Présentation du Suriname

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Présentation du pays

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Données générales

Nom officiel : République du Suriname

Nature du régime : République (Constitution adoptée le 30 septembre 1987)

Chef de l’Etat : M. Chandrikapersad SANTOKHI

Données géographiques

Superficie : 163 270 km²
Capitale : Paramaribo
Villes principales : Wanica, Nickerie
Langue officielle : néerlandais (le sranan tongo est également pratiqué : créole à base d’anglais, de néerlandais aux emprunts portugais et aux langues ouest-africaines)
Monnaie : dollar surinamien (SRD), 1 EUR = 17,38 SRD (en janvier 2021)
Fête nationale : 25 novembre (date de l’indépendance, en 1975)

Données démographiques

Population (Banque mondiale 2019) : 581 000 habitants. On estime à plus de 300 000 la population surinamienne ou d’origine surinamienne installée aux Pays-Bas.
Croissance démographique (CEPAL 2018) : 0,9 %
Espérance de vie à la naissance (2018) : 71,5 ans (Banque mondiale)
Taux d’alphabétisation (CEPAL 2012) : 97,7 %
Religions (recensement 2012) : Hindous (22,3 %) ; Protestants évangéliques (22,3 %) Catholiques (21,6 %) ; Islam (13,9 %) ; Athées (7,5 %) ; Autres (6,1 %) ; Winti (croyances afro-surinamiennes) (1,8 %).
Indice de développement humain (PNUD 2020) : 0,738 (97e rang)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Le Suriname est une République parlementaire dont l’Assemblée nationale composée de 51 membres élus pour un mandat de cinq ans, élit le Président qui est aussi chef de gouvernement.

M. Chandrikapersad Santokhi, dit Chan Santokhi, a été élu Président du Suriname en juillet 2020, après la victoire de son parti VHP (Vooruitsrtrevende Hervormings Partij – parti progressiste réformiste, représentant historiquement la population indo-surinamaise mais dont M. Santokhi est parvenu à gommer la dimension ethnique) lors des élections législatives du 25 mai 2020. Ne bénéficiant pas de la majorité absolue, il gouverne avec le parti ABOP (Algemene Bevrijdings en Ontwikkelingspartij – Parti de la libération générale et du développement) particulièrement inséré dans l’est du pays. Cette élection permet une alternance politique, après les deux mandats présidentiels de Désiré Delanoe Bouterse (2010-2020) qui avait déjà gouverné le pays lors de la dictature militaire des années 1980.

Politique étrangère

Indépendant en 1975, le Suriname est resté longtemps isolé sur la scène politique régionale du fait de sa culture (seul pays néerlandophone sur le continent), de son enclavement géographique, de ses orientations politiques durant la fin de la Guerre froide (engagement aux côtés de Cuba, du Nicaragua, de la guérilla salvadorienne, du régime de Maurice Bishop à la Grenade au début des années 80) puis de ses troubles internes (guerre civile de 1986-1992).

Entré en fonctions à l’été 2020, le Président Santokhi a réorienté la diplomatie du pays. Il a rapidement renoué le lien avec les Pays-Bas en y envoyant fin août son nouveau ministre des Affaires étrangères, Albert Ramdin. L’ancienne puissance coloniale, où vit une diaspora surinamaise estimée à 350 000 personnes, a annoncé le déblocage, à terme, de l’aide au développement suspendue durant les mandats du précédent président Desi Bouterse. Le Président Santokhi s’est lui-même déplacé au Guyana en août pour l’investiture du Président Ali. Le Suriname s’est également rapproché des Etats-Unis : Mike Pompeo s’est rendu à Paramaribo le 17 septembre 2020, pour ce qui constituait la première visite de ce niveau depuis le Secrétaire de la Défense Gates en 2007.

Les relations avec le Brésil, pays frontalier, demeurent une priorité et le Ministre des Affaires étrangères brésilien a participé à la fête nationale du Suriname le 25 novembre 2020.

S’agissant des relations avec le Venezuela, le précédent gouvernement du Suriname s’était rapproché de l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique) sans y adhérer formellement, participant à ses réunions au titre d’ « invité spécial ». Le nouveau gouvernement montre une proximité moindre avec Nicolas Maduro.

Les liens de la précédente administration surinamaise avec la République populaire de Chine se sont traduits par des prêts (banque chinoise de développement) ainsi que par la signature, sur le plan politique, du Mémoire d’entente Belt and Road Initiative (BRI) en 2018.

Le pays demeure un membre actif de la Communauté caribéenne (CARICOM), qui a joué un rôle important lors des discussions post-électorales en mai et juin 2020. Il est également membre de l’Association des Etats de la Caraïbes (AEC), de l’Organisation du Traité de Coopération Amazonienne (OTCA) et de la Communauté des Etats latino-américains et Caribéens (CELAC). Il fait partie de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).

Situation économique

PIB (2019) : 3,7 milliards USD (Banque mondiale)
PIB par habitant (2020) : 4200 USD (FMI, octobre 2020)
Taux de croissance (2020) : -13,1 % (FMI)
Taux d’inflation (2020) : 49,8 % (FMI, octobre 2020)
L’économie du Suriname est essentiellement portée par le secteur primaire. Elle repose sur la production de bauxite, d’or et de pétrole. Le secteur agricole (banane, riz et bois) représente une faible part du PIB mais emploie un quart de la population.

L’évolution du marché des matières premières et l’arrêt de la production d’aluminium ont entraîné une dégradation brutale du solde budgétaire en 2017 et 2018. Le 21 septembre 2020, le nouveau gouvernement a réconcilié le taux de change officiel et celui du marché noir, dévaluant ainsi le dollar surinamais et entraînant une inflation de 50 % pour l’année 2020 (cette inflation pourrait atteindre 80 % en 2021).

La situation des finances publiques est fortement dégradée, portant le Président Santokhi à faire de la restructuration de la dette une priorité (endettement public de 82,3 % en 2019), d’une part en adoptant de nouvelles mesures fiscales, d’autre part en engageant une discussion avec le Fonds monétaire international. Le gouvernement peut s’appuyer sur les importantes découvertes pétrolières réalisées en 2020 (la mise en exploitation des champs d’hydrocarbures n’a pas encore débuté).

Parmi les mesures fiscales prévues, le Suriname a annoncé la mise en place d’un nouvel impôt sur les hauts revenus (impôt de solidarité) et une augmentation des redevances pour les petits producteurs d’or et les exportateurs de bois. L’introduction de la TVA, bien que soutenue par le nouveau président, n’a pas de calendrier à ce stade. De même, la réforme des subventions à l’électricité devrait permettre des économies substantielles pour l’Etat.

Mise à jour : 07.01.21

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