Présentation du Nigéria

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Présentation du pays

NIGÉRIA {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République fédérale du Nigéria
Chef de l’État et du Gouvernement : Muhammadu Buhari (réélu le 23 février 2019)
Monnaie : naira (1 EUR = 460 NGN en janvier 2021)
Fête nationale : 1er octobre

Données géographiques

Superficie : 923 773 km²
Capitale : Abuja
Divisions administratives : 36 Etats fédérés
Langue officielle : anglais
Langues courantes : haoussa, yorouba, igbo, pidgin

Données démographiques

Population : 206 millions d’habitants, 410 millions en 2050 (prévisions du World Population Prospects, ONU). Pays le plus peuplé d’Afrique, et le 7e au monde.
Villes principales : Lagos (25 millions d’habitants), Ibadan (5,8 M), Kano (4,9 M), Benin City (2,6 M), Port Harcourt (2,3 M). Lagos est la 3e plus grande ville du monde, et la première d’Afrique.
Densité : 230,44 habitants / km² (France : 118)
Taux de croissance de la population : 2,6 % (Banque mondiale), équivalent à la moyenne africaine
Indice de fécondité : 5,3 enfants par femme
Espérance de vie : 55 ans
Âge médian : 18 ans.

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Le Nigéria est une République fédérale, constituée de 36 Etats auxquels il faut ajouter le Territoire de la capitale fédérale (FCT). La Constitution de la Quatrième République, adoptée en 1999, est tirée de celle de 1979, elle-même inspirée de la constitution des Etats-Unis d’Amérique. Le Président du Nigéria est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, tous les quatre ans. Les électeurs nigérians élisent en même temps les membres de l’Assemblée nationale (NASS), composée d’une chambre haute, le Sénat, et d’une chambre basse, la Chambre des représentants. Le Sénat compte 109 sénateurs, à raison de trois par Etat, et 360 représentants siègent à la Chambre. Les représentants sont élus au sein de circonscriptions, dont le nombre varie selon les Etats. Lagos compte ainsi 24 députés, tandis que le petit Etat de Bayelsa n’en élit que cinq. Les gouverneurs des Etats, qui jouent un rôle particulièrement important au Nigéria, sont élus tous les quatre ans selon le même mode de scrutin que le Président. Ils soumettent les actes qui relèvent de leurs compétences à l’Assemblée de l’Etat (House of Assembly). En dessous de l’échelon fédéré, les Local Government Areas (LGA) disposent de leur propre pouvoir exécutif, ainsi que d’une assemblée. Les LGA, les Etats fédérés et le gouvernement fédéral forment les trois « tiers » de l’Etat nigérian.

Depuis la mort de Sani Abacha (8 juin 1998), qui a marqué la fin de la dictature militaire, le Nigéria était gouverné par le People’s Democratic Party (PDP). Trois chefs d’Etat ont été élus sous ses couleurs : Olusegun Obasanjo (1999-2007), Umaru Yar’Adua (2007-2010) et Goodluck Jonathan (2010-2015). Le président Buhari, a quant à lui été élu, en mars 2015, avec le soutien de l’All Progressive’s Congress (APC), coalition créée en 2013. Son programme reposait sur les axes suivants : la relance de l’économie et la diminution de la pauvreté, la lutte contre l’insécurité, et la lutte contre la corruption. Il a été réélu le 23 février 2019 sur les mêmes thèmes avec 55,6 % des suffrages et un taux de participation historiquement bas (35,6 %). Son principal opposant était Atiku Abubakar, candidat du PDP et vice-président d’O. Obasanjo, de 1999 à 2007. L’APC détient la majorité dans les deux assemblées et contrôle 19 des 36 Etats.

En octobre 2020, le pays a été parcouru par un mouvement de protestation de la jeunesse contre les violences policières (#EndSARS), qui a pris fin brutalement dans un contexte de violences exacerbées. Il s’est agi des plus importantes manifestations depuis les grandes grèves du milieu des années 1990 en faveur de la démocratie.

Sur le plan sécuritaire, le Nigéria fait face à plusieurs défis. Dans le Nord-Est du pays (Etat de Borno en particulier), le groupe terroriste Boko Haram est actif depuis 2009. Les opérations entreprises par l’armée nigériane, avec le soutien des armées de la Force multinationale mixte (créée en 2015 avec le soutien de la France) ont permis de reprendre l’avantage sur les terroristes. Depuis l’été 2018, les différentes factions de Boko Haram font néanmoins preuve d’un dynamisme inquiétant, multipliant les attaques contre les forces de défense et de sécurité et les civils. La Middle Belt, région centrale du Nigéria, est le théâtre d’affrontements intercommunautaires et agropastoraux, tout comme le Nord-Ouest du pays (Etats de Zamfara, Sokoto, Katsina), où les populations civiles sont la cible d’attaques répétées de bandes organisées.

Politique étrangère

Le Nigéria a occupé la présidence de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont le siège est à Abuja, jusqu’en juin 2019. L’accord d’adhésion du Nigéria à la Zone de libre-échange continentale de l’Union africaine (ZLECAf), a été signé le 7 juillet 2019. En revanche la conclusion de l’Accord de partenariat économique régional Afrique de l’Ouest (CEDEAO + Mauritanie) avec l’Union européenne reste suspendue à l’accord du Nigéria.

Le Nigéria est membre de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT), l’une des plus anciennes institutions régionales africaine (créée en 1964 et basée à Ndjamena). Cette organisation est le cadre politique de la force multinationale mixte (FMM) de lutte contre Boko Haram créée en 2015.

Engagé en faveur du maintien de la paix depuis les années 1960, le Nigéria était autrefois l’un des plus importants contributeurs de troupes aux opérations de maintien de la paix (OMP) des Nations unies. Au tournant du XXIe siècle, le Nigéria envoyait des contingents au Libéria et en Sierra Leone, dans le cadre de la mission ECOMOG de la CÉDÉAO. La présidence nigériane s’est également impliquée dans la résolution diplomatique de la crise post-électorale ivoirienne. Le président Buhari a participé, en juillet 2020, à la médiation de la CÉDÉAO au Mali. En juin 2020, 300 policiers et militaires nigérians participent à des opérations de maintien de la paix, principalement à la MINUSMA.

Enfin, le Nigéria exerce une influence importante sur son environnement régional grâce à son poids démographique et économique et l’importance de sa diaspora (estimée à 17 millions de personnes dans le monde), sans oublier la puissance financière de ses banques et le rayonnement de sa production audiovisuelle (deuxième producteur de films au monde).

Situation économique

PIB (2019) : 448,12 mds USD
PIB par habitant (2019) : 2 230 USD
Taux de croissance : 2,2 % en 2019 ; - 4,3 % en 2020 ; 2,1 % en 2021 (prévisions FMI)
Taux d’inflation (2019) : 11,4 % (FMI). Près de 15 % en décembre 2020.
Principaux clients : Inde (16,7 %), Espagne (11 %), Pays-Bas (8 %)
Principaux fournisseurs : Chine (30 % des parts de marché), USA (9 %), Pays-Bas (8 %)
Part des secteurs d’activités dans le PIB : 53 % du PIB pour les services ; 25 % pour l’agriculture ; 22 % pour l’industrie (secteur transversal des hydrocarbures : 10 %)
Transferts de la diaspora : 6 % du PIB (10 fois plus que les investissements étrangers) soit 21 mds USD en 2020.
Production pétrolière : 2M barils/jour, premier producteur africain. Le pétrole représente 57 % des revenus de l’Etat fédéral et les hydrocarbures 95 % des exportations.
Taux directeur de la Banque centrale : 12,5 % (taux directeur en EUR : < 0 %)
Taux de chômage officiel : 33,5 %. 14,5 % à Lagos, 38 % dans l’Etat d’Akwa-Ibom (max.)
Poids du secteur informel : > à 50 % du PIB

Le Nigéria est la première économie d’Afrique subsaharienne. Son PIB représente, en 2019, 25 % de celui du continent et 66 % de celui de la CEDEAO.

Le Nigéria se place au 26e rang du classement mondial de 192 pays, entre l’Argentine et l’Autriche, devant l’Afrique du Sud (37e avec un PIB de 351,43 Mds USD) et l’Égypte (40e).

Après une décennie de prospérité (entre 6 et 10 % de croissance), l’économie nigériane est entrée dans une phase de crise à partir de 2014, causée par la chute des cours du pétrole. Alors qu’elle retrouvait lentement le chemin de la croissance, elle a été durement touchée par la contraction des échanges commerciaux et la chute des cours du pétrole provoquées par l’épidémie de Covid-19. Le FMI prévoit, pour 2020, une récession de 4,3 % du PIB. Si elle reste maîtrisée, la dette a augmenté de 6 points entre 2019 et 2020, passant de 29 à 35 % du PIB. Compte tenu de la dépendance de l’économie nigériane au secteur pétrolier (95 % des exportations, 60 % des recettes publiques), l’économie nigériane devrait néanmoins se remettre de cette crise en 2021, dans un contexte de remontée des cours du pétrole. Le Nigéria est, en effet, le premier producteur de pétrole du continent africain et le treizième au niveau mondial.

Les inégalités au sein de la population nigériane demeurent très marquées. Si le Nigéria compte quatre milliardaires en dollars (Forbes 2019) et 29 500 millionnaires, 40 % de la population vit avec moins de deux dollars par jour. La classe moyenne, qui a bénéficié du développement des secteurs secondaire et tertiaire, représenterait près de 20 % de la population (Banque mondiale, 2015).

L’indice de développement humain est en augmentation depuis le début du millénaire et atteint 0,51 point sur une échelle de 1. Le président Muhammadu Buhari a fait de la lutte contre la pauvreté une de ses priorités, s’engageant à sortir 100 millions de nigérians de la pauvreté en 10 ans.

Malgré sa faible diversification, l’économie nigériane a de nombreux atouts. Première économie du continent depuis 2014, son PIB de 450 milliards d’euros en 2019 représente soit 66 % de celui de la CEDEAO. La richesse produite chaque année dans l’Etat de Lagos est supérieure aux PIB cumulés de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Cameroun. Son secteur bancaire est le deuxième du continent, derrière l’Afrique du Sud et constitue l’un des principaux moteurs de l’économie nigériane. L’industrie cinématographique – Nollywood est le deuxième producteur de films après Bollywood – et le secteur numérique sont en plein essor. Dans le secteur maritime, plusieurs grands projets sont en cours afin de désengorger les deux principaux ports du pays, Apapa et Tincan Island, tous deux situés à Lagos. Enfin, le Nigéria est un géant agricole (premier producteur de manioc et d’igname, 4e cheptel d’Afrique) et offre de nombreuses opportunités aux investisseurs étrangers dans les domaines de la transformation et de la distribution.

Mise à jour : 22.02.21

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