Relations bilatérales

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Relations politiques

La France et le Nigéria cherchent à développer leurs relations politiques. Outre le soutien de la France à la lutte contre le terrorisme dans la région du lac Tchad, dans le sillage du sommet de Paris (mai 2014), les relations bilatérales s’intensifient en particulier dans les domaines économiques et culturels. Le Nigéria, par son poids démographique, économique, culturel et politique, est un interlocuteur incontournable en Afrique.

Présence française

Site internet de l’ambassade : https://ng.ambafrance.org/-Francais-
Comptes Facebook : @Embassy.of.France.in.Nigeria et twitter : @FranceAbuja

Consulat de Lagos : https://ng.ambafrance.org/-Le-Consulat-General-de-France-a-Lagos-

Communauté française : 1 398 enregistrés (avril 2020)
Communauté nigériane en France : environ 10 000

Visites

En 2015, le président Muhammadu Buhari a effectué une visite officielle en France, au cours de laquelle il s’était entretenu avec le président François Hollande des sujets sécuritaires (lutte contre Boko-Haram, forum international de Dakar), économiques (conseil franco-nigérian pour le commerce et l’investissement, ouverture d’un bureau de Business France à Lagos, nouvelles conventions avec l’AFD) ou encore environnementaux (Cop21).

Le président de la République s’est rendu au Nigéria en juillet 2018. Il a d’abord rencontré M. Buhari, à Abuja, avec qui il a notamment évoqué les questions régionales, le G5 Sahel et la lutte anti-terroriste. Il s’est ensuite rendu à Lagos où il a visité la New Afrika Shrine, rendant ainsi hommage au patrimoine culturel africain et mettant en avant la création contemporaine nigériane, particulièrement foisonnante. L’inauguration de la nouvelle Alliance française de Lagos – Mike Adenuga Center a également permis de concrétiser un partenariat exemplaire avec la sphère privée nigériane au bénéfice du rayonnement culturel franco-nigérian. À l’occasion d’une rencontre avec plus de 1 500 jeunes entrepreneurs organisée par la fondation Tony Elumelu, le Président a pu préciser l’action de la France sur le soutien à l’entrepreneuriat africain et l’innovation. Il s’est également entretenu avec des hommes d’affaires nigérians, décidant avec eux de lancer un club d’investissement franco-nigérian. Enfin, la signature d’un partenariat entre l’Agence française de développement et la NBA Afrique au lycée français de Lagos a permis de donner corps à un des engagements du président lors de son discours de Ouagadougou (2017) : faire du sport un levier du développement en Afrique, au profit de la jeunesse africaine.

En juin 2019, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a participé au Democracy Day à Abuja. Cette fête commémore l’élection de Moshood Abiola en 1993 lors d’un scrutin démocratique annulé par l’armée. À cette occasion, le ministre s’est notamment entretenu avec Jean-Claude Brou, président de la Commission de la CÉDÉAO.

Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, s’est rendu à Lagos en décembre 2019.

Ambassadeurs

M. Jérôme Pasquier est ambassadeur au Nigéria depuis septembre 2018. Né le 10 avril 1957, diplomate de carrière, M. Pasquier est diplômé de l’École polytechnique et de l’École nationale d’administration.

Mme Modupe E. Irele est ambassadrice en France depuis juillet 2017. Professeure de carrière, elle a notamment enseigné à l’université d’État de Pennsylvanie.

Relations économiques

Le Nigéria est le premier partenaire commercial de la France en Afrique subsaharienne, et le 4e en Afrique derrière le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. En 2019, la valeur des échanges commerciaux entre les deux pays s’élève à 4,479 milliards d’euros. En 2018, le Nigéria était le 28e fournisseur de la France dans le monde. Inversement, le Nigéria était le 60e client de la France. De plus, avec un stock d’IDE de 9,4 milliards d’euros en 2018, la France est l’un des principaux investisseurs au Nigéria.

Les hydrocarbures naturels et autres produits des industries extractives représentent 97 % des exportations nigérianes vers la France en 2019. Elles constituent l’essentiel (3,9 Mds EUR) des échanges commerciaux entre nos deux pays. La France exporte vers le Nigéria des produits pharmaceutiques, des biens métallurgiques et métalliques, ainsi que des équipements mécaniques. L’industrie manufacturière reste depuis une décennie le principal poste d’exportation vers le Nigéria (98 % des flux en moyenne). Cependant, depuis une dizaine d’années, les exportations françaises vers le Nigéria régressent. La valeur des exportations françaises s’élève, en 2019, à 587 millions d’euros.

Coopération culturelle et scientifique

La culture est un axe de coopération particulièrement riche entre la France et le Nigéria. Le dispositif culturel français au Nigéria s’appuie sur l’Institut français du Nigéria, situé à Abuja, et sur un réseau de 10 Alliances françaises. L’Alliance française de Lagos a rencontré un franc succès depuis son inauguration par le président de la République. Elle organise des cours de français, héberge une galerie d’art, un auditorium d’une capacité de 120 places, une salle de cinéma et un théâtre de verdure, ainsi qu’un restaurant et une boulangerie. L’Alliance française de Lagos est devenue en quelques semaines un centre de référence artistique et culturel. Les industries culturelles et créatives (ICC) sont une priorité de l’action française au Nigéria. En 2019, deux événements sur ce thème se sont tenus en miroir à Lagos et à Paris : la première édition des journées franco-nigérianes du cinéma (Lagos) et la deuxième édition de la journée nigériane de la télévision (Paris).

En matière d’éducation, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger gère l’école française Marcel Pagnol d’Abuja et le lycée Louis Pasteur de Lagos, et est partenaire de l’école française Total de Port Harcourt. Le Fonds de solidarité pour les projets innovants (FSPI) permet de développer l’offre d’apprentissage du français dans l’enseignement supérieur nigérian. Le nombre d’apprenants du français dans le pays est en hausse constante. Enfin, les Alliances françaises dispensent de nombreux cours de français.

L’Institut français de recherche en Afrique (IFRA) d’Ibadan, qui dépend du CNRS, dirige des programmes de recherche en sciences sociales et humaines et accorde, sur ces programmes, des allocations et des subventions de recherche. Il anime, notamment, les projets Nigeria Watch et TransIslam.

Dans le champ du développement, l’Agence française de développement (AFD) met l’accent sur la diversification de l’économie du pays, la transition énergétique bas carbone et l’activité agricole durable et productive pour assurer la sécurité alimentaire. Depuis 2018, l’AFD intervient dans de nouveaux secteurs : enseignement supérieur, eau et assainissement, industries culturelles et créatives et numérique. Entre 2010 et 2018, l’AFD a financé 30 projets au Nigéria, pour un total de 1,5Md EUR d’engagements.

Coopération de sécurité et de défense et aide humanitaire

La coopération de sécurité et de défense a pour objectif de fournir un appui aux armées, à la marine et à la police nigérianes. La coopération militaire met l’accent sur l’enseignement du français afin d’apporter un soutien à la stratégie élaborée par le président Buhari, qui vise à disposer en 5 ans d’une majorité d’officiers capables d’interagir avec les armées des pays francophones de la sous-région. Le projet de sécurité maritime porte sur l’hydrographie, la plongée, la cybersécurité maritime, l’entretien de la flotte et les forces spéciales. Il permet d’élargir le champ de coopération avec la marine la plus puissante de la région. La coopération en matière de sécurité intérieure et de protection civile se concentre sur la sûreté aéroportuaire, la gestion démocratique des foules et la lutte contre le trafic de drogues.

La France soutient également la Force multinationale mixte (FMM) dans sa lutte contre Boko Haram, par la coopération dans le domaine du renseignement, et apporte son appui politique à la Commission du bassin du lac Tchad. La France fait ainsi partie du Groupe de soutien international (ISG) à la stratégie régionale de stabilisation (RSS) de l’Union africaine et de la Commission du Bassin du Lac Tchad.

Enfin, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères participe à l’action humanitaire et de stabilisation menée dans le bassin du lac Tchad. Son Centre de crise et de soutien (CDCS) alloue, en 2020, 3,7 M EUR de crédits humanitaires et finance des projets de stabilisation à hauteur de 4 M EUR dans les quatre pays du bassin du lac Tchad. Au Nigéria, le CDCS intervient principalement dans l’État du Borno, notamment dans les camps où se concentre la majorité des déplacés internes (Maiduguri, Monguno). En 2018, lors de la conférence de haut niveau sur le lac Tchad ( « Oslo 2 »), la France s’est engagée à soutenir des actions humanitaires et de stabilisation dans la région du lac Tchad, pour une valeur de 152 M EUR, dont 100 M EUR pris en charge par l’AFD. Une partie des projets financés sont mis en œuvre au Nigéria.

Mise à jour 08.2020

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