Guerre énergétique en Ukraine - Réponse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, à une question d’actualité au Gouvernement, en séance publique, au Sénat (Paris, 11 février 2026)

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Monsieur le président,

Mesdames et Messieurs les sénateurs,

Madame la sénatrice et présidente du groupe d’amitié [Nadia Sollogoub], que je veux remercier pour son engagement au service de l’Ukraine,

Vous l’avez rappelé, avec un cynisme sans équivalent, Vladimir Poutine profite de la rigueur de l’hiver cette année en Ukraine, qui atteint les moins 20, moins 30, parfois moins 40 degrés, pour tenter de provoquer une crise humanitaire, pour créer la terreur par le froid. C’est ainsi qu’après un moratoire furtif sur les frappes sur les infrastructures énergétiques, ces frappes ont repris de plus belle le 3 février, avec un déluge de 70 missiles et de 450 drones qui se sont abattus sur les villes de l’arrière. Et plus récemment, dans la nuit du 7 février, un ciblage délibéré des infrastructures de production et de distribution énergétique. À cela s’ajoute, vous y avez fait référence, le ciblage délibéré, pour la première fois depuis le début de la guerre, d’un train de voyageurs, qui a fait cinq morts, et d’un autocar, qui a fait 12 morts. Cela porte un nom : ce sont des crimes de guerre, qui s’ajoutent aux nombreux crimes de guerre de Vladimir Poutine, depuis bientôt quatre ans qu’il a lancé cette guerre d’agression injustifiable et injustifiée.

Face à cela, nous nous mobilisons d’abord pour répondre à l’état d’urgence énergétique décrété par le président Zelensky. Le 23 janvier dernier, j’ai réuni sous présidence française du G7 les partenaires de l’Ukraine, qui se sont engagés à hauteur de plusieurs centaines de millions d’euros. La France, quant à elle, a dépêché en urgence 150 générateurs, que le ministre délégué au commerce extérieur est allé réceptionner à Kiev. Et puis s’ajoutent à cela les 44 générateurs qui ont été dépêchés par 16 collectivités dont je veux saluer l’engagement au sein de l’initiative « Des lumières pour l’hiver ».

Mais l’essentiel de notre contribution, c’est ce prêt de 90 milliards d’euros, qui doit permettre de placer l’Ukraine à l’écart des difficultés financières. Ce prêt a été adopté à l’instant par le Parlement européen avec les voix de la quasi-intégralité des forces politiques, à l’exception de celle de M. Jordan Bardella et du Rassemblement national, eux qui ont certainement choisi un camp, mais qui de toute évidence n’est pas le camp de l’Ukraine.