Présentation du Pérou

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Présentation du pays

PÉROU {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République du Pérou
Nature du régime : régime présidentiel
Chef de l’État : M. Pedro CASTILLO TERRONES

Données géographiques

Superficie : 1 285 220 km²
Capitale : Lima
Villes principales hors Lima : Arequipa, Trujillo, Chiclayo, Piura, Huancayo, Cuzco, Chimbote, Iquitos, Pucallpa, Tacna, Ica
Langue officielle : espagnol (le quechua, l’aymara et les langues amazoniennes sont également pratiquées)
Monnaie : nouveau sol péruvien (PEN) ; 1 PEN = 0,21 EUR (août 2021)
Fête nationale : 28 juillet (indépendance le 28 juillet 1821)

Données démographiques

Population : 32,51 millions (Banque mondiale, 2019)
Taux de croissance démographique : 1,7 % (Banque mondiale)
Espérance de vie : 76,7 ans (Banque mondiale)
Taux d’alphabétisation : 94,2 % (PNUD, données 2018)
Religions : catholiques (estimé à 85 %), évangéliques (estimé à 15 %)
Indice de développement humain : 0,77 (79e rang, PNUD 2020)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Depuis l’élection de Pedro Pablo Kuczynski en 2016, la vie politique péruvienne connaît une période d’instabilité. Celle-ci est notamment due aux révélations liées au scandale de corruption Odebrecht qui ont fragilisé la classe politique péruvienne et impliqué des personnalités politiques jusqu’au sommet de l’État. Dans ce contexte, Pedro Pablo Kuczynski a été contraint à la démission en mars 2018 et remplacé par son vice-président Martin Alberto Vizcarra.

D’autre part, les relations entre l’exécutif et le Congrès, largement acquis à l’opposition, ont été très conflictuelles au long de ces années. Les relations se sont ainsi exacerbées avec le président Vizcarra autour de diverses propositions de réformes dans les domaines politiques et judiciaires, jusqu’à déboucher à la dissolution du Congrès en septembre 2019 et la convocation d’élections législatives anticipées.

Le bras de fer entre le nouveau Congrès et l’exécutif a néanmoins perduré. En septembre 2020, le président Vizcarra a finalement été destitué par les parlementaires pour « incapacité morale permanente » du fait d’accusations de corruptions en lien avec ses fonctions passées de gouverneur. La légalité et la légitimité de cette décision, ainsi que l’orientation conservatrice du gouvernement nommé par le nouveau président M. Merino ont provoqué d’importantes manifestations dans le pays, contraignant ce dernier à la démission. Un nouveau président, Francisco Sagasti, a été investi par le Congrès pour conduire le pays aux élections générales de 2021.

Lors des élections présidentielles, dont le deuxième tour s’est tenu le 6 juin 2021, les Péruviens ont élu le candidat de gauche radicale Pedro Castillo avec 50,1% des voix, au détriment de sa rivale de droite Keiko Fujimori, fille du dictateur Alberto Fujimori, et sous le coup de procédures judiciaires pour divers faits de corruption. Alors que la campagne avait déjà été particulièrement polarisée, le camp fujimoriste a tenté de contester le résultat du scrutin, que les observateurs internationaux, dont ceux de l’UE, avaient qualifié de crédible.

Maître d’école, agriculteur et syndicaliste, Pedro Castillo a basé sa campagne sur un discours de justice sociale, sur le souhait d’accorder davantage de moyens à la santé et l’éducation et sur la promesse de rompre avec certains dogmes du néolibéralisme. Impulser un changement de constitution faisait également partie de ses principales propositions.

Le nouveau président péruvien a pris ses fonctions le 28 juillet 2021. Son parti, Peru Libre, n’a pas de majorité au Congrès où il bénéficie de 37 sièges sur 130. Le gouvernement nommé a obtenu le vote de confiance du Congrès fin août 2021.

Politique étrangère

Le Pérou suit une diplomatie ouverte et pragmatique, tant sur le plan régional qu’au plan international, avec une priorité donnée au développement des accords commerciaux et des échanges économiques, en particulier avec l’Asie.

Les États-Unis et la Chine sont les deux principaux partenaires commerciaux du Pérou. Les échanges avec l’Union européenne se renforcent à la faveur d’un accord de libre-échange UE-Pérou appliqué depuis le 1er mars 2013. Le Pérou prête aussi attention à ses relations avec la Russie (déclaration d’association stratégique signée le 30 novembre 2015) et avec le monde arabe : reconnaissance de l’indépendance de la Palestine en janvier 2011 ; organisation à Lima en octobre 2012 du 3e Sommet ASPA ( Amérique du Sud – Pays arabes).

Le pays est l’un des quatre piliers, avec le Chili, la Colombie et le Mexique, de l’Alliance du Pacifique – zone de libre échange lancée en avril 2011 à l’initiative du Pérou – avec un fort tropisme asiatique (le Pérou est également membre de l’APEC – Forum de coopération économique Asie-Pacifique – depuis 1998).

Le Pérou est par ailleurs un partisan du multilatéralisme et actif sur le plan multilatéral en matière de protection de l’environnement (avec notamment l’organisation de la COP20 à Lima en 2014), de respect des droits de l’Homme et de défense du droit international. Ces objectifs ont été réitérés par le nouveau ministre des relations extérieures péruvien.

Le pays a siégé comme membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2018-2019. Dans le domaine du maintien de la paix, le Pérou participe activement à diverses missions de l’ONU, dont la MINUSCA en République centrafricaine.

Sur le plan régional, le Pérou a initialement fait montre d’une grande fermeté contre le régime du Président Maduro au Venezuela. Il a ainsi été à l’initiative du "Groupe de Lima" créé en 2017. La position péruvienne s’est néanmoins assouplie, en particulier depuis l’accès au pouvoir de Pedro Castillo. Le ministre des relations extérieures Oscar Maurtua a notamment affirmé son soutien à l’effort de médiation mené sous l’égide de la Norvège et offert d’accueillir les négociations futures.

Situation économique

Site du service économique de l’Ambassade de France au Pérou

Économie de taille moyenne avec un PIB de 227 Mds USD en 2019, le Pérou est parvenu à maintenir une croissance économique soutenue après la fin de la « décennie dorée » des matières premières (2005-2014), contrairement à la plupart de ses voisins. Cette croissance s’est basée en particulier sur la demande extérieure pour ses produits miniers et agricoles et d’importants IDE dans le secteur extractif. Le secteur minier représente un pilier de l’économie (8% du PIB, 57% des exportations en 2019) en même temps qu’un facteur de dépendance. Si le pays se situe dans le premier tiers des économies de la planète en termes de PIB (50e place en 2019 selon la BM), il ne figure qu’au 86e rang en termes de PIB/habitant avec près de 7 000 USD.

Le pays présente encore des faiblesses prononcées, notamment de fortes disparités sociales, ethniques et géographiques, et un poids excessif de l’économie informelle (70 % de la population active pour 20 % du PIB). Trois zones coexistent : une économie moderne située à Lima (plus d’un tiers du PIB) ; les villes de la côte qui ont bénéficié du boom des années fastes ; et une économie de subsistance dans les zones rurales de la « sierra » (les Andes) et de la « selva » (l’Amazonie, qui couvre 60 % du territoire).

La richesse est par ailleurs très concentrée (coefficient de GINI de 0,47) et la dépense publique est historiquement l’une des plus faibles de la région. Le Pérou a été marqué ces 30 dernières années par un consensus néolibéral transpartisan, affichant un cadre macroéconomique sain avec un faible endettement public, un déficit et une inflation contenus, ainsi qu’un système bancaire robuste, se traduisant par l’obtention du « grade d’investissement » auprès des agences de notation. Revers de cette gestion prudente, le pays présente un déficit d’infrastructures (eau potable, assainissement, routes), qui reflète la faiblesse de l’investissement public ainsi qu’une exécution budgétaire systématiquement défaillante. La récente élection de Pedro Castillo, critique du modèle néolibéral péruvien et partisan d’un plus grand interventionnisme de l’Etat dans l’économie, pourrait marquer une rupture dans les orientations économiques générales du pays.

Du fait notamment de ses faiblesses structurelles, le Pérou fait partie des pays les plus touchés au monde par la pandémie de covid-19, figurant notamment parmi les premiers taux de mortalité. En 2020, le Pérou a connu une récession de 11% et enregistré un déficit budgétaire de -6% du PIB (FMI), tandis le taux de pauvreté a augmenté de 10 points. Pour faire face aux conséquences économiques de la crise, plusieurs plans de résilience et de relance ont été mis en place ainsi qu’un programme de grands travaux. Selon les prévisions du FMI (avril 2021), la croissance du PIB devrait atteindre 8,5% en 2021 et 5,2% en 2022, sous réserve de la reprise économique mondiale dans le contexte de la pandémie.

Mise à jour : 07.09.21

Informations complémentaires