Relations bilatérales

  • - Ambassadeur de France au Pérou : M. Antoine GRASSIN (septembre 2017)
  • - Ambassadeur du Pérou en France : Mme Cristina Maria del ROSARIO RONQUILLO de BLODORN (agrément en cours – février 2019)

Relations politiques

Site de l’ambassade de France au Pérou : www.ambafrance-pe.org/

Les relations franco-péruviennes se sont particulièrement intensifiées pendant le mandat du président Humala, francophone et francophile. Sa visite officielle en France, du 14 au 16 novembre 2012, a permis de relancer la coopération bilatérale dans de nombreux domaines : universitaire, institutionnel, judiciaire, économiques et commerciaux. M. Humala a de nouveau été reçu par le président de la République à Paris le 9 octobre 2013, puis le 1er juillet 2014. Le président François Hollande s’est rendu en visite d’État au Pérou les 23 et 24 février 2016. Cette visite a permis de signer plusieurs accords bilatéraux – notamment dans le domaines universitaire, économique et de l’environnement ainsi qu’un accord de coopération entre le gouvernement péruvien et l’AFD – et mis en exergue le partenariat spatial franco-péruvien (mise en orbite réussuie du satellite Peru Sat-1 en septembre 2016).

Les présidences péruvienne de la COP 20 (décembre 2014-novembre 2015) et française de la COP 21 (décembre 2015-novembre 2016) ont permis de développer une étroite concertation bilatérale en matière de protection de l’environnement et de lutte contre le dérèglement climatique. Une délégation française de haut niveau (ministre des Affaires étrangères et du Développement international, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, secrétaire d’État chargée du Développement et de la Francophonie) a participé à Lima en décembre 2014 à la vingtième édition de la Conférence des Parties (COP 20). La participation française aux assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale (Lima, octobre 2015) a également été forte, avec la présence des ministres en charge des Affaires étrangères, des Finances, du Développement et à la Francophonie. Le président Humala a participé, le 30 novembre 2015 à Paris, aux côtés du président Hollande, à la cérémonie d’ouverture de la COP 21, au cours de laquelle le ministre péruvien de l’environnement, Manuel Pulgar Vidal, a joué un rôle de facilitateur.

Le ministre des Affaires étrangères, M. Ayrault, a reçu en avril 2017 à Paris Mme Mercedes Araoz, alors seconde vice-présidente du Pérou.

Le président Kuczynski, s’est rendu à Paris du 7 au 10 juin 2017 afin de participer au Forum économique international de l’Amérique latine et des Caraïbes. Il a, à cette occasion, eu un entretien avec le président de la République à l’Élysée.

Le Pérou, défenseur du multilatéralisme et de la lutte contre le changement climatique, soutient fréquemment les positions de la France au Conseil de sécurité des Nations unies, dont il est membre non-permanent en 2018-2019.

Relations économiques

Site du Service économique de Lima : http://www.tresor.economie.gouv.fr/se/perou/

Les échanges commerciaux entre la France et le Pérou en 2017 ont atteint un total de 699 M€, soit une baisse de 8 % par rapport à 2016. Cependant l’évolution par rapport à 2016 doit être retraitée du fait de la vente exceptionnelle d’un satellite d’observation cette année-là. Sans l’effet satellite, les échanges bilatéraux totaux sont en hausse de 3,6 %. Il en va de même pour nos exportations qui s’élèvent en 2017 à 240 M €, soit une baisse de 24 % mais sans l’effet satellite de 2016, nos exportations sont en hausse de 4,8 %. Notre déficit commercial, structurel, se situe à 218 M€, une hausse de 72 %, il est le plus élevé depuis dix ans. Le Pérou se classe en 2017 au 90e rang de nos clients et au 69e rang de nos fournisseurs, ne représentant qu’environ 0,07 % de notre commerce extérieur. La France est le 26e client du Pérou et son 20e fournisseur.

Les deux principaux domaines d’exportation de la France sont les équipements mécaniques, matériels électriques, électroniques et informatiques (87,1 M€ en 2017, +6,4 %) et autres produits industriels comme les produits chimiques, pharmacie, parfums, cosmétiques (exportations de 106,3 M€, -2,7 % par rapport à 2016). L’impact de la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange (ALE) entre le Pérou et l’UE commence à se faire sentir de manière positive, notamment au regard du secteur agroalimentaire puisque nos exportations progressent de plus de 10% par an en moyenne pour atteindre 21,5 M€ en 2017.

Nos achats de produits péruviens s’établissent à 459 M€ en 2017, en progression modeste de 3 %, mais qui s’inscrit dans une tendancede hausse durable. Les résultats sont contrastés : une augmentation modeste des importations de produits agricoles dont le poids reste majeur (fruits tropicaux surtout qui représentent un quart de nos importations) ; une hausse des produits industriels (produits métallurgiques, produits chimiques) ; une hausse marquée des hydrocarbures et produits des industries extractives qui se récupèrent après un bref déclin. En revanche, les produits des industries agroalimentaires reculent fortement atteignant leur niveau le plus bas depuis huit ans.

Les 84 filiales françaises recensées localement, principalement situées à Lima, emploient plus de 15 000 personnes et génèrent un chiffre d’affaires d’environ 2 Mds $. Ce sont principalement des filiales de grands groupes : la moitié des entreprises du CAC 40 y est présente. Selon l’Agence de promotion des investissements privés, ProInversión, les investissements directs étrangers (IDE) français au Pérou s’élèvent à 220,5 M $ (2017), soit environ 1% du stock total, et situent la France au 16e rang des investisseurs étrangers et au 5e rang des pays de l’UE, l’Espagne et le Royaume-Uni étant les 1er et 2e investisseurs au Pérou selon les chiffres officiels.

L’exemple le plus marquant du partenariat économique franco-péruvien est le rachat par Vinci de la concession d’une autoroute urbaine à Lima, le plus grand investissement français jamais effectué au Pérou, avec plus d’1 Md $. La mise en place du système de télécabines pour le site de Kuelap, dont la concession a été obtenue par POMA, l’illustre aussi. Une forte impulsion a été donnée en 2014 dans le domaine spatial, avec la signature en avril d’un accord intergouvernemental d’acquisition d’un satellite d’observation de la Terre (Airbus Defense & Space), mis en orbite en septembre 2016.

L’Agence française de développement (AFD) intervient au Pérou depuis 2014. L’AFD a engagé, depuis cette date, un peu plus de 300 millions d’euros de financements en prêts souverains et non souverains. L’Agence finance notamment des projets de logement social (prêt de 120 € en faveur de la banque du logement social « Mi Vivienda »), de transports (prêt de 120,5 millions d’euros pour la ligne 2 du métro de Lima) et d’assainissement des eaux (prêt de 54 millions de dollars).

Coopération culturelle, scientifique et technique

La coopération universitaire et scientifique constitue un axe prioritaire de la relation bilatérale réaffirmé lors de la visite d’État du président Hollande au Pérou en février 2016 au cours de laquelle s’est tenu un forum universitaire et scientifique et ont été signés une douzaine d’accords.

S’appuyant sur plus de 150 accords universitaires (dont une quinzaine de double-diplômes), la France accueille plus d’un millier d’étudiants péruviens qui représentent le 5e contingent d’étudiants latino-américains en France. L’accord de reconnaissance mutuelle des diplômes et des périodes d’études de l’enseignement supérieur, signé à Lima en février 2016, vient renforcer les échanges universitaires. La France se place au 7e rang des pays d’accueil (3e destination européenne) des étudiants péruviens.

Le programme de bourses péruvien « Beca 18 – bourses d’excellence », financé en grande partie par les autorités péruviennes, constituait un pilier de notre coopération bilatérale puisqu’il a permis à la France de former plus de 200 techniciens supérieurs péruviens depuis quatre ans dans des secteurs stratégiques pour le développement économique du pays (génie civil, énergie, télécommunication, agroalimentaire). Cependant, le gouvernement péruvien a mis fin au dispositif en 2018, pour des questions budgétaires.

Malgré l’arrêt de ce programme, le nombre de départ vers la France d’étudiants péruviens est resté stable. Les échanges universitaires nourrissent un vivier de jeunes péruviens formés en France que la plateforme « France Alumni » permet de valoriser auprès des entreprises françaises implantées au Pérou.

Notre coopération scientifique s’appuie essentiellement sur l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et l’Institut Français d’études andines (IFEA) qui ont fêté respectivement leur 50e et 70e anniversaire au Pérou. Ces deux organismes de recherche jouissent dans ce pays d’une reconnaissance des instances scientifiques, tant dans le domaine de la recherche, que dans celui de la formation des doctorants. Deux écoles doctorales, en sciences de la vie et dans le domaine des géosciences, de l’énergie et de l’environnement, ont été créées en partenariat avec l’Institut de recherche pour le développement et plusieurs universités françaises et péruviennes.

La France cofinance également deux missions archéologiques françaises au Pérou en 2017 (projet Sechura dans la région de Piura et projet Animas Altas dans la région d’Ica).

L’Agence française de développement (AFD) intervient, pour sa part, en appui à la politique de développement de l’Université catholique pontificale du Pérou (PUCP) qui forme l’élite politique et économique du pays. Après un premier prêt du groupe AFD, à travers sa filiale PROPARCO, de 25 M$ pour la modernisation du campus de la PUCP deux nouveaux projets de financement sont engagés : la création du premier parc scientifique et technologique (22,5 M$) en partenariat avec la technopole de Nice Sophia Antipolis, et la construction d’un campus gastronomique (10 M$).

Mise à jour : octobre 2019

Informations complémentaires