Stabiliser les pays en sortie de crise

« L’action de stabilisation s’inscrit dans le cadre de l’approche globale de la gestion de crise. Elle contribue à la sortie de crise, notamment en rétablissant les conditions de viabilité minimales d’un Etat et en jetant les bases d’un retour à une vie démocratique par le lancement d’un processus civil de reconstruction ».

Afin de renforcer l’efficacité du dispositif français de réponse aux crises, le Centre de crise et de soutien s’est doté, en décembre 2014, d’une mission spécifiquement dédiée à l’accompagnement des processus de sortie de crise : la Mission pour la stabilisation (MS).

Pour ce faire, la MS finance des projets et mobilise de l’expertise dans des délais très courts, permettant de soutenir les transitions politiques et/ou de poser les jalons des processus de reconstruction d’un pays ayant traversé une crise.

Dotée de procédures souples et accélérées adaptées à la volatilité de ces contextes d’intervention, elle déploie des actions à impact rapide favorisant la sortie de crise, répondant à un double objectif : accompagner l’Etat dans le redéploiement de ses fonctions de base et faire rapidement bénéficier les populations des « dividendes de la paix ».

Périmètre d’intervention sectoriel : trois axes stratégiques

1/ Rétablissement de la sécurité et des fonctions de base de l’Etat :
• Appuyer le déminage, le renforcement et la formation des forces de sécurité, et la réinsertion des anciens combattants
• Soutenir les processus électoraux dans les pays en sortie de crise
• Rétablir l’accès aux services sociaux de base (accès à l’énergie, eau, éducation, santé…)
• Soutenir les processus de justice transitionnelle et l’accès à la justice pour les citoyens

Focus Déminage : permettre le retour des populations déplacées par la dépollution et la formation au déminage

En 2017, le nombre de victimes des mines et engins explosifs a augmenté de 25% par rapport à 2016, portant le nombre de personnes blessées ou tuées par ces armes à plus de 8 600. Face à ce constat alarmant, la Mission pour la stabilisation, par son action d’urgence, intervient dans les domaines du déminage humanitaire, du renforcement de capacités et de la sensibilisation au profit des Etats et des populations les plus vulnérables face au danger des mines. Ainsi, ce sont près de 7,2 millions d’euros qui ont été investis dans une dizaine de pays.

Une large partie des efforts ont été concentrés au Levant et au Moyen-Orient. Le recul de Daech durant l’année 2017 en Irak et en Syrie a en effet conduit au retour de milliers de personnes réfugiées et déplacées à la suite du conflit. Afin de garantir la sécurité de ces populations et face à la menace importante des mines et des restes explosifs de guerre, la MS a investi plus de 4,5 millions d’euros dans six projets de dépollution de zones anciennement contrôlées par Daech en Syrie et en Irak. Des dizaines de villages ont ainsi été restitués aux populations et près de 10 000 engins dangereux ont été neutralisés.

En parallèle, la MS a conduit plusieurs projets de dépollution et de sensibilisation des populations aux dangers des mines afin de venir en aide aux populations les plus vulnérables en Colombie, au Laos ou en Libye.

La capacité des Etats concernés à assurer la sécurité de leurs populations est une condition essentielle de la stabilité. La MS a ainsi mené plusieurs projets de formation afin de renforcer les capacités institutionnelles en matière de lutte contre les mines et les engins explosifs improvisés en Irak et dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest..

2/ Relancer l’économie locale et renforcer la société civile :
• Accompagner les processus de réconciliation (conflits communautaires, agro-pastoraux)
• Appuyer les acteurs des médias et les défenseurs des droits de l’Homme
• Contribuer à la relance de l’économie locale (activités génératrices de revenus, formation professionnelle, etc.)
• Accompagner la reprise du dialogue entre l’Etat et la société civile
Focus projet : relance de l’activité de petits entrepreneurs et artisans en Irak
La MS cofinance avec l’ONG française Fraternité en Irak un projet de relance de l’activité de petits entrepreneurs dans la plaine de Ninive, une région accueillant de nombreuses minorités et ayant particulièrement souffert de l’occupation par Daech. Début 2018, ce sont ainsi 38 entrepreneurs et artisans qui ont été aidés et 170 emplois supplémentaires créés.
Agriculteurs, coiffeurs, menuisiers, éleveurs… Les entrepreneurs et artisans bénéficient d’une aide financière sous forme de dons et de prêts leur permettant de racheter leur matériel, souvent pillé, et de réhabiliter leurs infrastructures afin de relancer leur activité.
Ce projet permet de relancer l’activité économique de la plaine de Ninive et de rendre cette région plus attractive et dynamique, notamment dans l’optique du retour des populations ayant fui Daech. Ces échanges économiques contribuent également au rétablissement des relations entre les différentes communautés de la région, particulièrement divisées au lendemain de son occupation par l’organisation terroriste.

3/ Poser les jalons d’un processus de reconstruction et de développement sur le long terme
• Accompagner les processus de réforme de l’Etat (décentralisation, fonction publique, etc.)
• Redéployer l’institution judiciaire par la formation des magistrats et le renforcement de la chaîne pénale
• Relancer les finances publiques et la mobilisation des ressources domestiques
• Prévenir la radicalisation et lutter contre l’extrémisme violent

Focus projet : Soutien à la justice en République centrafricaine

La MS appuie le secteur de la justice dans toutes ses dimensions en République centrafricaine. La justice constitue un enjeu essentiel pour le relèvement du pays afin de permettre la réconciliation, de lutter contre l’insécurité et de faciliter l’accès des populations au droit.

La Cour pénale spéciale – tribunal centrafricain réunissant magistrats nationaux et internationaux, chargé de juger des violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commis en RCA depuis 2003 – doit commencer ses travaux en 2018. La réussite de son action sera décisive pour la lutte contre l’impunité dans ce pays. La MS soutient cette Cour, notamment par des actions de formation pour ses membres. Elle finance par ailleurs un projet pour assurer une meilleure prise en charge des victimes.
La MS apporte également son soutien au système judiciaire ordinaire pour renforcer la chaîne pénale. Elle a par ailleurs facilité, au travers d’un autre projet, l’accès au droit et le rapprochement de la justice des populations par la tenue d’audiences foraines qui permettent la délivrance de jugements supplétifs d’actes de naissance, donnant ainsi un état civil et un accès à la citoyenneté à plus d’un millier de personnes.

Périmètre d’intervention géographique

La MS intervient prioritairement dans les pays ayant traversé des crises – électorales, sécuritaires, institutionnelles, politiques, sanitaires, — affectant le bon fonctionnement de l’État. Ce soutien est assuré dès que les conditions sécuritaires le permettent et son désengagement s’apprécie au regard d’une série de critères : situation sur le terrain, tenue d’élections clôturant une période de transition, etc.

Des partenaires et opérateurs rompus aux terrains de crise

La MS travaille en étroite coordination avec l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion de crise. Dans ce cadre, elle articule son action avec la réponse humanitaire d’urgence d’une part, et avec les programmes structurels de développement d’autre part. Ses partenaires sont variés : services et opérateurs de l’État, collectivités territoriales, ONG et organisations de la société civile, secteur privé, etc.

Mise à jour : 27.04.18

PLAN DU SITE