Japon : Des cellules IPS pour restaurer la fonction cardiaque chez des singes souffrant d’infarctus du myocarde

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Brève
Japon | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
12 octobre 2016

Des chercheurs japonais viennent de publier les résultats de travaux utilisant la technique de reprogrammation de cellules spécialisées en cellules indifférenciées chez des singes souffrant d’infarctus du myocarde.

En 2012, le professeur Shinya Yamanaka remportait le prix Nobel de médecine pour avoir mis au point une technologie permettant d’obtenir des cellules pluripotentes indifférenciées à partir de cellules pourtant déjà spécialisées.

Aujourd’hui, d’autres chercheurs japonais dont le Prof. Yuji Shiba de l’Université de Shinsu, sont les premiers à publier une étude dans la revue Nature dans laquelle cette technique permet d’améliorer la fonction cardiaque de cinq macaques mangeurs de crabes présentant des dysfonctionnements du muscle cardiaque. Ils ont en effet généré des cellules pluripotentes indifférenciées à partir de fibroblastes d’un singe donneur choisi pour sa compatibilité immunitaire avec les singes receveurs.

Point important, le complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) de cette espèce de singes, complexe moléculaire clef de la défense immunitaire, est très proche de celui de l’Homme, laissant suggérer qu’une telle application pourrait être transposée rapidement à l’humain.

Jusqu’à présent, les cellules pluripotentes induites (IPS) sont surtout utilisées pour modéliser des maladies génétiques que l’on souhaite étudier et les cellules souches embryonnaires sont préférées en thérapie car mieux connues en théorie que les cellules IPS.

Sans sous-estimer le chemin qu’il reste encore à parcourir pour pouvoir bénéficier de cette thérapie - quelques effets secondaires ont notamment été observés (dont des arythmies) - les résultats de cette étude montrent bien les avantages de ces cellules, qui limitent le risque de rejet par le système immunitaire du receveur, sont accessibles par simple biopsie du patient-même et s’affranchissent du problème d’éthique car n’étant pas issues de cellules embryonnaires.

Source :
"Allogeneic transplantation of iPS cell-derived cardiomyocytes regenerates primate hearts"

Rédacteur : Thibaut Dutruel, ch.mission.sdv chez ambafrance-jp.org