Déclarations américaines à l’égard du Groenland - Réponse de Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l’attractivité, à une question d’actualité au Gouvernement, en séance publique, au Sénat (Paris, 7 janvier 2026)
Mesdames les sénatrices, Messieurs les sénateurs,
Le Premier ministre a déjà évoqué le sujet du Groenland, des déclarations de certaines autorités américaines. Je voulais simplement vous donner la position telle qu’elle est aujourd’hui, du Gouvernement et de l’Union européenne, en rappelant d’ailleurs que le traité de l’Atlantique Nord, qui a été créé en 1949, il s’appelle bien le traité de l’Atlantique Nord, l’OTAN. Et qu’est-ce qui est au centre de l’Atlantique Nord, si ce n’est le Groenland ? On voit bien qu’il y a, et votre question est parfaitement justifiée, une question de fond, une question d’opportunité, et que la France, qui est motrice sur ces questions au sein de l’Union européenne, doit clarifier les choses et doit pousser à faire en sorte que nous respections le droit.
Le principe, c’est que la sécurité dans l’Arctique reste une priorité essentielle pour l’Europe. L’OTAN, d’ailleurs, je l’ai dit, a clairement indiqué que c’était une priorité et que les Alliés européens devaient intensifier leurs efforts, ce qu’ils font. Nous avons renforcé notre présence, nos activités et nos investissements au Groenland afin de garantir la sécurité de l’Arctique et de dissuader les adversaires. Et je le rappelle, encore une fois, comme les États-Unis, le Danemark et le Groenland, qui est un État associé du Danemark, font partie de l’OTAN. Il y a donc une solidarité naturelle qui, a priori, doit nous conduire à assurer cette sécurité de façon collective.
Deuxièmement, nous avons à rappeler, et c’est la position de la France, que ce n’est personne d’autre que le peuple du Groenland et l’État et le peuple du Danemark qui doivent déterminer l’avenir de cette région, du monde, de ce territoire. Il ne saurait être acceptable, effectivement, que nous puissions avoir une autre procédure.
Donc ça veut dire que votre question, elle se pose. Qu’aujourd’hui, nous ne sommes pas en situation d’avoir à y répondre. Mais il faut effectivement anticiper. Il n’y a pas eu de fait, il n’y a pas eu de fait, il y a simplement des suppositions et des débats, je pense qu’il faut effectivement s’y préparer. Et cela suppose que l’Union européenne fasse des déclarations extrêmement précises. C’est déjà le cas de l’Angleterre, de la France et de l’Allemagne, qui se sont exprimées dès hier sur le sujet.
(Source : site Internet du Sénat)