Relations bilatérales

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Relations politiques

Le Royaume-Uni et la France partagent un ensemble de caractéristiques particulières : membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, nos deux pays sont dotés de l’arme nucléaire et de forces de projection. En quittant l’Union européenne, le Royaume-Uni a perdu l’ensemble des bénéfices associés au statut d’État membre. Malgré sa sortie de l’UE et les tensions nées de l’alliance AUKUS, le Royaume-Uni reste un allié ainsi qu’un partenaire majeur, notamment en matière de politique étrangère, de défense et de sécurité et de politique climatique. Les relations bilatérales se nourrissent de contacts réguliers à tous les niveaux.

Fondée sur les traités de Lancaster House signés en 2010 dans le contexte du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, la relation franco-britannique de défense constitue la pierre angulaire de ce partenariat de premier rang. Celui-ci couvre un spectre large, de la coopération militaire et opérationnelle à une grande coordination en matière de politique étrangère, de sécurité et de défense, en passant par des relations étroites en matière d’armement et de nucléaire. La coopération et la coordination franco-britannique en la matière est rendue d’autant plus nécessaire par l’agression russe en Ukraine.

Comme l’a montré la signature du pacte de politique étrangère et de développement lors du 35e sommet franco-britannique à Sandhurst en 2018, les intérêts diplomatiques français et britanniques sont largement alignés (défense du multilatéralisme et des valeurs démocratiques et libérales, culture et histoire communes, lutte contre le terrorisme…).

Ainsi, le Royaume-Uni et la France partagent des objectifs communs tels que la lutte contre le changement climatique et la mise en œuvre des accords de Paris issus de la COP21. Cela se traduit notamment par une coopération au niveau énergétique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Encore mises en évidences par la Revue intégrée du 16 mars 2022, nos convergences, sur les grands enjeux diplomatiques et globaux, bien au-delà de la sphère sécurité et défense, devraient contribuer à la rédéfinition de la relation du Royaume-Uni avec la France dans le contexte de l’après-Brexit et d’AUKUS.

Présence française

En 2021, on estimait à 250 000 le nombre de Français au Royaume-Uni (par rapport à 300 000 en 2019). Outre les consulats généraux à Londres et Edimbourg, 20 consulats honoraires sont implantés. Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne et la fin de la liberté de circulation entre les deux pays, l’évolution à la baisse est susceptible de se poursuivre. En 2021, le nombre de Français inscrits au registre consulaire avait en effet baissé de 5,6%, dans un contexte de tarissement des flux d’arrivées (notamment de jeunes professionnels et d’étudiants).

Visites

Visites bilatérales françaises au Royaume-Uni :

  • 13 septembre 2018 : visite de la ministre chargée des Affaires européennes, Mme Nathalie Loiseau
  • 7 mars 2019 : visite de la ministre chargée des Affaires européennes, Mme Nathalie Loiseau
  • 11 juin 2019 : visite de la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Mme Amélie de Montchalin.
  • 28 février 2020 : visite de la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Mme Amélie de Montchalin.
  • 18 juin 2020 : déplacement du Président de la République, visite d’État (commémoration de l’appel du 18 juin 1940).
  • 21 juillet 2022 : visite du ministre des Armées, Sébastien Lecornu.

Visites bilatérales britanniques en France :

  • 6 juin 2019 : visite de la première ministre Theresa May à l’occasion du 75e anniversaire du Débarquement, pose de la première pierre du mémorial britannique de Ver-sur-Mer.
  • 22 août 2019 : visite du premier ministre, Boris Johnson.
  • 26 juillet 2021 : visite du ministre des Affaires étrangères, M. Dominic Raab, et du ministre des Armées, M. Ben Wallace.
  • 31 août 2021 : visite de la secrétaire d’État chargée des Entreprises, Mme Anne-Marie Trevelyan.
  • 4 novembre 2021 : visite du secrétaire d’État chargé de l’Europe, M. David Frost.
  • 1er juillet 2022 : visite de la ministre des Affaires étrangères, Mme Liz Truss

Relations économiques

Avec 21,4 Md€ d’exportations vers la France et 28,3 Md€ d’importations en 2021, le Royaume-Uni est le 7e partenaire commercial de la France (son 6e client et son 8e fournisseur). La France reste quant à elle le 6e fournisseur du Royaume-Uni, derrière la Chine, l’Allemagne, les États-Unis et les Pays-Bas, et son 5e client après les États-Unis, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Irlande. Selon l’Office for National Statistics, la part de marché des entreprises françaises au Royaume-Uni s’établissait à 5,6% en 2020, contre 6,2% en 2019, tandis que la France attirait près de 6% du total des exportations britanniques. Pris dans son ensemble, le marché unique était encore de très loin le premier fournisseur et le premier client du Royaume-Uni en 2020. La part des exportations vers l’UE s’est établie à 46% du total, tandis que celle des importations britanniques depuis l’UE a atteint 47%.

Le Royaume-Uni restait en 2021 le premier excédent commercial de la France ainsi qu’un pays prioritaire à l’investissement. Si les liens commerciaux bilatéraux restent importants, les flux bilatéraux ont toutefois été affectés par les conséquences économiques du Brexit et de la crise sanitaire : entre 2017 et 2021, le total des échanges a baissé de 2% (baisse de 2% des exportations françaises ; stagnation des importations) et le solde, de 7%.

Outre les liens commerciaux, le Royaume-Uni et la France sont des investisseurs réciproques importants. En 2020, le stock d’investissements français (120,1 Mds €) dans le pays avait même augmenté par rapport à 2016, de 9%, plaçant la France au 6ème rang des investisseurs au Royaume-Uni, derrière les États-Unis, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et Jersey. Réciproquement, la même année, le Royaume-Uni restait le 3ème investisseur étranger en France derrière les États-Unis et l’Allemagne, avec une augmentation de 30% par rapport à 2016.

En dépit des fortes turbulences économiques ayant marqué l’année 2020, le commerce de biens de part et d’autre de le Manche reste caractérisé par des flux croisés de marchandises similaires. Les matériels de transport, les produits des industries agroalimentaires, les machines industrielles et agricoles, ainsi que les produits chimiques, parfums et produits cosmétiques figurent parmi les 10 premiers postes à l’exportation comme à l’importation.

Coopération culturelle, scientifique et technique

En dépit du Brexit et de la crise sanitaire, les échanges restent assez riches. Marqués par une pluralité d’acteurs, ils se développent au travers de liens directs entre universités, musées, instituts, centres de recherche ou fondations.

Avant le Brexit, la France était le premier pays d’accueil non-anglophone des étudiants britanniques et leur 4e pays de destination, avec environ 4 000 étudiants britanniques inscrits chaque année dans un établissement d’enseignement supérieur français pour une durée d’au moins trois mois. Réciproquement, on comptait environ 12 000 étudiants français inscrits dans une formation au Royaume-Uni. Le retrait du Royaume-Uni du programme Erasmus + ainsi que le contexte de la crise sanitaire ont déjà affecté le volume de cette mobilité. Les étudiants d’Irlande du Nord conservent toutefois la possibilité de bénéficier d’Erasmus+ grâce à un financement de leurs bourses d’études par le gouvernement de la République d’Irlande. Le gouvernement gallois a annoncé le lancement de son propre programme d’échanges avec les universités européennes.

Une politique de soutien aux industries culturelles et aux exportateurs français se poursuit sur un marché très porteur dans de nombreux domaines (design, musiques actuelles, art contemporain, arts visuels, création numérique, édition, cinéma-audiovisuel). Le cinéma français demeure la seconde cinématographie étrangère au Royaume-Uni (après l’Inde), pour une part de marché oscillant entre 1 et 3 % ces 5 dernières années. Sur l’ensemble des publications au Royaume-Uni, les livres en traduction (fiction et non-fiction confondues) représentent 1,5% de l’ensemble des publications. Les traductions issues du français représentent 17 % de ces ventes ; cela fait du français la première langue source de traduction au Royaume-Uni tandis que le Royaume-Uni est le quatrième marché d’exportation pour les livres français.

Le Royaume-Uni reste un territoire prescripteur en matière d’arts visuels. Des moyens renforcés ont donc été mis en œuvre pour le soutien à la présence française dans ce secteur, avec la création d’un relais spécialisé arts visuels en 2010. Le relais spécialisé a pour missions de soutenir la présence des artistes et professionnels français sur la scène britannique, de faire connaitre la création française auprès des professionnels britanniques et d’organiser des évènements visant à rapprocher les communautés professionnelles des deux pays.

Mise à jour : 28.10.2022

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