Situation en Iran - Réponse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, à une question au Gouvernement, en séance publique, au Sénat (Paris, 11 février 2026)

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Monsieur le président,

Mesdames et Messieurs les sénateurs,

Madame la sénatrice [Jacqueline Eustache-Brinio],

Cela mériterait une réponse à deux voix, voire à trois voix, avec mes collègues le ministre de l’Intérieur et le garde des Sceaux, mais soyez assurée que les services de l’État, sous l’autorité des ministres compétents et celle du Premier ministre, évidemment, veillent à la sécurité des Françaises et des Français contre toute forme de tentative d’influence sur le territoire national.

Ce que je peux vous dire c’est que, c’est vrai, nous avons levé toute réserve à ce que le corps des Gardiens de la révolution soit inscrit sur la liste européenne des organisations terroristes il y a quelques jours, mais dans la manière dont vous posez la question vous semblez dire que nous n’avons pas agi ces derniers mois. Je rappelle que, l’année dernière, c’est à l’initiative de la France, et en réalité à l’initiative du Quai d’Orsay, que, par trois reprises, nous avons pris des mesures qui ont directement atteint, touché les intérêts du régime. Une première fois pour viser par des sanctions européennes - gel d’avoirs, interdiction d’accès au territoire européen - les responsables du transfert en Russie de drones et de missiles. Une deuxième fois, au printemps, pour cibler les magistrats responsables de la politique d’État dont nos deux compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris sont encore les victimes aujourd’hui, puisque bien qu’ayant été libérés, ils ne sont pas encore tout à fait de retour en France. Et puis, à la fin du mois de septembre, c’est carrément les embargos mondiaux des Nations unies sur les armes, les banques et les équipements nucléaires qui ont été réappliqués à l’initiative de la France notamment, de l’Allemagne et du Royaume-Uni.
Notre priorité sur le plan diplomatique aujourd’hui, c’est évidemment la sécurité de nos compatriotes et de nos emprises en Iran, puisque nous sommes toujours face au risque d’une escalade régionale, sans oublier le sort de nos deux otages. C’est évidemment le soutien au peuple iranien qui s’est soulevé avec courage contre ses bourreaux. Vous m’avez interrogé, je crois que c’était le troisième point de votre question, nous allons voir comment augmenter le nombre de visas humanitaires aux fins d’asile pour les opposants qui sont directement visés par la répression du régime, exiger la fin de la répression, la libération des prisonniers, la cessation des exécutions, le rétablissement des communications et d’Internet et l’accès en Iran de la mission d’établissement des faits des Nations unies qui pourra enquêter sur les crimes qui ont été commis. Et puis nous n’excluons pas, évidemment, de prendre de nouvelles sanctions à l’encontre du régime en place en Iran.