Entretien de Jean-Noël Barrot avec « BFM TV » et « RMC » (Paris, le 23 janvier 2026)
Q - Bonjour Jean-Noël Barrot, il est 8h28, vous êtes sur RMC et BFM TV, vous êtes ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, vous étiez à Davos, hier, il y a eu ce sommet européen extraordinaire à Bruxelles, on a évidemment beaucoup de questions à vous poser sur Donald Trump, sur le Groenland, sur l’Ukraine, mais d’abord l’actualité c’est ce pétrolier en provenance de Mourmansk en Russie, le pétrolier cargo Grinch, qui a été arraisonné en Méditerranée par la marine française, un pétrolier sous sanction internationale, suspecté d’arborer un faux pavillon. Emmanuel Macron disait hier « nous ne laisserons rien passer », on en sait plus ce matin, Monsieur le ministre, sur ce navire, il fait partie de la flotte fantôme russe ?
R - Une enquête est en cours qui va déterminer la question de ce pavillon, les motivations de ce navire. Mais cette opération, qui est tout à fait conforme à celle qui a été menée il y a quelques mois, au mois d’octobre, au large de Madère, pour entraver la circulation des navires de la flotte fantôme que la Russie utilise pour contourner les sanctions qui ont été appliquées par les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Europe.
Q - Les sanctions sur l’embargo sur le pétrole russe ?
R - Sur la circulation de navires battant faux pavillon pour continuer à vendre du pétrole et financer l’effort de guerre.
Q - Il y a eu un signalement qui a été fait au procureur de Marseille. Il a été détourné, ce bateau, sous escorte. Vous pouvez nous dire où il est d’ailleurs ou dans quel port il va aller mouiller ce bateau ?
R - C’est à l’autorité judiciaire qu’il appartient de faire toute la lumière sur cette affaire et c’est vers elle qu’il faut se tourner pour toute question.
Q - Le président de la République a dit hier que cette opération avait été menée par la marine française avec des alliés. On a cité le Royaume-Uni. Il y a d’autres pays qui ont permis l’arraisonnement de ce bateau ?
R - Comme pour l’opération qui avait eu lieu au large de Madère, c’est en lien avec nos alliés, avec les pays qui, comme nous, soutiennent l’Ukraine et qui ont l’intention d’entraver la flotte fantôme que nous avons, par ailleurs, sanctionnée, que nous avons mené cette opération.
Q - Alors l’autre actualité, évidemment, c’était ce sommet européen hier à Bruxelles, un sommet très attendu après toutes les déclarations de Donald Trump, notamment sur le Groenland. Finalement, Donald Trump a dit qu’il n’aura pas recours à la force pour s’approprier le Groenland, qu’il n’y aura pas de sanctions douanières sur les pays qui ont envoyé des soldats au Groenland. Alors, du coup, vous avez décidé quoi, hier soir, puisqu’il n’y a plus d’escalade, il n’y a plus de riposte mais on garde le pistolet sur la table, c’est ça l’idée ?
R - Les chefs d’État et de gouvernement ont constaté d’abord que les messages qui ont été adressés avec beaucoup de calme, mais aussi avec beaucoup de fermeté, ont sans doute contribué à faire évoluer la position américaine, qu’il fallait donc se tenir prêts à ce que, quelle que soit la menace et d’où qu’elle provienne, des messages puissent être adressés avec autant de calme et avec autant de fermeté pour produire les résultats utiles. Et cela, c’est un moment très important, puisque c’est un moment où les Européens décident ensemble de s’affirmer comme une puissance, la puissance européenne, qui sait défendre ses intérêts.
Q - Mais la semaine dernière, il était question d’un instrument anti-coercition. On parlait de rétablir 93 milliards de droits de douane. Tout ça, pour le moment, est mis de côté. Mais l’Europe reste vigilante au cas où Donald Trump recommencerait, si j’ose dire ?
R - Quelle que soit l’origine de la menace, l’Europe doit pouvoir défendre ses intérêts. Et notamment lorsqu’il s’agit de ses intérêts essentiels, comme son intégrité territoriale. C’est pourquoi les pays européens dans leur ensemble ont soutenu le Danemark depuis le début de cette escalade. Et c’est pourquoi ils se tiennent prêts, à la lumière de cette expérience, à réaffirmer, avec calme et fermeté, leur intention de mobiliser tous leurs instruments, ils sont nombreux et ils sont très puissants pour y parvenir.
Q - Alors c’est vrai que l’Europe est apparue très ferme. On a même vu une forme d’alignement entre Paris et Berlin, ce qui n’était pas arrivé, ce qui n’était pas forcément évident. Mais en même temps, on voit Viktor Orbán qui parade aux côtés de Donald Trump à Davos pour son « conseil de la paix ». On voit Giorgia Meloni, la présidente du Conseil italien, qui dit « moi, je n’envoie pas de soldats au Groenland ». Elle est ferme l’Europe, mais est-ce qu’elle est vraiment unie sur ces sujets-là ?
R - En l’occurrence, elle s’est donné les moyens de dissuader l’administration américaine d’aller, ou en tout cas, de traduire ses paroles en actes à ce stade. Elle conserve ses moyens et elle se prépare à les mobiliser.
Q - Alors c’est nous, les Européens, qui disons que Donald Trump a reculé, lui il ne lit pas la séquence de la même manière, il dit, en fait, j’ai trouvé un accord avec Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN, sans qu’on sache d’ailleurs très bien de quoi il s’agit, parce que cet accord, il ne peut pas porter sur la souveraineté du Danemark. Est-ce que vous savez ce qu’il y a dans cet accord justement avec l’OTAN ?
R - D’abord, il faut souligner le rôle que la France a joué et celui du Président de la République pour tenir cette ligne de fermeté que j’évoquais à l’instant.
Q - Notamment en proposant une opération sous l’égide de l’OTAN.
R - Cette ligne de fermeté sur la défense de nos intérêts s’est accompagnée effectivement de propositions formulées par le Danemark que nous avons soutenues aux États-Unis s’agissant de la sécurité du Groenland et de la sécurité de l’Arctique.
Q - C’était une manière de coincer Donald Trump d’ailleurs ?
R - C’était une manière de montrer que les Européens sont prêts à prendre en charge les questions de sécurité, y compris dans l’Arctique et y compris au Groenland.
Q - Mais cet accord dont Donald Trump parle avec le secrétaire général de l’OTAN, vous en avez pris connaissance ? Vous savez ce qu’il y a dedans ?
R - Je n’en ai pas les détails à ce stade, mais ce que je puis dire…
Q - C’est quand même un problème, puisque la France est membre de l’OTAN.
R - Ce que je puis dire, c’est que nous soutenons le Danemark, qui est évidemment souverain et qui est, je dirais, le premier acteur de cette négociation. Ils nous le soutiendront toujours, ainsi que les autorités groenlandaises qui connaissent l’appui des autorités françaises. Le Président de la République s’est rendu sur place, je m’y suis rendu moi aussi, je m’y rendrai sans doute dans les prochaines semaines. Mais l’OTAN est effectivement le cadre que nous avons désigné comme étant le cadre pertinent pour apporter une réponse et pour que l’Arctique puisse être sûr. De la sécurité de l’Arctique dépend de la sécurité européenne et c’est la raison pour laquelle il est bien naturel qu’au sein de l’OTAN, les Européens prennent en charge cette responsabilité.
Q - Mais j’insiste parce que Mark Rutte a dit que les Chinois et les Russes, il ne faut pas qu’ils aient accès économiquement et militairement au Groenland. Donc on comprend bien les questions de sécurité, mais derrière il y a des questions de souveraineté. Là, pour le coup, ça ne dépend pas de l’OTAN, ça ne dépend que du Danemark.
R - La souveraineté est indivisible. La souveraineté sur le Groenland dépend du royaume du Danemark et du gouvernement groenlandais, du peuple groenlandais. C’est dans cet esprit que nous nous sommes positionnés dès le premier jour et c’est la position qui est la nôtre aujourd’hui.
Q - Encore un mot sur le Groenland, vous aviez annoncé l’ouverture d’un consulat français à Nuuk au Groenland, il était question que ce soit le 6 février, c’est toujours à l’ordre du jour ?
R - C’est toujours à l’ordre du jour et comme je vous l’ai dit, je me déplacerai à l’invitation des autorités danoises et groenlandaises…
Q - Le 6 février ?
R - Dans les prochaines semaines, la date n’est pas encore fixée.
Q - À quoi ça sert un consulat au Groenland ? C’est symbolique ? C’est une façon d’envoyer un message diplomatique pour dire, nous, les Français, on est là ?
R - Oui, c’est ce que nous avons fait l’été dernier. Le Président de la République s’est rendu sur place au début de l’été, il a annoncé que nous procéderions à cette ouverture, qui était une manière d’affirmer notre présence sur place, notre volonté de cultiver les liens avec le Groenland. Ma collègue groenlandaise a choisi la France lorsqu’elle s’est déplacée pour la première fois dans l’Union européenne et je lui ai rendu la politesse en me déplaçant sur place.
Q - Alors là, on a besoin de vos lumières ce matin parce que j’avoue qu’il y a quelque chose que j’ai eu du mal à suivre. Donald Trump a lancé une invitation à Emmanuel Macron pour participer à son « conseil de la paix », son Board of Peace. Et j’ai cru comprendre qu’Emmanuel Macron avait dit « non ». J’ai tellement bien compris que Donald Trump a immédiatement répondu en disant « 200% de droits de douane sur les vins et les champagnes ». Et puis là, j’ai l’impression que depuis quelques heures, la position de Paris est en train d’évoluer. En gros, le Quai d’Orsay dit, à ce stade, nous ne le rejetons pas, ce « conseil de la paix », mais nous n’y adhérons pas. Il y a eu un coup de frein, si j’ose dire ?
R - Non, nous avons soutenu la création de ce « conseil de la paix », de ce Board of Peace, lorsqu’il a été inscrit dans une résolution, dans un texte des Nations unies au mois de novembre dernier, le 17 novembre.
Q - Mais ça ne devait concerner que Gaza.
R - Et nous saluons les efforts de l’administration américaine pour faire avancer ce plan de paix que le président Trump a présenté, vous vous en souvenez, à la fin du mois de septembre, plan de paix auquel nous avons ouvert la voie avec l’initiative que nous avions portée pendant un an avec l’Arabie saoudite.
Q - Mais alors pourquoi Emmanuel Macron a dit « non, je n’irai pas » ?
R - Et donc nous soutenons sans réserve la mise en œuvre du plan de paix. S’agissant du « conseil de la paix », du Board of Peace, qui a été lancé officiellement hier, nous avons indiqué, nous avons exprimé des réserves sur sa charte, c’est-à-dire sur son document constitutif qui, à nous comme à beaucoup d’autres pays du monde, paraît, je dirais, incompatible ou en tout cas paraît pouvoir se substituer à la Charte des Nations unies à laquelle nous sommes très profondément et indéfectiblement attachés.
Q - Rassurez-moi, la position de Paris, c’est que le conseil mondial de la paix, c’est toujours les Nations unies ?
R - Exactement. Et c’est la position de l’immense majorité des pays du monde.
Q - Mais vous avez vu l’image, hier, quand même, elle est forte, elle est frappante, Donald Trump entouré de ces chefs d’État. Certains disent que c’est l’ONU des dictateurs. J’exagère un peu. Mais il y a Trump, il y a Poutine, il y a le Kazakh, il y a le Biélorusse. On peut y aller ? Il y a l’Argentin, Javier Milei. On peut faire partie d’un tel conseil ?
R - L’essentiel, c’est que ce plan de paix passe de sa phase 1 à sa phase 2, que les points de passage humanitaires puissent être ouverts, que l’Autorité palestinienne puisse se réformer pour progressivement pouvoir prendre en charge l’administration de Gaza lorsqu’elle sera prête et que le processus de désarmement du Hamas puisse être enclenché. C’est la priorité qui a été celle de la France depuis longtemps, que nous avons inscrite dans un autre texte des Nations unies qui a été adopté à l’immense majorité des pays du monde. Et c’est ce à quoi nous appelons le Board of Peace, évidemment, à contribuer. Et tout ce qui ira dans ce sens-là, nous le soutiendrons. Et je dois dire que l’administration américaine, de ce point de vue-là, même si, évidemment, ce cessez-le-feu est encore fragile, la situation humanitaire est catastrophique, mais les efforts américains doivent être salués lorsqu’ils produisent des effets positifs.
Q - L’autre grand sujet, c’est évidemment l’Ukraine. Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Donald Trump, a rencontré Vladimir Poutine pendant trois heures à Moscou. Volodymyr Zelensky a évoqué une trilatérale qui va commencer à Abu Dhabi dans les Émirats [arabes unis]. Cette trilatérale, c’est l’Ukraine, la Russie et les États-Unis, il n’y a pas l’Europe ?
R - Vous vous souvenez quand même qu’il y a deux semaines, c’est à Paris que se sont retrouvés les pays européens, les négociateurs américains, le président Zelensky et son équipe pour finaliser…
Q - Mais là, les Russes n’étaient pas là.
R - …pour finaliser l’ensemble des documents qui touchent aux questions de sécurité, qui touchent aux questions de prospérité, avant, qu’effectivement, les médiateurs, les négociateurs américains puissent se tourner vers Moscou. Donc nous n’avons pas manqué ces deux derniers mois de séances de négociations très importantes.
Q - Donc l’Europe n’est pas écartée de tout ça ?
R - Mais l’Europe a été absolument centrale dans les discussions entre les États-Unis et l’Ukraine depuis deux mois, qui ont permis de bâtir un paquet pour la sortie de la guerre, pour le cessez-le-feu, que Vladimir Poutine doit aujourd’hui saisir. Sans quoi, nous continuerons à accentuer la pression sur lui au moment où il continue de pilonner les villes ukrainiennes, les infrastructures énergétiques. Et nous allons continuer à soutenir l’Ukraine. D’ailleurs, cet après-midi, je présiderai une réunion associant les pays du G7, mais aussi les pays nordiques et les pays baltiques pour apporter des réponses à l’état d’urgence énergétique qui a été décrite par le président Zelensky. À cette occasion, la France annoncera qu’elle fournira à l’Ukraine l’équivalent de 13 mégawatts d’énergie, une centaine de générateurs, pour que dans les villes et dans les territoires où les infrastructures ont été détruites, ce soutien puisse être apporté, soutien qui viendra s’ajouter à celui des autres pays qui seront présents à cette réunion.
Q - Alors il y aura les ministres des Affaires étrangères de ces pays, donc dans le cadre du G7 que la France dirige cette année. Vous allez demander aux Russes la restitution de la centrale de Zaporijjia ? Parce que pour le moment, c’est un régiment russe qui la possède, qui la contrôle. Est-ce qu’il faut la remettre à l’AIEA ? C’est la position de la France ?
R - C’est l’un des sujets qui est au cœur des négociations.
Q - L’autre sujet, Emmanuel Macron a dit qu’il faudra reparler avec Vladimir Poutine. Est-ce qu’on pourrait imaginer dans les heures qui viennent, dans les jours qui viennent, qu’un haut diplomate français se rende à Moscou pour poursuivre ses négociations avec Moscou ?
R - Le Président de la République a dit très clairement que si toutefois le processus actuel ne devait pas porter ses fruits, il était bien naturel qu’à un moment donné, les Européens se saisissent de cette question.
Q - Est-ce que la diplomatie française pourrait se rendre à Moscou pour parler avec le président russe ?
R - Et en tout état de cause, une fois la page de la guerre en Ukraine tournée, et une fois que la Russie se sera donnée de nouvelles orientations, des orientations qui ne sont pas des orientations coloniales, qui ne sont pas des orientations anti-européennes, le moment venu, il nous faudra évidemment, une fois d’ailleurs que nous nous serons renforcés, il nous faudra avoir une discussion avec la Russie sur l’architecture européenne de sécurité.
Q - Volodymyr Zelensky a été très rude hier avec l’Europe. Il a dit que l’Europe était fragmentée, qu’elle était un peu perdue, notamment dans sa réponse à Donald Trump. Ça vous a frappé, ces propos ?
R - Je constate que l’Europe a répondu, je le disais tout à l’heure, avec beaucoup de fermeté, s’agissant des droits de douane ou de l’intégrité territoriale du Danemark. Je constate aussi que c’est désormais l’Union européenne, l’Europe, qui apporte la quasi-intégralité du soutien à l’Ukraine.
Q - Il y a un sondage qui m’a beaucoup frappé, sondage Elabe pour BFM TV, dans ce sondage, il dit que 4% des Français, je dis bien 4% seulement, considèrent encore les États-Unis comme un allié. 44% voient les États-Unis comme un ennemi et la moitié des Français disent que c’est, au mieux, un partenaire, mais avec qui il faut rester prudents. Est-ce qu’au fond, la voix diplomatique française désormais est alignée sur ce ressenti des Français ? Ce n’est plus un allié, Donald Trump ?
R - Je crois qu’en tout cas, nous avons dit très clairement « non », nous avons dit très clairement « stop ». Et je veux saluer d’ailleurs l’unanimité qui s’est formée sur l’ensemble du spectre politique pour soutenir les positions du Président de la République et de la diplomatie française cette semaine. S’agissant des États-Unis, avec les États-Unis, nous sommes alliés, mais nous ne sommes pas alignés. Et quand je dis que nous sommes alliés, nous sommes alliés avec les États-Unis en tant que tels, pas avec leur président en tant que personne, intuitu personae. C’est un élément à garder en tête.
Q - Deux autres sujets rapidement dans l’actualité. Le Mercosur, le Parlement a voté la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne. Est-ce qu’il serait concevable que la Commission européenne passe outre et demande l’application immédiate du traité sans attendre la décision de la Cour ?
R - Je crois qu’elle doit respecter les procédures, respecter le Parlement qui s’est exprimé très clairement, d’une manière tout à fait cohérente, d’ailleurs, avec la position que la France avait défendue.
Q - La porte-parole du Gouvernement a dit que ce serait un viol démocratique ?
R - La France a pris une position. Elle a d’ailleurs été accablée, y compris par des médias français, la semaine dernière, comme étant isolée. Je constate que le Parlement européen s’est rallié.
Q - C’est une victoire pour Emmanuel Macron, la décision, le vote du Parlement européen ?
R - Je constate que le Parlement européen a pris une décision qui est absolument cohérente avec celle qui a été prise par le Président de la République.
Q - Et autre sujet, l’Iran, un mot sur l’Iran. Vous avez des nouvelles de Cécile Kohler et Jacques Paris ? Ils ont été libérés de la prison d’Evin le 4 novembre dernier, mais ils sont toujours retenus en Iran, vous avez de leurs nouvelles ? On peut imaginer un retour en France bientôt ?
R - Ils sont en sécurité à l’ambassade de France à Téhéran. Comme nos compatriotes sur place, ils se sont inquiétés des conséquences que pourrait avoir la répression très violente, les violences d’État qui se sont déployés ces dernières semaines. Ils vont bien. J’aurai un contact avec eux aujourd’hui. Je leur redirai notre soutien et notre mobilisation sans relâche pour obtenir leur retour en France.
Q - Le plus vite possible. Aujourd’hui, c’est jour de motion de censure à l’Assemblée. D’ailleurs, dans quelques instants après cet entretien, vous allez rejoindre les bancs du Gouvernement. Le PS et les Républicains ont annoncé qu’ils ne voteraient pas cette motion de censure. Vous êtes inquiet ? Il y a quand même un risque aujourd’hui ?
R - Je salue le sens des responsabilités du PS, des Républicains, mais aussi des forces centrales qui acceptent un compromis qui n’a rien de parfait, mais qui permet au pays d’avancer dans un moment où il est confronté à un contexte international très dur et où il doit, s’il veut pouvoir peser, s’il veut pouvoir être entendu, faire preuve d’unité. Ceux qui, au contraire, chez La France insoumise ou au Rassemblement national, multiplient les motions de censure affaiblissent notre pays et son image à l’international.
Q - A fortiori dans le contexte international qu’on vient d’écrire. Merci Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.