Promouvoir les droits humains, les valeurs démocratiques et la langue française dans le monde numérique

La France affirme particulièrement dans les relations et négociations internationales sa volonté de mener une diplomatie active en faveur de la défense et de la promotion des droits fondamentaux et des valeurs démocratiques. Cette velléité se décline au niveau thématique, puisqu’elle charge l’Ambassadeur pour le numérique de traduire cette politique dans le domaine du numérique, en lien avec l’ensemble des directions (DGM, DUE, DGP/NUOI) et acteurs concernés (notamment les postes concernés et le réseau des Instituts français).

Responsable de la coopération internationale en matière d’ouverture des données et de gouvernement ouvert, il veille à la promotion d’un modèle européen de protection des données personnelles (en particulier du RGPD) et des avancées législatives françaises en la matière.

Il veille également à ce que les réflexions internationales sur le numérique respectent l’engagement de la France au service du développement durable, de la promotion de la diversité et du pluralisme. Il est de plus vigilant quant à la place et à la défense de la langue française sur l’Internet.

L’Ambassadeur est en charge de la coopération internationale en matière d’ouverture des données et de gouvernement ouvert, particulièrement en collaboration avec le Partenariat pour un gouvernement ouvert (OGP), et défend par ailleurs le projet de Partenariat information et démocratie, notamment au G7.

Partenariat pour un gouvernement ouvert

La France a rejoint en avril 2014 le Partenariat pour un gouvernement ouvert ("PGO", ou Open Government Partnership), qui regroupe aujourd’hui 79 pays, des collectivités territoriales et des centaines d’organisations de la société civile qui agissent à travers le monde pour la transparence de l’action publique, pour sa co-construction avec la société civile et pour l’innovation démocratique.

Le Partenariat pour un gouvernement ouvert a été créé en 2011 par huit pays fondateurs (Afrique du Sud, Brésil, États-Unis, Indonésie, Mexique, Norvège, Philippines et Royaume-Uni), et associe dans sa gouvernance les gouvernements et la société civile à la même table et avec le même pouvoir d’initiative et de décision.

Le Partenariat propose de renforcer la transparence des gouvernements signataires de manière durable, tout en garantissant la reconnaissance de leur responsabilité auprès des citoyens et la qualité de leur gouvernance. Ce faisant, il élève l’ouverture gouvernementale au rang de priorité du discours politique. Lieu de partage de bonnes pratiques, le PGO offre une plateforme pour mettre en relation, développer et stimuler la communauté des réformateurs de l’État à travers le monde. À travers le Partenariat pour un gouvernement ouvert, la France participe au dialogue mondial sur l’évolution de la démocratie à l’ère du numérique.

L’objectif est d’étendre davantage le Partenariat en portant ce message auprès de nouveaux gouvernements et organisations de la société civile, et de s’assurer de son implémentation concrète au bénéfice des citoyens.

La France a été co-présidente du Partenariat pour un gouvernement ouvert d’octobre 2016 à 2017, au côté de l’association World Resources Institute. Au titre de cette présidence, la France a accueilli à Paris le Sommet mondial du Partenariat du 7 au 9 décembre 2016 qui a réuni plus de 4 000 participants de 140 pays différents.

La France a été réélue au Comité directeur du Partenariat en octobre 2018 pour un mandat de trois ans et est co-présidente du sous-comité « thematic leadership » au côté de Zuzana Wienk, Directrice de l’ONG Fair Play Alliance.

La France participe aussi au fond multi bailleur sur l’open government à travers le programme d’appui au gouvernement ouvert des pays francophones (PAGOF), géré par l’AFD. Ce programme accompagne les pays francophones membres du PGO dans la mise en œuvre des leurs engagements pour une action publique plus transparente, responsable et collaborative.

Open Data

Dans le cadre de l’ouverture des données publiques des administrations de l’État (Open data) pilotée par la mission Etalab sous l’autorité du Premier ministre, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a mis en place une organisation spécifique pour assurer, de façon pérenne, le recensement et la transmission de ces informations.

Ainsi, un coordinateur a été désigné au sein du secrétariat général du ministère. Il est responsable de la transmission des données à disposition de tous les citoyens dans des formats facilitant leur réutilisation la plus large.

Sous la supervision d’Etalab, le coordinateur a œuvré pour que l’ensemble des services du ministère ouvre les premiers jeux de données en décembre 2011. Il a vocation à les compléter et à les enrichir en permanence.

Les bases de données du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères couvrent l’ensemble du spectre de ses activités dans le monde, notamment :

  • les données concernant les expatriations, le travail à l’étranger et les communautés françaises à l’étranger,
  • la liste des coordonnées complète adresses des consulats et des ambassades,
  • les données concernant les adresses des écoles françaises à l’étranger (coordonnées gps),
  • l’ensemble des contributions de la France à l’international.

Retrouvez l’ensemble des données du ministère des Affaires étrangères sur la plateforme française d’ouverture des données publiques (Open Data), data.gouv.fr.

Le numérique au cœur des politiques de diffusion de la culture et de la langue françaises

Le numérique offre de multiples opportunités de promouvoir « la marque France » dans un contexte de lutte d’influence de plus en plus forte entre pays et blocs régionaux avec l’affirmation de puissances émergentes.

L’Institut français a accru ses capacités à agir dans le développement de plateformes numériques permettant de diffuser ou de capitaliser des ressources pour une thématique donnée (Culturethèque, IFcinéma), et de proposer des outils de communication institutionnelle et évènementielle (IFmapp, IFmobile).

Dans le domaine du français, l’enjeu est d’être mieux présent sur une toile dominée largement par l’anglais ; c’est pourquoi la France soutient des projets comme Afripedia, qui propose en partenariat avec l’IF et Orange des contenus sur Wikipedia, ou Mondoblog, plateforme regroupant des blogueurs francophones dans le cadre d’un partenariat entre l’IF et RFI. Le Département s’attache également à l’élargissement de l’offre de formation en ligne au français qu’il s’agisse d’enseignants (projet « 100 000 professeurs pour l’Afrique »), aux professionnels, aux élèves et aux étudiants (projet TV5 Parlons français c’est facile) ainsi qu’au développement d’outils numériques favorisant les contacts et les échanges entre professeurs de français (Intraknow, Vizamonde, Sallesdesprofs).

Le soutien à la stratégie numérique des opérateurs audio-visuels et médias français (FMM, TV5 Monde, CFI…) se poursuit. Il s’agit notamment pour ces opérateurs de multiplier les applications et services pour accompagner le développement des usages mobiles et d’investir tous les moyens de diffusion numérique terrestre.

Le numérique est également mis au service de l’attractivité de l’enseignement supérieur français avec, notamment, le développement de la plateforme France Université Numérique, porté par le MESR avec le soutien du MEAE. L’AEFE a également développé des services en ligne en partenariat avec l’ONISEP pour l’orientation des élèves. La nouvelle plateforme alumni, réseau des anciens élèves, mis en œuvre par Campus France, est déjà un outil important de la diplomatie d’influence française.

Le numérique et l’action en faveur de la démocratie et de la liberté d’expression

Dans ses actions, la France défend une définition large de la liberté d’expression et des droits de l’homme s’exerçant sur tous les supports. Cela inclut la protection des blogueurs et des cyberdissidents.

Pour certaines thématiques (minorités, LGBT etc.), le numérique occupe une place centrale en permettant le dialogue, la mise en réseau des actions et des plaidoyers. Les programmes de coopération conduit par le MEAE accordent une importance croissante au numérique et à la liberté d’expression (programme pluri-annuel d’appui aux défenseurs des droits de l’homme, mis en œuvre par la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme auquel le MEAE contribue, ouverture des programmes de formation étrangers aux blogueurs et cyberdissidents dans le cadre d’initiatives conduites par Reporters Sans Frontières).

Au sein du réseau diplomatique, les postes apportent leur soutien aux blogueurs, cyberdissidents et défenseur des droits de l’homme, particulièrement dans les pays à régime répressif (concept de « droit d’asile numérique »).

En parallèle du soutien au développement des outils numériques au profit des droits de l’homme, le Département poursuivra son action de soutien en faveur du respect de la liberté d’expression sur internet auprès des principales organisations internationales (CDH, Conseil de l’Europe, OSCE, UNESCO, UE…).

Mise à jour : juillet 2019

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