Présentation du Qatar

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Présentation du pays

QATAR {JPEG}

Données générales

Nom officiel : Etat du Qatar
Nature du régime : Emirat
Chef de l’Etat : Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani (depuis juin 2013)

Données géographiques

Données géographiques :
Superficie : 11.571 km2
Capitale : Doha
Villes principales : Al Wakrah, Al Khor, Al Rayyan, Mesaied, Umm Salal.
Langue officielle : arabe
Langues courantes : arabe, anglais, ourdou
Monnaie : riyal qatarien
Fête nationale : 18 décembre

Données démographiques

(sources : Banque mondiale, PNUD)

(Sources : Banque mondiale, PNUD)
Population : 2,7 millions d’habitants (2018)
Qatariens : environ 330.000 (2019)
Croissance démographique : 2.7% (2017)
Densité : 227.3 hab/km²
Espérance de vie : 78,3 ans (2017)
Taux d’alphabétisation : 97,8 % (2017)
Religions : musulmans, chrétiens, hindouistes, bouddhistes.
Indice de développement humain : 0,856 - 37ème rang (2017)

Eléments d’actualité

Politique intérieure

Depuis son accession au pouvoir en juin 2013, l’Emir Tamim bin Hamad Al Thani, poursuit le processus de transformation économique et sociétale profond engagé par son père l’Emir Hamad, en partisan résolu de l’ouverture mais soucieux néanmoins de concilier développement du pays et respect des traditions.

Depuis 1999, le Conseil municipal central, organe consultatif, est élu au suffrage universel tous les quatre ans. Les dernières élections ont eu lieu le 16 avril 2019 avec le renouvellement des 29 conseillers, dont cinq femmes. Les élections au Conseil consultatif (Majlis al Choura), régulièrement repoussées depuis 2007 et dont les 2/3 des membres sont élus, ont été annoncées par l’émir lors de l’ouverture de la 48ème session du Majlis en novembre 2019 (création d’un haut comité présidé par le Premier ministre et chargé de préparer les futures élections). Le Qatar est par ailleurs le pays arabe possédant le taux d’emploi des femmes le plus élevé (taux supérieur à 50% - environ 35% pour les seules qatariennes).

Le pays a été épargné par la vague de contestation des « printemps arabes ». Les seules protestations, postées sur les réseaux sociaux, ont émané d’éléments extérieurs au Qatar. Elles concernaient davantage la marche forcée vers l’ouverture et la modernisation du pays (proportion d’étrangers dans la population, promotion du rôle des femmes, accueil de la coupe du monde de football en 2022) que les insuffisances du système en vigueur.

L’une des vulnérabilités de l’émirat réside dans la faiblesse numérique de ses ressortissants (12% de la population), qui oblige le pays à recourir massivement à la main d’œuvre étrangère.

Le Qatar fait régulièrement l’objet de critiques dans la presse internationale à propos des conditions de vie et de travail de ses travailleurs immigrés, notamment sur les chantiers de construction liés à la Coupe du monde de football. A la faveur de la signature d’un accord de coopération technique de trois ans, et à la lumière des progrès réalisés, le Conseil d’administration du Bureau International du Travail a abandonné, en novembre 2017, la plainte déposée à l’encontre du Qatar pour travail forcé. L’accompagnement, entamé en avril 2018 par le bureau de l’OIT, de la réforme de législation du travail au Qatar, a donné des résultats concrets (création de centres de recrutement de travailleurs à l’étranger ; mise en place d’un suivi médical pour les 30 000 ouvriers intervenant sur les stades ; dispositif de garantie de versement des salaires par les employeurs).

Après les annonces du mois d’octobre 2019, les autorités qatariennes ont adopté en août 2020 des mesures majeures avec l’instauration d’un salaire minimum non-discriminatoire de 1000QR (250 euros) et l’abolition du visa de sortie du territoire (applicables à tous les travailleurs, y compris employés de maison). Ces décisions démantèlent formellement, pour la première fois dans le Golfe, le système de la Kafala (parrainage obligatoire des travailleurs expatriés par des nationaux).

Politique étrangère

Lors des printemps arabes, le Qatar a fait le choix de soutenir les aspirations « des peuples arabes ». Cette diplomatie d’engagement a alimenté des tensions avec les voisins du Golfe qui ont craint des effets déstabilisants pour leur régime. Dès son accession au pouvoir en juin 2013, Cheikh Tamim Al Thani a choisi de recentrer l’action publique sur les défis intérieurs et cherché à atténuer ces tensions. La diplomatie qatarienne évolue alors vers des positionnements plus consensuels - voire vers le retrait de certains dossiers (Syrie, Libye).

La politique étrangère du Qatar reste marquée par la poursuite de la crise entre le Qatar et trois de ses voisins (Arabie saoudite, Bahreïn et Emirats arabes unis) ainsi que l’Egypte qui imposent au Qatar un embargo depuis 2017. Ces derniers reprochent notamment au Qatar sa relation avec l’Iran et les Frères musulmans, la présence militaire turque dans le pays, la ligne éditoriale d’Al Jazeera accusée d’interférences dans leurs affaires intérieures ou encore son soutien supposé au terrorisme.

Sur la question yéménite, le Qatar a été exclu de la Coalition militaire au Yémen après le déclenchement de la crise du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCEAG). Depuis, le Qatar reste discret sur ce dossier tout en maintenant une aide humanitaire.

S’agissant de la lutte contre le terrorisme, la base d’Al Udeid, inaugurée en 2003, où stationnent 9 000 personnels militaires américains et de la coalition, est le centre de coordination des frappes contre Daech en Irak et en Syrie. Au niveau bilatéral, le Qatar et la France ont signé le 7 décembre 2017 une déclaration d’intention et une feuille de route visant à renforcer la coopération en matière de lutte contre le terrorisme et son financement.

Depuis l’embargo, le Qatar a raffermi sa relation avec les Etats-Unis avec lesquels Doha a noué un partenariat stratégique. Le rythme des visites croisées est soutenu et le Qatar investit massivement aux Etats-Unis (45Mds de dollars annoncées en avril 2018).

Le Qatar veille à préserver une diplomatie de bon voisinage avec l’Iran, pays avec lequel il partage le plus grand gisement gazier de la planète (North Field/South Pars).
Le Qatar entretient une relation de grande proximité avec la Turquie, devenue un partenaire stratégique à la faveur de l’embargo. La Turquie dispose depuis 2015 d’une base militaire au Qatar.

Les relations du Qatar avec le continent africain (hors Afrique du Nord) sont encore récentes et limitées mais tendent à s’étoffer à la faveur d’investissements dans les infrastructures ou le secteur de l’énergie et d’une politique constante d’aide au développement. Les relations avec l’Asie, en particulier le Japon, la Corée du Sud et la Chine, sont anciennes, mais essentiellement économiques. La Corée du Sud, le Japon et la Chine représentent près des deux tiers de l’excédent commercial enregistré par le Qatar (essentiellement du Gaz naturel liquéfié) et comptent pour plus du tiers de ses échanges commerciaux.

Situation économique

Depuis le 5 juin 2017, l’économie qatarienne subit l’embargo imposé par l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn et l’Egypte (fermeture de leurs frontières terrestres et maritimes, interdiction de survol faite à la compagnie aérienne nationale et restrictions imposées aux déplacements des personnes). Les autorités qatariennes se sont efforcées de préserver au mieux la population des effets négatifs de ces mesures en mettant en place des routes commerciales de contournement et en dénonçant l’impact sur les citoyens qatariens (liberté de circulation, accès à l’éducation, regroupement familial). Le pays est parvenu à diversifier ses voies d’approvisionnement et à contenir l’inflation, malgré un creusement du déficit commercial.

Le Qatar détient les 2èmes réserves mondiales de gaz naturel, Qatar Petroleum ayant annoncé en novembre 2019 le doublement des réserves prouvées (environ 49 800 Mds de m3 à fin 2019, soit 20% des réserves mondiales), soit pratiquement au même niveau que la Russie et devant l’Iran (18,2%). Le Qatar est le 5ème producteur mondial de gaz naturel (4,5% de la production mondiale en 2018), derrière les Etats-Unis, la Russie, l’Iran et désormais le Canada. La spécificité du Qatar repose sur le développement de la filière gaz naturel liquéfié (GNL). Il en est le 1er exportateur mondial (volume de 76,79 MT/an soit 26,7% des exportations mondiales).

Mise à jour : 22.12.20

Informations complémentaires