Présentation du Rwanda

Données générales

RWANDA {JPEG}

Présentation du pays

Nom officiel : République du Rwanda
Nature du régime : présidentiel
Chef de l’État : Paul Kagame

Données géographiques

Superficie : 26 338 km²
Capitale : Kigali
Villes principales : Butare, Kigali
Langues officielles : anglais, français, kinyarwanda, kiswahili
Langue courante : kinyarwanda
Monnaie : Franc rwandais (1€ = 1015 RWF)
Fête nationale : 4 juillet

Données démographiques

Population : 12,2 millions d’habitants (2017)
Densité : 494 hab/km² (2017)
Croissance démographique : 2,4 % (2017)
Espérance de vie : 67,1 ans (2017)
Taux d’alphabétisation : 70 %
Taux d’urbanisation : 17 % (2017)
Religions : Catholiques (56,9 %) ; Protestants (26 %) ; Adventistes (11,1 %) ; Musulmans (4,6 %) ; Animistes (0,1 %) ; Autres (1,7 %)
Indice de développement humain : 158e sur 187 (PNUD 2017)
Classement Transparency International : 48e sur 180 pays (2017)

Données économiques

PIB : 9,13 milliards $ (2017)
PIB par habitant : 748 $ (2017)
Taux de croissance du PIB : 7,2 % (2018)
Taux de pauvreté : 55,5 % en 2016
Taux d’inflation moyenne annuelle : 8,3 % en 2017
Dette : 40,2 % du PIB (2017)
Investissements directs étrangers (IDE) : 366 M$ (2017)
Aide publique au développement : 1,2 Md$ (2017), soit 13 % du PIB et 52 % du budget de l’Etat (estimé à 2,3 Md$ pour 2017 par le ministère des Finances du Rwanda)

Importations : 1.96 Md$ en 2017 (télécommunications, médicaments, pétrole)
• Principaux fournisseurs (2017) : Chine (14,2 %), Ouganda (12,7 %), Kenya (9,8 %)
Exportations : 1.2 Md$ en 2017 (or et autres minerais, thé, café)
• Principaux clients (2017) : Emirats Arabes Unis (33,4 %), RDC (14,3 %), Kenya (8,9 %).
Déficit commercial : 9,1 % du PIB (2017)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2017) :
• Agriculture : 35 %
• Industrie : 13 %
• Services : 52 %

Exportations de la France vers le Rwanda : 17 millions d’euros en 2018 (principalement NTIC)
Importations françaises depuis le Rwanda : 3,1 millions d’euros en 2018 (90 % de produits agricoles)

Présence française

Communauté française au Rwanda : environ 371 personnes inscrites sur le registre (recensement 2018).
Communauté rwandaise en France : 3 119 résidents autorisés à séjourner en France (2016).

Eléments d’actualité

Politique intérieure

Le génocide des Tutsi en 1994 a laissé le pays exsangue avec des institutions et un tissu économique et social à reconstruire entièrement.

Au mois de juillet 1994, un gouvernement d’union nationale et une Assemblée nationale de transition sont formés par le Front patriotique rwandais (FPR, parti de Paul Kagame) et sept autres partis. Au mois d’avril 2000, Paul Kagame est désigné président de la République du Rwanda. Il est élu à la présidence en 2003 et en 2010 avec plus de 90 % des suffrages.
Une réforme constitutionnelle, adoptée par référendum le 18 décembre 2015 a permis au président Kagame de briguer un troisième mandat à l’élection de 2017. Il a été réélu le 4 août 2017 avec 98,75 % des suffrages.

Le Rwanda a mené entre 2002 et 2012 un difficile processus de réconciliation au travers du processus des Gacaca (tribunaux populaires inspirés de la justice coutumière). Deux millions de personnes ont été jugées, pour un taux de condamnation de 65 %.

Situation économique

Selon la Banque mondiale, le Rwanda a enregistré un taux de croissance annuel moyen de 7,5 % entre 2000 et 2018, dû en large part à l’amélioration de la gouvernance économique au cœur de la stratégie Vision 2020 portée par Paul Kagame. La pauvreté et les inégalités ont également fortement baissé et le pays s’est classé à la 1re place de l’évaluation 2018 des politiques et institutions publiques en Afrique de la Banque mondiale. La croissance devrait être de 7,8 % en 2019, selon les projections du FMI.

Ayant pour objectif de faire du Rwanda le « Singapour africain » à horizon 2050, le pouvoir rwandais souhaite faire de Kigali un hub pour les conférences internationales. La stratégie MICE (meetings, incentives, conferences and exhibitions) mise en œuvre par les autorités les a ainsi amenées à accueillir l’Africa CEO Forum, principale plateforme de rencontres d’affaires du continent africain, du 25 au 26 mars 2019.

Cependant, malgré l’importance prise par le pays dans le tourisme d’affaires, le taux d’occupation de ses nombreux hôtels demeure faible et conduit le Rwanda à mener une campagne active de promotion de l’attractivité de son territoire à destination des acteurs internationaux.

Le Rwanda place le secteur des TIC parmi les piliers de sa stratégie de développement. Le pays a atteint d’importants résultats dans ce domaine en termes d’accès : 80 % de pénétration mobile, un réseau 4G couvrant plus de 95 % de la population. Ces premiers résultats sont dus à un portage politique au plus haut-niveau, qui décline une vision ambitieuse.

Ainsi le Master Plan Smart Rwanda 2020 adopté en 2015 décline des objectifs tels que la création d’une une société « cashless », le positionnement du Rwanda en hub africain du numérique ou encore le passage de 95 % des transactions gouvernementales en ligne. Enfin, cette stratégie digitale du Rwanda est représentée par la plateforme Smart Africa, créée en 2013 à l’initiative du Président Kagame qui rassemble aujourd’hui 24 États africains. Smart Africa promeut la transformation numérique du continent et organise tous les ans un sommet à Kigali qui rassemble 4000 participants.

Les autorités doivent néanmoins œuvrer en faveur d’une transformation plus profonde de l’économie, aujourd’hui largement dominée par des secteurs dont la valeur ajoutée se révèle limitée ou peu inclusive. Depuis le début des années 2000, les parts dans le PIB des grands secteurs économiques sont restées stables : l’agriculture compte ainsi pour 35 % tout en concentrant près de 80 % de la population. Conscientes de ces difficultés, les autorités rwandaises ont élaboré une nouvelle stratégie (Vision 2050) qui se concentre sur la transformation agroalimentaire, l’innovation et l’urbanisation.

Politique étrangère

Le Président rwandais bénéficie d’une image à part à l’échelle du continent africain (à titre d’exemple, 19 chefs d’État ont assisté à sa cérémonie d’investiture en 2017, un record à l’échelle de l’Afrique subsaharienne). Sa volonté réformatrice, cherchant à réduire la dépendance du continent africain vis-à-vis des partenaires extérieurs, l’a amené à occuper le devant de la scène diplomatique africaine pendant l’année 2018. Même si l’Egypte a officiellement pris la tête de l’Union africaine (UA) le 10 février 2019, le Président Kagame continue de diriger l’agenda des réformes institutionnelles et garde de ce fait une grande influence à l’échelle du continent.

RDC

Les relations entre la RDC et le Rwanda sont marquées par des épisodes violents et restent empreintes de défiance. Le régime Kabila, au pouvoir jusqu’en décembre 2018, a été installé en 1997 par l’Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), milice soutenue par le Rwanda et l’Ouganda. Les vingt années qui ont suivi ont été marquées par plusieurs affrontements entre groupes rebelles congolais soutenus par le Rwanda (le Congrès national pour la défense du peuple, dont une partie est devenue le Mouvement du 23 mars – M23 en 2012, mouvement accusé par l’ONU d’avoir commis des « crimes contre l’humanité » en 2013) et rwandais soutenus par la RDC (Forces démocratiques de libération du Rwanda – FDLR) sur le territoire des Kivu.

Parrainé par les Nations Unies, l’accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération en RDC à Addis-Abeba du 24 février 2013 a été signé par les pays membres de la Conférence internationale pour la région des grands lacs (CIRGL), dont le Rwanda et la RDC. Il prévoit une série d’engagements des différents acteurs (États de la région, communauté internationale) ainsi qu’un mécanisme de suivi régional. Le Rwanda et la RDC se sont engagés à renouer et approfondir leur dialogue dans ce cadre.

La situation s’est améliorée avec le déplacement de l’ancien président Kabila au Rwanda en 2016 et la relance des relations diplomatiques (leurs ambassadeurs avaient été rappelés en 2012 au moment où le Rwanda était accusé de soutenir les rebelles du M23) ainsi que l’annonce d’un renforcement de la coopération en matière de sécurité, notamment dans la lutte contre les FDLR. Depuis l’élection en RDC de décembre 2019, les deux Présidents Tshisekedi et Kagame se sont rencontrés à plusieurs reprises et ont affiché une volonté commune de travailler au renforcement de la coopération entre les deux pays sur les questions de sécurité et d’économie.

Ouganda

Les relations entre l’Ouganda et le Rwanda connaissent des tensions récurrentes depuis 1999. La cristallisation de ces tensions est perceptible par leurs affrontements en République Démocratique du Congo, en particulier lors la Guerre des 6 jours à Kisangani en 2000, qui a marqué un tournant majeur dans la relation entre les deux pays. Depuis plusieurs années, le Rwanda accuse l’Ouganda d’héberger des opposants rwandais quand Kampala reproche aux services de renseignement de Kigali de se livrer à des activités illégales sur son sol.

Ces tensions ont été à nouveau mises en lumière au début de l’année 2019, avec plusieurs échanges acrimonieux entre les deux pays à la suite de la fermeture du poste-frontière de Gatuna.

Burundi

Les histoires du Burundi et du Rwanda ont longtemps été entremêlées, à l’image de l’instrumentalisation par des extrémistes Hutu rwandais de l’assassinat, en octobre 1993, du président burundais d’origine Hutu Melchior Ndadaye, afin d’alimenter l’idéologie génocidaire au Rwanda.

Les tensions sont aujourd’hui fortes entre le Burundi et le Rwanda, chacun étant soupçonné de soutenir des groupes rebelles cherchant à déstabiliser l’autre, principalement dans la région des Kivu en RDC. Le Burundi a ainsi fait savoir, par une lettre envoyée par le Président burundais Pierre Nkurunziza au Président ougandais Yoweri Museveni en décembre 2018, que le Rwanda était désormais considéré comme un « ennemi » de la nation.

UA

Malgré son image de réformateur, le Président Kagame n’est pas parvenu à imposer entièrement son agenda de réformes lors de sa présidence de l’UA en 2018. Le Président rwandais a cherché à réformer l’institution, qu’il voulait plus forte (renforcement des pouvoirs du président de la Commission), plus efficace (limitation des sujets traités par les Cchefs d’État lors des sommets, réforme des organes judiciaires) et plus indépendante financièrement, en particulier s’agissant des opérations africaines de paix. Au sommet de l’UA de novembre 2018, il n’a pu obtenir qu’un consensus a minima sur la réduction du nombre de commissaires (de 8 à 6) et sur les sanctions à l’égard des États en retard de paiement de cotisations, les autres points ayant été reportés.

Opérations de maintien de la paix

Le Rwanda est un acteur clef du maintien de la paix en Afrique. Il est le 4e contributeur de troupes, avec plus de 6000 hommes au sein de trois OMP majeures (MINUSCA en République centrafricaine, MINUSS au Soudan du Sud, MINUAD au Darfour), utilisant cette participation comme outil d’influence et de défense de ses intérêts.

Mise à jour : 05.06.19

Informations complémentaires

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