Présentation du Soudan

Données générales

SOUDAN {JPEG}

Nom officiel : République du Soudan
Nature du régime : Gouvernement fédéral
Président du Conseil de souveraineté de la transition : Abdel Fattah al-Burhan
Premier ministre de la transition : Abdalla Hamdok

Données géographiques

Superficie : 1,88 millions de km²
Capitale : Khartoum (2,6 millions d’habitants)
Villes principales : Omdurman Port-Soudan (450 000), Nyala, Wad Medani, El Obeid.
Langue officielle : arabe
Langues courantes : arabe, anglais, langues locales (plus de 100 langues et dialectes, dont 27 sont parlées par plus de 100 000 personnes).
Monnaie : livre soudanaise (SDG) ; 1 € = 50 SDG (taux au 20/08/2019, Xe.com)
Fête nationale : 1er janvier (date de l’indépendance du Soudan)

Données démographiques

Population (2018) : 41,80 millions d’habitants (Banque mondiale)
Densité : 23,7 habitants/km² (Banque mondiale)
Croissance démographique (2018) : 2,4 % par an (Banque mondiale)
Espérance de vie (2018) : 65 ans (Banque mondiale)
Taux d’alphabétisation (2016) : 51 % des plus de 15 ans (Banque mondiale)
Religions : Islam (96,7 %), Christianisme (3 %), religions traditionnelles.
Indice de développement humain : 167e sur 188 (2018, PNUD)

Données économiques

PIB (2018) : 40,85 Mds $ (Banque mondiale)
PIB par habitant (2019) : 1123 $
Taux de croissance réel (2018) : - 2,3 % (Banque mondiale)
Taux d’inflation (2018) : 23,9 % (Banque mondiale)
Solde budgétaire (2018) : - 3.5 % du PIB (Coface)
Dette publique (2018) : 167.5 % du PIB (Coface)
Solde courant (2018) : - 14,2 % du PIB (Coface)

Exportations totales (2018) : 3,1 Mds $, essentiellement de matière premières (or) et d’animaux vivants ; principaux clients (2018) : Émirats arabes unis (30,5 %), Chine (24,2 %), Arabie saoudite (17,7 %).

Importations totales (2018) : 7,8 Mds $, essentiellement de produits manufacturés (machines, produits pétroliers, métallurgie, textile) ; principaux fournisseurs (2018) : Chine (21,8 %), Inde (10,2 %), Emirats arabes unis (9,6 %).

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2018, Banque mondiale) :

  • agriculture : 31 %
  • industrie : 2 %
  • services : 67 %

En 2018, les échanges commerciaux entre la France et le Soudan s’élèvent à 126 M € (baisse de 8 % par rapport à 2017), avec un excédent de 32 M € en faveur de la France. Les exportations françaises se sont élevées à 79 M € (machines et équipements industriels et produits pharmaceutiques en grande partie), faisant de la France le 25e fournisseur du Soudan. Quant aux importations de France en provenance du Soudan, elles atteignent 47 M € (essentiellement de la gomme arabique).

Voir la page de la Direction générale du Trésor dédiée au Soudan : http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/soudan

Présence française

Site internet de l’ambassade : https://sd.ambafrance.org/
Consulat de France : Khartoum
Communauté française au Soudan (2019) : 250 inscrits.

Éléments d’actualité

Politique intérieure

La transition

Au pouvoir depuis 1989, le président Omar el-Béchir a fait face, à partir du 19 décembre 2018, à des manifestations d’une ampleur inédite. Initialement de nature sociale (faisant suite à la décision des autorités soudanaises de tripler le prix du pain), ces manifestations ont rapidement pris une tournure politique et porté des revendications fortes, telles que le départ du président Béchir et l’ouverture d’une phase de transition démocratique. Malgré l’état d’urgence décrété par les autorités le 22 février 2019 et la formation d’un nouveau gouvernement le 13 mars, le mouvement de contestation n’a pas faibli. Il a franchi un cap le 6 avril 2019, avec l’organisation d’un sit-in improvisé de plusieurs milliers de personnes devant le quartier général des forces armées soudanaises (FAS). Les manifestants ont alors appelé l’armée à rejoindre la contestation et à contraindre le président Béchir à engager une transition politique.

le 11 avril, une déclaration officielle à la télévision soudanaise du ministre de la Défense et vice-président Awad Ibn Auf, confirme la destitution d’Omar el-Béchir. Un Conseil militaire de transition (CMT) est mis en place, avec à sa tête Abdel Fattah Al Burhane, inspecteur général des armées sous la présidence d’Omar el-Béchir, et comme numéro 2 Mohamed Hemedty, chef des Rapid Support Forces (RSF) (anciennes forces arabes supplétives du Darfour).

L’opposition et la société civile se sont regroupées au sein de la coalition des forces de la Déclaration de la liberté et du changement (FDLC).

Malgré des soubresauts et des épisodes de violences (en particulier, dispersion d’un sit-in à Khartoum le 3 juin ayant fait une centaine de morts), le CMT et les FDLC sont parvenus à un accord qui a abouti à la signature officielle de la Déclaration constitutionnelle, le 17 août à Khartoum. La médiation de l’Union africaine, appuyée par l’Éthiopie au nom de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), a facilité cet accord. Le texte constitutionnel ouvre la voie à une transition de trois ans et trois mois qui devra aboutir à des élections générales. Il fixe la répartition des pouvoirs et des compétences entre les différentes instances de la transition (conseil de souveraineté, gouvernement dirigé par les civils, conseil législatif) et prévoit un calendrier précis pour leur mise en place.

Situation de l’ancien président

Le président Béchir est visé par deux mandats de la CPI (2009 et 2010). Jusqu’en avril dernier, il était le seul président en exercice dans cette situation. Il est mis en cause pour des crimes de génocide, de guerre et contre l’humanité, pour des actes commis notamment lors du conflit du Darfour qui a opposé, de mars 2003 à juillet 2008, son gouvernement à plusieurs groupes armés, en particulier le Mouvement/Armée de libération du Soudan (M/ALS) et le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE).

Actuellement détenu dans une prison de Khartoum, il a été présenté au tribunal de Khartoum en août 2019 dans le cadre d’un procès pour corruption.

Conflits en suspens

Le Soudan fait face à des conflits internes non résolus dans ses périphéries au Darfour (depuis 2003), au Sud Kordofan et dans le Nil Bleu (depuis 2011), causant une vaste crise humanitaire. Le Groupe de haut niveau sur la mise en œuvre de l’UA pour le Soudan et le Soudan du Sud (AUHIP) dirigé par le président Thabo Mbeki assure la médiation dans ces conflits.

Parallèlement, le Conseil de sécurité décide en 2007 l’envoi d’une opération hybride de l’ONU et de l’Union africaine au Darfour, de 20 000 hommes (MINUAD), chargée de prendre le relais de la mission de l’Union africaine au Soudan (AMIS), déployée depuis 2004. Le mandat de la MINUAD avait été renouvelé le 12 juillet 2018 jusqu’au 30 juin 2019.

Adopté à l’issue d’une négociation difficile, ce renouvellement entérinait trois changements importants : la perspective d’un retrait en 2020, un plafond pour la Force divisé par deux d’ici l’été 2019 (à moins que le Conseil ne décide d’ajuster l’ampleur et le rythme de cette réduction), ainsi que la redéfinition des trois priorités stratégiques pour la MINUAD (la protection des civils et la facilitation de l’aide humanitaire, la médiation entre le gouvernement soudanais et les mouvements armés non signataires, l’appui au règlement par la médiation des conflits intercommunautaires). Le 27 juin 2019, le CSNU a décidé d’un renouvellement technique du mandat de la MINUAD pendant 4 mois, dans un contexte de possibles conséquences des développements de la transition soudanaise sur la situation au Darfour.

Le Conseil de sécurité a par ailleurs créé en 2011 la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FISNUA), autorisant le déploiement d’une force de maintien de la paix dans la zone disputée d’Abiyé, qui est située à cheval entre le Soudan et le Soudan du Sud et est réclamée par les deux parties. Le Conseil a prit cette mesure en réaction au regain de violence, à l’escalade des tensions et au déplacement des populations dans la zone d’Abiyé au moment où le Soudan du Sud se préparait à déclarer officiellement, le 9 juillet 2011, son indépendance du Soudan.

Situation économique

Depuis sa séparation avec le Soudan du Sud en 2011, le pays connaît une crise économique majeure caractérisée par une forte inflation et l’épuisement des réserves en devises, en raison de la perte des trois quarts des importants revenus pétroliers tirés du Sud. Avant 2011, l’exploitation du pétrole lui procurait des devises et stimulait les secteurs de la construction et des services. La levée des sanctions américaines sur le Soudan, le 6 octobre 2017, n’a pas eu d’impact positif réel sur l’économie soudanaise et n’a, pour l’instant, pas permis un retour massif des investisseurs étrangers.

L’effondrement monétaire, le manque de devises, la crise du carburant et le triplement fin 2018 du prix du pain sont à l’origine du soulèvement populaire qui a conduit à la chute d’Omar El-Béchir. Le maintien du Soudan sur la liste américaine des États parrains du terrorisme empêche tout traitement de la dette soudanaise et participe à entretenir la méfiance des investisseurs potentiels à l’égard de Khartoum.

Les monarchies du Golfe avaient, quant à elles, réduit leur aide au Soudan à la suite du refus de ce dernier de prendre position publiquement dans la crise entre le Qatar, l’Arabie saoudite et les EAU. Riyad et Abou Dabi ont depuis soutenu le Conseil militaire de transition (CMT), en annonçant, le 23 avril, une aide de 3 milliards de dollars, dont 500 millions déposés auprès de la Banque centrale soudanaise et le reste en produits alimentaires, médicaments et produits pétroliers.

Politique étrangère

Relations avec les États-Unis

Les États-Unis restent très actifs dans le dossier du Soudan, pays qui reste inscrit sur la liste des États soutenant le terrorisme. Un envoyé spécial pour le Soudan, Donald Booth, a été nommé le 12 juin 2019 pour soutenir la médiation de l’UA et de l’Éthiopie.

Relations avec le Soudan du Sud

Après avoir, dans un premier temps, cessé d’intervenir militairement au Soudan du Sud, les autorités soudanaises ont pris l’initiative d’assurer une médiation entre factions sud-soudanaises sous l’égide de l’IGAD. Avec l’appui de l’Ouganda, le Soudan a accueilli et piloté pendant plus de deux mois des négociations qui ont abouti à la signature d’un accord de paix le 12 septembre 2018 entre les parties au conflit sud-soudanais, dont le Président Salva Kiir et son principal opposant, Riek Machar. C’est grâce à l’action de parrains régionaux, en particulier de Khartoum, que l’accord sur la résolution du conflit au Sud Soudan – revitalisé (R-ARCSS) a pu être signé le 12 septembre 2018.

Le président sud-soudanais, qui a joué un rôle de facilitation dans le dialogue avec certains groupes rebelles, était présent lors de la signature de la déclaration constitutionnelle à Khartoum le 17 août. Il était aux côtés du président du CMT, le général Burhan, en qualité de « grand témoin », à l’instar de ses homologues tchadien, centrafricain et kenyan.

Arabie saoudite, Qatar et crise du Golfe

Après avoir rompu ses liens avec l’Iran, le Soudan d’Omar el-Béchir s’est rapproché de l’Arabie saoudite, bien qu’il ait toujours réussi à éviter de prendre position officiellement dans la crise diplomatique du Golfe. Tiraillé entre sa proximité réelle (envoi de troupes au sol au Yémen) avec l’Arabie saoudite et ses relations historiques avec le Qatar (fortes et anciennes affinités politiques, médiation qatarienne au Darfour, engagement financier massif, convergence de vues sur la Libye), le Soudan s’était efforcé de jouer la carte de l’apaisement (en soutenant la médiation du Koweït). A la chute d’Omar el-Béchir le 11 avril, les Saoudiens et les Émiriens ont annoncé leur soutien économique à la transition (aide de 3 Mds $) et ont été les premiers à envoyer des délégations de haut niveau à Khartoum.

Relations avec l’Éthiopie et l’Égypte

Les relations entre le Soudan, l’Égypte et l’Éthiopie sont, en partie, liées à la question de la gestion des eaux du Nil, et en particulier aux négociations sur la construction du Barrage de la Renaissance, lancées en 2011, sur le Nil Bleu, en Éthiopie. Ce barrage, qui devrait être l’un des dix plus grands du monde, figure parmi les projets stratégiques de développement de l’Éthiopie.
L’Égypte s’inquiète de l’impact du barrage sur le débit du Nil en aval et sur la salinité des eaux, avec des conséquences sur la production agricole et la sécurité alimentaire de sa population. Les regains de tension entre l’Égypte et l’Éthiopie ont ainsi été fréquents. Ils sont moindres depuis l’arrivée au pouvoir du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed en avril 2018.

Le Soudan a toujours fait preuve de pragmatisme en soutenant l’Éthiopie en espérant profiter de la production d’électricité du barrage mais également pour mieux réguler les crues du fleuve, qui provoquent chaque année d’importantes inondations au Soudan, empêchant de facto le développement de cultures agricoles. Une réunion tripartite des chefs d’État égyptien, éthiopien et soudanais s’est tenue le 10 février 2019, en marge du 32e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba. Néanmoins, les discussions bloquent encore au niveau technique.

A la chute de l’ancien président Béchir, l’Égypte avait été parmi les premiers pays à exprimer son soutien au « choix du peuple soudanais » et surtout au CMT. Ce soutien s’explique par la priorité accordée par le Caire à la stabilité du Soudan, qui reste un élément essentiel de sa propre sécurité. L’Éthiopie a également soutenu le processus de transition. Son Premier ministre, Abiy Ahmed, a joué un rôle de médiation décisif, en appui à la médiation de l’Union africaine, qui a permis la signature de la déclaration constitutionnelle. Abiy Ahmed, ainsi que le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouli, ont assisté à la cérémonie officielle de signature le 17 août et y ont pris la parole.

Relations avec la Libye

Le Soudan soutient la médiation onusienne et le gouvernement d’entente nationale. La principale préoccupation de Khartoum, qui a signé en mai 2018 un accord de coopération sur la sécurisation des frontières avec la Libye, le Tchad et le Niger, reste la porosité de sa frontière et les infiltrations qu’elle permet, notamment celles des rebelles darfouris qui s’insèrent dans différents groupes armés libyens suivant une logique de mercenariat.

Mise à jour : 26.08.19

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