La science en Australie : brèves scientifiques - février 2026

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Australie

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4 février 2026

Spatial

International Astronautical Congress - IAC

Le 76e Congrès astronautique international (IAC 2025) à Sydney a attiré 7 500 délégués de 99 pays, avec 450 exposants et plus de 400 présentations. Cette 76ème édition a été marquée par l’annonce d’un accord de coopération entre l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Australie. Ce rapprochement croissant de l’Australie avec l’Europe dans le domaine spatial est une source de nouvelles opportunités pour les technologies et les capacités industrielles spatiales de l’Australie.  Il ouvrira la voie à une participation accrue des chercheurs, universités et entreprises australiennes aux programmes scientifiques de l’ESA : observation de la Terre, exploration robotique, communications spatiales et missions d’exploration lointaine. La prochaine édition de l’IAC sera organisée en Turquie à Antalya sous l’égide de l’Agence spatiale turque (TUA),
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Objectif Lune

Parmi les initiatives de l’Australie dans le domaine spatial figure ALEPH-1 (Australian Lunar Experiment Promoting Horticulture), la première charge utile lunaire officiellement approuvée par l’Australie et financée par l’initiative Moon to Mars. Dirigé par Lunaria One, en collaboration avec des instituts de recherche, des organisations à but non lucratif et des partenaires industriels, ce projet vise à étudier la croissance des plantes dans l’espace et sur la Lune. Développée avec l’Université RMIT, la charge utile sera testée lors de la troisième mission lunaire d’Intuitive Machines, marquant une étape clé pour l’agriculture spatiale australienne.
Dans le prolongement de cette ambition lunaire, l’Australie prépare le lancement de son premier rover lunaire, Roo-ver, prévu pour 2025 dans le cadre du programme Commercial Lunar Payload Services de la NASA. Transporté par le module CT-4, le rover collectera des données sur la surface lunaire afin de soutenir l’exploration spatiale internationale. Doté d’une charge utile fournie par la NASA, Roo-ver démontrera le savoir-faire technologique australien et contribuera à l’établissement d’une présence humaine durable dans l’espace. Le gouvernement australien investit 42 millions de dollars dans ce projet afin de renforcer le secteur spatial national, stimuler les compétences STEM et développer les capacités industrielles locales.
https://www.space.gov.au/news-and-media/mission-confirmed-aussie-moon-rover-ready-to-roll
https://www.space.gov.au/news-and-media/first-permit-granted-for-an-aussie-lunar-payload

Excellence universitaire australienne dans le spatial

L’équipe Rocketry de l’Université de Sydney, un groupe multidisciplinaire d’ingénieurs, a remporté le concours international d’ingénierie des fusées (IREC 2025) avec sa fusée Pardalote, battant 156 équipes de 19 pays. La faculté a reçu une subvention de 5 millions de dollars pour un centre de recherche axé sur les systèmes de propulsion et de fusée à grande vitesse, soulignant le potentiel de l’Australie dans la technologie spatiale (lien).

Le CubeSat Waratah Seed-1 a remporté le prix de la SmallSat Mission of the Year en 2025, illustrant l’excellence australienne dans le domaine des petits satellites et ouvrant la voie à de futures missions, dont WS-2 prévue pour 2027. WS-1 était la seule nomination australienne et a triomphé de plus de 10 autres missions du monde entier, y compris les États-Unis et l’Europe. Soutenu par le gouvernement du New South Wales, SmartSat CRC, et un consortium d’universités dirigé par l’Université de Sydney, il a été lancé en orbite l’année dernière depuis la base spatiale Vandenberg de Californie dans le cadre de la mission Transporter-11 Space X (lien).

L’équipe australienne de Queensland University of Technology (QUT) ROAR a présenté leur projet robotique de pointe, le rover Perseus, au Lunabotics challenge 2025 de la NASA Le professeur associé Thierry Peynot, leur mentor académique, a mis en évidence Yandiwanba (ascension), l’installation d’essais lunaires-terrestres de QUT, qui soutient Roo-ver, le premier rover lunaire d’Australie, sur le point d’atterrir d’ici la fin de la décennie (lien).

Quantique

Quantique et Défense

Quatre horloges quantiques développées en Australie du Sud ont été testées avec succès à Washington D.C., dans le cadre du pilier II d’AUKUS, marquant une étape majeure pour les capacités de défense technologique de l’Australie. Développées par QuantX Labs et l’Université d’Adélaïde, ces horloges ont été évaluées par les partenaires d’AUKUS afin d’en mesurer les performances et les applications militaires.
Les horloges quantiques permettent un chronométrage d’une extrême précision, essentiel pour :
· Des communications militaires sécurisées et parfaitement synchronisées ;
· La détection des interférences, du brouillage ou de la falsification des signaux GPS ;
· Une navigation fiable dans des environnements privés de GPS.
Le ministre de la Défense, Pat Conroy, a souligné le leadership de l’Australie dans les technologies quantiques, rappelant que ces essais ont été soutenus par 2,7 millions de dollars australiens de contrats gouvernementaux. Les résultats guideront les futures opérations de défense et confirment le rôle central du quantique dans la stratégie à long terme des Forces de défense australiennes (ADF).

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Publication du rapport australien sur les capacités industrielles en technologies quantiques

Lancé à Washington D.C., le rapport australien sur les capacités industrielles en technologies quantiques a mis en lumière l’ampleur et la maturité du secteur quantique australien. Le rapport recense notamment :

  • · Plus de 40 entreprises liées au quantique, avec des exportations en forte croissance ;
  • · 26 organisations de recherche dédiées et plus de 60 groupes universitaires menant des travaux de R&D de pointe ;
  • · 24 universités enseignant des disciplines quantiques et 53 laboratoires et infrastructures spécialisés ;
  • · Une main-d’œuvre classée 5ᵉ au niveau mondial en termes de compétences dans le domaine.
    Soutenu par plus de 2,3 milliards de dollars australiens d’investissements publics, le secteur devrait contribuer à hauteur de 6,1 milliards de dollars australiens au PIB d’ici 2045.
    L’Australie dispose de compétences solides dans tous les grands domaines du quantique :
  • · Calcul quantique : plateformes matérielles et logicielles évolutives développées par Diraq, Silicon Quantum Computing, Quantum Brilliance, entre autres ;
  • · Capteurs quantiques : systèmes prêts pour le marché proposés par Nomad Atomics, QuantX Labs et Q-CTRL, notamment pour la navigation, la défense et le spatial ;
  • · Communications et sécurité quantiques : chiffrement et distribution de clés de décodage avec QuintessenceLabs, VeriQuantix et Lumi Quantum ;
  • · Technologies habilitantes et adjacentes : un ensemble croissant d’entreprises fournissant outils, composants et infrastructures essentiels aux systèmes quantiques mondiaux.
    Le rapport met également en avant l’excellence de l’Australie en matière d’éducation et de formation, avec des organisations telles que Q-CTRL, Eigensystems et H-bar Consultants, qui développent les viviers de talents nécessaires à la croissance du secteur.

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Canberra dans l’innovation spatiale et quantique

Le Canberra Cyber Hub a lancé de nouveaux programmes dédiés au spatial et au quantique, reflétant la priorité accordée par le gouvernement du Territoire de la Capitale Australienne à ces secteurs stratégiques pour la sécurité nationale et la croissance économique.
La proximité de Canberra avec les institutions de recherche, une main-d’œuvre hautement qualifiée et les agences gouvernementales en fait un pôle naturel pour les technologies de pointe. Les technologies quantiques promettent des communications sécurisées et des capacités de calcul avancées, tandis que le secteur spatial s’appuie sur l’héritage de Canberra dans les missions spatiales lointaines.
Le Hub poursuivra son soutien aux initiatives cyber (événements, startups, stages), tout en étendant ses activités à ces nouveaux domaines clés.

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Energie

Un nouveau matériau photovoltaïque prometteur pour de multiples applications

Les chercheurs de la School of Photovoltaic and Renewable Energy Engineering de l’université de Nouvelle Gales du Sud ont mis au point un matériau, le chalcogénure d’antimoine, permettant d’améliorer l’efficacité des panneaux solaires pour atteindre officiellement 10,7% - la meilleure performance certifiée à ce jour ! Leur panneau solaire, constitué en cellules tandem, est composé d’une couche de chalcogénure d’antimoine au-dessus d’une couche de silicone, chaque couche absorbant différentes parties du spectre lumineux. Ce nouveau matériau présente de nombreux avantages : composé d’éléments abondants et peu chers, stable, avec un haut coefficient d’absorption de la lumière, une fine couche du matériau est suffisante pour les panneaux solaires, et il se dépose à basse température, réduisant l’énergie nécessaire à leur fabrication. La clé de cette efficacité est la distribution régulière des atomes de sulfure et de sélénium permettant à la charge électrique créée de se déplacer facilement à travers la cellule solaire.
Au-delà des panneaux solaires, ce matériaux ultrafin, semi-transparent, et pouvant fonctionner presque aussi bien sur une face que sur l’autre, est prometteur pour une utilisation comme fenêtres solaires. De plus, la bande d’absorption du matériau correspond bien au spectre lumineux intérieur, ce qui en fait un bon candidat pour les applications solaires intérieures, telles que badges intelligents, écrans électroniques, capteurs autonomes ou appareils connectés.

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Un Centre national d’analyse énergétique pour accélérer la transition

Le CSIRO se dote d’un centre de recherche indépendant et collaboratif pour soutenir le parcours de l’Australie vers la neutralité carbone. Ce centre combinera des données énergétiques provenant des ménages et des entreprises avec des outils pour la modélisation, l’analyse et la visualisation des systèmes énergétiques. Ses analyses permettront aux décideurs d’orienter la transition énergétique de l’Australie avec plus de clarté et de coordination.
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Environnement

De minuscules algues tuent des poissons et nuisent aux surfeurs sur les plages d’Australie :

Des dragons de mer morts, des poissons et des pieuvres échoués sur des plages d’Australie du Sud, ajoutés aux rapports troublants de nombreux surfeurs et plagistes souffrant de symptômes grippaux après avoir nagé ou simplement respiré des embruns marins…
Le coupable a été découvert par une équipe de l’Université de Technologie de Sydney, sous la forme d’une algue unicellulaire, Karenia mikimotoi, qui a proliféré sur certaines plages. Ces algues, comme beaucoup d’autres, produisent des toxines qui ont un effet spécifique. Pour Karenia mikimotoi, les toxines produites sont des dérivés réactifs de l’oxygène, qui affectent les branchies des poissons et les empêchent de respirer, mais aussi des molécules de lipides nocifs pour leur foie et système gastro-intestinal. De plus, une forte prolifération de l’algue peut réduire la quantité d’oxygène dissout dans l’eau et impacter la vie marine. L’effet sur la santé humaine reste encore peu connu, mais est probablement lié aux dérivés réactifs de l’oxygène qui sont des irritants.
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L’Australie et le Japon se retrouvent autour de l’Antarctique

Les deux pays ont organisé en juillet 2025 leur 5ème atelier bilatéral sur la science antarctique, ayant pour objectif de faciliter les discussions sur les collaborations scientifiques et logistiques dans l’Antarctique et l’océan Austral pour les cinq prochaines années et au-delà. Cet atelier a donné lieu à un communiqué conjoint qui reconnaît l’importance de ces rencontres régulières pour coordonner et planifier les collaborations stratégiques entre les deux pays et apporter des avancées significatives dans la compréhension et la prévision des changements du système climatique mondial. Les groupes de travail couvrent l’océanographie physique et biochimique, la surveillance des glaces et les interactions glace-océan, les cycles biologiques et les écosystèmes, la science atmosphérique et le système Terre.

Technologies

Des batteries quantiques ouvrent la voie au déploiement des ordinateurs quantiques

Une équipe de chercheurs du CSIRO, de l’université du Queensland et de l’Institut des sciences et technologies d’Okinawa a démontré théoriquement comment de minuscules batteries quantiques pourraient alimenter un ordinateur quantique, multipliant par quatre son nombre de qubits. Cette avancée pourrait rendre les futurs ordinateurs plus rapides, plus fiables et plus économes en énergie. Actuellement, le maintien de l’état quantique délicat de ces ordinateurs nécessite d’imposants systèmes de refroidissement cryogéniques très énergivores, ainsi qu’un système électronique à température ambiante. Ces exigences en matière d’infrastructure et d’énergie constituent les principaux obstacles au déploiement à large échelle des ordinateurs quantiques, limitant leur taille et leur puissance de traitement, restreignant leurs applications, et ralentissant leur mise sur le marché.

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