Une nouvelle technologie d’imagerie médicale pour la détection des maladies pulmonaires

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Chine | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie | Science de la matière : matériaux, physique, chimie, optique
10 septembre 2015

Les maladies pulmonaires sont un problème de santé de premier plan, particulièrement en Chine en raison de la pollution de l’air, du tabagisme et du vieillissement de la population. Une équipe de chercheurs chinois a mené la première expérimentation du pays d’imagerie par résonance magnétique (IRM) associée à du gaz sur des patients atteints de ces maladies.

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 2,2 millions de personnes décèdent chaque année d’un cancer en Chine et le cancer des poumons est désormais le cancer le plus souvent diagnostiqué chez les hommes chinois. Le nombre de personnes atteintes de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), d’asthme ou de pneumoconiose a également augmenté en Chine ces dernières années.

La détection précoce et précise de ces maladies pulmonaires augmente considérablement les chances de réussite des traitements médicaux. C’est dans ce but qu’une équipe de chercheurs de l’Institut de physique et mathématiques de Wuhan de l’Académie des sciences de Chine a récemment mené la première expérimentation du pays d’imagerie par résonance magnétique (IRM) associée à du gaz sur des patients atteints de maladies pulmonaires. Cet institut coopère avec l’hôpital Zhongnan de l’Université de Wuhan et est le seul institut chinois à travailler sur cette nouvelle technologie.

Actuellement, la tomodensitométrie (CT-scan) et la tomographie par émission de positons (PET) sont les principales techniques utilisées afin d’obtenir des images des poumons. Cependant, ces techniques reposent sur un rayonnement (rayons X et positons) ce qui représente un risque supplémentaire pour la santé du patient et elles ne fournissent pas toutes les informations nécessaires à l’évaluation du fonctionnement des poumons tels que les échanges de gaz. L’IRM conventionnelle, basée sur l’utilisation du signal de protons, peut quant à elle représenter la structure et le fonctionnement du cerveau et d’autres organes mais ne peut pas donner une image correcte des poumons. En effet, les poumons se composent de beaucoup d’espaces vides remplis d’air qui ne donnent pas de signal détectable et le tissu est fait d’alvéoles qui ont une densité très faible en protons.

Ces dernières années, les chercheurs de l’Institut de physique et mathématiques de Wuhan ont travaillé sur une technique utilisant l’IRM associée à des gaz nobles hyperpolarisés, c’est-à-dire fortement aimantés permettant d’amplifier le signal de la résonance magnétique nucléaire. La clé de leur recherche serait l’utilisation du gaz 129Xe (un isotope du gaz noble xénon). Grâce à ce gaz, les chercheurs auraient obtenu des images détaillées capable de cartographier les poches d’air dans les poumons et de qualité nettement supérieure à l’IRM traditionnelle. Cette nouvelle technologie pourrait donc devenir un excellent outil pour l’étude des poumons et pour le diagnostic des maladies pulmonaires. Elle est actuellement à l’étape préclinique ; l’équipe de recherche espère pouvoir la mettre en pratique hospitalière d’ici 3 à 5 ans.

Sources

http://www.ecns.cn/2015/09-08/180227.shtml
http://zhougroup.org/index.php?z=spage&c=index&a=16
http://www.abc.net.au/news/2015-02-04/cancer-rates-in-china-rising/6068954

Rédacteur

Céline Laplassotte, celine.laplassotte[a]diplomatie.gouv.fr

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