Relations bilatérales

Relations politiques et principales visites

Relations bilatérales
La France a été désignée en 2012 comme un partenaire stratégique de la Norvège, dans le livre blanc sur la politique étrangère et de sécurité, aux côtés de l’Allemagne, des Pays- Bas et du Royaume- Uni.
La France et la Norvège partagent les mêmes valeurs (promotion de la paix et de la démocratie, de l’Etat de droit, du respect des droits de l’Homme, etc.), et les mêmes préoccupations sur la scène internationale (Russie ; processus de paix israélo-palestinien ; lutte contre la menace terroriste ; maîtrise des flux migratoires ; consolidation des Etats fragiles en Afrique subsaharienne ; climat, etc…).
Les positions de la Norvège sont proches des nôtres sur de nombreux dossiers internationaux : processus de paix au Proche-Orient, aide au développement, attention portée aux opérations de maintien de la paix et au renforcement de l’efficacité de l’ONU, Ukraine, etc. La Norvège soutient les efforts français en matière de financements innovants (membre du Groupe pilote, elle applique la taxe de solidarité sur les billets d’avion et affecte par ailleurs une partie de sa taxe sur le CO2/kérosène à UNITAID). Elle est, avec nous, l’un des six membres fondateurs de l’initiative « diplomatie et santé mondiale ».
L’énergie et le climat sont au cœur de nos relations bilatérales. En effet, la Norvège est le premier fournisseur de gaz de la France et l’un de nos principaux fournisseurs de pétrole (après la Russie). Les entreprises françaises sont implantées dans le secteur des hydrocarbures en Norvège : Total est, avec 103 licences, le deuxième producteur d’hydrocarbures en Norvège après la compagnie publique nationale Statoil ; GDF Suez est le deuxième acheteur de gaz norvégien et dispose pour sa part de 38 licences d’exploration et de production.

Très active sur les programmes environnementaux et de développement durable (SE4ALL, REDD+ pour les forêts, elle a promis une contribution de 200 M€ au fonds vert), ses engagements nationaux sont ambitieux : réduction de ses émissions de GES de 40% à l’horizon 2030 ; neutralité carbone en 2050. Le Fonds souverain norvégien a annoncé qu’il allait désinvestir des industries polluantes. La France a sollicité la mobilisation de l’argent de ce fond pour le financement des objectifs de l’Accord de Paris.

Même si l’on assiste depuis quelques années à une montée en puissance de la relation politique et stratégique bilatérale, la place de la France en Norvège reste en-deçà de ce qu’elle devrait être, la Norvège demeurant d’abord tournée vers l’Allemagne, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

La dernière visite officielle d’un chef d’Etat français en Norvège date de la venue de M. François Mitterrand en 1984. Toutefois, les relations politiques franco-norvégiennes ont connu, dans les années 90, un net regain, dû au souci des autorités d’Oslo de maintenir l’ancrage de la Norvège à l’Europe.
Les dernières visites importantes sont les suivantes : Le 22 septembre 2016, M. Harlem Désir, secrétaire d’État chargé des affaires européennes a reçu à Paris Mme Elisabeth Aspaker, ministre chargée de l’Espace Economique européen et des relations avec l’Union européenne. Le 15 janvier 2017, M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international s’est entretenu à Paris avec son homologue M. Børge Brende en marge de la conférence sur le PPPO. Le Premier ministre M. Bernard Cazeneuve a reçu son homologue Mme Erna Solberg le 31 janvier à Paris. Le Secrétaire d’Etat au développement et à la francophonie, M. Jean-Marie Le Guen, s’est rendu à Oslo les 23 et 24 février pour une conférence humanitaire internationale sur la région du lac Tchad, co-organisée par l’Allemagne et le Nigéria. Le 10 mars, sa Majesté la reine Sonja de Norvège s’est rendue à Tours pour l’inauguration du centre de création contemporaine Olivier Debré. Le 5 avril, M. Jean-Marc Ayrault, s’est de nouveau entretenu à Bruxelles avec son homologue en marge de la conférence sur la Syrie, et le 7 juin 2017, M. Le Drian a reçu à Paris M. Brende.

Relations économiques

La France et la Norvège ont des relations étroites dans le domaine économique, en particulier dans le secteur énergétique qui demeure le premier pilier de l’économie norvégienne : présence de Total à Stavanger, premier investisseur étranger en Norvège depuis près de 50 ans ; achat de 40% de notre gaz à la Norvège. Par ailleurs, nous sommes l’un des premiers acheteurs de saumon norvégien.

Des opportunités économiques pourraient voir le jour dans le secteur des transports, dans lequel la Norvège prévoit d’importants investissements. Enfin, le Fonds souverain norvégien (dit « Fonds pour les générations futures »), dont les actifs ont dépassé récemment les 1000 milliards d’euros, est aujourd’hui le deuxième investisseur institutionnel sur la place de Paris.
Les échanges franco-norvégiens restent dominés par les hydrocarbures et sont ainsi structurellement déficitaires pour la France (-1,8 Mrd en 2016 contre -1.5 Mrd € en 2015).

En 2016, les exportations françaises à destination de la Norvège, composées principalement de matériels de transport et de produits industriels, sont restées relativement stables par rapport à 2015 (+0.1%).En 2016, la France est le 9ème fournisseur de la Norvège et son 4ème client, classement inchangé par rapport à 2015. Les importations françaises en provenance de Norvège ont augmenté de presque 9% en 2016 par rapport à 2015. Cependant, la Norvège n’est que le 28ème fournisseur de la France, contre le 19ème deux ans auparavant. Cette baisse est due à la chute des cours du pétrole, même si la baisse de la couronne norvégienne permet au contraire de soutenir les autres acteurs à l’export.

En 2016, on recense la présence de 197 entreprises françaises en Norvège. Les sociétés françaises sont fortement implantées dans l’économie pétrolière (Total, Engie notamment) et dans les services
pétroliers (Technip et Nexans). Total E&P Norge AS est la première société française en Norvège et la 2ème société pétrolière du pays après la compagnie norvégienne Statoil. Des entreprises françaises sont aussi présentes dans le commerce de gros d’autres machines et équipements (Schneider et Elektroscandia) ainsi que de bois et matériaux de construction (Optimera). 93 entreprises norvégiennes sont présentes en France en 2016, comme Yara (engrais industriels), Marine-Harvest (vente et transformation de produits de la mer) ou encore SAPA (Aluminium embouti), le 1er employeur norvégien en France. Au total, aujourd’hui les entreprises norvégiennes emploient plus de 4 000 personnes sur le territoire français.

Coopération culturelle, scientifique et technique
http://www.france.no/

Nos relations de coopération s’inscrivent dans un cadre institutionnel composé de trois accords : deux de type classique, signés en 1953 et en 1983, et un troisième signé en 1986 dans le cadre des accords gaziers de Troll. Notre dispositif de coopération se situe au premier rang des implantations étrangères en Norvège, avec quatre établissements : l’Institut français de Norvège à Oslo, son antenne à Stavanger, le lycée français René Cassin d’Oslo et le lycée français de Stavanger.

La Norvège étant traditionnellement tournée vers le Royaume-Uni et les États-Unis, la coopération éducative et linguistique a pour vocation de soutenir l’enseignement du français en Norvège et de favoriser la connaissance de la langue et de la culture françaises dans une démarche de coopération avec les professionnels de l’éducation norvégiens. Le français est à la 3e place en langue vivante 2 (hors anglais), après l’espagnol et juste derrière l’allemand, avec 50 000 élèves qui étudient le français.

Nos deux principaux vecteurs d’influence sont, d’une part, les sections norvégiennes de trois lycées français (à Rouen, Bayeux et Lyon), dont nos deux pays célèbreront le centième anniversaire en 2018, et, d’autre part, l’école française d’Oslo René Cassin, conventionné AEFE, qui scolarise environ 600 élèves, dont près des deux tiers ont la nationalité norvégienne, et qui obtient d’excellents résultats pédagogiques.

Par ailleurs, la France est le 8e pays d’accueil des étudiants norvégiens (523 en 2013-2014).

Le programme de formation d’ingénieurs norvégiens à l’Institut national des sciences appliquées de Toulouse (« NORGINSA »), en place depuis 1990, a été renouvelé jusque 2020.
Sur le plan artistique, l’Institut français de Norvège (IFN) coopère avec de nombreux opérateurs locaux, notamment les festivals qui occupent une place centrale dans la vie culturelle norvégienne : festival international de Bergen, festival Ibsen d’Oslo etc. Le cinéma tient également une place significative dans l’action du poste. L’IFN travaille en concertation régulière avec les instituts français des autres pays nordiques.

Nous sommes ainsi le seul pays européen à avoir signé avec la Norvège, en juillet 2008, un accord de coopération dans le domaine de la recherche scientifique et technique et de l’innovation, et l’un des rares à disposer d’un attaché scientifique.

Notre coopération repose, entre autres, sur deux piliers que sont le programme d’actions intégrées (PAI) "Aurora" et la Fondation franco-norvégienne pour la recherche scientifique et technique, créée en 1983 pour soutenir des recherches conjointes à court terme. En septembre 2017, les norvégiens ont cependant exprimé la volonté de dénoncer les accords relatifs à la fondation franco-norvégienne.

Au Svalbard, la France et l’Allemagne partagent deux bases scientifiques, destinées à la recherche en glaciologie, géologie et climatologie. Sur le plan européen, nous collaborons dans le cadre du programme-cadre de recherche et développement (PCRD) de l’UE. La France est au 5e rang des partenaires européens de la Norvège en nombre de projets déposés mais au 3e rang pour les projets retenus./.

Mise à jour : 12.04.18

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