Déclarations à la presse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, en marge de son déplacement en Haute-Garonne (Toulouse, 2 février 2026
Les États-Unis se sont mis en situation de frapper l’Iran. Ils ont proposé à l’Iran des négociations dont l’Iran doit impérativement se saisir, consentir à des concessions majeures et à un changement radical de posture.
Q - Sur la Syrie, vous l’avez évoqué, vous étiez le premier ministre, parmi les Occidentaux, à vous rendre en Syrie. Est-ce que le fait que le contrôle des prisons (inaudible), est-ce que ça vous inquiète ? Vous avez eu des garanties de la part des autorités syriennes là-dessus ?
R - Suite à l’escalade du début du mois de janvier, nous nous sommes mobilisés à tous les niveaux. Le Président de la République s’est impliqué personnellement. Un accord a été trouvé. Un cessez-le-feu est intervenu. Un bain de sang a été évité. Il faut maintenant que cet accord, qui à la fois préserve les droits sécuritaires et politiques des Kurdes de Syrie, qui garantit la sécurité des prisons du Nord-Est syrien et donc nos intérêts, soit bien mis en œuvre. C’est la raison pour laquelle je serai dans la région, au Proche-Orient, en fin de semaine pour, avec nos partenaires, veiller à ce que cela soit le cas.
Q - Est-ce que vous avez une réaction à la convocation des ambassadeurs européens par Téhéran ?
R - Notre ambassadeur a été convoqué comme d’autres ambassadeurs européens l’ont été, à la suite des décisions qui ont été prises par l’Union européenne et que nous assumons.
Q - Le Kremlin a conformé des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dabi. Qu’est-ce que vous en espérez ?
R - Je crois qu’Il faut maintenant que la Russie renonce à ses prétentions maximalistes, parce que force est de constater que nous arrivons au quatrième anniversaire de cette « opération spéciale », qu’elle a été un échec catastrophique pour la Russie. 1,25 millions de morts depuis le début de la guerre d’agression en Ukraine, soit un nombre supérieur à toutes les pertes russes et soviétiques depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Mille pertes humaines par jour sur le front. L’économie à l’agonie, qui pourrait entrer en récession cette année. Chaque jour qui passe, Vladimir Poutine épuise son peuple, épuise son économie et discrédite la nation russe, au risque de la faire sortir de l’histoire.
Q - Je reviens sur l’Iran. Là on parle de plus en plus de négociations… Est-ce qu’une intervention américaine est inévitable ?
R - Je vous l’ai dit, les États-Unis se sont mis en situation de lancer une opération militaire sur l’Iran. Ils ont proposé en parallèle d’ouvrir une négociation avec l’Iran, qui doit s’en saisir impérativement. Nous sommes en lien avec les médiateurs régionaux, qui tentent de faciliter ces négociations, et nous les soutenons dans cet effort.
Q - Monsieur le ministre, dernière question sur le Groenland. Est-ce qu’il est toujours prévu d’ouvrir un consulat français à Nuuk ? Nous avons l’impression que le président Trump a baissé le ton, récemment, après les soldats qui ont été envoyés par la France, ce qui a joué un rôle majeur en ce sens.
R - La décision a été prise l’été dernier d’ouvrir un consulat à Nuuk au Groenland, pour resserrer les liens entre le Groenland et la France, mais aussi entre le Groenland et l’Union européenne. Et donc notre consul sera bien installé en cette fin de semaine. Le 6 février, il pourra commencer à travailler. Et quant au Groenland, qui est un territoire européen placé sur la protection de l’OTAN, il ne saurait faire l’objet d’aucune prétention territoriale, d’où qu’elle vienne. D’ailleurs le Premier ministre du Groenland, la Première ministre danoise, étaient la semaine dernière à Paris pour le rappeler de manière très claire : le peuple du Groenland a choisi le Danemark, l’Union européenne et l’OTAN.