Présentation de la Roumanie

Données générales

ROUMANIE {JPEG}

Présentation du pays

Nom officiel : Roumanie
Nature du régime : régime semi-parlementaire
Président de la République : Klaus Iohannis (21 décembre 2014)
Premier ministre : Viorica Dăncilă (29 janvier 2018)

Données géographiques

Superficie : 237 500 km²
Capitale : Bucarest
Villes principales : Cluj-Napoca, Timișoara, Iași, Constanța, Craiova, Brașov, Galați
Langue officielle : roumain
Monnaie : leu (1 € = 4,73 RON en septembre 2019)
Fête nationale : 1er décembre

Données démographiques

(sources : Eurostat, Banque mondiale, PNUD)

Population (1er janvier 2018) : 19 530 631
Densité : 82 habitants/km²
Croissance démographique (2018) : - 0,7 %
Espérance de vie (2017) : 71,7 ans (hommes) ; 79,1 ans (femmes)
Taux d’alphabétisation (2016) : 98,8 %
Religions : pas de religion officielle. Orthodoxie (env. 80 %), protestantisme (env. 7 %), catholicisme (env. 5 %)
Indice de développement humain (2017) : 0,811 (52e rang)

Données économiques

(sources : Eurostat, Trésor, BIT, OMC)

PIB (2018, en prix courants) : 203 Mds €
PIB par habitant (2018, aux prix du marché) : 10 400 €
Croissance (2018) : 4,1 %
Chômage (2018, au sens du BIT) : 4,3 %
Inflation (2018) : 4,1 %
Solde budgétaire (2018) : - 6,1 Mds € ( - 3 % du PIB)
Dette publique (2018) : 71 Mds € (35 % du PIB)
Balance commerciale (2018) : - 11 Mds €
Principaux clients : Allemagne (22,9 %), Italie (11,2 %), France (6,8 %), Hongrie (4,7 %)
Principaux fournisseurs : Allemagne (20 %), Italie (10 %), Hongrie (7,5 %), Pologne (5,4 %), France (5,3 %)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (estimation 2017) :

  • agriculture : 4 %
  • industrie : 24 %
  • services : 56 %

Exportations de la France vers la Roumanie (2017) : 3,9 Mds €
Importations françaises depuis la Roumanie (2017) : 3,9 Mds €

Consulter la fiche pays économique Roumanie sur le site du Trésor

Présence française

Site internet de l’ambassade : https://ro.ambafrance.org
Consulats : section consulaire de l’ambassade de France ; agences consulaires à Brașov, Cluj-Napoca, Constanța, Iași et Timișoara
Délégations régionales de l’Institut Français de Roumanie à Cluj-Napoca, Iași et Timișoara
Communauté française (2019) : 4 100 inscrits au registre, environ le double au total (dont 2 500 étudiants)
Communauté roumaine en France : environ 200 000 personnes

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Klaus Iohannis, porté au pouvoir par le Parti national-libéral (PNL, parti pro-européen de centre-droit), a été investi à la présidence de la Roumanie le 21 décembre 2014. L’élection en novembre 2014 de ce membre de la minorité allemande a surpris, alors que les sondages donnaient pour favori le Premier ministre d’alors, Victor Ponta (Parti social-démocrate, PSD, affilié au PSE), et a révélé un désir de changement d’une partie de la société roumaine en faveur de l’État de droit. Le président Iohannis a dû toutefois cohabiter près d’un an avec M. Ponta et sa majorité parlementaire, jusqu’à la démission de ce dernier, le 4 novembre 2015, suite au mouvement de protestation contre la corruption provoqué par un tragique fait divers (incendie de la discothèque Colectiv).

Le président Iohannis a alors chargé une personnalité indépendante, l’ancien commissaire européen Dacian Cioloș, de former un gouvernement d’experts pour mener le pays jusqu’au terme normal des élections législatives, fin 2016. Ce gouvernement a été approuvé le 17 novembre 2015 par le Parlement sur le fondement d’un programme de réformes prioritaires (lutte contre la corruption, réforme de l’État, stabilité économique, éducation, santé), dont il a posé les bases durant son année d’exercice du pouvoir.

Les législatives du 11 décembre 2016 ont ramené au pouvoir le PSD qui, avec son allié libéral ALDE, a disposé pendant plus de deux ans une majorité dans les deux chambres du Parlement (174 sièges sur les 329 de la Chambre des députés et 76 sur les 136 du Sénat), présidées respectivement par Liviu Dragnea (président du PSD) et Călin Tăriceanu (président de l’ALDE). Les gouvernements successifs de Sorin Grindeanu (janvier-juin 2017), Mihai Tudose (juin 2017-janvier 2018) et Viorica Dăncilă (en fonction depuis le 29 janvier 2018) se sont efforcés d’engager une réforme contestée de la justice. Une première tentative, par voie d’ordonnances d’urgence dès le 31 janvier 2017, a déclenché le plus vaste mouvement de protestation populaire dans le pays depuis 1989 et abouti à l’abrogation des textes controversés. Par la suite, la majorité parlementaire a adopté plusieurs lois réformant l’organisation de la justice (décembre 2017), le code pénal et le code de procédure pénale (juin et juillet 2018), ce second volet étant toutefois invalidé ultérieurement par la cour constitutionnelle roumaine. La coalition au pouvoir a en outre obtenu la révocation de la procureure en chef anti-corruption, Mme Kövesi. En octobre 2018, un référendum tendant à interdire l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, organisé avec l’appui du PSD, a été invalidé en raison d’un faible taux de participation.

Le 26 mai 2019, les élections au Parlement européen ont été remportées par le Parti national-libéral (PPE) et la coalition USR + PLUS (ADLE), cumulant 18 sièges sur 33. Un référendum sur la lutte anti-corruption, convoqué par le président Iohannis, s’est tenu le même jour ; plus de 80 % des votants se sont prononcés en faveur de l’interdiction d’ordonnances d’urgence en matière de justice et de l’interdiction de mesures d’amnistie et de grâce pour les infractions de corruption.

Le 27 mai, M. Dragnea a été condamné en appel à une peine de prison ferme pour emplois fictifs et aussitôt incarcéré. Par suite, Mme Dăncilă lui a succédé à la tête du PSD et a annoncé abandonner les réformes controversées de la justice pour donner la priorité aux enjeux de développement de long terme, notamment la santé, l’éducation et les infrastructures.

Depuis le départ de l’ALDE de la coalition, en août 2019, Mme Dăncilă dirige un gouvernement minoritaire, le PSD détenant 136 sièges sur 329 à la Chambre des députés et 68 sur 136 au Sénat. L’opposition inclut désormais le PNL (parti de M. Iohannis), le PMP (parti de l’ancien président Băsescu), l’USR (Union « Sauvez la Roumanie », issue de la société civile, alliée au parti PLUS de M. Cioloş), l’ALDE, ainsi que le parti de la minorité hongroise (UDMR). Le Parlement comprend en outre le groupe des autres minorités nationales et PRO Europa (fondé par l’ancien Premier ministre Victor Ponta, dissident du PSD).

La prochaine élection présidentielle doit se tenir les 8, 9 et 10 novembre 2019 et, en cas de second tour, les 22, 23 et 24 novembre.

Situation économique

Après plusieurs années d’expansion rapide, l’économie roumaine a été durement touchée par la crise en 2009 (contraction du PIB de 5,5 %), amenant les autorités à solliciter l’aide de l’UE et du FMI (trois programmes successifs entre 2009 et 2015) et à mener une politique d’austérité (réduction des traitements des fonctionnaires de 25 %, réduction des transferts sociaux, relèvement de la TVA). Le pays a renoué en 2013 avec une croissance dynamique (+ 7 % en 2017, + 4,1 % en 2018). Depuis 2015, le PSD a privilégié la stimulation de la consommation, en revalorisant substantiellement les salaires (qui ont doublé en trois ans) et en allégeant la TVA (à 19 %) et l’impôt sur le revenu (taux de 10 % pour tous les contribuables). Ces mesures pro-cycliques ont creusé le déficit budgétaire (3 % du PIB en 2018 selon Eurostat) et le déficit commercial (4,6 % du PIB selon l’OMC). En décembre 2017, le Parlement roumain a voté la suppression de la quasi-totalité des charges sociales patronales et le relèvement d’autant des cotisations à la charge des salariés.

La Roumanie a un mix énergétique diversifié et exporte une partie de sa production d’électricité, issue en majorité de l’hydroélectricité et du charbon, ainsi que du nucléaire et du gaz naturel. Elle attache une priorité à la mise en valeur des ressources pétrolières et gazières de la mer Noire et à la diversification des sources d’approvisionnement de l’Europe en gaz naturel, y compris avec le projet d’interconnexion gazière BRUA qui reliera la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l’Autriche.

La Roumanie relève actuellement du volet préventif du pacte de stabilité et de croissance de l’Union européenne. Dans le cadre du Semestre européen 2019, le Conseil de l’UE a adressé des recommandations portant notamment sur la trajectoire budgétaire, le recouvrement des impôts, l’accès à l’éducation et à la santé, les projets d’infrastructures et la prévisibilité des politiques publiques.

Politique étrangère

Relations transatlantiques

Bucarest, qui voit en Washington le principal garant de sa sécurité, est très attachée au maintien de liens forts avec les États-Unis, avec lesquels elle a conclu un partenariat stratégique en 1997. Le président Iohannis a été reçu à deux reprises par son homologue américain depuis 2017. L’armée américaine dispose de plusieurs bases en Roumanie.

OTAN

La Roumanie considère l’OTAN, qu’elle a rejointe en 2004, comme la clé de voûte de sa politique de défense. Elle héberge le commandement de la division multinationale Sud-Est de l’Alliance ainsi qu’une partie du « bouclier antimissile ». Le Sommet de l’OTAN de 2016 a décidé la mise en place d’une présence avancée adaptée en Europe du Sud-est, avec notamment une brigade multinationale à Craiova. La Roumanie est le quatrième contributeur européen aux missions de l’OTAN (plus de 800 soldats). Elle consacre 2 % de son PIB à son budget de défense.

Russie

La Roumanie défend traditionnellement une ligne dure à l’égard de Moscou, dont elle dénonce la politique de déstabilisation dans les pays du Partenariat oriental et des Balkans occidentaux ainsi qu’en mer d’Azov. Elle soutient le maintien des sanctions jusqu’à la pleine application des accords de Minsk et plaide en outre pour une communication stratégique de l’UE face à la propagande russe.

Ukraine

La Roumanie soutient les aspirations de l’Ukraine (où vit une minorité roumanophone d’environ 300 000 personnes) à rejoindre l’UE et l’OTAN.

Partenariat oriental / Moldavie

Bucarest soutient le Partenariat oriental et souhaite l’ouverture de « perspectives européennes » pour ces pays, au premier rang desquels la Moldavie (pays dont elle partage la langue et la culture). La Roumanie apporte à Chisinau une assistance financière bilatérale de 150 M€, désormais assortie de conditionnalités de réformes, l’assiste dans la mise en œuvre de l’accord d’association avec l’UE et contribue à son approvisionnement gazier (gazoduc Iași-Ungheni ouvert en 2015).

Afrique

La Roumanie participe à plusieurs missions internationales en Afrique, notamment au Mali auprès de la MINUSMA (déploiement en cours de 120 casques bleus), au Niger, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo et en Libye.

Relations avec l’Union européenne

La Roumanie est entrée dans l’Union européenne le 1er janvier 2007, mais reste à ce stade en dehors de l’espace Schengen et de la zone euro. L’appartenance à l’UE fait largement consensus parmi la classe politique et l’opinion publique roumaines. Le président Iohannis représente la Roumanie au Conseil européen.

Présidence du Conseil de l’UE

Bucarest a exercé au premier semestre 2019 sa première présidence du Conseil de l’UE, avec pour priorités l’Europe de la convergence, l’Europe de la sécurité, l’Europe acteur mondial, l’Europe des valeurs communes. Un Sommet informel a été organisé à Sibiu le 9 mai 2019. Recevant la Première ministre roumaine le 4 juin à Bruxelles, le président de la Commission européenne a salué les avancées permises par la présidence roumaine, notamment sur l’Autorité européenne du travail, la réforme du droit d’auteur, la révision du mandat de l’agence Frontex et la directive sur le gaz.

Présence dans les institutions européennes

Corina Crețu est commissaire européenne pour la politique régionale dans le collège sortant présidé par M. Juncker. Bucarest dispose de 33 députés au Parlement européen dans la nouvelle législature.

Avenir de l’UE

La Roumanie souhaite une relance du projet européen sur le fondement des traités et un approfondissement de l’intégration européenne. Elle est réticente à une Europe à plusieurs vitesses, au sein de laquelle elle craint d’être marginalisée, et reste attachée à la politique de cohésion et à la Politique agricole commune (PAC). Elle promeut la poursuite de l’élargissement de l’Union.

Brexit

La Roumanie regrette le Brexit, tout en respectant la décision britannique. Elle souhaite le maintien de liens aussi étroits que possible entre Londres et les 27, notamment sur les questions de politique étrangère, et reste très attentive aux conséquences budgétaires du Brexit (notamment sur les fonds structurels), ainsi qu’aux droits de ses ressortissants au Royaume-Uni (environ 410 000 personnes).

Défense européenne

La Roumanie manifeste un intérêt croissant pour la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) (participation à la coopération structurée permanente), en restant attachée à sa complémentarité avec l’OTAN. Elle participe à l’ensemble des missions et opérations de l’UE (sauf EUTM Somalie), avec des contributions significatives à EUFOR Althea, EULEX Kossovo, EUMM Géorgie et EUCAP Sahel Mali.

Réfugiés

Relativement épargnée par la crise migratoire, la Roumanie se veut cependant un partenaire responsable et solidaire : malgré un refus initial des décisions du Conseil justice et affaires intérieures (JAI) de septembre 2015, elle s’est finalement engagée à accueillir 4 260 personnes au titre des relocalisations et réinstallations (771 l’avaient effectivement été fin octobre 2018, en provenance essentiellement de Grèce).

Politique régionale

Pour la période 2014-2020, la Roumanie bénéficie de 30,8 Mds € de fonds européens structurels et d’investissement (environ 1 570 € par habitant), dont 22,5 Mds € au titre des fonds structurels et de cohésion et 8,3 Mds € au titre de la PAC (pilier développement rural, sachant que 23 % de la population active roumaine travaille dans le secteur agricole). L’impact de ces fonds est important pour la croissance économique du pays et le développement de ses infrastructures. La Roumanie a absorbé 90 % de son enveloppe 2007-2013 et environ 20 % de son enveloppe 2014-2020. La négociation du cadre financier pluriannuel de l’UE post-2020 est l’un des principaux chantiers de la présidence roumaine du Conseil en cours.

Travailleurs détachés et paquet mobilité

La Roumanie a voté en faveur de la révision de la directive de 1996 sur le détachement des travailleurs lors du Conseil emploi, politique sociale, santé et consommateurs (EPSCO) du 23 octobre 2017. Elle s’est abstenue lors du vote sur le paquet mobilité au Conseil transports, télécommunications et énergie (TTE) du 3 décembre 2018.

Climat

Le président Iohannis a promulgué le 10 avril 2017 la loi ratifiant l’Accord de Paris (texte approuvé par la Chambre des députés le 7 novembre 2016, puis par le Sénat le 13 mars 2017).

Euro

La Roumanie se fixe pour objectif d’adopter la monnaie unique à l’horizon 2024, mais n’a pas déterminé de date pour rejoindre au préalable le mécanisme de taux de change européen (MCE II).

Schengen

La Roumanie participe à plusieurs composantes de Schengen et utilise ses bases de données. Conformément aux décisions prises au niveau européen en mars 2017 pour renforcer la sécurité de l’espace européen, elle a mis en place des contrôles renforcés à toutes ses frontières, y compris pour les ressortissants européens. Cependant, la levée des contrôles aux frontières internes, dans un premier temps au moins pour ses aéroports, demeure un objectif central de la Roumanie. En juin 2011, le Conseil a adopté des conclusions relevant un niveau de préparation de Bucarest et Sofia suffisant sur le plan technique, mais il n’y a pas eu d’unanimité des États membres en vue de l’adhésion des deux pays. L’examen de la question a été renvoyé à une date ultérieure au Conseil JAI de décembre 2013.

Mécanisme de coopération et de vérification

L’UE a mis en place le mécanisme de coopération et de vérification (MCV) lors de l’adhésion de la Roumanie en 2007 pour l’aider à progresser dans sa réforme judiciaire et la lutte contre la corruption. Dans ce cadre, le Conseil de l’UE a adopté le 11 décembre 2018 des conclusions soulignant les interrogations soulevées par la politique suivie depuis deux ans et invitant les autorités roumaines à réexaminer leur législation. Le 4 juin 2019, MM. Juncker et Timmermans ont salué l’engagement du gouvernement roumain à renoncer aux réformes controversées de la justice et à reprendre le dialogue avec la Commission dans le cadre du MCV.

Mise à jour : 06.09.19

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