Relations bilatérales

Relations politiques et principales visites

La France a été désignée comme un partenaire stratégique de la Norvège, dans le récent livre blanc sur la politique étrangère et de sécurité, aux côtés de l’Allemagne, des Pays-Bas et du Royaume- Uni.

La France et la Norvège partagent les mêmes valeurs (promotion de la paix et de la démocratie, de l’état de droit, du respect des droits humains), les mêmes préoccupations sur la scène internationale (Russie/Ukraine ; processus de paix israélo-palestinien ; lutte contre la menace terroriste ; maîtrise des flux migratoires ; consolidation des États fragiles en Afrique subsaharienne ; climat, aide au développement) et accordent une grande attention aux opérations de maintien de la paix et au renforcement de l’efficacité de l’ONU.

La Norvège soutient les efforts français en matière de financements innovants (membre du Groupe pilote, elle applique la taxe de solidarité sur les billets d’avion et affecte par ailleurs une partie de sa taxe sur le CO2/kérosène à UNITAID). Elle est, avec nous, l’un des six membres fondateurs de l’initiative « diplomatie et santé mondiale ».

L’énergie et le climat sont au cœur de nos relations bilatérales. En effet, la Norvège est le premier fournisseur de gaz de la France et l’un de nos principaux fournisseurs de pétrole (après la Russie). Les entreprises françaises sont implantées dans le secteur des hydrocarbures en Norvège : en 2018, Total était, avec 103 licences, le deuxième producteur d’hydrocarbures en Norvège après la compagnie publique nationale Statoil, et Engie le deuxième acheteur de gaz norvégien avec 38 licences d’exploration et de production.

Très active sur les programmes environnementaux et de développement durable (SE4ALL, REDD+ pour les forêts, elle a promis une contribution de 200 M€ au fonds vert), ses engagements nationaux sont ambitieux : réduction de ses émissions de GES de 40 % à l’horizon 2030 ; neutralité carbone en 2050. Le Fonds souverain norvégien a annoncé qu’il allait se désinvestir des industries polluantes. La France a sollicité la mobilisation de l’argent de ce fonds pour le financement des objectifs de l’Accord de Paris.

Même si l’on assiste depuis quelques années à une montée en puissance de la relation politique et stratégique bilatérale, la place de la France en Norvège reste en-deçà de ce qu’elle devrait être, la Norvège demeurant d’abord tournée vers l’Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni.

Parmi les dernières visites importantes, figurent notamment celles de Mme Solberg à Paris les 27 février et 6 juillet 2018, à l’occasion desquelles la Première ministre norvégienne s’est entretenue avec le président de la République Emmanuel Macron. Mme Solberg a participé aux cérémonies du centenaire de l’armistice de la 1e Guerre mondiale le 11 novembre 2018 et au Forum de Paris sur la paix. M. Le Drian a reçu à Paris Mme Søreide le 15 novembre 2018 et le 23 mai dernier. La reine Sonja de Norvège s’est par ailleurs rendue à Tours le 10 mars 2017 pour l’inauguration du centre de création contemporaine Olivier Debré en compagnie du président Hollande, et est revenue le 24 septembre 2018 à Rouen dans le cadre du centenaire des sections norvégiennes au sein de trois lycées français pour la signature de nouveaux accords bilatéraux de coopération, révisés et actualisés. La dernière visite officielle d’un chef d’État français en Norvège est celle de M. François Mitterrand en 1984.

Relations économiques

En 2018, les échanges de biens entre la France et la Norvège se sont améliorés à l’avantage de notre pays, avec une réduction du déficit bilatéral. Si ce déficit est structurel, il retrouve cette année son niveau de 2016, et n’est plus que le 19e déficit bilatéral français (contre le 13e en 2017). Cette amélioration est notamment due à une croissance des exportations françaises de 17,2 %, poussées par une forte augmentation des livraisons de matériels de transport. Les importations ont également diminué, grâce à une baisse de la valeur des importations d’hydrocarbures.

Nos relations sont étroites, en particulier dans le secteur énergétique qui demeure le premier pilier de l’économie norvégienne : présence de Total à Stavanger, premier investisseur étranger en Norvège depuis près de 50 ans ; achat de 40 % de notre gaz à la Norvège. Par ailleurs, nous sommes l’un des tout premiers acheteurs de saumon norvégien.

Des opportunités économiques pourraient voir le jour dans le secteur des transports, dans lequel la Norvège prévoit d’importants investissements. Enfin, le Fonds souverain norvégien (dit « Fonds pour les générations futures »), est aujourd’hui le cinquième investisseur institutionnel sur la place de Paris (47 Mds € investis tant dans des participations, dans des entreprises, que dans l’immobilier).

En 2017, les exportations françaises à destination de la Norvège, composées principalement de matériels de transport et de produits industriels, sont restées stables par rapport à 2016. En 2017, la France était le 11e fournisseur de la Norvège et son 5e client. Les importations françaises en provenance de Norvège ont augmenté de presque 15 % en 2016 par rapport à 2016. Cependant, la Norvège n’était que le 27e fournisseur de la France. Cette baisse était due à la chute des cours du pétrole, même si la baisse de la couronne norvégienne permettait au contraire de soutenir les autres acteurs à l’export.

On recense aujourd’hui la présence de 209 entreprises françaises en Norvège. Ces sociétés sont fortement implantées dans l’économie pétrolière (Total, Engie notamment) et dans les services pétroliers (Technip et Nexans). Total E&P Norge AS est la première société française et la 2e société pétrolière du pays après la compagnie norvégienne Statoil. Des entreprises françaises sont aussi présentes dans le commerce de gros d’autres machines et équipements (Schneider et Elektroscandia) ainsi que de bois et matériaux de construction (Optimera). Une centaine d’entreprises norvégiennes sont présentes en France en 2018, comme Yara (engrais industriels), Marine-Harvest (vente et transformation de produits de la mer) ou encore SAPA (aluminium embouti), le 1er employeur norvégien en France. Au total, aujourd’hui les entreprises norvégiennes emploient environ 4 500 personnes sur le territoire français.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Site de l’Institut français en Norvège : http://www.france.no/

Nos relations de coopération s’inscrivent dans un cadre institutionnel composé de trois accords : deux de type classique, signés en 1953 et en 1983, et un troisième signé en 1986 dans le cadre des accords gaziers de Troll. Notre dispositif de coopération se situe au premier rang des implantations étrangères en Norvège, avec quatre établissements : l’Institut français de Norvège à Oslo, son antenne à Stavanger, le lycée français René Cassin d’Oslo (conventionné AEFE, il scolarise environ 600 élèves dont près des deux tiers ont la nationalité norvégienne) et le lycée français de Stavanger. Nous disposons également de sections norvégiennes dans trois lycées français (à Rouen, Bayeux et Lyon), dont nos deux pays ont célébré le centième anniversaire en 2018.

La Norvège étant traditionnellement tournée vers le Royaume-Uni et les États-Unis, la coopération éducative et linguistique a pour vocation de soutenir l’enseignement du français en Norvège et de favoriser la connaissance de la langue et de la culture françaises dans une démarche de coopération avec les professionnels de l’éducation norvégiens. Le français est à la 3e place en langue vivante 2 (hors anglais), après l’espagnol et juste derrière l’allemand, avec 50 000 élèves qui étudient le français.

Le barrage de la langue limite les échanges scolaires et universitaires. La France est le 8e pays d’accueil des étudiants norvégiens (300 en 2017).

Nous sommes le seul pays européen à avoir signé avec la Norvège, en juillet 2008, un accord de coopération dans le domaine de la recherche scientifique et technique et de l’innovation, et l’un des rares à disposer d’un attaché scientifique. Le programme de formation d’ingénieurs norvégiens à l’Institut national des sciences appliquées de Toulouse (« NORGINSA »), en place depuis 1990, a été renouvelé jusque 2020.

Notre coopération repose, entre autres, sur deux piliers que sont le programme d’actions intégrées (PAI) « Aurora » et la Fondation franco-norvégienne pour la recherche scientifique et technique, créée en 1983 pour soutenir des recherches conjointes à court terme. Les Norvégiens ont exprimé la volonté de moderniser les accords relatifs à la fondation franco-norvégienne. Des réunions bilatérales ont permis de définir les objectifs d’un nouvel accord permettant de préserver les acquis tout en développant les coopérations dans le domaine de l’innovation. Il devrait s’agir d’un accord-cadre dont le champ serait élargi (coopération culturelle, éducative, universitaire, scientifique et de recherche).

Sur le plan artistique, l’Institut français de Norvège (IFN) coopère avec de nombreux opérateurs locaux, notamment les festivals qui occupent une place centrale dans la vie culturelle norvégienne : festival international de Bergen, festival Ibsen d’Oslo etc. Le cinéma tient également une place significative dans l’action du poste. L’IFN travaille en concertation régulière avec les instituts français des autres pays nordiques.

Au Svalbard, la France et l’Allemagne partagent deux bases scientifiques, destinées à la recherche en glaciologie, géologie et climatologie. Sur le plan européen, nous collaborons dans le cadre du programme-cadre de recherche et développement (PCRD) de l’UE. La France est au 5e rang des partenaires européens de la Norvège en nombre de projets déposés mais au 3e rang pour les projets retenus.

Mise à jour : août 2019

Informations complémentaires

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