Déclarations à la presse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, en marge de son déplacement dans le Lot-et-Garonne (Sainte-Colombre-en-Bruilhois, 2 février 2026)

Partager

[…] la France dispose de tout le talent, de tout le génie pour affronter les grands défis de notre époque, à commencer par celui du dérèglement climatique. Puisque, depuis ici, on éclaire, grâce au savoir-faire de l’entreprise Fonroche, des villes du monde entier, et parfois des pays entiers, sur quatre continents. Tout ça, c’est le résultat de l’esprit d’entreprise, de celles et ceux qui ont la responsabilité de cette société, qu’ils développent avec beaucoup d’ambition, tout en restant fidèle à leur terroir.

Et puis je me rendrai, dans quelques instants, à la rencontre des représentants agricoles du Lot-et-Garonne pour échanger avec eux sur la mobilisation du Gouvernement, sous l’autorité du Premier ministre, pour apporter des réponses à leurs inquiétudes légitimes, avant de clôturer cette journée, que j’ai commencée à Toulouse et que je serai heureux de terminer à Agen tout à l’heure.

Q - Vous dites que vous allez apporter des réponses aux agriculteurs. Vous avez des choses à leur annoncer, très concrètement ?

R - Non, je n’ai pas dit que j’allais leur apporter des réponses. J’ai simplement dit que j’allais leur témoigner de la mobilisation qui a été celle du Gouvernement, sous l’autorité du Premier ministre depuis le début de cette crise. D’abord pour affirmer notre opposition à l’accord du Mercosur en l’état, tout en obtenant, en échange des concessions susceptibles de nous assurer que l’accord du Mercosur ne vienne pas perturber les filiales les plus fragiles, qui sont les clés de notre souveraineté alimentaire. Pour préserver l’agriculture française de l’impact qu’aurait pu avoir l’application de la taxe carbone, qui aurait renchéri le prix d’un certain nombre d’intrants. Pour interdire l’accès au marché français, et bientôt au marché européen, d’un certain nombre de produits traités avec des résidus de pesticides qui sont interdits en France et en Europe. Et puis pour obtenir que des contrôles soient réalisés, non pas dans nos exploitations, non pas auprès de nos agriculteurs, mais à l’extérieur du marché unique, pour vérifier que les marchés qui y pénètrent sont conformes aux normes qui sont en vigueur chez nous.

Q - Monsieur le Ministre, il y a un journaliste sportif, Christophe Gleizes, qui est actuellement incarcéré en Algérie. Est-ce que c’est un dossier que vous suivez ? J’imagine que oui. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur ce dossier ? Quelles sont les dernières évolutions ?

R - Nous exigeons la libération immédiate de Christophe Gleizes. Nous nous mobilisons sans relâche, en lien étroit avec sa famille qui traverse cette épreuve avec une grande dignité, que je salue. Sa famille a pu lui rendre visite aujourd’hui. Et nous allons continuer avec le monde du sport, avec le monde de la presse et des médias, deux mondes qui le reconnaissent comme un journaliste de grand talent et de grande intégrité, à réclamer son retour sans délai dans notre pays.

Q - Ségolène Royal est allée récemment en Algérie. Elle a parlé notamment à M. Christophe Gleizes. Est-ce que vous pensez que c’est une initiative heureuse, qui peut faire avancer, justement, la résolution de ce dossier ?

R - C’est une initiative individuelle que je ne commenterai pas, mais je veux saluer la mobilisation des Françaises et des Français, très nombreux, qui réclament, attendent le retour de Christophe Gleizes parmi nous.

Q - Un mot sur l’Iran. Le président iranien a fait part de sa volonté de négocier avec les États-Unis concernant le nucléaire. Est-ce que c’est une bonne initiative, selon vous ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

R - Les États-Unis se sont mis en situation de lancer une opération militaire contre l’Iran. Ils proposaient en parallèle des négociations au régime, qui doit impérativement s’en saisir, consentir à des concessions majeures et à un changement radical de posture, en commençant par mettre fin à la répression sanglante contre son propre peuple, libérer les prisonniers, rétablir le fonctionnement d’Internet et rendre au peuple iranien les clés de son avenir et de sa liberté.

Q - Un mot sur les ambassadeurs européens qui ont été convoqués par l’Iran suite au fait que les gardiens de la révolution aient été classés par l’Union européenne comme groupe terroriste. Qu’est-ce que vous en pensez ?

R - La violence d’État qui s’est abattue aveuglement sur les manifestants pacifiques, les crimes de masse qui ont été commis ne peuvent rester impunis. C’est la raison pour laquelle nous avons pris des sanctions européennes, jeudi dernier, contre des hauts responsables iraniens : le ministre de l’intérieur, le procureur général, des commandants régionaux des gardiens de la révolution… C’est la raison pour laquelle la France a soutenu l’inscription de ce corps, dans son ensemble, sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. Nous assumons cette décision. Les ambassadeurs européens ont été convoqués. À mon retour à Paris, je prendrai connaissance du contenu des échanges qui auront eu lieu lors de cette convocation.

Q - Quatre étrangers ont été arrêtés suite aux émeutes qu’a connu l’Iran. Il n’y a pas de Français dans les quatre étrangers ?

R - Il n’y a pas de Français parmi ces quatre personnes, mais comme toute personne ayant manifesté pacifiquement en Iran, leurs droits doivent être respectés.