Les insectes sont plus vieux qu’on ne le croit !

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Hong Kong

Brève
Hong Kong | Science de la terre, de l’univers et de l’environnement : énergie, transports, espace, environnement
3 octobre 2018

Deux énormes fossiles trouvés en Chine ont révélé des indices sur l’origine de la diversité des insectes, groupe animal ayant la plus grande diversité sur terre. Cette découverte montre une explosion de la diversité de cette espèce juste après l’extinction permienne survenue il y a 252 millions d’années.

« Cette découverte est très spectaculaire » déclare le paléo écologue Conrad Labandeiras à la Smithsonian Institution’s National Museum of Natural History à Washington. L’extinction Permien-Trias a été causée par trois évènements majeurs, une augmentation massive de l’activité volcanique, un réchauffement de l’atmosphère terrestre et une pluie d’astéroïde responsable de la disparition de plus de 90 % des espèces marines et plus de 70 % des animaux terrestres. De nombreux insectes appelés coléoptères (dotés d’élytres protégeant leurs ailes) tels que les cafards, les libellules ont prospéré avant cet évènement mais les chercheurs doutaient jusqu’à ce jour de leur survivance. Les fossiles pouvant répondre à cette interrogation sont rares du fait que les insectes ne disposent pas de coquille ou d’os, éléments les plus résistants au temps.

Les paléontologues Zheng Daran et Wang Bo de l’université de Nanjing ont collaboré avec le chercheur Chang su-Chin de l’Université de Hong Kong à l’analyse de grès s’étant formé dans le nord-ouest de la Chine sur deux sites séparés de 2.300 km chacun mais présentant des caractéristiques communes, notamment en termes de datation. L’équipe a pu collecter 800 fossiles contenant des restes d’ailes et de larves de plus de 28 espèces d’insectes issues de 11 groupes différents.

Crédits : Eurekalert

Les résultats montrent que les blattes et les scarabées ont survécu à la grande extinction de masse du Permien-Trias, alors que les autres espèces ont évolué. Cette découverte combinée aux études faites par Labandeiras sur les anciennes interactions plante-insecte étaye ce résultat, montrant que la biodiversité des insectes pendant cette période résultait d’un mélange de survivants de l’extinction et d’espèces nouvelles en évolution. Les sites d’où sont issus les échantillons démontrent que l’apparition de nouveaux insectes s’est faite bien avant les dernières estimations faites (estimées à 130 millions d’années auparavant), en particulier pour ceux vivant en milieu humide. A leur manière, les insectes de l’époque ont participé au développement de leur écosystème dont nous sommes les témoins aujourd’hui.

En effet cette nouvelle datation fait écho à l’explosion de la diversité végétale. Les insectes ont pu jouer le rôle de pollinisateur et par un cercle vertueux contribuer à leur propre développement grâce aux plantes.

Crédits : sciencemag.org

Rédacteur : Vincent de BRIX, chargé de mission scientifique

Sources :