Présentation des Pays-Bas

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Données générales

PAYS-BAS {JPEG}

Présentation du pays

Nom officiel : Royaume des Pays-Bas
Nature du régime : Monarchie constitutionnelle à régime parlementaire
Chef de l’État : le Roi Guillaume-Alexandre (Willem-Alexander) depuis le 30 avril 2013
Chef du Gouvernement : M. Mark Rutte (VVD, Parti populaire pour la liberté et la démocratie, de centre-droit libéral, affilié à Renew au Parlement européen) depuis le 14 octobre 2010

Données géographiques

Superficie : 41 526 km2
Capitale : Amsterdam (le gouvernement et les administrations centrales siègent à La Haye)
Villes principales : Amsterdam, Rotterdam, La Haye, Utrecht, Eindhoven
Langue(s) courante(s) : néerlandais (langue officielle)
Monnaie : Euro
Fête nationale : 27 avril (Koningsdag, anniversaire du Roi)

Données démographiques

Population : 17,4 millions (mars 2021)
Croissance démographique : 0,37 % / an (est. 2021)
Espérance de vie à la naissance : 82 ans (2018)
Taux d’alphabétisation : 99,01 % (2018)
Religions : catholiques (24 %), protestants (15 %), musulmans (5 %), sans appartenance religieuse déclarée (50,7 %) (2017).
Indice de développement humain (rapport du PNUD 2020) : 0,944 ; 8e rang.

Données économiques

(Sources : DGT, FMI, Eurostat, PNUD, CPB)

PIB (2020) : 799 Mds €
PIB par hab. (2020) : 45 900 €/ habitant
Taux de chômage (2020) : 3,8 %
Taux d’inflation (2020) : 1,35 % (prévisions 2021 : 2,75%)
Déficit public (2020) : 6,3 % du PIB
Dette publique (2020) : 54,4 % du PIB
Part des secteurs d’activités :

  • agriculture : 1,9 %
  • industrie : 20 %
  • services : 78,2 %

Avec un PIB par habitant supérieur d’un tiers à la moyenne européenne, les Pays-Bas sont le 5e pays le plus riche de l’UE. La crise sanitaire a cependant freiné son cycle de forte croissance, avec une contraction du PIB de 3,7 % en 2020. Alors que les Pays-Bas connaissaient le plein emploi depuis plusieurs années (chômage à 2,9 % avant la crise et taux d’emploi parmi les plus élevés d’Europe), le taux de chômage progresse désormais rapidement.

Les Pays-Bas restent cependant un acteur de premier plan du commerce mondial et de l’industrie, et les points forts de l’économie néerlandaise concernent l’agroalimentaire, la distribution, la chimie/pharmacie, l’électronique, les produits pétroliers, la logistique et le transport, et les services financiers. Le gouvernement néerlandais investit ainsi dans ce qu’il a défini comme les neuf secteurs clés de l’économie néerlandaises : la haute technologie, la gestion de l’eau, la chimie, l’énergie, l’industrie créative, l’agroalimentaire, l’horticulture, la santé et les sciences, et la logistique.

Les Pays-Bas jouent un rôle très important comme plateforme d’échange de l’UE avec le reste du monde, grâce au port de Rotterdam notamment, plus grand port du continent. L’Union européenne est de loin le partenaire commercial principal des Pays-Bas, dont les échanges commerciaux avec les États-Unis et la Chine sont également très dynamiques. Les échanges sont traditionnellement déficitaires avec la Chine et les États-Unis, et excédentaires avec les pays de l’UE, excédent alimenté pour une part importante par les activités de transit. En 2019, l’UE a ainsi représenté 63 % des échanges, et 70 % des exportations, composées pour plus de la moitié de réexports.

Les échanges de biens néerlandais sont intensifs dans le secteur des machines et des matériels de transport (principal poste à l’export comme à l’import). Ceux de la chimie et de l’agroalimentaire ne représentent ainsi qu’un peu plus du quart des échanges de biens, mais ce sont eux qui dégagent l’essentiel de l’excédent commercial néerlandais. En termes de commerce extérieur, les points forts de l’économie néerlandaise concernent ainsi les produits chimiques et produits connexes, et les produits alimentaires et animaux vivants.

Consulter la fiche pays économique Pays-Bas sur le site du Trésor

Présence française

Communauté française : 24 404 inscrits
Communauté néerlandaise en France : 60 000 pers.
Consulat général : Amsterdam (consuls honoraires : Middelburg, Bois-le-Duc, Groningue, Maastricht, Nimègue, Rotterdam, Utrecht, Aruba, Curaçao et Saint-Martin).

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Les Pays-Bas sont une monarchie constitutionnelle de longue tradition parlementaire. Le 30 avril 2013, la Reine Béatrix, cheffe d’État des Pays-Bas depuis 1980, a abdiqué en faveur de son fils, Willem-Alexander.

Le Parlement néerlandais se compose de deux chambres. La Première Chambre (Eerste Kamer, chambre haute ou Sénat) compte 75 membres, élus au suffrage universel indirect par les douze provinces du royaume pour quatre ans. Son rôle dans le vote de la loi est restreint par rapport à celui de la Deuxième Chambre (Tweede Kamer, chambre basse) qui lui transmet après approbation les projets. Elle peut approuver ou rejeter un texte mais sans y apporter d’amendement. La Deuxième Chambre compte 150 députés élus au suffrage universel direct à la proportionnelle intégrale sur des listes nationales, pour un mandat de quatre ans. Ce mode de scrutin rend systématique la constitution de gouvernements de coalition.

Mark Rutte et le VVD dirigent les Pays-Bas depuis 2010. Les élections législatives de 2017 avaient déjà été marquées par un fort éparpillement des voix, compliquant la formation de la nouvelle coalition. Les négociations avaient conduit à la formation du gouvernement Rutte III, alliant le parti libéral VVD, les chrétien-démocrates du CDA, les centristes du D66 et les conservateurs chrétiens de ChristenUnie. Cet accord de coalition marquait un virage à droite dans la politique du gouvernement.

Contraint de démissionner en janvier 2020 suite à l’affaire dite « des allocations familiales » où de nombreuses familles avaient perdu, à tort, le bénéfice des allocations familiales, le gouvernement Rutte III assurait jusqu’à mi-décembre 2021 la gestion des affaires courantes. Les dernières élections législatives qui se sont tenues les 15 et 17 mars 2021 ont donné Mark Rutte vainqueur avec 22% des voix, suivi du D66 de Sigrid Kaag avec 14,8% des voix. Le 15 décembre 2021, après 271 jours de tractations, les quatre mêmes partis sont parvenus à un accord de coalition et, dans la lignée des élections de mars 2021, le D66 y gagne en visibilité et influence : il hérite de deux ministères régaliens (l’économie et la défense) et pèse sur la ligne gouvernementale, désormais plus expansionniste pour favoriser la reprise de l’économie après la crise sanitaire. Des milliards d’euros d’investissements sont ainsi prévus dans les secteurs de l’éducation, la défense et du logement. La lutte contre le réchauffement climatique est, par ailleurs, l’un des piliers de l’accord avec le projet de construire deux nouvelles centrales SMR et de limiter la production d’azote. L’accord est également marqué par la volonté des Pays-Bas de jouer un plus grand rôle au sein de l’Union européenne et d’en faire une instance « plus décisive, plus forte économiquement, plus verte et plus sûre ».

Situation économique

Fortement dépendants du commerce international (5e exportateur mondial en raison notamment des importantes réexpéditions de biens), les Pays-Bas ont subi de plein fouet la crise économique et financière. Les réformes structurelles et la politique de consolidation budgétaire mises en œuvre par le gouvernement depuis octobre 2012 ont permis au pays de renouer avec la croissance, qui atteint 2,9 % du PIB en 2017. Le budget est en excédent en 2017 (1,1 %) pour un ratio de dette publique s’établissant à 56 % du PIB. La politique de relance de gouvernement s’est traduite par un allègement fiscal (notamment sur le travail) de 5 Md€ en 2016 ainsi que, en 2017, par des mesures fiscales (sous forme d’allocations sociales et d’avantages fiscaux) à hauteur de 1,1 Md€ et des dépenses supplémentaires de 1,5 Md€. Le taux de chômage est en baisse et s’établit à 3,6 % en 2017.

Politique étrangère

La politique étrangère des Pays-Bas est caractérisée par un attachement au multilatéralisme (ils sont partenaires de l’Alliance pour le multilatéralisme) renforcé par la pandémie de Covid-19, tout en appuyant les réformes de certaines institutions telles que l’OMC, l’OMS et l’OTAN. Très attachés au système de l’ONU, les Pays-Bas ont siégé en tant que membre non-permanent au Conseil de sécurité en 2018. Ils sont tournés vers le monde anglophone et résolument atlantistes, entretenant des liens privilégiés avec les États-Unis, tout en développant une relation commerciale substantielle avec la Russie et la Chine.

Sécurité et Opérations de maintien de la paix :

Dans le domaine de la sécurité et des opérations de maintien de la paix, les Pays-Bas sont actifs dans les enceintes internationales de lutte contre le terrorisme. Membres engagés de la Coalition internationale contre Daech, ils ont aussi exercé la co-présidence du GCTF (Global Counterterrorism Forum, fondé en 2011) entre 2015 et 2019, et participent à la mission de formation, de conseil et d’assistance à la lutte anti-terroriste « Resolute Support », dirigée par l’OTAN en Afghanistan. Malgré leur retrait de la MINUSMA (Mission de maintien de la paix au Mali de l’ONU), à laquelle ils ont participé entre 2014 et 2019, le Sahel fait l’objet d’investissements renforcés de la part des Néerlandais (5 M € pour la force conjointe G5S, 4 M € pour le projet de Compagnie mobile de contrôle des frontières), et ils participent à la mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM Mali). Membres faiblement actifs dans la Task force Takuba, les Pays-Bas s’intéressent de près aux échéances à venir. L’appui néerlandais au Mali pourrait à l’avenir de se focaliser sur des aspects plus qualitatifs (formation notamment) sans augmenter sa contribution.

Membre de plein droit de l’Alliance Sahel, les Pays-Bas animent aux côtés de la Banque Africaine de Développement, le groupe transversal « climat », l’un des plus dynamiques de l’Alliance. On constate un renforcement de leur engagement dans la région, sur le plan bilatéral, avec l’ouverture d’ambassades à Ouagadougou (Burkina Faso) en 2019 et à Niamey (Niger) en 2020. Le Sahel, qui ne constituait pas une priorité des Pays-Bas, fait maintenant l’objet d’investissements renforcés en matière de sécurité et de stabilité, notamment afin de lutter contre le terrorisme et réduire les flux migratoires. Il fait partie des 4 régions de concentration de la coopération néerlandaise, et le montant de leur aide publique au développement croit. Les priorités sont :
i) l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles,
ii) le soutien à la croissance et à l’investissement,
iii) la sécurité alimentaire, le développement agricole, l’approvisionnement en eau et les énergies renouvelables,
iv) renforcement des capacités et de la légitimité des instances de sécurité.

Sur la scène internationale (Proche-Orient Libye, Haut-Karabagh), les Néerlandais soutiennent un rôle renforcé et unifié des Européens dans la résolution des conflits ainsi que pour la défense des droits de l’Homme (Chine, Turquie). Les Pays-Bas essaient également de contribuer à une relance du processus de paix israélo-palestinien.

Les Pays-Bas accueillent de nombreuses institutions judiciaires et juridiques internationales à La Haye, notamment le siège de la Cour permanente d’arbitrage, de la Cour internationale de justice (CIJ), ou encore la Cour pénale internationale, inaugurée le 11 mars 2003, et l’Académie de droit international. La Haye est également le siège de nombreuses ONG internationales, ainsi que de l’OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques), prix Nobel de la paix 2013. La ville accueille aussi les Offices européen et Benelux des brevets, ou encore certains services de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), entre autres.

Relations avec l’Union européenne

Membre fondateur de la Communauté européenne, les Pays-Bas ont été très impliqués dans la construction européenne. Malgré un scepticisme à l’égard du projet européen au cours des dernières années (rejet du Traité constitutionnel en juin 2005, percée du parti populiste d’extrême droite PVV, rejet par référendum d’initiative populaire de l’accord d’association avec l’Ukraine en avril 2016), on note un tournant dans les positions des élus et de l’opinion publique, en faveur du renforcement de la place de l’Europe sur la scène internationale. Cela ressort notamment de l’accord de coalition du gouvernement Rutte IV, où le gouvernement exprime clairement son ambition de devenir l’une des principales forces de l’Union européenne.

Les Pays-Bas se montrent ouverts à une modernisation du Pacte de stabilité et de croissance, ainsi que, si nécessaire, à une modification des traités à l’issue de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Leurs grandes priorités à l’échelle communautaire sont l’État de droit, l’autonomie stratégique et le climat. Ils entendent rendre l’Europe « plus décisive, plus forte économiquement, plus verte et plus sûre. ». Les Néerlandais sont d’autre part de fervents défenseurs d’une action européenne et internationale renforcée en matière de cybersécurité. S’agissant de la neutralité carbone, le nouvel accord de coalition insiste tout particulièrement sur les objectifs climatiques et les moyens d’y parvenir. Désireux d’aller au-delà l’objectif européen de baisse des émissions de GES à 55% en 2030, le gouvernement vise une baisse de 80% à l’horizon 2040 et la neutralité carbone en 2050.

Coopération au sein du Benelux

Une déclaration des trois pays en avril 2012 a formalisé le renforcement de leur coopération militaire. En février 2014, les trois ministres des Affaires étrangères ont signé à La Haye un nouveau traité sur la coopération transfrontalière et adopté le plan d’action 2014 du Benelux, qui met l’accent sur la mobilité professionnelle transfrontalière, la logistique et les transports, et la lutte contre la fraude. Une déclaration d’intention relative au développement d’une coopération plus étroite entre la France et les États de l’Union Benelux a été signée le 11 décembre 2018 à Bruxelles. Elle permet à la France et aux États de l’Union Benelux d’affirmer leur volonté de donner un nouvel élan à leur coopération transfrontalière, en particulier dans les domaines du développement économique, du développement durable, de l’innovation, du numérique et de la culture. Dans le cadre de la crise sanitaire, les pays se sont coordonnés notamment sur le volet de la mobilité, appelant à une coordination poussée.

Mise à jour : 20.01.22

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