Présentation de la Tunisie

Partager

Présentation du pays

TUNISIE {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République tunisienne
Nature du régime : Semi-présidentiel
Chef de l’État : M. Kaïs Saïed, depuis le 23 octobre 2019
Chef du Gouvernement : M. Hichem Mechichi, depuis le 2 septembre 2020
Président de l’Assemblée des représentants du peuple : M. Rached Ghannouchi, depuis le 13 novembre 2019

Données géographiques

Superficie : 162.155 km²
Capitale : Tunis
Villes principales : Tunis, Sfax, Sousse, Gabès, Kairouan, Bizerte
Langue (s) officielle (s) : arabe
Langue (s) courante (s) : arabe dialectal, langues berbères, français
Monnaie : Dinar tunisien (1 EUR = 3,24 DT le 4 septembre 2020)
Fête nationale : 20 mars (commémoration de l’indépendance en 1956)

Données démographiques

Population : 11, 722 millions au 1 juillet 2019 (source : ins.tn)
Densité : 74 hab/km²
Taux d’accroissement naturel : 1,1 % en 2018 (source : ONU)
Indice de fécondité : 2,21 en 2017 (source : ins.tn, janvier 2020)
Espérance de vie : 76,5 ans (2018, source : ONU)
Taux d’alphabétisation : 80,9 % (2019, source : ministère des Affaires sociales)
Religion : Islam (98 % de la population dont 85 % de rite malékite, minorité ibadite à Djerba) (2013, source : CIA World Factbook)
IDH : 0,739 (91e) (source : 2018, PNUD)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

La révolution tunisienne a poussé Zine el-Abidine Ben Ali au départ, le 14 janvier 2011. La nouvelle constitution tunisienne a été adoptée en janvier 2014 et des élections ont été organisées, dans de bonnes conditions : élections législatives du 26 octobre 2014, remportées par Nidaa Tounès, et élection présidentielle des 23 novembre et 21 décembre 2014, dont Béji Caïd Essebsi est sorti vainqueur.

Après un grave malaise le 27 juin 2019, le président Béji Caïd Essebsi, est décédé le 25 juillet à Tunis. Conformément à la constitution, le président de l’Assemblée des représentants du peuple, M. Mohamed Ennaceur, a effectué l’intérim du chef de l’État, jusqu’à l’élection du nouveau président de la République.

Kaïs Saïed est le nouveau président de la République tunisienne. Universitaire indépendant, Kaïs Saïed a remporté le second tour de l’élection présidentielle le 13 octobre 2019 avec 72,71 % des voix face à son adversaire, Nabil Karoui. La participation a atteint 56,8 %, à un niveau similaire à celui de l’élection présidentielle de 2014 (60 %). Kaïs Saïed a prêté serment le 23 octobre.

Les élections législatives ont eu lieu le 6 octobre 2019. Scrutin proportionnel de liste à un tour, ces élections ont vu la victoire d’Ennahda, parti islamiste historique, devenu la première force politique à l’Assemblée des représentants du peuple (52 sièges sur 217). Six partis (Qalb Tounès, Courant démocratique, Coalition Al-Karama, Parti destourien libre, Mouvement du peuple, Tahya Tounès) ont chacun obtenu entre 14 et 38 sièges. Après l’échec du candidat proposé par Ennahda à obtenir la confiance d’une majorité de députés, Elyes Fakhfakh est devenu chef de gouvernement en février 2020. Il a démissioné en juin 2020 après avoir été accusé de conflit d’intérêt.

Hichem Mechichi est depuis le 2 septembre le nouveau chef de gouvernement. Ministre de l’Intérieur dans le précédent gouvernement, Hichem Mechichi a été proposé à ce poste par le président Saïed. Il a choisi de former un gouvernement de compétences indépendantes. Le 1er septembre, il a obtenu la confiance de 134 députés de l’Assemblée des représentants du peuple, faisant de lui le nouveau chef de gouvernement tunisien.

Les premières élections municipales démocratiques ont été organisées le 6 mai 2018. Le parti Ennahdha est sorti vainqueur du scrutin (avec 38 % des voix, remportant Tunis et Sfax, les deux principales villes du pays ; Mme Souad Abderrahim, devenant la première femme maire de la capitale). Le scrutin a été marqué par le bon score des candidats indépendants (34 %) et le recul de Nidaa Tounes, parti de l’ancien président Caïd Essebsi (20 %).

Politique étrangère

Depuis sa révolution, la Tunisie jouit d’un statut particulier qui lui donne une visibilité internationale accrue. Toutefois, la Tunisie mène traditionnellement une politique extérieure marquée par la discrétion, la recherche de la neutralité et du consensus, la préservation de bonnes relations avec tous et en particulier ses voisins maghrébins, le renforcement de son ancrage euro-méditerranéen. La Tunisie est entrée au Conseil de sécurité le 1er janvier 2020 en tant que membre non-permanent. Elle y demeurera jusqu’au 31 décembre 2021.

La politique arabe

La crise libyenne constitue la première source de préoccupation des autorités tunisiennes. Tunis adopte une position de stricte neutralité dans le dossier libyen, tout en apportant un soutien au gouvernement d’entente nationale. La Tunisie plaide pour une solution politique inclusive et reste hostile à toute intervention militaire étrangère.

L’Algérie est le principal partenaire de la Tunisie au Maghreb. Outre leur convergence de vues sur la question libyenne, les deux voisins partagent des objectifs communs, en particulier en matière de lutte contre le terrorisme : confrontées depuis plusieurs années à des poches terroristes à la frontière occidentale du pays, les autorités tunisiennes comptent sur une coopération sécuritaire forte de la part de l’Algérie. Depuis le début des manifestations en Algérie en février 2019, la Tunisie a marqué sa volonté de ne pas interférer dans les affaires intérieures du pays. Le président Saïed réservera sa première visite à l’étranger à l’Algérie, comme c’est la tradition pour les présidents tunisiens.

La diplomatie tunisienne s’efforce de conforter les relations du pays avec les États arabes du Golfe dont l’aide financière a traditionnellement contribué au développement du pays.

S’agissant de la Syrie, la Tunisie est favorable à une solution politique crédible et durable. Attachées à la préservation de la souveraineté de la Syrie, les autorités tunisiennes sont opposées à toute intervention militaire étrangère.

Un partenariat étoffé avec l’Union européenne et la recherche de nouveaux partenaires dans l’espace méditerranéen

La Tunisie est un partenaire privilégié de l’Union européenne, qui est de loin son principal partenaire économique (80 % de ses échanges commerciaux) et avec laquelle elle a été le premier pays du Sud à avoir conclu en 1995 un accord d’association. La Tunisie constitue l’un des premiers bénéficiaires de l’aide européenne et bénéficie d’ambitieux programmes d’accompagnement.

Si la France reste un partenaire de premier plan de la Tunisie, l’Italie et l’Allemagne entretiennent également des relations étoffées avec ce pays. En 2017, l’Allemagne est notamment devenue le premier bailleur international de la Tunisie. L’Italie est le premier exportateur de biens en Tunisie, devant la France.

Les relations entre la Turquie et la Tunisie connaissent un nouvel élan. Le président Erdogan s’était rendu en Tunisie en décembre 2017 pour une visite axée sur d’importants projets économiques turcs en Tunisie. Le président turc s’est également rendu en Tunisie le 25 décembre 2019 pour aborder le dossier libyen.

Une nouvelle stratégie africaine.

La Tunisie développe une nouvelle stratégie diplomatique en Afrique : ouverture d’ ambassades au Burkina Faso et au Kenya, accroissement des dessertes aériennes de la compagnie nationale Tunisair ( Niamey et Conakry), attraction de « clientèles africaines » dans les filières de la formation et de la santé, multiplication des déplacements officiels (visites bilatérales au Soudan, Burkina Faso, Mali, Niger, Cameroun, Mauritanie), entrée au COMESA (été 2018) et membre observateur de la CEDEAO depuis le 4 juin 2017.

L’organisation par la Tunisie du sommet de la Francophonie à la fin de l’année 2021, à l’occasion du cinquantenaire de l’OIF, servira cette ambition africaine.

Situation économique

La situation économique tunisienne demeure tendue et sera fragilisée par les conséquences économiques de la crise du Covid-19. Le PIB devrait décroître de 6,5 % pour la seule année 2020, alors que les principaux secteurs d’activités en Tunisie ont été profondément impactés par la conjonction des effets du confinement et de la contraction de la demande européenne (80% des exportations tunisiennes). Le secteur du tourisme (entre 7 % et 14 % du PIB), après avoir connu une nette reprise en 2019, sera notamment durablement impacté par la crise sanitaire mondiale. Le chômage (15,5 % et 30 % des jeunes diplômés) devrait fortement augmenter dans les prochains mois. La crise et ses effets, en augmentant les dépenses publiques, aura des effets à terme sur la dette publique (à 70,5 % du PIB en 2019, elle devrait atteindre 86 % du PIB à la fin de l’année) et le niveau du déficit (4,8 % du PIB en 2019, 6 % prévus fin 2020).

Dans ce contexte, des réformes structurelles et des mesures d’ajustement économique sont recommandées par les bailleurs internationaux de la Tunisie. Le dernier programme du FMI s’est achevé en mars 2020. L’aide, de 2,9 Mds $, était conditionnée à une accélération des réformes, en particulier du secteur bancaire, et une réduction des dépenses publiques, une amélioration du climat des affaires, un élargissement de l’accès au crédit et une lutte plus engagée contre la corruption. Ces engagements n’ont pas tous été remplis, dans la mesure où le gouvernement tunisien a rencontré des difficultés à concilier ces engagements internationaux et une situation sociale dégradée (grèves générales dans la fonction publique, mouvement sociaux sporadiques). Un nouveau programme doit être négocié entre la Tunisie et le FMI d’ici la fin de l’année.

La crise du Covid a globalement accru le besoin de financement de la Tunisie, qui s’est tournée vers ses bailleurs traditionnels. La Tunisie a notamment pu bénéficier, durant la crise, d’une aide financière du FMI (745M$ au titre de l’Instrument de financement rapide), de l’Union européenne et de la Banque mondiale. Plusieurs pays ont également accordé leur aide à la Tunisie, dont la France, l’Italie ou le Qatar.

Le 23 janvier 2019, la Tunisie est sortie de la liste européenne des juridictions non coopératives en matière fiscale, les autorités tunisiennes s’étant engagées à répondre aux préoccupations exprimées par l’UE, avec la volonté de réformer le système fiscal dual (basé sur l’exonération des entreprises « totalement exportatrices ») tout en préservant l’attractivité pour les investisseurs. La Tunisie, placée sur la liste européenne des pays tiers à hauts risques, mène un plan d’action en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. La Tunisie est sortie de la liste du Groupe d’action financière en octobre 2019.

Mise à jour : 09.2020

Informations complémentaires