques profondément enracinés en mathématiques, la collaboration entre les deux pays est extrêmement fructueuse. L’accord institutionnel créant l’UMI Abraham de Moivre renforcera cette base de recherche commune déjà bien établie. »

L’ambassadeur de France au Royaume-Uni, Jean-Pierre Jouyet, a déclaré : « Le lancement de cette initiative conjointe reflète la profondeur et l’importance de la collaboration franco-britannique. Le CNRS et l’Imperial College de Londres sont des leaders mondiaux dans le domaine des mathématiques, et l’UMI Abraham de Moivre fournira une fenêtre pour atteindre la communauté mathématique britannique en général, via les connexions et partenariats établis par l’Imperial College de Londres. »

La professeure Alice Gast, présidente d’Imperial College London, a déclaré : « Au cours des 12 derniers mois, Imperial College et le CNRS ont démontré le pouvoir de la collaboration franco-britannique. L’UMI Abraham de Moivre rassemble certains des meilleurs chercheurs du monde pour relier le pouvoir des sciences mathématiques à des domaines tels que l’intelligence artificielle, la science des données et la santé publique. Ce partenariat témoigne de l’engagement d’utiliser les découvertes scientifiques et la collaboration au service de la société, au cœur des préoccupations d’Impérial et du CNRS. »

Aujourd’hui, la présence du laboratoire au cœur du Département de Mathématiques d’ICL, l’un des départements les plus importants et les mieux évalués au Royaume-Uni, lui confère un statut privilégié dans le paysage scientifique britannique et facilite l’accès de ses membres aux programmes d’accueil de chercheurs étrangers.