Entretien de Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l’attractivité, avec « Sud Radio » (Paris, 9 janvier 2026)
Q - Il est 8h18 sur Sud Radio, et mon invité politique, ce matin, est ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité. Bonjour Nicolas Forissier.
R - Bonjour.
Q - Merci beaucoup d’être avec nous ce matin. Journée où on a forcément besoin de vous entendre, au vu de la situation européenne, nationale et internationale. L’actualité est forcément marquée par le Président de la République qui, hier en fin de journée, a annoncé que la France votera « non » au traité du Mercosur. Qu’est-ce que ça change ?
R - Je pense que ça change beaucoup parce que, contrairement à ce que j’entends, c’est une position extrêmement forte. On dit que la France est affaiblie, etc. C’est l’inverse. La vérité, c’est que le Président de la République tire la conséquence de deux choses qui me paraissent essentielles. La première, c’est que la France est un grand pays agricole. C’est le premier pays agricole de l’Union européenne. Et la France ne peut pas accepter que même s’il y a des avantages dans cet accord Mercosur, et on pourrait y revenir si vous le souhaitez, des choses intéressantes, y compris pour certaines filières agroalimentaires, il y a des risques qui pèsent sur certaines autres filières agricoles. Je pense notamment à la filière bovine, à la volaille, au sucre notamment, et je pourrais en citer une ou deux autres, le miel par exemple. Et donc ça, on ne peut pas l’accepter. On a fait un bras de fer, on a exigé un certain nombre de choses, on a obtenu pas mal de choses, je peux vous le dire. Mais ce n’est pas suffisant, on n’est pas au bout du chemin. On considère que…
Q - On y reviendra. Mais Nicolas Forissier, une question quand même. Quand vous évoquez tout ce que vous êtes en train de dire, qu’est-ce que ça va changer concrètement ? Parce que oui, c’est une position… C’est un acte symbolique, mais qu’est-ce qu’on a, en plus du symbole ?
R - Non, ce n’est pas un acte symbolique, c’est ce que je suis en train de vous dire. On a une position qui est très forte. Et donc, premier point, le Président de la République tire les conséquences du moment où nous sommes, c’est-à-dire un bras de fer qui nous a permis d’obtenir beaucoup de garanties, y compris l’augmentation du budget de la PAC, y compris la suppression des surcoûts sur les engrais pour les agriculteurs qui étaient prévus. Ça ce sont des résultats. Mais on n’a pas assez, on est loin du compte, et donc on dit « non ». Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la France affirme sa position de grand pays agricole, dit non. Il y a eu d’autres époques, je vous rappelle, y compris, si on se rappelle, de Jacques Chirac qui claque la porte, C’est un peu la même chose. Et moi, je suis très frappé de voir qu’il y a inévitablement un certain nombre de commentateurs, un peu démago, disons les choses, un peu populistes, excusez-moi, mais qui disent « ah oui, c’est de la faiblesse ». Non, la France est forte en affirmant ce qu’elle est, son identité.
Et la deuxième chose, c’est qu’on tire aussi les conséquences de ce que nous demandent nos parlementaires, qui sont unanimes à être sur cette position de refus en l’état de l’accord Mercosur, de ce que nous demandent nos agriculteurs. Moi j’ai participé à toutes les réunions avec le Premier ministre et Annie Genevard pour recevoir les organisations professionnelles agricoles. Je suis moi-même, à titre personnel, un élu, fils d’éleveur, ancien ministre de l’agriculture, élu d’une région d’élevage. Donc pour moi c’est extrêmement important, y compris en termes de conviction personnelle. Mais on se bat pour les agriculteurs. Moi je veux le dire avec force, on fait tout ce qu’on peut, on a obtenu beaucoup de choses, et là on dit « non ». La France est un grand pays agricole, et nous ne nous sacrifierons pas. Et donc je réponds maintenant à votre question très concrète, comment ça va se passer dans les jours qui viennent ? La réalité, c’est qu’on va avoir un vote, vraisemblablement aujourd’hui, qui va autoriser la prise de décision. Ça ne veut pas dire que l’accord Mercosur est applicable demain. Ce n’est pas ça. C’est simplement un processus qui va nous conduire à une deuxième étape qui sera celle du Parlement européen.
Q - Justement, on va y venir, le Parlement européen, avec notamment ce mécanisme pour que ce traité puisse ne pas aboutir comme c’est prévu pour l’instant qu’il aboutisse. Est-ce que la France doit se positionner officiellement pour demander à ce que la Cour de justice de l’Union européenne se prononce contre le Mercosur, en tout cas qu’elle soit saisie cette Cour ? Beaucoup d’élus vous le demandent, que ce soit des députés, que ce soit des représentants politiques. Vous, en tant que ministre du commerce extérieur, est-ce que vous encouragez à ce que la Cour se saisisse de ce traité ?
R - Moi je n’ai pas, en tant que ministre, et par définition en tant que représentant de l’exécutif, à intervenir dans le législatif. Il y a une séparation des pouvoirs et c’est très bien comme ça. Mais moi j’ai compris aussi, et j’observe, et c’est maintenant dans les mains des parlementaires européens, et donc des forces politiques, y compris nationales, qui doivent aller actionner ou discuter avec leurs représentants au Parlement européen. Le Parlement européen a la possibilité de demander la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne.
Q - Est-ce que vous encouragez les députés de votre camp à dire « c’est important que la Cour soit saisie » ?
R- Pour vérifier si, effectivement, la façon dont la procédure a été conduite est correcte, si ce traité a le droit, entre guillemets, au sens juridique du terme, d’être mis en oeuvre. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si la Cour de justice est saisie par le Parlement européen, il y a suspension. En général, la Cour de justice de l’Union européenne, elle rend ensuite ses décisions dans un délai d’un an et demi, un peu plus. Donc, ça veut dire qu’il y a suspension et que, en l’État, l’accord Mercosur ne s’applique pas. Si la France, en tant qu’État, avait demandé la saisine, contrairement à ce que j’ai entendu, ça n’aurait jamais été suspensif. Parce que, dans notre cas, ça n’aurait pas été suspensif. Il n’y a que la demande du Parlement européen qui le rend suspensif. Donc, on va voir si les parlementaires européens…
Q - Mais est-ce que ce matin, vous le souhaitez ? Vous le dites, vous êtes vous-même un agriculteur…
R - Moi je souhaite, je vais vous dire, que ce débat s’apaise. Et si ça peut permettre d’apaiser les choses, d’engranger pour nous, Français, encore plus d’éléments auprès de la Commission européenne, qui protègent et qui défendent notre agriculture, ce que nous avons déjà largement fait - mais il y a encore des choses à obtenir. Si ça nous donne du temps pour le négocier, moi j’y suis évidemment sensible. J’aimerais bien avoir du temps et je pense que le Gouvernement tout entier souhaite pouvoir continuer à obtenir, à engranger, à empocher un certain nombre de choses.
Q - Favorables plutôt que sensibles ?
R - Je ne peux pas le dire, parce que moi je suis représentant du Gouvernement.
Q - Autre sujet, puisqu’on a parlé aussi du Parlement européen. Vous avez vu aussi la petite musique qui monte sur le Parlement national avec ce risque de censure. Jordan Bardella a assuré que sur ce sujet, précisément, du Mercosur, il déposerait une motion de censure. Est-ce que vous ne craignez pas que le Gouvernement tombe sur cet accord de traité de libre-échange ?
R- Mais l’accord de libre-échange, il est négocié par l’Union européenne. Le Gouvernement dans cette affaire est en défense, fait tout ce qu’il peut pour défendre les agriculteurs français. Ce serait quand même un comble qu’on censure parce qu’on défend les agriculteurs français. Enfin, c’est, excusez-moi de le dire aussi clairement, mais la logique, c’est ça en fait. Monsieur Bardella, le RN, comme d’autres, il fait du populisme, il fait de la récupération. Il n’y a aucune, me semble-t-il…
Q - Dans ce cas-là, est-ce qu’il n’y a pas un populisme inverse ? Vous avez entendu tous ces commentateurs, mais aussi tous ces économistes qui défendent, qui disent « mais en réalité, on fait une erreur stratégique ». La France fait le constat de son impuissance, parce que, vous l’avez esquissé tout à l’heure, c’était très bon pour énormément de filières. On a un marché de plus de 300 millions d’habitants. Au vu de notre balance extérieure commerciale, ce n’est pas formidable…
R - Vous avez raison.
Q - Il est favorable, quand même, ce Mercosur.
R - Vous avez raison. C’est ça qui me sidère, de la part de M. Bardella et d’un certain nombre de responsables politiques qui essayent d’utiliser la colère. Personnellement, je trouve ça assez terrible. C’est une mauvaise image, c’est un mauvais fonctionnement de notre débat public. La vérité, c’est qu’il faudrait dire ce que nous, au Gouvernement, nous disons. Je suis désolé de le dire comme ça. La vérité, c’est quoi ? C’est que cet accord, il a beaucoup d’intérêt pour les filières industrielles, pour l’accès aux services, pour la protection…
Q - Il y a du bon ?
R - Il y a du bon pour le lait, les fromages, pour le vin, les spiritueux, etc. Mais il peut être très dangereux si on n’obtient pas les protections nécessaires pour les éleveurs bovins en particulier, les éleveurs de volaille, les producteurs de miel, les producteurs de sucre, etc. Et l’éthanol. Ça, ça veut dire que nous devons souligner, par honnêteté intellectuelle, l’intérêt pour un certain nombre de filières et globalement pour l’économie, mais nous devons aussi nous battre. Et en l’état, c’est ce que nous faisons, et nous n’acceptons pas parce que nous n’avons pas tout obtenu, pour protéger les filières sensibles de l’agriculture française. Parce que nous sommes un grand pays agricole et que nous nous battons pour nos agriculteurs. Et toutes les autres paroles, M. Bardella et quelques autres, qui sont à l’unisson pour essayer de récupérer le truc, moi je trouve ça extrêmement dommageable.
Q - Nicolas Forissier, vous avez aussi avec vous des boutons très importants pour essayer de calmer la colère. La lettre de Sébastien Lecornu, il y a quelques heures, on l’a appris. 10 points très structurants concernant des dossiers clés : le Mercosur, la vaccination sur le cas de la dermatose nodulaire. Il y a quelques semaines, vous assuriez pouvoir réduire ou essayer de réduire les délais entre la vaccination et l’exportation. Vous l’aviez promis. Est-ce que vous avez réussi à avancer sur ce dossier ?
R - On est en discussion là-dessus. Vous savez qu’un animal qui est vacciné dans une zone indemne, et la France aujourd’hui, au 4/5e, à 90% du territoire national, est indemne aujourd’hui, il faut quand même le rappeler, donc on peut exporter normalement. Si les éleveurs demandent une vaccination préventive, à ce moment-là, l’animal va être restreint à l’exportation, normalement pour huit mois. Ce sont les règles qui s’appliquent au niveau international et européen. Nous discutons avec les autorités italiennes, je vais bientôt voir les autorités espagnoles et aussi marocaines, parce qu’il y a un sujet au Maghreb, pour justement faire en sorte, comme ça a été le cas avec les Italiens à partir des animaux vaccinés en Savoie, de réduire ces délais et de permettre…
Q - De réduire à combien de temps ?
R - Les Italiens posent, et ils ont raison, parce que c’est finalement normal que les pays importateurs demandent, c’est ce qu’on demande nous, de vérifier les normes. Ils demandent, les Italiens, par exemple, un test PCR pour vérifier que chaque animal, effectivement, n’est pas porteur. Donc il y a un certain nombre de contraintes, mais on arrive à exporter normalement des bovins vivants depuis les deux Savoies aujourd’hui, et c’est ce qu’on veut continuer. Et donc on discute pour le pérenniser.
Q - Parmi les différentes pistes, notamment réclamées par les représentants du principal syndicat agricole, il y a la piste d’une loi spéciale qui pourrait être consacrée au secteur agricole. Est-ce que vous y êtes favorable ? Est-ce que vous pensez que ça fait partie des mécanismes que vous avez à portée de main qui puissent être efficaces ?
R - Je ne suis pas ministre de l’agriculture, je ne vais pas parler à la place du Premier ministre et de la ministre de l’agriculture. À titre personnel, je pense qu’il faut absolument qu’on continue, et c’est la volonté du Gouvernement et du Premier ministre, à discuter, à trouver des solutions très concrètes. Est-ce que c’est une loi spéciale ? Il ne m’appartient pas de le dire. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut qu’on continue le boulot pour clarifier, renforcer, assurer le revenu de nos agriculteurs.
Q - C’était une question avant qu’on passe au dossier de l’international. Tout juste entrée, il y a cette fameuse taxe carbone aux frontières. Elle est déjà contestée. La ministre de l’agriculture a évoqué, alors que ça vous concerne, les fameux engrais qui pourraient en être exonérés. Elle a d’abord évoqué une taxe qui pourrait, puis qui devrait suspendre les engrais. Est-ce qu’on va pouvoir réussir à exonérer nos agriculteurs absolument, ou c’est simplement une possibilité ce matin ?
R - Ce mécanisme qui contrôle, qui met une taxe sur la production de carbone sur les importations aux frontières européennes, c’est quand même un mécanisme qui est plutôt vertueux. On ne peut pas nous demander de protéger notre marché, de faire de la préférence européenne, etc… Sauf que là, sur le cas des engrais, on a un sujet qui est très concret, qui est le fait que ça renchérit le coût des engrais qui sont pour la plupart importés pour les agriculteurs français, à un moment où ils sont déjà fragilisés, notamment les céréaliers ou les producteurs de grandes cultures. Donc on a obtenu de l’Union européenne de neutraliser ce surcoût. Donc il n’y aura pas de surcoût, ni en 2026, ni en 2027, puisque la plupart des commandes de 2027 seront faites au prix de 2026. C’est une grande victoire. C’est ce qu’on a obtenu. L’augmentation de l’enveloppe de la PAC qui permet de garder la même enveloppe de soutien aux revenus des agriculteurs, la suppression du surcoût des engrais, la clause de sauvegarde hyper renforcée sur le Mercosur, etc., ce sont des victoires pour la France.
Q - L’autre victoire qu’on doit essayer de décrocher sur la scène européenne et internationale concerne évidemment les nombreux dossiers, les déclarations notamment de Donald Trump. Hier, le Président de la République s’est adressé aux ambassadeurs. Les mots étaient forts devant les ambassadeurs. Il parlait de nouveau colonialisme de Donald Trump, de mettre le paquet sur le moment et de vite instaurer la préférence européenne. Est-ce que, là aussi, nous ne courrons pas après le président américain plutôt que d’essayer d’avoir de véritables victoires au quotidien ?
R- Je pense qu’il y a un énorme bouleversement en cours. C’est vrai sur le plan géopolitique. C’est vrai parce qu’il y a des personnalités qui cassent tous les codes. M. Trump, vous l’avez dit. M. Poutine a été un agresseur de l’Ukraine déjà depuis plusieurs années, etc…
Q - Est-ce que vous diriez pour autant que Donald Trump a été un agresseur du Venezuela, par exemple ?
R- Je vais y revenir. Nous avons des tensions commerciales qui sont considérables et ça conduit les Européens à réagir. Et moi je veux le dire avec force. Parce qu’on fait sans arrêt de l’Europe bashing, du France bashing comme on dit, c’est-à-dire on dénigre tout le temps, « on n’est pas bon, on n’est pas fort, on ne fait pas le boulot »… Ce n’est pas vrai ! Moi, je suis frappé, j’ai quand même un peu d’expérience politique, on a une espèce de prise de conscience, de rassemblement, de structuration de l’Union européenne, et sur les questions de défense, et sur les questions économiques, et sur la protection douanière. C’est ce qu’on a fait sur les véhicules chinois, par exemple. Et tout ça, la France est hyper motrice. L’histoire des petits colis, par exemple. Le fait que l’Union européenne, enfin…
Q - Beaucoup vous diraient, par exemple, c’est de la taxation, mais je reviens sur ça. Quand vous qualifiez, quand vous mettez d’un côté Donald Trump et ensuite Vladimir Poutine, est-ce que ce qui s’est passé au Venezuela, c’est une forme d’agression ?
R - La France a totalement condamné, le Président de la République…
Q - Oui, en deux temps.
R- Non. Nous avons été extrêmement clairs, le ministre Jean-Noël Barrot l’a dit très clairement. Il y a des règles de droit, nous on défend la Charte des Nations unies, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et on est évidemment contre l’usage de la force. Donc ça, on l’a dit très clairement. Après, on ne va pas pleurer M. Maduro. Moi, je connais beaucoup de monde au Venezuela, je sais un peu comment ça se passe… Ce que nous demandons, nous, ce que la France demande dans le cadre européen, c’est qu’il y ait un vrai accompagnement dans cette transition démocratique. Et pour l’instant, on est un peu dans l’attente.
Q - Dernière question, Nicolas Forissier. Lors de son retour du voyage en Chine, Emmanuel Macron avait dit que si la Chine ne jouait pas le jeu avec certains pays européens, il y allait y avoir des taxes sur les produits chinois. On est vraiment prêts à batailler avec la Chine ?
R - Je pense qu’il faut à la fois conserver cette relation particulière qui existe entre la France et la Chine. Je ne vais pas vous refaire l’histoire, on pourrait en faire une émission. Mais par contre, il faut aussi réaffirmer notre fermeté.
Q - Donc c’est toujours sur la table ?
R- On continuera. Écoutez, nous, on a des problèmes avec les Chinois. Je pense à la crème de lait, par exemple. On a un peu résolu le problème sur la viande de porc et les abats de porc. Sur les vins et spiritueux, on a un moyen terme qui ne nous satisfait pas. Donc nous, on continue, et c’est mon boulot, les négociations commerciales avec les Chinois. Il faut le faire avec fermeté, avec transparence, et en expliquant à nos partenaires chinois que c’est leur intérêt, en fait, de venir produire en Europe.
Q - Donc la taxation est toujours sur la table ?
R- Mais c’est une arme qu’ils utilisent eux-mêmes. Pourquoi est-ce qu’on ne l’utiliserait pas ? Le fait que la France et l’Europe ne soient plus naïves, y compris et peut-être en particulier sur le commerce, c’est une évolution majeure. C’est ce qu’a dit le Président de la République hier. C’est ce que je porte dans ma mission.
Q - Et merci de l’avoir affirmé aussi franchement au micro de Sud Radio ce matin, Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité.
R - Merci.
(Source : Sud Radio)