Présentation de la Tunisie

Présentation

Données générales

tunisie

Présentation du pays

Nom officiel : République tunisienne
Nature du régime : République
Chef de l’Etat : Béji Caïd Essebsi (depuis le 31 décembre 2014)
Chef de gouvernement : Youssef Chahed (depuis le 3 août 2016, confirmé dans ses fonctions lors du remaniement du 6 septembre 2017)

Données géographiques

Superficie : 162.155 km²
Capitale : Tunis
Villes principales : Tunis, Sfax, Gabès, Sousse, Kairouan, Bizerte
Langue (s) officielle (s) : arabe
Langue (s) courante (s) : arabe dialectal, langues berbères, français
Monnaie : Dinar Tunisien (1 EUR = 2,91 DT le 16/10/2017)
Fête nationale : 20 mars (commémoration de l’indépendance en 1956)

Données démographiques

Population : 11,154 millions (01/07/2015 source : ins.tn)
Densité : 69,8 hab./km²
Taux d’accroissement naturel : 1,5 % (2014, source : ins.tn)
Espérance de vie : 75 ans (2016, source : PNUD)
Taux d’alphabétisation : 81,8 % (2016, source : PNUD)

Religion(s) : Islam (98% de la population dont 85 % de rite malékite, minorité ibadite à Djerba), christianisme (1 %), judaïsme et autres (1%) (2013 source : CIA World Factbook)
Indice de développement humain : 0,725 (97ème) (source : rapport 2016 du PNUD sur le développement humain)

Données économiques

PIB : 42,06 Mds $ (2016, source : Banque mondiale)
PIB/hab : 3 304 $ (2016, source : Banque mondiale)
Taux de chômage : 15, 4% de la population active, dont 30% de diplômés (premier semestre 2016, source : DG Tresor)
Taux d’inflation : 3,5% (premier semestre 2016, source : DG Trésor)
Solde budgétaire : - 6 % (2016, source : FMI)
Balance commerciale : - 14% du PIB (2016, source : DG Trésor)
Principaux clients : France (30%), Italie, Allemagne, Espagne, Suisse (2015)
Principaux fournisseurs : France (17%), Italie, Russie, Etats-Unis, Turquie, Chine (2015)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2016, source : CIA World Factbook)

  • agriculture : 10,1%
  • industrie : 28,3%
  • services : 61,6 %

Exportations de la France vers la Tunisie : 3,2 milliards d’euros (2016)
Importations françaises depuis la Tunisie : 4,2 milliards d’euros (2016)
http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/tunisie

Présence française

Visiter le site de l’ambassade de France en Tunisie : http://www.ambassadefrance-tn.org/

Consulat général de France : Tunis
Communauté française en Tunisie : 30 000 dont 66% de binationaux
Communauté tunisienne en France : 680 000

Eléments d’actualité

Politique intérieure

La révolution tunisienne a poussé Zine el-Abidine Ben Ali au départ, le 14 janvier 2011.

Une troïka alliant le parti islamiste Ennahda, le Congrès pour la République (gauche nationaliste) et Ettakatol (socialiste) a dirigé le pays pendant les trois premières années de la transition, au lendemain du scrutin d’octobre 2011. Moncef Marzouki a été élu président de la République pendant cette période de transition (12/12/2011 – 21/12/2014). Mehdi Jomaa (indépendant) a dirigé de janvier 2014 à février 2015 le dernier gouvernement de transition.

La nouvelle constitution tunisienne a été adoptée en janvier 2014 et des élections ont été organisées, dans de bonnes conditions : élections législatives du 26 octobre 2014, remportées par Nida Tounès, et élection présidentielle des 23 novembre et 21 décembre 2014, dont Beji Caïd Essebsi est sorti vainqueur. Le président Essebsi a d’abord nommé Habib Essid, personnalité indépendante, à la tête d’un gouvernement de coalition avec Ennahda, puis Youssef Chahed, à la tête d’un gouvernement d’union nationale en août 2016. Youssef Chahed a procédé à un vaste remaniement ministériel le 6 septembre 2017 qui préserve les équilibres entre les deux principales formations politiques, Nida Tounès et Ennahda.

Le président de la République, M. Béji Caïd Essebsi, représente l’Etat tunisien et dispose de pouvoirs partagés, soit avec le chef du gouvernement (diriger la politique étrangère, nommer les ambassadeurs), soit avec l’Assemblée des représentants du peuple (déclarer la guerre). Il est le chef des armées.

Le chef du gouvernement, M. Youssef Chahed, a été nommé par le président le 3 août 2016. Son deuxième gouvernement d’union nationale a obtenu la confiance de l’ARP le 11 septembre 2017.

Le président de l’Assemblée des représentants du peuple est M. Mohamed Ennaceur (président de Nidaa Tounes, parti majoritaire à la sortie des urnes avec 86 élus, mais devenu 2e force parlementaire après la démission d’une partie des députés depuis fin 2015. Les blocs parlementaires de Nida et Ennahda sont aujourd’hui respectivement à 67 et 69 députés).

Le Prix Nobel de la Paix 2015 a été décerné à 4 organisations de la société civile tunisienne, pour leur rôle décisif dans la réussite du dialogue national. Les récipiendaires ont été reçus par le ministre des affaires étrangères et par le président de la République, avant de recevoir la Légion d’Honneur le 8 décembre 2015.

Depuis octobre 2015, le parti du président Essebsi, Nida Tounès, traverse une crise : une trentaine de députés ont quitté le bloc parlementaire de Nida Tounès. Ces tensions n’ont pas remis en cause la coalition gouvernementale, mais le rapport de force au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple a changé. Ennahda est désormais en première position.

La situation sécuritaire est une des principales préoccupations de la Tunisie. Si la Tunisie n’a plus connu d’attaques terroristes sur son sol depuis mars 2016, la menace reste présente. En 2015 et 2016, la Tunisie a connu quatre attaques qui illustrent l’intensité de la menace terroriste dirigée contre sa démocratie. Après deux attaques terroristes contre des sites touristiques, coûtant la vie à 59 ressortissants étrangers (21 touristes décédés, dont 4 Français, dans l’attentat du 18 mars 2015 au Bardo ; 38 victimes dont 30 Britanniques, dans l’attaque du 26 juin 2015 à Sousse), la Tunisie a subi un nouvel attentat le 24 novembre 2015 à Tunis, contre un bus de la garde présidentielle. Les trois attentats ont été revendiqués par Daech.

Le 7 mars 2016, près de 60 assaillants (tunisiens) se revendiquant de Daech ont mené une attaque à Ben Guerdane, près de la frontière libyenne. Le bilan est de plus de 50 morts, dont une trentaine de djihadistes. Il s’agissait d’une opération lourde, longuement préparée, qui s’est néanmoins heurtée à une réaction efficace des forces de sécurité tunisiennes.

Le rétablissement de la sécurité est une priorité absolue pour les autorités tunisiennes, qui ont renforcé le dispositif sécuritaire à la suite des attentats. Le 24 juillet 2015, le parlement a adopté à la quasi-unanimité une loi polémique de lutte contre le terrorisme. Alors qu’un moratoire de fait est observé en matière d’exécutions depuis 1991, la nouvelle loi prévoit dans certains cas la peine de mort. Elle n’a toutefois pas été appliquée à ce stade. Environ 2000 individus ont été à ce jour déférés à la justice sous des chefs d’inculpation relevant de la loi anti-terroriste. L’état d’urgence, rétabli par le président Béji Caïd Essebsi après l’attentat du 24 novembre 2015, a été prolongé jusqu’au 15 juin 2017.

La crise libyenne est une source d’inquiétude pour la Tunisie. Le contrôle de la frontière tuniso-libyenne, qui constitue actuellement le principal point de transit menant les futurs combattants vers la Syrie (plus de 5 000 Tunisiens auraient rejoint les rangs de Daech), ou permettant l’entrée en Tunisie de djihadistes libyens. Les forces de sécurité tunisiennes conduisent des opérations à succès contre les maquis terroristes et harcèlent les groupuscules encore actifs. Par ailleurs, la frontière tuniso-libyenne est de nouveau fermée depuis l’attaque de Ben Guerdane.

Situation économique

Le défi du redressement économique est fortement impacté par les graves difficultés du secteur essentiel du tourisme (7% du PIB tunisien), cible de deux attaques terroristes d’ampleur, et dont la chute se répercute progressivement sur tous les secteurs productifs. En 2015, alors que la croissance n’a pas dépassé 0,8%, le manque à gagner sur la saison était de 500 millions d’euros selon le ministère tunisien du tourisme.

La dégradation des conditions économiques a engendré dans le courant du mois de janvier 2016 le plus grand mouvement social depuis 2011. Partie de Kasserine, la mobilisation a progressivement gagné toutes les grandes villes du pays. Si le mouvement général s’est dissipé, les points de fixation se multiplient (sit-in des chômeurs de Sidi Bouzid devant le ministère du travail depuis décembre 2015, 9 mois de mouvement de protestation à l’usine Petrofac de Kerkennah, scandale de corruption dans le secteur de la santé etc). Le forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDS) a recensé, en avril 2016, 987 mouvements sociaux collectifs. Depuis, l’instabilité sociale constante pèse sur les actions du gouvernement, avec la menace d’un appel à la grève générale brandie par l’Union générale tunisienne du travail – le principal syndicat tunisien -, que la reprise des négociations avec le patronat début décembre est venue suspendre.

Le gouvernement Chahed a fait de la relance économique de la Tunisie sa priorité. L’ancien gouvernement Essid avait mis en œuvre les premières réformes économiques structurelles (réforme de la banque centrale, loi bancaire, partenariats publics privés), nécessaires au décaissement de l’intégralité des aides des bailleurs multilatéraux. Le gouvernement Chahed poursuit une politique de réforme économique volontariste, dans le cadre de sa stratégie de développement 2016-2020. Dans une situation que le chef du gouvernement a qualifiée « d’Etat d’urgence économique », la Tunisie a organisé en novembre 2016 une conférence internationale d’appui à son économie, « Tunisia 2020 », dans le but d’attirer des investissements étrangers. La conférence a été un succès, avec l’annonce de près de 14 milliards d’euros d’investissement, dont 6 milliards sont déjà officialisés et 7,8 milliards sous forme de promesse. La France s’est engagée sur le prêt d’1,2 milliards d’euros d’ici 2020, porté par l’agence française de développement (AFD), et sur davantage de conversion de dette en projets de développement dans les régions défavorisées.

Politique étrangère

La Tunisie mène traditionnellement une politique extérieure marquée par la recherche du consensus, la préservation de bonnes relations avec son voisinage proche, notamment maghrébin, et le renforcement de son ancrage euro-méditerranéen. Le discours d’investiture du Président Beji Caïd Essebsi a tracé les grandes lignes d’une politique étrangère fondée sur « le respect de la légalité nationale, la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays, la diffusion des valeurs de droits de l’Homme, la consolidation de l’appartenance maghrébine, africaine, arabe, islamique et méditerranéenne de la Tunisie ».

a) La priorité européenne

La Tunisie aspire à accéder au statut de « partenaire privilégié » de l’Union européenne (UE), qui est, de très loin, son principal partenaire économique (80 % de ses échanges commerciaux). Elle est le premier partenaire du Sud à avoir conclu en 1995 un accord d’association avec l’UE. La Tunisie est aussi l’un des premiers bénéficiaires de l’assistance macro-financière européenne (300 millions d’euros en 2015, 500 millions en 2016), et bénéficie de programmes ambitieux d’accompagnement des grands chantiers de la transition (programmes d’appui à la réforme de la justice, 23 millions d’euros pour la réforme du secteur de la sécurité). Par ailleurs, des négociations UE-Tunisie pour un accord de libre échange (ALECA) ont débuté en octobre 2015. Le pays est le troisième bénéficiaire des prêts de la Banque européenne d’investissements au Sud de la Méditerranée.

b) La politique arabe

La crise libyenne favorise l’implantation de foyers djihadistes sur le territoire du voisin oriental de la Tunisie et constitue la première source de préoccupation des autorités tunisiennes. Tunis adopte une position de stricte neutralité dans le dossier libyen, tout en apportant son soutien au gouvernement d’entente nationale. La Tunisie plaide pour une solution politique inclusive et rejette toute perspective d’intervention militaire étrangère.

C’est à l’Algérie que le président Essebsi a réservé son premier déplacement à l’étranger, le 4 février 2015. Outre leur convergence de vues sur la question libyenne, les deux pays se retrouvent en matière de lutte contre le terrorisme : confrontées depuis plusieurs années à des poches terroristes à sa frontière orientale, les autorités tunisiennes comptent sur une coopération sécuritaire forte de la part de l’Algérie (en matière de renseignements notamment).

La question palestinienne bénéficie traditionnellement d’un fort capital de sympathie en Tunisie et reste prioritaire pour l’opinion publique tunisienne. La Tunisie avait accueilli le siège de l’organisation de libération de la Palestine (OLP) de 1982 à la signature des accords d’Oslo en septembre 1993.

La réorientation de la politique étrangère vers les Etats arabes du Golfe n’est pas allée aussi loin que l’espérait Ennahda au lendemain de la révolution. Les aides financières de ces pays se sont avérées avantageuses, mais celles des bailleurs traditionnels de la Tunisie restent indispensables. Toutefois, le co-parrainage par le Qatar de la conférence « Tunisia 2020 » de novembre 2016 annonce un réinvestissement de ce pays en Tunisie.

S’agissant de la Syrie, la Tunisie, favorable à une solution politique crédible et durable, soutient la médiation des Nation unies conduite par Staffan de Mistura. Attachées à la préservation de la souveraineté de la Syrie, son intégrité territoriale et son unité, les autorités tunisiennes sont opposées à toute intervention militaire étrangère.

c) Les autres partenaires de la Tunisie

Les Etats membres du G7 se mobilisent pour lutter contre le terrorisme en Tunisie. Ils ont été rejoints par d’autres pays après le sommet d’Elmau, les 7 et 8 juin 2015 (Espagne, Union européenne, Belgique et Pays-Bas). Dans ce format en G7 élargi, les partenaires de la Tunisie coordonnent leur appui dans quatre domaines sécuritaires : la protection des sites sensibles, la lutte contre le terrorisme, la protection des frontières et la sûreté portuaire et aéroportuaire. Une coordination G7 a également été mise en place en juin 2016 sur les questions économiques et sociales.

A la suite de la visite du président Essebsi à Washington en mai 2015, le statut d’« allié majeur non-membre de l’Otan », qui donne accès à une coopération militaire renforcée avec les Etats-Unis, a été accordé en juillet 2015 à la Tunisie. Les Etats-Unis apportent en particulier un soutien au renforcement de la sécurisation de la frontière tuniso-libyenne.

Mise à jour : 17.10.17

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