Présentation du Paraguay
Présentation du pays

Données générales
Nom officiel : République du Paraguay
Nature du régime : régime parlementaire
Chef de l’Etat et/ou du gouvernement : Santiago Peña Palacios (depuis le 15 août 2023)
Données géographiques
Superficie : 406 750 km²
Capitale : Assomption (464.180 habitants)
Villes principales : Ciudad del Este (396.000 habitants), San Lorenzo (227.900 habitants), Luque, Capiata, Lambaré
Langues officielles et courantes : espagnol et guarani
Monnaie : Guarani (1 € = 7743 Guaranis au 01/02/2026), code international : PYG
Fête nationale : 15 mai (jour de l’indépendance 15 mai 1811)
Données démographiques
Population : 7.096.151 hab (2026)
Densité : 17,4 hab/km2
Croissance démographique : 1,15%
Espérance de vie : 74,8 ans
Taux d’alphabétisation : 94,9%
Religion : catholiques à 89,6%, évangéliques à 6,2%
Indice de développement humain : 0,731 soit le 103ème rang mondial
Éléments d’actualité
Politique intérieure
Santiago Peña Palacios (44 ans) a été investi président de la république du Paraguay le 15 août 2023. Il a succédé à Mario Abdo Benítez, membre comme lui du Partido Colorado, parti conservateur qui domine la vie politique du pays depuis le milieu du XXème siècle. Professeur d’économie, « Santi » Peña a travaillé au sein la Banque centrale du Paraguay et du FMI avant d’être nommé ministre des Finances (2015-2017) par le président Horacio Cartes (2013-2018). C’est un libéral convaincu qui prône la faible imposition et l’importance du travail au détriment des aides sociales. Il a endossé un positionnement conservateur sur les sujets sociétaux (anti-avortement, anti-LGBT), et a promulgué une loi le 15 novembre 2024 permettant à l’Etat de contrôler financièrement les ONG (locales comme internationales), agissant dans le pays.
Parmi les priorités du mandat de Peña se trouvent la poursuite d’une politique économique orthodoxe, la lutte contre la corruption (150e pays sur 182 au classement Transparency International 2025), l’amélioration des conditions sociales et la modernisation de l’Etat. Le pays a fait l’objet d’une évaluation positive dans le cadre du 4e cycle d’examens du GAFI (2019-2022) – le Paraguay avait été inscrit sur la liste grise du GAFI de 2008 à 2012. La maîtrise des finances publiques a permis au Paraguay d’être classé « investment grade » en 2024 et 2025 par Moody’s et de voir sa notation du risque souverain mesurée par l’OCDE être réhaussée. Cependant, en dépit de ses efforts pour faire avancer son cadre règlementaire, le pays reste marqué par un fort clientélisme et l’influence du politique sur le pouvoir judiciaire.
Politique étrangère
Depuis la chute d’Alfredo Stroessner en 1989, le pays a démontré une volonté d’intégration régionale, indispensable pour ce petit pays enclavé qui dépend de ses grands voisins, le Brésil pour ses échanges économiques et l’Argentine pour les débouchés fluviaux d’une grande partie de ses exportations. Le Paraguay est ainsi l’un des fondateurs du Mercosur et accueille le Tribunal permanent de révision de cette organisation. Il est membre du forum régional PROSUR. Il est président pro-tempore du Mercosur au premier semestre 2026.
Les derniers gouvernements ont également déployé une diplomatie proactive au plan international. Le Paraguay a ratifié l’accord de Paris, il est devenu membre du Centre de développement de l’OCDE, organisation qu’il souhaite activement rejoindre, à terme. Assurément ancré dans le camp nord-américain, soutien à l’Ukraine, très proche des Etats-Unis et fort soutien à Israël (réouverture de l’ambassade à Jérusalem le 11 décembre 2024), le Paraguay cultive une approche très conservatrice sur les questions de société notamment celles relatives aux droits des minorités sexuelles, des questions de genre et de santé reproductive, se voulant le rempart contre tout ce qui peut menacer les « valeurs chrétiennes occidentales » (avortement, droits pour les LGBTQ+), comme réaffirmé lors de la conférence de l’action politique conservatrice (CPAC) à Asuncion les 16 et 17 septembre 2025. L’autre dimension de leur diplomatie est la promotion de leurs exportations, essentiellement agricoles, vers de nouveaux marchés en Asie (Corée, Taïwan, Singapour, Japon, Inde) et en Amérique du Nord (Canada, USA), en attendant la mise en œuvre de l’accord UE/Mercosur, qu’ils soutiennent sans faille et souhaitent ratifier rapidement.
Le Paraguay demeure le seul pays d’Amérique du Sud à entretenir des relations diplomatiques avec Taïwan. Malgré des liens commerciaux importants avec la Chine (2e partenaire commercial du pays derrière le Brésil), le nouveau président a réaffirmé cette option de politique étrangère.
Si la relation avec les Etats-Unis est épisodiquement marquée par un irritant lié à l’ancien président Horacio Cartes (déclaré « corrompu » par le Département d’Etat, interdit d’accès du territoire étatsunien et dont les actifs ont été gelé par l’Office of Foreign Assets Control en application de la loi Magnitsky), elle est traditionnellement bonne, s’étant renforcée sous le mandat Biden (lutte contre le crime organisé, inscription du Hamas et du Hezbollah en 2019 sur la liste des organisations terroristes) et s’alignant idéologiquement avec le gouvernement Trump II, ce qui a permis la levée de certaines sanctions contre H. Cartes le 6 octobre 2025. Le pays a soutenu au CNSU le 5 janvier et devant l’OEA le 6 l’intervention américaine au Venezuela (tout en appelant au rétablissement de la démocratie et à la libération des prisonniers politiques) ; le pays a également intégré le Board of peace de D. Trump dès son inauguration le 22 janvier 2026.
La relation est complexe et délicate avec le Brésil, qui pèse sur l’économie et la politique paraguayennes. 7 % de la population du Paraguay est brésilienne (les « Brasiguayos »), et l’économie paraguayenne dépend beaucoup de son voisin. Le Paraguay exporte au Brésil 85 % de l’électricité qu’il reçoit de la binationale hydroélectrique d’Itaipú. En juin 2024, la négociation du tarif du rachat de la production électrique a été très bénéfique pour le Paraguay.
Sur l’Ukraine, le Paraguay a condamné l’agression russe, au plus haut niveau et de manière répétée, en votant pour les résolutions pertinentes aux Nations Unies, mais s’est abstenu lors de la résolution de l’AGNU du 24 février 2025 sur la promotion d’un paix globale juste et durable en Ukraine.
Concernant la relation avec l’UE, le Paraguay est le deuxième récipiendaire après la Bolivie de l’aide européenne en Amérique du Sud pour la période 2021-2027 (180 M EUR, pour l’éducation, la protection sociale, la croissance soutenable, et la promotion des droits de l’Homme), et a bénéficié également des programmes régionaux et thématiques de l’ICD (Instrument de financement de la coopération au développement - 2,5 Mds EUR pour la région Amérique latine pour la période 2014-2020). Des parlementaires paraguayens ont cependant tenté de révoquer en 2023 l’accord de financement noué en 2020 avec l’UE (programme d’appui à la transformation du système éducatif au Paraguay), doté de 38 M EUR sur 4 ans (2020-2023), sous la pression de divers groupes « pro-familles ».
Au niveau multilatéral, les principaux points de divergence portent sur le traité d’interdiction des armes nucléaires, que le Paraguay a signé en 2017 et ratifié dès 2020, et sur les sujets sociétaux. Par ailleurs, le Paraguay ne soutient pas l’initiative franco-mexicaine à l’ONU d’encadrement du véto en cas d’atrocités de masse.
Situation économique
S’il demeure l’un des pays les plus pauvres d’Amérique du Sud (PIB par habitant de 6 799 USD en 2025), le Paraguay est l’une des économies les plus ouvertes et dynamiques de la région, avec une croissance moyenne de 4 % par an, une monnaie stable, une inflation sous contrôle (environ 3 à 4 % par an) et une dette publique faible (41 % du PIB en 2025, mais composée à 80% de dette externe). La loi sur la responsabilité fiscale de 2013 impose un plafond de déficit public à 1,5% du PIB ; ce dernier, après avoir atteint 7% pendant le COVID, est passé de 4,1 en 2023 à 2% en 2025.
L’activité économique du pays repose principalement sur l’agro-industrie et la production d’hydro-électricité propre et renouvelable, grâce aux barrages binationaux d’Itaipú (frontière avec le Brésil) et Yacyretá (frontière avec l’Argentine). La Chine est le 1er fournisseur du pays, devant le Brésil et l’Argentine.
Les principales exportations du Paraguay sont l’électricité, le soja (3ème rang mondial) le maïs et la viande bovine (5ème rang mondial), en direction : du Brésil (3,67 Md USD), de l’Argentine (1,91 Md USD) et du Chili (1,16 Md USD). Les importations sont constituées par le pétrole raffiné, les matériels de communication, les automobiles, les pesticides et le matériel informatique, en provenance de Chine (4,23 Md USD), du Brésil (3,53 Md USD), des Etats-Unis (1,7 Md USD) et d’Argentine (1,23 Md USD).
Mise à jour : 20.02.26
Informations complémentaires
- Instantanés diplomatiques
- Documents de référence
- Les Français et l’étranger