Présentation de la Pologne
Présentation du pays
Données générales

Nom officiel : République de Pologne (Rzeczpospolita Polska)
Nature du régime : République parlementaire (IIIe République, depuis 1989)
Président de la République : M. Karol Nawrocki
Premier ministre : M. Donald Tusk
Données géographiques
Superficie : 306 190 km2 (soit 0,57 fois la France métropolitaine)
Capitale : Varsovie (1,8 million d’hab.)
Villes principales : Cracovie (810 600 hab.), Wrocław (672 500 hab.), Łódź (642 590 hab.)
Langue(s) officielle(s) : polonais
Monnaie : złoty (1€ = 4,2 PLN)
Fêtes nationales : 3 mai (fête de la Constitution de 1791), 11 novembre (fête de l’indépendance de 1918)
Données démographiques
Population (2025) : 37 385 000 hab.
Densité (2023) : 122 hab/km2
Croissance démographique (2025) : -2,9 % (office polonais de statistique GUS)
Espérance de vie (2024) : 74,9 ans pour les hommes, 82,3 ans pour les femmes (GUS)
Taux d’alphabétisation (2021) : 99,8% (Banque mondiale)
Indice de développement humain (2023) : 0,906 (PNUD)
Éléments d’actualité
Politique intérieure
D’après sa Constitution (2 avril 1997), la Pologne est "un Etat démocratique de droit" au sein duquel le Sejm (la Diète) et le Sénat exercent "le pouvoir législatif, le Président de la République et le Conseil des ministres exercent le pouvoir exécutif, les cours et tribunaux exercent le pouvoir judiciaire". La Diète est composée de 460 députés, et le Sénat de 100 sénateurs. Les députés sont élus au suffrage universel direct, proportionnel, pour un mandat de 4 ans et élisent le Premier ministre, d’abord sur proposition du Président de la République. Les sénateurs sont élus au suffrage universel direct (scrutin uninominal à un tour).
La Pologne a été gouvernée entre novembre 2015 et décembre 2023 par la coalition conservatrice Droite unie, menée par le parti Droit et Justice (PiS). Les mandats de Beata Szydło (2015-2017) et Mateusz Morawiecki (2017-2023) ont notamment été marqués par des tensions fortes avec les institutions européennes, autour de l’enjeu de l’Etat de droit.
Les élections parlementaires du 15 octobre 2023 ont marqué un tournant, avec la victoire de l’opposition libérale et pro-européenne. Le PiS a remporté la majorité des voix (35,4%) devant la Coalition civique (KO) dirigée par Donald Tusk (30,7%), la Troisième Voie composée du parti agrarien PSL et des centristes de Pologne 2050 (14,4%) et la Gauche (8,6%), mais n’a pas été capable de former une coalition gouvernementale, laissant la possibilité à la « coalition du 15 octobre » d’émerger (alliance de principe entre la Plateforme civique, la Troisième Voie et la Gauche). La Diète (chambre basse) a donc élu le 11 décembre Donald Tusk comme Premier ministre, et celui-ci a prêté serment le 13 décembre. La nouvelle coalition dispose également de la majorité au Sénat (chambre haute), avec 62 sièges sur un total de 100.
Les élections locales (voïvodies et mairies), qui ont eu lieu les 7 et 21 avril 2024, ont conforté le rapport de force entre la nouvelle majorité et l’opposition incarnée par le PiS. Les résultats agrégés attribuent 34% des suffrages exprimés au PiS à l’échelle nationale, 30% à la Coalition civique et 14% à la Troisième Voie. « La coalition du 15 octobre » a par ailleurs remporté les élections européennes de juin 2024, la Coalition civique devançant le PiS (37,1% des voix contre 36,2%, soit respectivement 21 et 20 sièges sur les 53 dévolus à la Pologne).
La coalition a entre autres pour priorités (i) de corriger les réformes judiciaires mises en œuvre par le PiS, (ii) de prolonger la montée en puissance de l’outil de défense polonais face aux menaces sur le flanc oriental, (iii) de réparer la relation avec Bruxelles et Berlin et de faire en sorte que la Pologne retrouve sa place en Europe, (iv) de faciliter la transition énergétique de l’économie polonaise, en répondant aux fortes inquiétudes sociales (notamment celles des mineurs de charbon).
Le 1er juin 2025, Karol Nawrocki (candidat indépendant mais soutenu par le PiS), président de l’Institut de la mémoire nationale (IPN), a remporté l’élection présidentielle – sur le fil (50,89% des voix) – face au Maire de Varsovie Rafał Trzaskowski (Coalition civique) qui a recueilli 49,11 % des suffrages. La Constitution polonaise donne au président de la République un droit de veto législatif, qui ne peut être outrepassé que par un vote de la Diète aux trois cinquièmes, et qui contraint donc l’action du gouvernement. Elle dispose également que le président « coopère » avec le gouvernement en matière de politique étrangère et fait de lui le chef des forces armées.
Politique étrangère
1- Politique européenne
La Pologne est le 5ème pays le plus peuplé de l’Union européenne et le 6ème Etat membre le plus riche (PIB). Entrée au sein de l’UE en 2004, la Pologne joue un rôle essentiel dans le débat européen. Elle est la première bénéficiaire des fonds de cohésion européens.
Les relations entre le gouvernement PiS (2015-2023) et les institutions européennes ont été compliquées. Les institutions européennes ont critiqué dès 2015 plusieurs mesures controversées prises par le gouvernement en matière d’Etat de droit et la Commission a initié en 2017 une procédure au titre de l’article 7 TUE (respect de l’Etat de droit) envers la Pologne. La CJUE a par ailleurs condamné en septembre 2021 la Pologne à payer une astreinte d’un million d’euros par jour pour non-respect d’une ordonnance rendue en juillet 2021 liée à la suppression de la Chambre disciplinaire des juges au sein de la Cour suprême polonaise. Répondant aux condamnations de la Cour de justice, le Tribunal constitutionnel polonais avait remis en cause la primauté du droit de l’Union (arrêt du 7 octobre 2021).
A noter que la Pologne a également été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour les réformes judiciaires mises en œuvre par le PiS, le plus souvent au motif de l’article 6 CEDH (non-respect du droit à un procès équitable).
Par ailleurs, le décaissement des fonds du plan national de relance et de résilience (PNRR – 60Mds EUR) avait été conditionné (« super-jalons ») à l’adoption définitive de mesures modifiant le régime disciplinaire des juges. L’octroi des fonds de cohésion pour la période 2021-2027 (77Mds d’euros), dont aurait dû bénéficier la Pologne, a également été conditionné au respect des principes de la Charte européenne (« conditions horizontales favorisantes »).
Après les élections parlementaires de 2023, le gouvernement Tusk s’est engagé à se mettre en conformité avec les arrêts de la CJUE et de la CEDH, et à respecter le droit européen. Fin février 2024, la Commission européenne a approuvé le décaissement des fonds du PNRR et de la politique de cohésion (137 milliards d’euros au total). La Commission a par ailleurs clos le 29 mai 2024 la procédure engagée en 2017 au titre de l’article 7 TUE.
Sur les questions économiques européennes, la Pologne plaide en faveur de l’achèvement du marché intérieur dont profite son économie très ouverte, industrielle et exportatrice. Elle est traditionnellement vigilante sur le cadre financier pluriannuel, appelant au maintien des fonds de cohésion et des sommes consacrées à la PAC. Elle plaide également pour plus de financement européen orienté vers la protection des frontières, notamment à l’est, et la défense.
2 - Relation transatlantique et Ukraine
La politique étrangère et de sécurité polonaise repose principalement sur l’appartenance à l’OTAN, les garanties de sécurité américaines (10 000 soldats stationnés sur le territoire polonais) et sur l’UE face à une menace russe perçue comme existentielle. L’invasion russe du territoire ukrainien, les manœuvres d’instrumentalisation des flux migratoires à la frontière polono-biélorusse depuis l’été 2021 et les récentes actions hostiles attribuées à la Russie (actes de sabotage contre des voies ferrées, incursion de drones russes dans l’espace aérien) ont encore renforcé ce sentiment d’insécurité. Pour une large majorité de la population, l’alliance avec les Etats-Unis demeure centrale pour assurer la protection du territoire polonais, même si les orientations de politique étrangère du président Trump suscitent une certaine inquiétude.
Alors qu’elle consacrait déjà 2% de son PIB à son budget de défense depuis 2016, la Pologne a annoncé qu’elle consacrerait 4,7% de son PIB à ces dépenses en 2025. Elle privilégie à 80 % l’achat de matériel militaire aux Etats-Unis pour des acquisitions dans les domaines de la défense aérienne, l’artillerie, les chars, l’aviation de combat, les missiles à courte, moyenne et longue portée et s’est également tournée vers la Corée du Sud dans le cadre d’une commande sans précédent de chars, d’obusiers et d’avions. Elle a commandé en avril 2023 pour 2,4 Mds de dollars de missiles antiaériens au Royaume-Uni et a annoncé l’acquisition de systèmes de radars à l’entreprise espagnole Indra Sistemas pour 284 millions de dollars en septembre 2024. Le 26 novembre, le gouvernement polonais a annoncé un partenariat avec la Suède dans le cadre du programme Orka en vue de l’acquisition de sous-marins de type A26 dont les livraisons devraient intervenir dès 2030. Dans le même temps, la Pologne cherche à utiliser le levier pour renforcer ses capacités de défense, via notamment la mobilisation des prêts européens SAFE à hauteur de 43 milliards d’euros.
La mobilisation de la Pologne en faveur de l’Ukraine a été immédiate et particulièrement importante, en volume comme en proportion de la richesse nationale et des moyens disponibles. Elle recouvre un soutien politique et diplomatique en appui à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE et à des progrès rapides vers l’adhésion à l’OTAN, un soutien militaire (livraisons massives notamment de près de 300 chars T72 et PT91, de 14 chars Leopard 2 et d’un nombre limité d’avions MIG-29, rôle de plateforme logistique de la Pologne pour les livraisons internationales d’armes et d’équipements à l’Ukraine), humanitaire (accueil de réfugiés, dont près d’un million se trouvent toujours en Pologne) et économique. La Pologne entend désormais se positionner en pointe de la reconstruction de l’Ukraine (accueil prévu en 2026 d’une conférence internationale sur la reconstruction du pays).
Situation économique
Avec une population de près de 38 millions d’habitants, la Pologne constitue la principale économie parmi les Pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO) et la 20ème économie mondiale en 2025. Depuis son adhésion à l’UE en 2004, le pays a connu deux décennies de rattrapage économique. Les taux de croissance polonais (environ 3 % par an) ont systématiquement été supérieurs à la moyenne européenne et la croissance polonaise ne s’est interrompue qu’en 2020 en raison de la pandémie de covid19 (récession de -2% du PIB).
A la suite de la pandémie de Covid-19, la Pologne a connu une reprise économique soutenue, dans une période marquée notamment par des entrées sans précédent d’investissements directs étrangers (IDE).
Le déclenchement de l’agression russe à grande échelle en février 2022 en Ukraine a eu des répercussions significatives sur l’économie polonaise, dont une forte accélération de l’inflation. Cette conjoncture a mené à une stagnation économique (+0,2%) pendant l’année 2023. Par ailleurs, la dégradation de la situation sécuritaire a incité la Pologne à intensifier son effort de défense. Combinées avec des dépenses sociales en hausse, ces dépenses de défense pèsent sur les finances publiques, avec un déficit attendu à 6,8 % du PIB en 2025, soit le deuxième plus élevé de l’UE, et une dette publique en augmentation régulière (60% du PIB fin 2025).
La Pologne, grâce à des gains de pouvoir d’achat de sa population, a renoué avec une croissance solide dès 2024 (+2,9%). Selon les prévisions d’automne de la Commission européenne, la croissance attendue pour 2025 (3,2 %) et pour 2026 (3,5 %) s’appuierait toujours sur la progression de la consommation des ménages et dans un second temps sur la reprise de l’investissement. Après plusieurs années de forte inflation, celle-ci devrait se stabiliser autour de 3 % dans les années à venir.
La Pologne est devenue un acteur important dans les services (transport-logistique, informatique, centres de services partagés) mais l’industrie manufacturière a toujours un poids important dans son économie (21 % du PIB), ce qui en fait la 5è puissance industrielle de l’UE (6% de la production industrielle des Etats membres). L’industrie polonaise est relativement diversifiée : agro-alimentaire (2,4%), métallurgie (2,1%), automobile (1,3%), plasturgie (1,3%), matériel électrique (0,9%). Très intégrée au sein du marché unique européen (27% des exportations vers l’Allemagne, 74% des exportations vers l’Union européenne), l’industrie polonaise fait cependant face aux défis de la hausse des coûts de l’énergie et de la main d’œuvre.
L’industrie polonaise s’est transformée depuis les années 1990, investissant de nouveaux domaines tels que l’électroménager (1er producteur européen), les meubles (1er), le papier (4ème) et les batteries pour véhicules électriques (1er pour les voitures et 2ème pour les bus, chiffres 2021).
Plus d’information sur le site du SER : situation économique et publications récurrentes.
Mise à jour : 21/01/2026
Informations complémentaires
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