Présentation des Philippines

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Présentation du pays

PHILIPPINES {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République des Philippines
Nature du régime : République
Chef de l’État : Rodrigo Roa Duterte (depuis le 30 juin 2016)
Vice-présidente : Mme Maria Leonor Robredo

Données géographiques

Superficie : 300 000 km²
Capitale : Manille (12 millions d’habitants, 2020)
Villes principales : l’agglomération de « Metro Manila » (12,8 millions d’habitants) regroupe 17 villes, dont Manille Caloocan Makati, et Quezon City (3M), Cebu (2,8M), Davao (2,5M)
Langues officielles : Filipino (basé sur le tagalog), anglais
Langues courantes : Tagalog, cebuano, ilocano, hiligaïnon
Monnaie : Peso philippin
Fête nationale : 12 juin

Données démographiques

Population : 108,1 millions d’habitants (Banque Mondiale, 2019)
Densité : 367 habitants / km²
Croissance démographique : 1,36 % (Banque Mondiale, 2019)
Espérance de vie à la naissance : 69,2 ans (rapport IDH 2018)
Taux d’alphabétisation : 98 % (Banque Mondiale, 2019)
Religions : catholiques (84%), musulmans (7%), protestants évangéliques (4%), bouddhistes (1.5%), nombreuses églises chrétiennes (Iglesia ni Christo, El Shaddai)
Indice de développement humain (2019) : 0,712 (106ème / 189 pays)

Eléments d’actualité

Politique intérieure

Le président Rodrigo Duterte a pris ses fonctions le 30 juin 2016 pour un mandat unique de six ans. L’une de ses principales opposantes, la vice-présidente (Mme Leni Robredo), fait toujours l’objet d’un recours en annulation de son élection par Bongbong Marcos (fils de l’ex-président Ferdinand Marcos, renversé en 1986). Les partisans du président philippin contrôlent depuis 2016 la chambre basse et disposent depuis les élections de mi-mandat de mai 2019 de la majorité au Sénat, composé de 24 élus.

Le président Duterte s’est engagé à poursuivre jusqu’à la fin de son mandat la campagne de répression contre les trafiquants et consommateurs de drogue (« War on Drugs ») qu’il mène depuis son élection au niveau national et qu’il avait entamée comme maire de Davao. Malgré une opposition résiduelle à sa politique, Rodrigo Duterte reste très populaire (91% des Philippins se disent satisfaits de sa présidence selon une enquête menée en octobre 2020).

Au cours de l’année 2020, la pandémie de Covid-19 a durement frappé le pays et occasionné plusieurs périodes de confinements très stricts dans une grande partie du pays, notamment à Manille et Cebu City. Le pays connaît un impact économique (pays de l’ASEAN connaissant la plus forte récession en 2020 de -9,5%) et social majeur (la scolarisation des jeunes Philippins reste interdite avant la vaccination à grande échelle).

A Mindanao, le référendum local organisé début 2019 a permis la ratification de la Bangsamoro Organic Law (BOL). La constitution de l’autorité de transition du Bangsamoro (BTA) chargée de légiférer et de gouverner la région musulmane autonome nouvellement créée (BARMM) jusqu’en 2022 marque ainsi une étape importante dans le processus de paix dans cette région méridionale des Philippines après des décennies de conflits.

Les pourparlers de paix avec les rebelles communistes, pourtant entamés dès 2016, ont été rompus malgré quelques courtes périodes de relative détente.

Les différents groupes terroristes ayant prêté allégeance à Daech représentent aujourd’hui la principale menace pour la sécurité intérieure des Philippines (de nombreux attentats perpétrés à Mindanao dont deux attaques très meurtrières, contre la cathédrale de Jolo en janvier 2019, et dans le centre-ville de Jolo en août 2020). Le groupe Abu Sayyaf, qui est le plus important numériquement, pratique l’enlèvement de Philippins et d’étrangers, parfois assassinés, ainsi que les attentats-suicides. Il est actif dans certaines îles de l’extrême sud de l’archipel. D’autres groupes terroristes islamistes locaux opèrent à Mindanao, inspirés par le Groupe Maute qui avait pris possession de Marawi avec le concours d’autres groupes, conduisant à un siège de la ville par les forces armées philippines pendant cinq mois.

Politique étrangère

Les Etats-Unis, où réside la plus importante communauté philippine expatriée (près de quatre millions de personnes), sont le principal partenaire en matière de défense. L’alliance avec ce pays repose sur plusieurs textes dont l’Accord de coopération de défense renforcée (EDCA) signé lors de la visite du Président Obama aux Philippines en 2014. En février 2020, les autorités philippines ont annoncé la décision de retrait de l’accord sur le statut des forces en visite relatif au statut des forces américaines opérant aux Philippines (Visiting Forces Agreement – VFA), datant de 1998, et permettant de mener des opérations conjointes. Cependant, les autorités philippines ont annoncé la suspension de la procédure de retrait en juin de la même année, suspension renouvelée le 11 novembre 2020 pour six mois supplémentaires.

L’autre axe de la politique étrangère du pays est le renforcement des liens avec les partenaires asiatiques. La Chine est le premier partenaire commercial des Philippines (les échanges bilatéraux représentent près de 20 Mds EUR). A la suite de la visite d’Etat du président philippin R. Duterte en Chine en octobre 2016, le président chinois Xi Jinping s’est rendu aux Philippines en novembre 2018, puis en septembre 2019.

Le Japon est le seul pays avec les Etats-Unis à bénéficier d’un statut de partenaire stratégique avec les Philippines. Les échanges politiques de haut niveau se sont multipliés ces dernières années (l’ancien Premier ministre Abe s’est rendu aux Philippines en janvier 2017 à l’occasion d’une visite d’Etat et le Président Duterte s’est rendu au Japon en octobre 2016). Tokyo est le deuxième partenaire commercial et le premier pourvoyeur d’aide publique au développement (30% de l’aide totale perçue par les Philippines).

Les Philippines sont membre fondateur de l’ASEAN en 1967 et ont présidé cette organisation pour son 50ème anniversaire en 2017. La Banque asiatique de développement (BAsD) a son siège à Manille.

Après l’ouverture d’une enquête pour crimes contre l’humanité depuis 2016, les Philippines ont décidé de se retirer du Statut de Rome de la Cour pénale internationale en mars 2018, retrait dont le caractère effectif a été reconnu un an après par le Secrétaire-général des Nations unies.

Situation économique

Au cours des dix dernières années, l’économie des Philippines a connu une croissance moyenne de 5,8% par an, soit l’un des plus forts taux de la région. Sous l’effet des conséquences de la crise sanitaire, l’économie philippine s’est contractée de 9,5% en 2020 (en raison de la baisse des recettes du tourisme, des remises de la diaspora philippine et de la baisse de la consommation des ménages), néanmoins la banque centrale des Philippines attend un rebond de 7,5% en 2021.

Le gouvernement a mis ses dernières années l’accent sur les infrastructures avec un programme massif de constructions (Build Build Build Program), qui se terminera en 2022.

Les dépenses des ménages (70% du PIB) sont le principal moteur de la croissance. En 2019, les envois de fonds des travailleurs philippins à l’étranger ("Overseas Filipino Workers") ont augmenté de 4,1% pour atteindre un record de 30,1 Mds USD (soit près de 10% du PIB), contre 28,9 Mds USD en 2018.

Le taux de chômage a été fortement affecté par l’impact économique négatif de la pandémie de Covid-19 et a presque doublé en 2020, atteignant 10,4%. Néanmoins, ce taux devrait baisser à 7,4% en 2021 et 6,7% en 2022. On estime que les inégalités dans la répartition des richesses et les taux de pauvreté se sont aggravés pendant la pandémie, poussant environ 2,7 millions de Philippins de plus dans la pauvreté.

L’administration Duterte souhaite réduire le taux de pauvreté à 17% et s’attend à ce que l’économie atteigne le statut de revenu moyen supérieur d’ici 2022.

Mise à jour : 31.03.21

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