La gouvernance mondiale de la sécurité alimentaire et de la nutrition

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Contexte

En 2007-2008, les crises alimentaires associées à la soudaine flambée des prix des produits alimentaires ont mis en évidence la fragmentation des mécanismes permettant d’assurer la sécurité alimentaire et la nutrition au niveau mondial. Il est apparu nécessaire de renforcer la coordination des acteurs, en créant des institutions spécifiques de dialogue et de coopération, mais aussi en favorisant une compréhension commune des enjeux et des défis de la sécurité alimentaire au niveau mondial.

Depuis quelques années, notamment du fait du changement climatique, des conflits la situation en matière de sécurité alimentaire se dégrade de nouveau. La crise COVID-19 vient aggraver significativement les crises alimentaires, en raison notamment de ses conséquences économiques sur les populations vulnérables. Les réponses de la communauté internationale doivent s’adapter à ces défis.

Pour y faire face, le Secrétaire général des Nations unies a annoncé la tenue du Sommet sur les systèmes alimentaires en 2021. Ce sommet doit aborder les différents enjeux liés aux systèmes alimentaires, dans leurs dimensions à la fois environnementale, sociale et économique.

Consulter le rapport des Nations unies et de la FAO sur « L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde »

Gouvernance mondiale : de quoi parle-t-on ?
La gouvernance mondiale de la sécurité alimentaire et de la nutrition est constituée de l’ensemble des mécanismes, cadres ou politiques qui permettent aux différents acteurs (États au premier chef, mais également organisations internationales, de la société civile et du secteur privé) d’améliorer durablement la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages.
La coordination, la cohérence et la complémentarité des actions des organisations qui œuvrent en faveur d’une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable doivent permettre de trouver des solutions adaptées et de mobiliser un appui significatif au bénéfice de la sécurité alimentaire mondiale, d’améliorer l’efficacité et l’impact de l’action des acteurs publics comme privés. Se posent en filigrane les questions de cohérence des politiques (par exemple de commerce, de climat et de sécurité alimentaire), de coordination des instances de gouvernance et des bailleurs et de l’appropriation des meilleures mesures de politique publique par les acteurs concernés à tous les niveaux (local, national, régional et international).

L’action de la France

Renforcer l’efficience de la gouvernance mondiale de la sécurité alimentaire et la nutrition figure parmi les priorités de la politique française en matière de sécurité alimentaire : il s’agit de l’objectif n°1 de la Stratégie internationale de la France pour la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable pour la période 2019-2024.

La France promeut une gouvernance mondiale inclusive, qui permette la participation adéquate de l’ensemble des organisations concernées (États, organisations internationales, et aussi organisations de la société civile, du secteur privé et instituts de recherche). A ce titre, la France est notamment attachée, au plan multilatéral, au rôle des 3 agences romaines (FAO, FIDA, PAM) et du Comité de la sécurité alimentaire mondial (CSA)

La France a été l’un des principaux artisans de la réforme du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), devenue en 2009 la première plateforme mondiale de dialogue sur la sécurité alimentaire et la nutrition, qui associe l’ensemble des acteurs (gouvernements, organisations internationales, société civile, secteur privé, recherche, producteurs). Elle appuie le fonctionnement du CSA et la diffusion de ses résultats, tels que les directives volontaires sur la gouvernance responsable des terres, des pêches et des forêts, recueil de bonnes pratiques qui visent à prévenir l’accaparement des terres.

Au sein du G7 et du G20, la France continue de promouvoir la sécurité alimentaire et la nutrition. Lors de la présidence du G7 en 2019 la France a notamment porté les thèmes de la création d’emplois décents pour les jeunes ruraux et de la lutte contre la malnutrition au Sahel. Dans ce contexte, un cadre du G7 pour la création d’emplois décents pour les jeunes ruraux au Sahel a été adopté. En outre, dans un communiqué conjoint , les ministres du Développement du G7 et leurs homologues du G5-Sahel se sont engagés à renforcer la collaboration pour lutter contre la malnutrition, dans cette région particulièrement affectée.

Elle inscrit également cette action dans le cadre des politiques de développement de l’Union européenne, en cohérence avec les Objectifs du développement durable (ODD), adoptés aux Nations unies en 2015. Dans son action, la France met un accent sur les questions de gouvernance locale notamment dans les zones fragiles telles que le Sahel ; les modes opératoires revus et promus par l’Alliance Sahel doivent permettre une plus grande efficacité de l’aide en s’appuyant d’avantage sur les acteurs locaux.

Exemples d’organisations et de mécanismes intergouvernementaux en lien avec la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture :

Organisations et mécanismes spécialisés sur l’agriculture et la sécurité alimentaire et la nutrition
  • Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (OAA/FAO)
  • Fonds international de développement agricole (FIDA)
    Programme alimentaire mondial (PAM)
  • Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA)
  • Organisation mondiale de la santé animale (OIE)
  • Partenariat mondial de recherche agricole (CGIAR)
  • Mouvement Scaling-Up Nutrition (SUN)
Organisations de développement ayant des programmes de sécurité alimentaire et de nutrition
  • Banque mondiale
  • Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
  • Banques régionales de développement
  • UNICEF

Mise à jour : octobre 2020