Entretien de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, avec « France 5 » (Paris, 7 mars 2026)
Q - Jean-Noël Barrot, vous êtes le ministre de l’Europe, le ministre des affaires étrangères. Merci d’être avec nous ce soir dans « C à vous ». Vous avez entendu Yaël Goosz. La voix de la France est-elle vraiment encore audible dans cette guerre ?
R - Je crois qu’elle l’est. Et quand je me retourne sur l’année et demie que j’ai passé dans mes fonctions, je m’aperçois qu’il y a peu de pays qui ont apporté autant de solutions et qui ont agi de manière aussi positive sur le Moyen et le Proche-Orient. Il y a un peu plus d’un an, on a obtenu un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, qui plongeaient le Liban au bord du gouffre. Il y a un peu moins longtemps, on a réussi, sur Gaza, à rassembler l’ensemble de la communauté internationale autour d’une déclaration de principe qui, à la fois, condamne le Hamas et appelle à son désarmement, et à la fois appelle au respect du droit des Palestiniens. C’était la première fois depuis 30 ans, depuis les accords d’Oslo qu’on avait un tel assentiment de la communauté internationale sur la solution à trouver.
Q - Pourtant Emmanuel Macron n’a ni été prévenu, ni informé…
R - Et plus récemment, en Syrie, c’est encore la France qui a facilité un accord entre les Kurdes syriens et le nouveau gouvernement syrien. Et donc nous sommes en capacité d’agir. Maintenant…
Q - Ça, c’était avant la guerre au Moyen-Orient.
R - Le monde a changé et la France n’est plus, comme c’était le cas il y a 50 ans, il y a 80 ans, l’une des cinq grandes puissances du monde, d’autres puissances ont émergé. Et c’est pour ça que la citation d’Hubert Védrine, qui en réalité, je crois, est une citation de Valéry Giscard d’Estaing, est juste. Et si nous voulons peser à l’extérieur dans les années, les décennies qui viennent, il faut que nous soyons forts à l’intérieur et que nous ayons de la force économique, diplomatique, militaire, mais aussi de la force morale. C’est pourquoi les décisions que nous prenons pour nous-mêmes et pour notre pays auront, dans les décennies à venir, un impact ou une influence sur notre capacité à peser sur le cours du monde.
Q - Jean-Noël Barrot, on a de nombreuses questions aujourd’hui. Des questions aussi que se posent les Français, qui sont inquiets au vu de la situation internationale, le huitième jour de guerre au Moyen-Orient. Donald Trump annonce que l’Iran va être très durement frappé. Aujourd’hui, il a dit ce samedi, des avions B52 sont en route vers la zone. L’armée israélienne continue de pilonner le Liban, on va y revenir. Mais une question très importante sur les rapatriements. À l’heure où on se parle, combien de Français ont été rapatriés ? Et surtout, est-ce que vous savez combien de Français attendent de l’être ?
R - D’abord, nous avons affrété des vols, six depuis le début de la guerre, pour que nos compatriotes les plus vulnérables puissent rentrer en France. Et c’est ainsi 800 ressortissants français qui ont bénéficié de ces vols affrétés. Et nous nous apprêtons, d’ici mardi prochain, à en affréter cinq de plus. En parallèle, ce que nous avons exigé de la part des autorités des Émirats arabes unis, c’est qu’ils augmentent le nombre de vols à destination de la France et de Paris en particulier. Nous sommes passés d’un vol jeudi, ce qui était insuffisant, à cinq vols hier et cinq vols aujourd’hui. Et c’est en tout 3.500 personnes qui ont pu repartir par ces vols commerciaux vers Paris. Demain, nous aurons six vols au départ des Émirats, et lundi aussi.
Q - En parallèle, certaines compagnies aériennes profitent de la situation pour proposer des billets à des prix exorbitants. Est-ce que ça vous choque ?
R - Avec les compagnies émiriennes, dont je viens de dire que nous avons obtenu d’elles qu’elles augmentent le nombre de vols pour que les Français qui le peuvent et qui le souhaitent puissent partir, nous avons engagé une discussion très franche pour que les tarifs soient les plus abordables possible…
Q - C’est-à-dire, à peu près ? On sait à peu près combien ou… ?
R - Mais en face, ce sont des compagnies qui ne dépendent pas directement de nous. Avec les compagnies françaises et en particulier Air France, c’est mon collègue ministre des transports qui se charge d’obtenir que les tarifs soient les plus abordables possible, et qui se charge aussi de pouvoir donner les autorisations, le cas échéant, avec les services compétents pour que les vols Air France puissent aussi retourner dans la région.
Q - Jean-Noël Barrot, je le disais, un autre front s’est ouvert dans cette guerre au Moyen-Orient. L’armée israélienne frappe le Liban. Selon les autorités libanaises, plus de 300 personnes ont perdu la vie depuis lundi. Des Français sont-ils présents dans la zone de Beyrouth Sud, où les frappes sont massives actuellement ?
R - Il y a beaucoup de Français ou de franco-libanais aujourd’hui au Liban. C’est une communauté qui est vaste et qui est à l’image de la relation entre la France et le Liban, qui est ancienne et qui est très étroite. Je ne peux pas vous garantir qu’aucun Français ou Franco-libanais était sur place au moment des évacuations. Ce que je peux vous dire, c’est que notre ambassade est pleinement mobilisée, là encore pour faciliter le retour en France de celles et ceux qui le souhaitent, parce qu’ils n’ont pas leur vie au Liban, qu’ils y sont allés pour voir des proches ou de la famille et qui souhaitent rentrer. Donc, dès demain, nous aurons un deuxième vol au départ de Beyrouth qui sera opéré par la compagnie aérienne libanaise et qui permettra ainsi de faire partir notamment les Français les plus vulnérables et de rentrer en France.
Q - Je vais vous poser la même question exactement qu’Alain Juppé hier. Peut-être plus une réponse de citoyen avec le cœur que celle d’un politique. Alain Juppé disait hier qu’il craignait un désastre humanitaire terrible et qu’il était très attaché au Liban. Vous avez souvent voyagé au Liban. Est-ce que vous utiliseriez les mêmes mots ? Est-ce que c’est votre crainte ? Est-ce que vous utiliseriez les mots de désastre humanitaire qui attend le Liban ?
R - Vous savez, à l’automne 2024, on a connu ce type d’escalade. Et on a vu des milliers de morts, des dizaines de milliers de blessés et plus d’un million de personnes déplacées, qui ont dû trouver refuge ailleurs au Liban, dans des conditions extrêmement précaires. On a vu des tensions intercommunautaires se développer. On a vu des épidémies commencer à se propager. Et on a eu très peur, nous qui sommes si proches du Liban, pays frères et pays amis, qu’il s’effondre sur lui-même. Et donc aujourd’hui, il faut que le Hezbollah arrête de tirer sur Israël. Il faut qu’Israël s’abstienne évidemment de rentrer sur le territoire libanais, de cibler les infrastructures, de viser les civils et qu’on parvienne au plus vite à un cessez-le-feu qui nous évite de nous retrouver une nouvelle fois dans une situation catastrophique sur le plan humanitaire. Mais sans attendre qu’elle s’aggrave, nous avons déjà décidé de faire parvenir aux Libanais de l’aide humanitaire, du matériel, des abris, des couvertures, des tapis, parce qu’on en est déjà là.
Q - Ça arrivera quand ?
R - Les premières livraisons arriveront en début de semaine prochaine.
Q - Hier, trois Casques bleus ghanéens ont été gravement blessés dans une attaque contre une position de la FINUL, la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Emmanuel Macron a parlé d’une attaque inacceptable. Sait-on, Jean-Noël Barrot, d’où provenait l’attaque ?
R - On ne le sait pas à ce stade. Les responsabilités doivent être établies. C’est inacceptable et c’est illégal de tirer sur des Casques bleus, des soldats de la paix. C’est absolument inacceptable, d’où que viennent les tirs. Nous avons condamné fermement cette attaque sur des bâtiments des Casques bleus, et lorsque les responsabilités seront établies, nous condamneront ceux qui en sont leurs auteurs.
Q - Vous êtes au Quai d’Orsay depuis septembre 2024 et c’est justement au Liban que vous aviez effectué votre premier déplacement en tant que ministre. Vous avez participé à la négociation du cessez-le-feu. Rabih Chaer, ambassadeur du Liban en France, a un message pour vous Jean-Noël Barrot.
[Témoignage de M. Rabih Chaer, ambassadeur du Liban en France]
Q - Vous répondez quoi à Rabih Chaer, qui a entendu les mots de Bezalel Smotrich, ministre israélien d’extrême-droite, qui a tout simplement dit qu’il allait faire de certains quartiers du Liban un Khan Younès, Gaza, comparé ça à Gaza.
R - Je les ai entendus moi aussi, et ils m’ont profondément indigné. C’est pourquoi, lors de mon dernier échange avec mon homologue israélien, j’ai vivement protesté contre ces propos. Et j’ai indiqué que l’intérêt d’Israël, c’est d’avoir à sa frontière nord un Liban fort, disposant d’un État contrôlant les armes, capables d’assurer la sécurité de toutes les communautés au sein du Liban et de vivre en paix, en sécurité avec son voisinage. Et que, alors même que la responsabilité première de cette situation dramatique au Liban revient évidemment au Hezbollah qui a commis là une lourde faute, il ne faudrait pas que, par la prolongation de ces opérations militaires, Israël vienne fragiliser le Liban, qui était pourtant, vous le savez, sur la voie du redressement. Un nouvel espoir s’était levé, que nous accompagnons, avec des réformes financières, avec le désarmement du Hezbollah. Une conférence devait se tenir jeudi dernier à Paris pour le renforcement de l’armée libanaise, qui a dû évidemment être annulée. Nous étions en train, progressivement, de voir renaître le Liban. Il ne faut pas que, par la prolongation des opérations militaires, Israël vienne étouffer cet espoir…
Q - C’est un risque ?
R - C’est évidemment un risque puisque je l’ai vu et je le sais. La guerre entraîne la guerre, et on ne sait jamais quand ça peut s’arrêter.
Q - Est-ce que vous dites qu’Israël a une action disproportionnée aujourd’hui, dans le Sud-Liban ?
R - Israël a été attaqué par le Hezbollah, comme ça avait été le cas dès le lendemain du 7 octobre. Israël souhaite écarter la menace. Menace que les Libanais, eux aussi, veulent écarter, puisque le gouvernement avait déjà pris des décisions courageuses. Celles de mettre en place un plan de désarmement du Hezbollah, décision courageuse qui date de l’été dernier, mais à laquelle se sont ajoutées des décisions récentes qui consistent à déclarer illégale toute la branche armée et sécuritaire du Hezbollah. La décision, aussi, d’imposer des visas aux ressortissants iraniens, puisqu’on sait l’influence que l’Iran a sur le Hezbollah. Mais aussi de demander le départ des conseillers militaires iraniens présents au Liban. Évidemment, c’est un État qui est fragilisé par des années de d’incertitude et de crise politique. Et donc dans ce moment, il faut qu’on puisse le renforcer pour qu’il puisse prendre ses responsabilités, c’est-à-dire le monopole des armes, comme on dit.
Q - Avant le Liban, Israël, avec les États-Unis, s’était attaqué à l’Iran, après la mort de l’ayatollah Khamenei. Aujourd’hui, Donald Trump a annoncé que l’Iran va être très durement frappé. Des avions B52 ont été envoyés. Jean-Noël Barrot, est-ce que vous connaissez la stratégie, l’objectif de Donald Trump ? Et surtout, est-ce qu’il y en a vraiment ? Est-ce que vous l’avez identifié ?
R - Je ne sais pas. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas approuvé ces opérations militaires américano-israéliennes, qui n’avaient pas de buts clairement définis, qui étaient conduites en dehors du droit international - on pourra revenir sur ce débat si vous le souhaitez -, et qui emportent avec elles le risque d’un embrasement régional. Des risques et des dangers qui sont sans doute supérieurs aux solutions que les Israéliens et les Américains entendent apporter à un problème auquel nous sommes directement confrontés, qui est le caractère déstabilisateur et lui aussi dangereux du régime iranien en place.
Q - Vous en parlez donc on va y revenir maintenant. Une voix dissonante en Europe, celle du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. Il rappelle inlassablement son non à la guerre et le respect du droit international. Hier, il a même déclaré que la guerre en Iran était une erreur extraordinaire. Je le cite : « Le suivisme aveugle et servile n’est pas une façon de diriger ». Il semble assez clair là, Pedro Sánchez. Il semble nous viser, nous Français, Britanniques et Allemands. Vous, vous en faites, vous en tirez le même regard que moi ?
R - Ce que nous avons dénoncé, ce que je ne peux que condamner, c’est que ces déclarations du Premier ministre espagnol aient fait l’objet ensuite d’intimidations quant à la conduite de la guerre. Ensuite, on nous reproche parfois d’invoquer le droit international, mais ce n’est pas parce que l’Iran a violé le droit international en développant un programme nucléaire, que l’Iran a violé les droits de l’Homme en tournant ses armes contre son propre peuple dans des répressions sanglantes qui nous ont toutes et tous choqué ces dernières semaines, ce n’est pas parce que les États-Unis et Israël violent le droit international que nous, les Européens, qui avons été à l’origine de ces règles, devons nous taire. Nous devons rappeler lorsque le droit international est violé. Parce qu’au fond, notre projet à nous, notre civilisation, notre empire à nous, il s’est construit sur ces règles-là, qui nous ont permis d’ailleurs de mettre fin à un cycle infini de violence…
Q - On a l’impression, Jean-Noël Barrot, que notre dernier rôle, nous, Européens, c’est de dire des deux côtés « ce n’est pas bien, ce n’est pas bien ».
R - Non, pas du tout.
Q - On est où ? Ce n’est pas bien le régime des Mollahs, on est tous d’accord, mais ce n’est pas bien d’attaquer le régime des Mollahs, et ce n’est pas bien de ne pas respecter le droit international.
R - Pas du tout. Et vous savez, la France a été l’un des pays les plus durs vis-à-vis du régime iranien l’année dernière. À trois reprises, nous avons obtenu que des sanctions européennes et internationales soient prises contre l’Iran. Et si aujourd’hui, l’Iran est affaibli, c’est notamment du fait de ces sanctions. Mais nous l’avons fait dans le cadre du droit international.
Q - Mais si on est concret aujourd’hui, l’Espagne dit non pour les avions américains, les bombardiers, pour se recharger sur leurs bases espagnoles. Nous, on dit quoi, les Français ?
R - Nous, nous avons fixé une ligne qui est que lorsque des opérations de routine, comme celles dont nous avons l’habitude, dans le cadre des accords qui nous lient aux États-Unis, au sein de l’OTAN, sont conduites, elles peuvent l’être à condition, étant donné le contexte, qu’en aucun cas les moyens utilisés n’aient pour destination les opérations militaires des États-Unis en Iran.
Q - Et donc, vous triez les avions en ce moment, pour savoir qui atterrit sur les bases françaises, si c’est un avion qui va bombarder ou pas ?
R - Nous accordons les autorisations en fonction de la mission qui nous est présentée. Et ces garanties, nous les avons demandées pour que des moyens américains puissent se poser à Istres, et nous les avons obtenues. Nous avons obtenu ces garanties que les moyens bénéficiant de l’accueil sur nos bases ne soient en aucun cas utilisés pour des opérations militaires en Iran.
Q - Jean-Noël Barrot, Cécile Kohler et Jacques Paris, anciens otages en Iran, sont actuellement à l’ambassade de France à Téhéran, avec l’interdiction de quitter le territoire. Est-ce qu’ils vont bien ? Est-ce que l’on peut espérer un retour rapide de nos deux concitoyens otages en Iran ?
R - Je me suis entretenu aujourd’hui avec eux. Ils traversent une épreuve très difficile et ils font preuve, comme depuis bientôt quatre ans, d’un courage extraordinaire. Nous allons continuer de tout faire pour obtenir leur retour en France immédiat et leur libération définitive. C’est en ce sens que j’ai passé des messages à mon homologue iranien.
Q - Plusieurs pays ont fermé leur ambassade à Téhéran et rapatrié leurs personnels. Est-ce que vous envisagez, vous aussi Jean-Noël Barrot, la créature de notre ambassade à Téhéran et le rapatriement de nos concitoyens, de votre personnel diplomatique ?
R - Le personnel diplomatique présent à Téhéran mène sa mission dans un contexte très dégradé, là encore en faisant preuve de beaucoup de dévouement. Une partie de la mission, c’est précisément d’assurer la sécurité de Cécile Kohler et Jacques Paris.
Q - Donc ils y resteront…
Q - Le temps voulu ?
R - Ils continueront d’appliquer leur mission. C’est leur honneur.
Q - Jean-Noël Barrot, le porte-avions Charles de Gaulle est arrivé hier en Méditerranée. Un porte-hélicoptères amphibie a également pris la route de la zone. Le Président de la République le répète depuis plusieurs jours : « La France n’est pas en guerre. Il s’agit uniquement de stratégies défensives pour soutenir nos partenaires dans la région. » N’y a-t-il pas néanmoins un risque d’être entraîné dans cette guerre, avec ce Charles de Gaulle en Méditerranée ?
R - Non, ça n’est pas notre guerre. Et comme je l’évoquais, nous considérons que ces opérations militaires emportent avec elles des risques et des dangers qui sont sans doute, l’histoire le dira, supérieurs aux solutions qu’elles peuvent apporter aux problèmes que nous avions pourtant identifiés et auxquels nous travaillions. Notre responsabilité, celle du Président de la République, c’est d’assurer la sécurité de nos compatriotes, de nos emprises, qui sont évidemment très exposées. C’est d’assurer la sécurité de nos partenaires dans la région, avec lesquels nous sommes liés par des accords de défense. C’est aussi de limiter l’impact de cet embrasement régional sur l’économie mondiale et donc, in fine, sur nos entreprises et sur le pouvoir d’achat des Françaises et des Français. Et puis d’oeuvrer, parce que c’est une responsabilité particulière de la France, à la stabilité, la sécurité et la paix dans le monde.
Q - Merci à vous, Jean-Noël Barrot. Vous restez avec nous, on a d’autres sujets d’actualité à vous proposer, notamment dans la story de Paul Larrouturou.
(…)
Q - Monsieur Barrot, vous y étiez, à ce discours, à l’Île Longue. On sait qu’il a annoncé que huit pays européens ont annoncé qu’ils étaient intéressés parce que le Président a appelé l’épaulement, c’est-à-dire la protection nucléaire et la dissuasion avancée. Quelle est pour nous la contrepartie, pour nous Français ?
R - On en bénéficie très directement parce qu’avec ces coopérations nouvelles qui se créent, huit pays pour l’instant, d’une part, nous allons construire ensemble tout ce qui est hors dissuasion, donc on appelle ça dans le jargon militaire la défense conventionnelle.
Q - Hors nucléaire ?
R - Hors nucléaire, donc les alertes, missiles, les systèmes de défense anti-aériens, et puis les frappes dans la profondeur, comme on a appris à les découvrir depuis le début de la guerre d’agression russe en Ukraine. Tout cela, on va les concevoir avec eux. Et par ailleurs, ce dialogue qu’on aura avec eux dans la durée, avec des exercices communs, avec des manœuvres de signalement en commun, mais aussi avec des déploiements de circonstances d’actifs militaires français sur le territoire des pays concernés, ça permettra à notre dissuasion aussi de se disperser dans les pays concernés, donc de compliquer le calcul adversaire. Donc évidemment qu’on va y gagner, notre dissuasion, on va en sortir grandi.
Q - Merci à vous, Jean-Noël Barrot. On doit vous libérer, vous êtes attendu dans les prochaines minutes au Quai d’Orsay. On va d’ailleurs saluer le travail de tous les diplomates français. Hier, Paul Larrouturou en parlait dans sa story. Ceux qui font en sorte que les Français reviennent du Moyen-Orient.
Source : France 5