Présentation du Pérou

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Présentation du pays

PÉROU {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République du Pérou
Nature du régime : régime présidentiel
Chef de l’État : M. Francisco Rafael SAGASTI HOCHHAUSLER

Données géographiques

Superficie : 1 285 220 km²
Capitale : Lima
Villes principales hors Lima (estimations 2017) : Arequipa, Trujillo, Chiclayo, Piura, Huancayo, Cuzco, Chimbote, Iquitos, Pucallpa, Tacna, Ica
Langue officielle : espagnol (le quechua, l’aymara et les langues amazoniennes sont également pratiquées)
Monnaie : nouveau sol péruvien (PEN) ; 1 PEN = 0,24 EUR (novembre 2020)
Fête nationale : 28 juillet (indépendance le 28 juillet 1821)

Données démographiques

Population : 32 millions (Banque mondiale, 2019)
Taux de croissance démographique : 1,7 % (Banque mondiale)
Espérance de vie : 76 ans (Banque mondiale)
Taux d’alphabétisation : 94,2 % (PNUD, données 2018)
Religions : catholiques (estimé à 85 %), évangéliques (estimé à 15 %)
Indice de développement humain : 0,75 (82e rang, classement ONU)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Pedro Pablo Kuczynski a été élu le 5 juin 2016 président de la République du Pérou à l’issue d’un scrutin particulièrement serré : 50,12 % des suffrages contre 49,88 %, soit 42 597 voix d’écart avec son adversaire Keiko Fujimori. Cette élection a été marquée par un fort taux d’abstention (20 %), alors que le vote est obligatoire au Pérou.

Pedro Pablo Kuczynski ne disposait toutefois que de 18 sièges au Congrès et a dû composer avec le parti de Keiko Fujimori, « Fuerza Popular », majoritaire au Congrès à l’issue des élections d’avril 2016. La situation politique interne est devenue plus instable dans le contexte des révélations liées au scandale de corruption Odebrecht, impliquant des personnalités politiques jusqu’au sommet de l’État. À la veille d’un vote du Congrès sur sa destitution, Pedro Pablo Kuczynski a démissionné de la présidence, le 21 mars 2018. Il a été immédiatement remplacé par le premier vice-président Martín Alberto Vizcarra.

Ce dernier a mis la lutte contre la corruption au centre de son action et a tenté de réformer son pays dans les domaines politiques et judiciaires. Il a notamment soumis avec succès plusieurs réformes constitutionnelles au référendum de décembre 2018 : nouvelle composition du Conseil national de la justice, nouvelles règles en matière de financement des organisations politiques, non réélection immédiate des parlementaires et réintroduction du bicaméralisme (non approuvée, conformément à l’appel du Président à voter contre cette dernière réforme). La difficile cohabitation avec le Congrès, bloquant ou dénaturant régulièrement les propositions de l’exécutif, a néanmoins conduit Martin Vizcarra à présenter en juillet 2019 un projet de réforme constitutionnelle visant à organiser des élections générales anticipées.

Ce projet a été classé sans suite par le Congrès, exacerbant les tensions jusqu’à la dissolution du Congrès le 30 septembre par le président Vizcarra. En conséquence, des élections législatives anticipées se sont tenues le 26 janvier 2020. Le parti fujimoriste a été largement sanctionné, n’obtenant que 15 sièges contre 73 en 2016. Un nouveau Congrès très fragmenté a vu le jour, avec neuf groupes parlementaires.

Le bras de fer entre le Congrès et l’exécutif a néanmoins perduré. Les parlementaires ont ainsi refusé en août 2020 la confiance à un gouvernement récemment nominé. Le 11 septembre dernier, le Congrès a ouvert une procédure de destitution à l’encontre du président Vizcarra, pour une affaire de favoritisme présumé dans l’octroi de contrats au profit d’un artiste. Le quorum n’a finalement pas été atteint, mais une nouvelle procédure de destitution a été ouverte par le Congrès fin octobre, à la suite d’accusations de corruption contre le président Vizcarra en lien avec sa gestion passée de gouverneur à Moquegua. Cette procédure a abouti le 9 novembre, avec les voix de 105 parlementaires sur 130. Le président du Congrès, Manuel Merino, a été investi président.

La décision du Congrès de destituer Martin Vizcarra, et l’orientation conservatrice du gouvernement nommé par M. Merino ont provoqué d’importantes manifestations dans le pays, contestant la légitimité et la légalité du processus de destitution. La répression de ces manifestations a conduit au décès de deux jeunes. Face à la dégradation de la situation, M. Merino et son gouvernement ont été contraint à la démission. Le 16 novembre 2020, le Congrès a élu un nouveau président, Francisco Sagasti, issu du seul groupe parlement ayant voté en bloc contre la destitution, le "partido morado". Le nouveau président s’est engagé en premier lieu à conduire le pays aux élections générales prévues en avril 2021.

Politique étrangère

Le Pérou suit une diplomatie ouverte et pragmatique, tant sur le plan régional qu’au plan international, avec une priorité donnée au développement des accords commerciaux et des échanges économiques, en particulier avec l’Asie.

Les États-Unis et la Chine sont les deux principaux partenaires commerciaux du Pérou. Les échanges avec l’Union européenne se renforcent à la faveur d’un accord de libre-échange UE-Pérou appliqué depuis le 1er mars 2013. Le Pérou prête aussi attention à ses relations avec la Russie (déclaration d’association stratégique signée le 30 novembre 2015) et avec le monde arabe : reconnaissance de l’indépendance de la Palestine en janvier 2011 ; organisation à Lima en octobre 2012 du 3e Sommet ASPA Amérique du Sud-pays arabes.

Le pays est l’un des quatre piliers, avec le Chili, la Colombie et le Mexique, de l’Alliance du Pacifique, zone de libre échange lancée en avril 2011, à l’initiative du Pérou, avec un fort tropisme asiatique (le Pérou est également membre de l’APEC – Forum de coopération économique Asie-Pacifique – depuis 1998).

Au niveau multilatéral, le Pérou s’est impliqué sur plusieurs fronts. Lima a ainsi été chargée de l’organisation, en décembre 2014, de la vingtième édition de la Conférence des parties (COP 20) sur les changements climatiques.

Le pays a siégé comme membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2018-2019. Dans le domaine du maintien de la paix, le Pérou participe activement à diverses missions de l’ONU, dont la MINUSCA en République centrafricaine.

Dans la lutte contre les stupéfiants, le Pérou, indépendamment de son approche nationale (adoption en 2011 d’une « Stratégie anti-drogue 2012-2016 »), a cherché à promouvoir son rôle au plan international : il a signé le 10 mai 2012 l’accord de Paris sur la lutte contre le trafic transatlantique de stupéfiants.

Le Pérou est par ailleurs membre du G 77 et du Mouvement des non-alignés.

Sur le plan régional, le Pérou a fait montre d’une grande fermeté contre le régime du président Maduro au Vénézuéla. Il est ainsi à l’initiative du "Groupe de Lima" créé en 2017. Le pays reconnaît depuis le 23 janvier 2019 Juan Guaido comme président par intérim de ce pays.

Situation économique

Site du service économique de l’Ambassade de France au Pérou

Économie de taille moyenne avec un PIB de 222 Mds USD en 2018, le Pérou est parvenu à maintenir une croissance économique soutenue après la fin de la « décennie dorée » des matières premières (2005-2014), contrairement à la plupart de ses voisins. Si le pays se situe dans le premier tiers des économies de la planète en termes de PIB (50e place en 2018 selon la BM), il ne figure qu’au 88e rang en termes de PIB/habitant avec 6 947 USD. Le pays présente encore des faiblesses prononcées, notamment de fortes disparités sociales, ethniques et géographiques, et un poids excessif de l’économie informelle (70 % de la population active pour 20 % du PIB). Trois zones coexistent : une économie moderne située à Lima (plus d’un tiers du PIB) ; les villes de la côte qui ont bénéficié du boom des années fastes ; et une économie de subsistance dans les zones rurales de la « sierra » (les Andes) et de la « selva » (l’Amazonie, qui couvre 60 % du territoire).

La richesse est par ailleurs très concentrée (coefficient de GINI de 0,47) et la dépense publique se situe au niveau le plus faible de la région (21 % du PIB). Marqué par un consensus néolibéral transpartisan qui s’est maintenu au cours des 30 dernières années, le Pérou affiche un cadre macroéconomique sain avec un faible endettement public, un déficit et une inflation contenus, ainsi qu’un système bancaire robuste, se traduisant par l’obtention du « grade d’investissement » auprès des agences de notation. Revers de cette gestion prudente, le pays présente un déficit d’infrastructures (eau potable, assainissement, routes), qui reflète la faiblesse de l’investissement public ainsi qu’une exécution budgétaire systématiquement défaillante. Le secteur minier représente un pilier de l’économie (9 % du PIB, 58 % des exportations en 2018) en même temps qu’un facteur de dépendance.

Du fait notamment de ses faiblesses structurelles, le Pérou fait partie des pays les plus touchés au monde par la pandémie de Covid-19, atteignant même la première place pour le taux de mortalité. Les perspectives de croissance ne cessent de se dégrader : -13,9 % pour 2020 selon le FMI en juin, contre +3,2 % en janvier 2020. L’exécutif a proposé plusieurs plans de résilience et de relance ainsi qu’un programme de grands travaux pour faire face aux conséquences économiques de la crise.

Mise à jour : 26.11.20

Informations complémentaires