Syrie : comment la France soutient la population syrienne en Syrie et dans les pays d’accueil

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Après près de 10 ans de conflit, la situation humanitaire en Syrie est extrêmement dégradée.
Selon les Nations unies, 11 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire dont 6,5 millions sont des déplacés internes. La poursuite des violences aggrave cette situation. La dernière offensive du régime syrien, appuyé par ses alliés, dans le Nord-ouest du pays, a causé le déplacement de près d’1 million de personnes et fait plusieurs centaines de victimes civiles depuis décembre 2019. Cette offensive a été marquée par des violations graves du droit international humanitaire, notamment des frappes aériennes qui ont pris délibérément pour cibles des hôpitaux et des structures de santé.

Afin de répondre à l’urgence dans laquelle se trouvent les populations syriennes, la France poursuit son engagement en Syrie et dans les pays d’accueil. Le 30 juin 2020, à la conférence de Bruxelles IV en soutien à l’avenir de la Syrie et de sa région, la France a annoncé 84 millions d’euros d’aide en réponse à la crise syrienne pour la période 2020-2022. La France plaide également dans toutes les enceintes pour l’amélioration de l’accès humanitaire en Syrie ainsi que pour le respect du droit international humanitaire.

Soutenir les populations restées en Syrie

Depuis 2015, la France a engagé près de 160 millions d’euros d’aide humanitaire d’urgence et de stabilisation en Syrie.
Le soutien s’est concentré sur les besoins humanitaires les plus aigus essentiellement dans le Nord-ouest et Nord-est de la Syrie : abris, eau, hygiène et assainissement, santé, éducation, sécurité alimentaire, protection et biens de première nécessité. L’intervention française se fait dans le plein respect des principes humanitaires, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance.

  • Au Nord-ouest de la Syrie, près de 50 projets ont été financés pour les seules années 2018 et 2019, afin de répondre aux besoins humanitaires exponentiels des populations. Marquée par de nombreuses tragédies, cette région a connu des vagues successives de déplacement des populations et subit depuis décembre 2019 la plus grave crise humanitaire depuis le début du conflit.
    En 2020, 25 millions d’euros seront consacrés à cette région dont 4 millions d’euros qui ont déjà été versés pour faire face au risque de la Covid-19.
    La France est le 3e contributeur au Fonds humanitaire transfrontalier pour la Syrie (qui finance des projets d’aide d’urgence multisectorielle dans le Nord-Ouest du pays).
  • Au Nord-est, l’aide française se concentre sur l’amélioration de la situation humanitaire des nombreux déplacés, à travers des programmes de santé, d’hygiène et d’approvisionnement en eau, en nourriture et en biens de première nécessité. La stabilisation des territoires libérés de Daech par la Coalition internationale représente en effet un axe majeur des financements français dans la région.

Lire notre article sur l’engagement de la France pour les territoires libérés de Daech

  • Sur l’ensemble du territoire syrien, la France est attentive au rôle des femmes, à celui des médias indépendants ainsi qu’au dialogue intercommunautaire, aux problématiques électorales et à la lutte contre l’impunité. Elle soutient ainsi la société civile indépendante syrienne.
    En 2020, pour la 3e année consécutive, le président de la République a décidé l’allocation de moyens exceptionnels de 50 millions d’euros d’aide.
    Enfin depuis 2016, la France a alloué plus de 7 millions d’euros à des programmes de bourses finançant les études en France de plus de 600 jeunes Syriens, avec l’appui de l’opérateur Campus France.

Venir en appui aux pays de la région

Depuis 2011, près de 5,5 millions de personnes ont fui la Syrie.
La poursuite du conflit et la politique répressive du régime dans les régions qu’il contrôle empêchent un retour volontaire, sûr et digne des réfugiés, conformément aux exigences du Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés.
Les Syriens sont réfugiés, pour leur immense majorité, dans les pays voisins (Liban, Turquie, Jordanie) et ils forment le groupe de réfugiés le plus nombreux au monde.
La France et ses partenaires s’engagent à leurs côtés, tant au profit des réfugiés eux-mêmes que des communautés hôtes, qui étaient souvent déjà fragiles avant même le conflit.

Sur les 845millions d’euros annoncés par la France à la conférence de Bruxelles IV en juin 2020, 637 millions sont constituées de prêts, via l’Agence française de développement (AFD), au profit du Liban et de la Jordanie, pour les accompagner dans l’accueil des réfugiés.
Parallèlement, la France finance des dons pour le Liban et la Jordanie, à hauteur de 70,8 millions d’euros en 2020, via l’initiative « Minka – Paix et résilience » de l’AFD.

La France a, enfin, versé en 2019 plus de 150 millions d’euros à la Facilité pour l’accueil des réfugiés en Turquie, mise en place dans la foulée de la déclaration UE-Turquie de 2016.

Mise à jour : août 2020

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