Politique australienne de recherche et d’innovation -février 2026

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4 février 2026

Australian science, Australia’s future : Science 2035

L’académie australienne de science a publié en septembre 2025 un rapport intitulé : « Australian science, Australia’s future : Science 2035 ». Ce rapport vise à estimer l’évolution des capacités scientifiques de l’Australie par rapport à ses besoins futurs et à mettre en évidence les lacunes potentielles, afin que les nouvelles générations bénéficient d’une qualité de vie au moins équivalente à celle d’aujourd’hui.
Ce rapport part du constat que l’Australie est au cœur de transformations sans précédent (incertitudes géopolitiques, accélération des technologies, changement climatique) et doit faire face à des défis spécifiques (ralentissement de la productivité, vieillissement de la population, baisse de participation aux STEM dans les écoles, faiblesse des investissements privés en R&D, et manque de diversité industrielle et économique). Ces transformations et défis spécifiques sont les forces qui font évoluer le contexte économique du pays.
L’objectif est de répondre aux sept priorités du National Reconstruction Fund, fonds de reconstruction national de 15 milliards AuD pour diversifier et développer l’industrie et l’économie australiennes. Ces priorités (énergies renouvelables et technologies de faibles émissions, science médicale, transport, chaînes de valeur dans l’agriculture, la foresterie et la pêche, technologies de transformation des ressources, capacités de défense, et développement des capabilités) ont servi de base pour simuler les futurs besoins du pays.
Ce rapport tente de réconcilier les forces régissant le contexte économique et les priorités stratégiques du pays. Il identifie les huit capacités scientifiques critiques dont la nécessité se fera la plus forte au cours de la prochaine décennie :

  • - La science agricole permettra l’adaptation de l’agriculture aux changements environnementaux (climat, pollution plastique, fertilité des sols), et une capacité souveraine pour le développement d’espèces, la production de fertiliseurs, et de produits phytosanitaires ou vétérinaires.
  • - L’intelligence artificielle et le traitement de données s’emploient de plus en plus dans de nombreux domaines scientifiques et nécessiteront la création d’emplois et d’infrastructures supplémentaires ainsi que des modèles adaptés au contexte australien.
  • - La biotechnologie permettra de développer les capacités dans les domaines médical, agro-alimentaire, industriel et environnemental.
  • - La science du climat permettra de prévoir le changement climatique et d’informer les stratégies de réduction et d’adaptation (transition énergétique, gestion des ressources en eau, pratiques agricoles).
  • - L’épidémiologie soutiendra les soins pour une population vieillissante, préviendra les risques liés aux changements environnementaux et couvrira les besoins cliniques et génétiques grandissants.
  • - La géoscience développera une compétence souveraine en géothermie, ou pour le stockage de carbone ou d’énergie pour aider l’atténuation du changement climatique.
  • - La science des matériaux, dont les spécialistes se font moins nombreux en Australie, est nécessaire pour le développement de matériaux et de technologies de fabrication innovants.

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Dialogue intergouvernemental pour la coopération de recherche et d‘innovation entre l’Australie et la République de Corée

Le département australien des sciences de l’industrie et des ressources, et le ministère coréen des sciences et des technologies de l’information et de la communication se sont rencontrés le 3 décembre à Sydney pour la sixième réunion du Comité Joint pour la Science et la Technologie (JCST), équivalent de notre COMIXTE français, entre les deux pays.
Cette rencontre a réuni des responsables gouvernementaux australiens et coréens ainsi que des universitaires engagés dans des projets bilatéraux. Ils ont pu partager leurs priorités, et explorer les opportunités de collaboration future, en particulier dans le domaine quantique et Al. Les deux pays ont réaffirmé leur partenariat solide et leur engagement commun à favoriser l’innovation et la collaboration. Ils ont exprimé leur intérêt à continuer d’explorer les possibilités de recherche conjointe, d’échange de talents et de partenariats axés sur l’innovation, et ont reconnu la valeur du maintien du dialogue sur les domaines émergents d’intérêt mutuel.
La prochaine réunion du JCST est prévue en République de Corée en 2027.

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ARC centres d’excellence

L’Australian Research Council (ARC), organisme de financement de la recherche australienne, a annoncé les lauréats des nouveaux centres d’excellence débutant en 2026. Huit centres ont été sélectionnés cette année et seront financés à hauteur de 20 millions d’Euros sur 7 ans :

  • - Le centre pour la qualité de travail dans l’ère numérique (Curtin university)
    Ce centre étudiera les technologies et pratiques permettant un impact positif sur la qualité de travail (augmentation des performances, facilitation des collaborations à distance), et la préparation de la population active à l’avenir numérique. Il produira des outils et orientations pertinents pour améliorer la santé et le bien-être, l’inclusion et la productivité, dans les milieux de travail institutionnels ou industriels. (Collaboration Australie, Hollande, Italie, Irlande, USA, Afrique du Sud, UK)
  • - Le centre pour la réintégration des prisonniers (Flinders University) :
    Ce centre vise à transformer fondamentalement la façon dont la réintégration des prisonniers est envisagée, pratiquée et réalisée à grande échelle, afin d’éviter les récidives de la moitié d’entre eux (tel qu’actuellement). L’étude vise à mettre en place une base de données nationale, de nouveaux paramètres pour mesurer le succès, des outils pour établir l’acceptabilité sociale, la formation d’une génération de chercheurs et des niveaux accrus d’inclusion sociale. (Collaboration Australie, Canada, UK, USA)
  • - Le centre Nos futurs océans (University of New South Wales) :
    Ce centre déterminera l’évolution des océans et développera des solutions pour leur durabilité et une économie bleue croissante. Il produira les analyses nécessaires pour une gestion proactive des environnements et ressources océaniques, améliorant la santé, la résilience et la sécurité des océans australiens. (Collaboration Australie, USA, France (IRD, CNRS), CPS, UK, Hollande, Allemagne, Japon, Nouvelle-Zélande)
  • - Le centre de transformation de la recherche sur les origines humaines (Griffith University) :
    Ce centre propose une étude des origines des formes humaines et de notre espèce Homo Sapiens avec l’exploration de régions en Afrique, Asie et Australie pour comprendre comment nous sommes devenus une espèce polyvalente, répartie dans le monde entier. Il produira de nouvelles données sur notre histoire, nos relations et interactions biologiques et culturelles, et notre impact sur les écosystèmes dans le monde entier. (Collaboration Australie, Afrique du Sud, Kenya, Arabie Saoudite, Inde, Sri Lanka, Chine, Indonésie, Allemagne, UK, Espagne, Nouvelle-Zélande)
  • - Le centre pour la performance et l’intégration de l’informatique quantique(University of New South Wales) :
    Ce centre vise à résoudre les défis scientifiques pour le développement de l’informatique quantique. Il prévoit de développer de nouvelles technologies quantiques de haute performance, et de les intégrer à diverses plateformes physiques dans des dispositifs à semi-conducteurs, optiques et atomiques. (Collaboration Australie, USA, Singapour, Belgique, USA, Canada, France (CNRS, Quandela), Nouvelle-Zélande, Corée, Suisse, Danemark, UK)
  • - Le centre pour carburants renouvelables (University of Wollongong) :
    Ce centre vise à développer l’industrie des carburants renouvelables, comme l’hydrogène vert, l’ammoniac et le méthanol, afin de décarboner certains secteurs, notamment les industries de production d’acier, de produits chimiques, la navigation et l’aviation. Il permettra à l’Australie de devenir un grand exportateur d’énergies renouvelables. (Collaboration Australie, Chine, Japon, USA)
  • - Le centre de Mathématiques pour la sécurité et la confiance à l’ère quantique (University of Sydney) :
    Ce centre prévoit de développer l’expertise permettant de se prémunir des pannes des protocoles de cybersécurité des ordinateurs quantiques et de renforcer la confiance dans l’intelligence artificielle. Il réunit des chercheurs issus de diverses disciplines pour assurer la préparation de l’Australie aux grands défis découlant des futurs ordinateurs quantiques ayant un impact dans l’agriculture, la défense, la santé et l’industrie. (Collaboration Australie, Canada, Japon, Allemagne)
  • - Le centre pour l’ingénierie de pointe de peptides et de protéines (University of Sydney) :
    Ce centre vise à faire progresser les domaines de l’ingénierie et de la traduction de peptides et de protéines, en concevant de nouvelles molécules et structures moléculaires pouvant avoir des applications intéressantes dans l’agriculture, la conservation et la biotechnologie. (Collaboration Australie, USA, Japon, UK, Suisse, Inde, Danemark, Suède)

Spatial

  • Astronomy decadal plan 2026–2035

En 2025, le Comité national d’astronomie de l’Académie australienne de science a publié son plan décennal.
L’état des lieux est très positif, avec des infrastructures australiennes de rang mondial, notamment le Square Kilometre Array Observatory (SKAO) en construction, et qui donne ses premiers signaux, les améliorations sur le Murchison Widefield Array, et la mise en opération du plus grand télescope optique d’Australie, l’Anglo-Australian Telescope. Un partenariat stratégique avec l’European Southern Observatory (ESO) permet l’accès des astronomes australiens à des observatoires de pointe, notamment au Chili. Un fort engagement avec l’industrie donne lieu à des transferts de technologie de l’astronomie vers des domaines divers (traitement de données ou d’images, médecine, ingénierie, défense, géolocalisation…). L’excellence australienne a permis d’accroître l’impact des publications scientifiques, citées 2,5 fois plus que la moyenne internationale, et de mener plusieurs programmes de recherche, notamment les centres d’excellence ASTRO3D, pour l’astronomie en 3 dimensions, et OzGrav, pour la détection des ondes gravitationnelles. Enfin, la communauté australienne a progressé dans l’inclusion des communautés aborigènes et du Détroit de Torres, et dans l’équité homme-femme.

Le rapport formule ensuite des recommandations :

Pour l’accès aux infrastructures de rang mondial :

  • - Assurer l’accès aux grandes infrastructures internationales en devenant membre de l’ESO et en maintenant l’accès aux télescopes de dernière génération (8 et 30 mètres, Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA))
  • - Poursuivre l’engagement australien pour le SKAO

Pour le développement des capacités australiennes :

  • - Renforcer l’accès aux supercalculateurs, données et logiciels de haute performance
  • - Maintenir l’engagement australien dans les collaborations internationales
  • - Investir dans le développement des capacités australiennes pour l’instrumentation, les technologies et le transfert
  • - Héberger des infrastructures astronomiques de pointe avec le maintien d’équipements avancés, la réflexion pour le développement d’un observatoire des ondes gravitationnelles, et le renforcement des infrastructures spatiales pour les missions (charges, stations au sol)

Pour soutenir la communauté australienne dans le secteur de l’astronomie :

  • - Coordonner les programmes de communication, d’éducation et de transfert, et faciliter l’accessibilité des carrières pour les étudiants doués en STEM
  • - Améliorer l’inclusion des communautés aborigènes et du détroit de Torres, ainsi que l’équité homme-femme
  • - Promouvoir un ciel noir et silencieux durable pour l’astronomie

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  • La France entre dans l’accord SKAO

« Est autorisée l’approbation de l’accord entre le Gouvernement de la République française et l’Observatoire du réseau d’antennes d’un kilomètre carré (SKAO) relatif à l’adhésion de la France à l’Observatoire (ensemble une annexe), signé à Londres le 11 avril 2022, et dont le texte est annexé à la présente loi. » C’est en ces termes que la France entre officiellement dans le consortium international du SKAO, construit en partie en Australie pour la détection des très basses fréquences, et l’autre partie en Afrique du Sud.
SKAO sera l’instrument d’observation radio-astronomique le plus sensible jamais conçu, capable de détecter à des centaines de milliers d’années-lumière des planètes semblables à la Terre ou des systèmes formés lorsque l’Univers n’avait pas plus d’un milliard d’années (car lorsqu’on regarde à des distances d’années lumières, on remonte le temps et peut observer des événements passés). SKAO devrait permettre d’affiner nos théories de cosmologie (énergie noire, relativité) et d’observer les étoiles primaires, principalement composées d’hydrogène. Les premières images issues de SKAO ont été prises en Australie, et ont démontré le bon fonctionnement de la chaine détection-traitement des données. En 2028-2029, la première étape de la construction sera achevée, elle correspondra à 10% du SKAO final.

  • Politique spatiale Régionale

Lors du 31e Forum régional des agences spatiales d’Asie-Pacifique (APRSAF-31) aux Philippines, l’Australie a mis en avant l’importance des partenariats avec les pays de l’ASEAN pour exploiter les technologies spatiales au service de la connectivité, de la gestion des catastrophes et de la résilience climatique. La délégation australienne, menée par Enrico Palermo, comprenait notamment Geoscience Australia et le CSIRO, qui co-présideront le Comité sur les satellites d’observation de la Terre. Ces échanges s’inscrivent dans une dynamique initiée lors de l’APRSAF-30, co-organisé à Perth avec la JAXA, et renforcée par des accords universitaires et des collaborations scientifiques, notamment autour de la mission martienne de la JAXA.

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  • Politique spatiale Internationale

L’Australie a adopté les normes de la European Cooperation for Space Standardization (ECSS) pour ses projets spatiaux nationaux. Cette démarche, soutenue par Standards Australia et l’Australian Space Agency, vise à améliorer la sécurité des missions, l’accès aux chaînes d’approvisionnement internationales et la durabilité environnementale. Par ailleurs, l’Australian Space Agency a également rejoint le Comité inter-agences de coordination des débris spatiaux (IADC), renforçant l’engagement du pays dans la gestion responsable de l’environnement orbital.
Lors de l’IAC, un accord-cadre entre l’Australie et les États Unis a été convenu afin de faciliter la participation australienne aux programmes américains, notamment dans le cadre du programme Artemis et des futures missions lunaires et martiennes. L’ASA et l’UK Space Agency ont également renouvelé leur partenariat UK–Australia Space Bridge, qui recouvre leur coopération dans les domaines de la recherche universitaire et de mobilité étudiante, de la réglementation et de l’industrie spatiale.
En parallèle, l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Australie ont inauguré New Norcia 3, une antenne de communication de 35 mètres située en Australie-Occidentale. Intégrée au réseau Estrack de l’ESA et opérationnelle à partir de 2026, elle soutiendra de nombreuses missions européennes actuelles et futures, tout en offrant des services à des partenaires internationaux tels que la NASA, la JAXA et l’ISRO. Grâce à une technologie de pointe, notamment un système de refroidissement cryogénique, l’antenne permettra de capter des signaux extrêmement faibles en provenance de sondes lointaines.
https://www.space.gov.au/news-and-media/new-recommendations-to-boost-global-space-opportunities-for-australia
https://www.space.gov.au/news-and-media/new-outback-antenna-new-norcia-3-deepens-australian-european-space-ties
https://www.space.gov.au/news-and-media/australian-space-agency-joins-the-inter-agency-space-debris-coordination-committee

Energie

  • Le plan sectoriel pour l’électricité et l’énergie

Le gouvernement australien a mis en place en septembre 2025 un plan pour une transition énergétique visant à fournir une énergie fiable et sécurisée, saine, et accessible à tous. Ce plan établit les prochaines étapes de la transition énergétique, afin d’assurer la stabilité du marché dans cette transformation, maintenir l’accès à l’énergie aux ménages, assurer les investissements de l’industrie et la coordination des gouvernements.
L’Australie a pour objectif la neutralité carbone en 2050, et propose 3 voies pour y parvenir :
• Utiliser l’énergie plus efficacement afin de réduire la consommation et le besoin en infrastructures.
• Électrifier et changer de carburant afin de tirer parti de sources d’énergie moins chères et plus propres, notamment l’électricité renouvelable.
• Passer à plus grande échelle l’approvisionnement en énergie propre afin de réduire la consommation de combustibles fossiles, tout en répondant à la demande.
Les grandes phases du plan prévoient :

  • • La réduction des émissions du secteur électrique pour atteindre 82% de production renouvelable en 2030, et la décarbonisation de certaines industries par l’électrification
  • • La décarbonisation des transports, du bâtiment et des industries par l’électrification et l’efficacité énergétique d’ici à 2035
  • • L’accélération de l’accès à des sources d’énergie propre, et la mise en place d’un système énergétique renouvelable efficace, abordable et fiable d’ici 2050
  • Les actions prises par le gouvernement pour réaliser ce plan seront réévaluées régulièrement. Elles sont adossées aujourd’hui à un financement de :
  • • 1,1 milliard de dollars pour soutenir la production de carburants liquides de basse émission
  • • 85 millions de dollars pour accélérer la performance énergétique avec :
    • o L’extension de programmes pour augmenter l’accès aux informations de performances énergétiques dans les maisons, les commerces, les appareils et équipements
    • o L’établissement de moyens pour identifier et mettre en œuvre les opportunités d’amélioration de la performance énergétique.
  • • 40 millions de dollars pour accélérer le déploiement de stations de recharge rapide pour les véhicules électriques
  • • 2 milliards de dollars à la Clean Energy Finance Corporation (CEFC) pour réduire les émissions via le financement de projets innovants
  • • 50 millions de dollars pour les équipements communautaires, pour installer des panneaux solaires et des batteries, améliorer l’efficacité énergétique et l’éclairage, ainsi que l’adaptation au climat.

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  • Inauguration du système australien de Garantie d’Origine (Guaranty of Origin - GO) :

L’Australie a inauguré fin octobre 2025 son cadre de certification visant à tracer et certifier l’intensité carbone de sa production d’électricité ou de produits. Ce cadre est basé sur le volontariat et vise à encourager les investissements pour les industries de faible émission de carbone et l’électricité renouvelable.
Le système repose sur deux volets :

  • • Product Guaranty of Origin (PGO) : indique l’origine, le procédé de fabrication et les émissions sur le cycle de vie du produit (d’abord pour l’hydrogène par électrolyse, puis extension prévue à biométhane, carburants bas carbone, métaux verts).
  • • Renewable Electricity Guaranty of Origin (REGO) : certifie l’électricité renouvelable, y compris celle issue du stockage, et remplacera le système actuel des certificats LGC après 2030.
    L’objectif stratégique est d’offrir une certification crédible pour soutenir les exportations et l’accès aux incitations fédérales (Hydrogen Headstart, crédits fiscaux), tout en renforçant la transparence et la compétitivité des produits australiens sur les marchés internationaux.
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  • Rapports pour une transition énergétique juste et inclusive

L’Australian Council of Learned Academies (ACOLA), a publié en décembre 2025 deux rapports proposant une réflexion sur la recherche nécessaire pour assurer l’équité et l’inclusion de la transition énergétique en Australie via ses politiques et pratiques industrielles. Ces rapports constituent une partie essentielle du Plan australien de recherche sur la transition énergétique de l’ACOLA, qui établit un programme de recherche national coordonné pour soutenir une transition énergétique fondée sur des données probantes.

Le rapport Vulnerability and Australia’s Energy Transition – Vulnérabilité et transition énergétique australienne – s’intéresse à l’impact de la transition énergétique sur les ménages et les communautés vulnérables. Cette vulnérabilité est complexe et multidimensionnelle, façonnée non seulement par des facteurs économiques tels que le revenu, l’emploi, l’accès aux ressources, mais aussi sociales et démographiques, comme l’indigénéité, le sexe, l’âge, les compétences, le statut en matière de logement, la santé et la géographie.
Les solutions techniques seules sont insuffisantes pour assurer une transition éthique. La confiance et l’implication des communautés sont primordiales pour que les avantages de la transition soient partagés. Le rapport identifie plusieurs priorités de recherche correspondant à des lacunes critiques à combler. Ainsi, l’intersectionnalité, permettra de prendre en compte le croisement des identités australiennes très diverses et des transformations liées à la transition énergétique. Les études de pauvreté énergétique, ou de vulnérabilité selon le genre permettront de mieux adapter les politiques d’implication de ces tranches de population vulnérables. Enfin, les politiques publiques qui accompagnent la transition énergétique devront être suivies non seulement pour les règlementations énergétiques, mais également sanitaires, sociales, ou économiques. L’Australie peut faire valoir ses forces sur d’autres priorités de recherche telles que l’étude des peuples aborigènes et insulaires du détroit de Torres, la ruralité ou l’isolement, les minéraux critiques, et les transitions de l’industrie et du marché de l’emploi. La recherche australienne apporte également des contributions importantes à la compréhension de la justice énergétique (accès et coût de l’énergie), de l’acceptation publique (enjeux de changement d’utilisation des sols, d’utilisation des ressources en eau, ou autres, pour des projets industriels), sur l’évaluation de l’impact social de la transition, et le partage de ses bénéfices.

Le rapport Examining JUST energy metrics – Examen des indicateurs d’une transition énergétique juste – étudie la recherche nécessaire à l’aide d’indicateurs pertinents pour définir les leviers d’une justice énergétique et guider une transition juste et inclusive. Cette justice se base sur 4 piliers JUST (Justice, Universalité, Spatial, et Temps) qui étendent l’idée de justice énergétique au-delà de ses dimensions d’équité, de transparence et de respect de tous, à son impact global sur l’environnement et le vivant et ses objectifs inclusifs et restauratifs, à ses contextes géographiques et spatiaux, et à ses visées de long-terme et intergénérationnelles.
Le rapport souligne la nécessité de mettre en place des indicateurs d’impacts régionaux et sociaux pour améliorer le partage et la répartition des inconvénients et bénéfices des projets de transition énergétique. Les indicateurs de l’inclusivité des participations aux transformations, notamment l’implication des autochtones d’Australie, sont nécessaires pour une gouvernance juste, tandis que les indicateurs d’économie circulaire et de développement de compétences peuvent assurer des bénéfices aux communautés défavorisées. Le suivi spatial et temporel du marché de l’énergie et du bien-être des communautés permettra de mesurer l’évolution de l’impact de la transition énergétique à travers les régions et les générations.
Ces deux rapports fournissent une stratégie pour assurer une transition énergétique australienne socialement équitable, localement informée et proposant un modèle mondial.

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Technologies

  • L’Australie et la Chine signent un protocole d’accord pour faire progresser la décarbonisation de l’acier

Suite à la visite du Premier ministre Anthony Albanese en Chine en juillet 2025, cet accord reflète un engagement mutuel à réduire les émissions dans l’ensemble des chaînes de valeur du fer et de l’acier. Il permettra le partage d’idées et l’exploration d’opportunités de décarbonisation de ces secteurs.
L’accord concerne particulièrement :
• Les voies de décarbonisation de la chaîne de valeur du fer et de l’acier
• Les marchés et échanges sidérurgiques décarbonés
• Les paramètres de politique intérieure respectifs et opportunités de coopération.
L’acier et la sidérurgie représentent jusqu’à 9 % des émissions mondiales. La demande d’acier à faibles émissions devrait augmenter dans les décennies à venir, rendant la collaboration essentielle pour les efforts de décarbonisation mondiaux.
Des dialogues Sino-australiens suivront cet accord, le dialogue inaugural se fera en Australie en 2026.
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  • Intelligence Artificielle
    • Publication par le ministère de l’Économie (Department of Treasury) d’une revue des lois sur la protection des consommateurs à l’ère de l’IA.
      L’examen révèle que les lois actuelles, si combinées à d’autres lois, protègent de manière adéquate les consommateurs dans le contexte des biens et services liés à l’IA. Le rapport ajoute que ces protections « sont aussi solides, voire dans certains cas plus solides, que celles en vigueur dans l’Union européenne, au Royaume-Uni et à Singapour ». Ces conclusions ont cependant été critiquées par l’ONG Good Ancestors, qui déplore le manque de prospective, notamment d’étude de cas sur l’utilisation des agents IA.
      Le National AI Centre (NAIC) du ministère de l’Industrie publie un guide pour l’adoption de l’IA, qui définit six pratiques essentielles pour une gouvernance et adoption responsables de l’IA (« AI 6 »). Ces lignes directrices sont disponibles en deux versions : les fondamentaux, à destination des organisations qui démarrent leur adoption de l’IA ; et les pratiques de mise en œuvre, pour les professionnels de la gouvernance et les experts techniques.
      Le 30 septembre 2025, la Commission permanente du Sénat pour l’environnement et les communications a tenu une audience publique dans le cadre d’une enquête sur la nouvelle politique culturelle nationale. Plusieurs médias rapportent que la Productivity Commission a été vivement critiquée lors de l’audience au sujet de son rapport intermédiaire « Harnessing data and digital technology » qui suggérait d’inclure une exemption au droit d’auteur afin que les systèmes d’IA puissent être entraînés sur les œuvres des créateurs australiens sans les rémunérer. La Productivity Commission nie avoir recommandé cette exemption. Selon ABC, le gouvernement aurait définitivement écarté l’idée d’introduire une telle exemption. Michelle Rowland, Attorney General a déclaré : « Ce gouvernement a répété à plusieurs reprises qu’il n’avait pas l’intention d’affaiblir la protection des droits d’auteur dans le contexte de l’IA ». Le gouvernement a annoncé qu’il lancerait une consultation sur la mise à jour des lois sur le droit d’auteur afin de relever les défis posés par l’IA. À ce titre, une commission explorera les options permettant d’encourager un accès équitable et légal aux œuvres protégées par le droit d’auteur pour l’entraînement de l’IA, évaluera la nécessité d’un cadre de licences collectives payantes et cherchera à clarifier l’application du droit d’auteur aux contenus générés par l’IA.
    • Le gouvernement australien a publié fin 2025 sa stratégie nationale, le National AI Plan. Il fixe trois grands objectifs pour l’Australie :

1. « Saisir l’opportunité » : ce premier volet vise à développer une économie fondée sur l’IA en mettant en place des infrastructures numériques et physiques (notamment, centres de données), en soutenant la recherche et l’innovation australienne et en attirant les investissements internationaux afin que les entreprises australiennes puissent développer et exporter des produits et services à forte valeur ajoutée basés sur l’IA.
2. « Partager les bénéfices » : ce deuxième objectif vise à garantir que toutes les régions, tous les secteurs et toutes les communautés profitent des gains de productivité liés à l’IA en développant l’adoption de l’IA dans les entreprises (en particulier les PME), en investissant dans les compétences et la formation de la main-d’œuvre, et en intégrant l’IA dans les services gouvernementaux pour améliorer la prestation des services.
3. « Assurer la sécurité des Australiens » : ce troisième objectif vise à gérer les risques et à maintenir la confiance du public en utilisant et en actualisant les lois existantes plutôt qu’en créant une loi spécifique sur l’IA. Entre notamment dans ce cadre la création de l’Australian AI Safety Institute.
Le gouvernement abandonne ainsi définitivement les garde-fous obligatoires pour l’IA, édictés en 2024, ainsi que la mise en place de législations spécifiques sur l’IA à la manière d’un AI Act européen. Par ailleurs, le gouvernement ne renouvellera pas le mandat du AI Advisory Body, un groupe de 12 experts pour conseiller le gouvernement sur l’IA, temporairement mis en place en 2024. En étaient notamment membres la Franco-Australienne Aurélie Jacquet, Chair AI of Standards Australia, et Edward Santow, co-directeur du UTS Human Technology Institute.
Le National AI Centre a publié des lignes directrices en matière de transparence pour les contenus générés par l’IA. Le document détaille notamment les mécanismes d’étiquetage, de tatouage numérique et d’enregistrement des métadonnées. Ces lignes directrices sont facultatives et viennent compléter les AI6 pour une adoption responsable de l’IA (qui remplace les 10 Voluntary AI Safety Standards).
Après l’annonce de la création d’un Australian AI Safety Institute le mois dernier, le ministère de l’Industrie a démarré les recrutements des rôles suivants : General Manager, Head of AI Safety Research and Testing, AI Safety Engineers, AI Safety Research Scientists, AI Risk Specialist, AI Risk Specialist. Ces développements arrivent alors que le réseau mondial « International Network of AI Safety Institutes » se rebaptise le « International Network for Advanced AI Measurement, Evaluation and Science ».

Environnement

  • De nouvelles feuilles de route pour la protection des terres et des mers « 30x30 »

L’Australie dispose de nouveaux outils pour orienter ses efforts visant à protéger et à conserver 30 % du territoire australien d’ici 2030. Trois nouvelles feuilles de route nationales (sous forme de cartes), élaborées par Environment Information Australia, mettent en évidence des zones reconnues pour leur importante biodiversité, la valeur de leurs écosystèmes, mais dont le degré de protection est insuffisant. Ces cartes permettront de mener des actions plus ciblées pour préserver les plantes, les animaux et les paysages de l’Australie. Les cartes utilisent les dernières données nationales et plusieurs critères issus de la feuille de route nationale pour protéger et conserver 30 % du territoire australien d’ici 2030 : haute valeur en matière de biodiversité et d’écosystèmes, représentativité écologique et faible niveau de protection. L’Australie a déjà protégé près de 25 % de son territoire terrestre. Pour atteindre l’objectif « 30 par 30 », il est nécessaire de protéger 39 millions d’hectares supplémentaires. Cela représente une superficie presque deux fois supérieure à celle de l’État de Victoria.

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  • Lancement du plan national d’adaptation climatique :

Il s’agit de la première stratégie australienne pour préparer le pays aux impacts climatiques.
Cette stratégie se fonde sur le rapport d’évaluation des risques climatiques, une étude réalisée par le Bureau de météorologie, le CSIRO, le Bureau australien des statistiques et Geoscience Australia. Ce rapport considère comme un risque prioritaire l’inaction ou les mesures inadaptées menées par des structures de gouvernance non compétentes. Il estime que les événements climatiques extrêmes vont augmenter en nombre, en intensité, et en distribution géographique, avec des risques croissants d’événements en cascades combinant différentes catastrophes. Ces risques climatiques s’accompagnent de risques pour la population : risques matériels sur les foyers, notamment des personnes défavorisées, mais également risques économiques impactant la vie sociale et le bien-être des populations touchées, et risques sanitaires, avec la dégradation de la qualité de l’air et de l’eau liée aux incendies et inondations, et les maladies transmissibles. Certaines régions d’Australie seront particulièrement vulnérables, notamment les zones côtières où l’élévation du niveau des mers et le risque d’inondations pourraient toucher 1,5 millions d’habitants en 2050, mais aussi les Territoires du Nord, qui connaîtront de fortes chaleurs, impactant la santé des populations, des écosystèmes, des infrastructures et des industries primaires, ou encore les régions isolées, en raison de leur faible capacité d’approvisionnement en services et produits critiques. A travers ces risques sur les populations, les écosystèmes, ou les infrastructures, qui s’accompagneront de migrations climatiques, de perturbations sur les économies locales et les réseaux sociaux, et de la dégradation de la qualité de l’air, de l’eau ou de la sécurité alimentaire, c’est le mode de vie et le bien-être des Australiens qui sera touché.
Le plan national d’adaptation climatique, quant à lui, prévoit la gouvernance d’une adaptation coordonnée aux niveaux fédéral, étatique, local, entrepreneurial et individuel. Il définit sept priorités dont il faut assurer la résilience climatique : l’économie, le commerce et la finance ; les infrastructures et l’environnement construit ; l’environnement naturel ; les industries primaires et alimentaires ; le soutien sanitaire et social ; les communautés – urbaines, régionales et isolées ; et la défense et la sécurité nationale. La stratégie s’appuie sur des actions déjà en cours, telles que : la stratégie nationale sur la santé et le climat ; les mesures prises pour la diffusion des données liées aux risques climatiques dans les secteurs privé et public ; un centre de résilience climatique pour la zone du détroit de Torres et de la péninsule Nord ; un cadre national de réduction des risques de catastrophes ; des projets d’infrastructure, de gestion des urgences et de résilience aux catastrophes financés par le Disaster Ready Fund de 1 milliard de dollars.
Les prochaines étapes prévues par le gouvernement australien consistent à travailler avec les états, territoires, gouvernements locaux, organisations et tous autres acteurs de l’adaptation climatique, afin de coordonner un programme d’actions pour ce plan et de mettre en œuvre à tous les niveaux de la société australienne les actions prioritaires identifiées.

  • La stratégie de recherche sur l’Antarctique oriental sous le changement climatique

Le plateau continental de l’Antarctique oriental est la pierre angulaire du système climatique de l’océan Austral et de l’Antarctique, mais reste l’une des régions du monde les moins observées en raison de défis logistiques. Cependant, les changements liés au réchauffement climatique sur le plateau auront des conséquences significatives sur les interactions entre la banquise, l’océan et la glace de mer, sur l’élévation du niveau de la mer, les courants d’eaux profondes, les processus biologiques et le cycle du carbone.

Ce rapport identifie les lacunes de la recherche sur la région, avec notamment les interactions entre la banquise, l’océan et la glace de mer, l’élévation du niveau de la mer, les courants d’eaux profondes, les processus biologiques et le cycle du carbone.
De plus, un effort d’observation dédié, soutenu et coordonné à l’échelle internationale (basé sur les navires, autonome, aéroporté et satellite) est nécessaire, et devra être étroitement lié à la modélisation. Les projections fiables de l’état futur du système climatique antarctique dépendent fortement des nouvelles observations pour contraindre les modèles numériques.
Enfin, pour atteindre des capacités de recherche suffisamment agiles pour couvrir le système en évolution rapide, une collaboration internationale semble nécessaire.

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