Workshop enseignement supérieur, recherche et industrie ; bilan du programme Nicolas Baudin

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Australie

Australie | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
31 janvier 2020

Plus de 150 participants se sont réunis le 4 décembre 2019 à Adélaïde pour assister au séminaire France/Australie sur l’enseignement supérieur, la recherche et l’industrie, organisé à l’initiative du poste. Le succès du programme Nicolas Baudin (« Initiative stages en France ») était à l’origine de cette rencontre, orientée sur les modalités de montée en puissance de notre coopération universitaire et scientifique. Cette impulsion a permis le lancement, avec le gouvernement d’Australie méridionale, du programme réciproque « Matthew Flinders ».

Contexte

Initié en 2017 en tant que projet pilote, l’initiative stages en France du programme Nicolas Baudin est désormais bien identifiée dans le paysage universitaire australien. Il offre à des étudiants australiens l’opportunité d’un stage de recherche au sein d’un établissement d’enseignement supérieur français en collaboration avec un partenaire industriel de premier plan, ainsi qu’un soutien financier. Celui-ci comprend une indemnité de stage fournie par l’établissement d’accueil en France, et une aide à la mobilité de la part de l’université australienne d’origine du lauréat, tandis que l’Ambassade finance le voyage.

Avec 21 candidatures pour 9 lauréats en 2017, et 168 candidatures pour 27 lauréats en 2019, le succès du programme s’est illustré non seulement par une augmentation du nombre de sujets proposés et de lauréats bénéficiant du programme, mais aussi par la création de partenariats de financement pérennes (Naval Group et Thales financent depuis 2019 la mobilité de leurs lauréats).

Un programme réciproque « initiative stages en Australie » a été lancé en 2019 à l’occasion de la visite de la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, en collaboration avec Thales et Naval Group. Pour sa première édition il a fait l’objet de 12 propositions de sujets de stage par les universités australiennes participantes, en collaboration avec les deux entreprises. 75 candidatures ont été reçues et 13 étudiants français ont été sélectionnés pour des stages qui débuteront en 2020.

Avec une stratégie australienne qui s’oriente vers une plus grande mobilité étudiante internationale (investissements des universités dans des pôles relations internationales, pour la gestion logistique des mobilités, programme gouvernemental New Colombo Plan…) et vers un rapprochement avec l’industrie, le programme a été reconnu par tous les acteurs comme particulièrement pertinent dans le contexte australien.

Forces en présence

Du côté français, une importante délégation a pu être mobilisée, comportant de nombreux représentants ayant participé au séminaire du CRC SmartSat se déroulant la veille à Adélaïde (cf. p.20 de ce bulletin) : organisme de recherche (CNRS), universités (Toulouse 3, Limoges), grandes écoles d’ingénieurs (IMT Atlantique, ENSTA Bretagne), mais aussi les partenaires industriels majeurs du programme (Airbus Australie, Thales Australie, Naval Group Pacific).
Du côté australien, étaient représentés à la fois les établissements les plus impliqués dans le programme (Université de Flinders, South Australia, Sydney et Macquarie), et les regroupements les plus importants d’universités australiennes (Group of Eight, Australia Technology Network, Innovative Research Universities).
Le séminaire, ouvert par le Vice-chancelier de la recherche à l’Université de Flinders, a débuté avec un mot du Premier d’Australie du Sud Steven Marshall et de l’Ambassadeur.

Bilan et perspectives pour le programme Nicolas Baudin

Après trois ans d’existence, les atouts du programme ont été soulignés :

  • Il permet d’engager un contact précoce entre partenaires universitaires et industriels
  • Il valorise les avantages de la mobilité internationale chez les étudiants australiens : intérêt des entreprises pour les candidats ayant eu une expérience à l’étranger, immersion pour l’apprentissage d’une nouvelle langue, possibilité de travailler sur des projets au sein d’équipes multiculturelles et interdisciplinaires, etc.
  • Il apporte une opportunité significative aux étudiants australiens de travailler auprès de partenaires industriels d’excellence
  • Il offre aux entreprises françaises la possibilité de créer des sujets de recherche sur-mesure, adaptés aux enjeux spécifiques entre les deux pays
  • Il permet de renforcer la diversité (de genre, âge ou origine) et l’inclusivité au sein des entreprises

Le séminaire a également permis d’identifier les freins logistiques pouvant être améliorés :

  • La demande de visa pour la France, nécessaire pour ces stages, nécessite le recueil des données biométriques auprès du Consulat de France à Sydney, ce qui handicape les étudiants des villes plus éloignées
  • Le processus administratif de la validation du stage auprès de la DIRECCTE du département d’accueil induit de nombreux délais souvent décourageants

Vers une montée en puissance de la collaboration

Le programme Nicolas Baudin doit servir de levier à une intensification de la coopération entre les deux pays. Son but est de convaincre les étudiants australiens de poursuivre leurs expériences en France, et par là de motiver la mise en place de semestres d’échanges entre universités, doubles diplômes, thèses en cotutelles (telles que les possibilités offertes dans le cadre du CRC SmartSat) ou CIFRE (dont le principe de partenariat international entre un laboratoire de recherche français, un australien et un partenaire industriel a été présenté par l’ANRT), etc. En soutien de ces actions, les Winter/Summer Schools, permettant de donner une expérience culturelle pendant une période de temps courte. Le poste soutient également l’initiation de nouvelles collaborations grâce aux différents volets du programme PHC FASIC (doctorants, chercheurs, ateliers).

A grande échelle, la structuration de cette coopération est actuellement portée par des financements nationaux (programme NISA en Australie, Programme d’Investissements d’Avenir et financements de l’Agence Nationale pour la Recherche en France), et européens (programme Horizon 2020). Les outils collaboratifs du CNRS et de l’INSERM, via les International Research Projects (IRP) ou Networks (IRN) et Laboratories (IRL) concrétisent la collaboration bilatérale. A cette occasion a été présenté le nouvel IRL entre Naval Group Pacific, le CNRS et les trois universités d’Australie du Sud, qui sera situé à Adélaïde et se focalisera sur les relations homme-machine et les systèmes embarqués.

Le programme réciproque en Australie méridionale

Enfin, la journée a été conclue par le lancement officiel du programme de bourses « Matthew Flinders » proposant des stages en Australie pour les étudiants français depuis 2019. Le poste et le gouvernement d’Australie méridionale ont décidé de collaborer pour soutenir ce programme, grâce auquel les gratifications offertes aux étudiants français effectuant un stage dans une des trois universités de l’Etat (Université d’Adelaïde, University of South Australia, Flinders University) dans le cadre de l’initiative « stage en Australie » sont financées par le gouvernement d’Australie méridionale. Cette convergence entre le programme Nicolas Baudin et le programme Matthew Flinders a été nommée « Initiative Encounter », en mémoire de la rencontre historique entre les deux explorateurs en 1802 dans la fameuse « Encounter bay » au large des côtes d’Australie méridionale.

Cet évènement a permis d’identifier des pistes de développement du programme pour l’avenir : la majorité des sujets proposés dans le cadre du programme sont actuellement axés sur les sciences dures et l’ingénierie, notamment dans les domaines naval et spatial. Démarrer le dialogue avec de nouveaux partenaires industriels permettrait d’ouvrir à d’autres thèmes comme l’eau et l’environnement.