Présentation du Mozambique

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Présentation du pays

MOZAMBIQUE {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République du Mozambique
Nature du régime : régime présidentiel, multipartisme
Chef de l’État : Filipe NYUSI (investi le 15 janvier 2015, réélu le 15 octobre 2019)

Données géographiques

Superficie : 782 574 km²
Capitale : Maputo
Villes principales : Beira, Nampula, Quelimane, Pemba, Nacala, Tete, Chimoio, Maxixe, Matola, Angoche
Langue officielle : portugais.
Monnaie : metical (MZN) : 1 euro = 69,8 meticais (02/2020)
Fête nationale : 25 juin (Indépendance en 1975)

Données démographiques

Population (2019) : 30,4 millions d’habitants
Densité (2019) : 38,8 habitants/km²
Croissance démographique : + 2,6 % par an
Espérance de vie (Banque mondiale, 2019) : 55,6 ans
Taux d’alphabétisation (PNUD, 2006-2016) : 50,6 % pour les adultes de 15 ans et plus, 56,5 % pour les jeunes de sexe féminin entre 15 et 24 ans et 79,8 % pour les jeunes de sexe masculin entre 15 et 24 ans
Religions : christianisme (56,1 %, dont catholicisme : 28,4 %), islam (17,9 %), animisme (17,8 %), sans religion (8,2 %)
Indice de développement humain (PNUD, 2018) : 180e sur 189

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Ancienne colonie portugaise, le Mozambique est indépendant depuis le 25 juin 1975. Après 16 années (1977-92) de guerre civile entre le Frelimo (Front de libération du Mozambique), d’obédience marxiste, au pouvoir, et la Renamo (Résistance nationale mozambicaine), soutenue par le régime d’apartheid sud-africain, les accords de paix de Rome (4 octobre 1992) ont ouvert une période de stabilité relative. Depuis, la vie politique est dominée par le Frelimo et deux partis d’opposition, la Renamo et le Mouvement démocratique du Mozambique (MDM, né en 2009 d’une scission de la Renamo).

Les dernières élections générales se sont tenues le 15 octobre 2019 et le Président Nyusi (Frelimo) a été réélu avec plus de 73 % des suffrages, devant Ossufo Momade, chef de l’opposition (Renamo). Le résultat de l’élection présidentielle a été confirmé le 23 décembre 2019 par le Conseil constitutionnel et le Président investi le 15 janvier 2020.

Le premier quinquennat du Président Filipe Nyusi (2015-2019) a été marqué par une série d’événements sécuritaires (attaques et massacres réguliers de civils dans la province de Cabo Delgado depuis 2017 par des insurgés d’obédience islamiste ; reprise dans la région du centre d’une guérilla armée commandée par une faction dissidente du principal parti de la Renamo), climatiques (sécheresse au sud ; inondations à répétition dans le centre et pluies diluviennes dans la région du nord ; passage meurtrier au printemps 2019 des deux cyclones Kenneth et Idai), économiques (chute des prix des matières exportées sur le marché international ; suspension de l’aide financière des bailleurs de fonds internationaux après l’éclatement de l’affaire des "dettes cachées" en 2016) et politiques (négociations de paix avec la RENAMO, élections locales en 2018 et générales en 2019, réforme de la décentralisation, climat latent de violence politique).

Entamées en juin 2016, les négociations de paix (deux volets : décentralisation et questions militaires) ont abouti le 1er août 2019 à la signature par le Président Nyusi et le leader de la Renamo, Ossufo Momade, d’un accord de cessation des hostilités (une trêve était déjà observée depuis fin 2016), suivi le 6 août 2019 par la signature d’un accord de paix et réconciliation. Cet accord de paix est le troisième depuis la fin de la guerre civile : les accords de 1992 et de 2014 avaient été dénoncés par la Renamo.
L’Union européenne, membre du groupe de contact international (présidence : ambassadeur de Suisse, co-présidence : ambassadeur des États-Unis, ambassadeurs du Botswana, de Chine, de la Norvège, du Royaume-Uni, chef de la délégation de l’UE), et ses États membres, ont soutenu le processus de paix et soutiendront sa mise en œuvre (60 M € prévus).

Par ailleurs, pour la première fois, le Mozambique est confronté au terrorisme islamique. Plusieurs centaines d’attaques ont été menées entre fin août 2017 et juillet 2019 dans le nord du pays (provinces à majorité musulmanes de Nampula et de Cabo Delgado) par un groupe mozambicain dépourvu de revendications politiques surnommé par la population locale « Al-Shabaab ».

Politique étrangère

Le Mozambique privilégie l’action dans le cadre de l’Union africaine (UA), s’efforçant de promouvoir les positions communes à l’ensemble du continent dans les négociations internationales, sans chercher à y occuper des positions d’influence. Le Mozambique a signé l’accord visant à mettre en place la Zone de libre-échange continentale en mars 2018, mais ne l’a pas encore ratifié.

Pragmatique, la diplomatie mozambicaine vise à attirer des investisseurs et à mobiliser les ressources internationales en faveur de son développement. Membre fondateur de la SADC, le Mozambique cherche à valoriser son positionnement géostratégique de débouché maritime des régions enclavées d’Afrique australe. Le Mozambique a signé en 2000 le statut de Rome créant la Cour pénale internationale (CPI), mais ne l’a pas ratifié. Pour autant, suite au sommet de l’UA d’Addis-Abeba fin janvier 2017, le Mozambique a pris position contre une sortie collective de la CPI. En 2018, le Mozambique a signé l’accord-cadre d’adhésion à l’Alliance solaire internationale et a ratifié l’Accord de Paris sur le climat.

Les relations avec l’Afrique du Sud sont essentielles (1er fournisseur, 2e client et 6e investisseur fin 2017), nourries par le voisinage, l’attraction économique et les relations des partis frères ANC (African National Congress) et Frelimo unis, avec d’autres partis de libération de l’Afrique australe, dans la lutte contre le régime d’Apartheid en Afrique du Sud.

Le Mozambique a renforcé sa coopération avec les États-Unis (1er bailleur de fonds bilatéral) et les pays de l’Union européenne (l’UE est le 3e bailleur de fonds après les États-Unis et la Banque mondiale, le 1er si l’on inclut les coopérations des États membres. Le 11e Fonds européen de développement prévoit 697 M € entre 2014 et 2020). Le Mozambique a adhéré le 4 février 2018 à l’accord de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne (UE) et les États de l’Afrique australe (SADC). Le Portugal, ex-puissance coloniale, reste aussi un partenaire important (4e investisseur et 3e créancier bilatéral du Mozambique fin 2017, coopération militaire, 25 000 ressortissants). Les pays des entreprises exploitant les concessions de gaz et de charbon dominent le classement des principaux investisseurs (États-Unis, France notamment).

Enfin, la Chine est devenue un partenaire économique majeur du Mozambique. Cependant, en sa qualité de 1er créancier bilatéral, elle est très exposée à la crise de la dette mozambicaine. Un accord de partenariat stratégique (mai 2016) et un accord de coopération militaire (19 décembre 2016) lient les deux pays.

Situation économique

Avec une population de 28 M d’habitants et un PIB/hab de 484 USD, le Mozambique figure parmi les pays les plus pauvres et les moins développés, se classant au 180e rang sur 189 en matière d’indice de développement humain avec une espérance de vie à la naissance de seulement 58 ans.

A partir de 2012, en lien avec les découvertes d’importants gisements, le Mozambique a régulièrement figuré parmi les six premiers récipiendaires d’investissements directs à l’étranger sur le continent africain. Aujourd’hui, cinq matières premières représentent 85 % des exportations. Toutefois, ces investissements ont été faiblement créateurs d’emplois et de valeur ajoutée, et leurs retombées fiscales ont été réduites par les exemptions octroyées. Le secteur agricole occupe ainsi toujours 80 % des actifs et représente 23 % du PIB. Enfin, les investisseurs se heurtent au déficit d’infrastructures (transport, énergie..) et à un cadre des affaires particulièrement difficile (135e/190 classement Doing Business 2019, en détérioration).

Dans le contexte particulier du surendettement, du scandale des dettes cachées, d’une croissance faible depuis 2016 et d’un déficit budgétaire structurel, le Mozambique conserve néanmoins des perspectives positives eu égard à ses immenses réserves de gaz et aux futures recettes fiscales.

Le Mozambique dispose d’importants atouts pour assurer sa croissance à long terme, grâce à ses gigantesques ressources : charbon, graphite, hydroélectricité, gaz, agriculture, produits de la pêche, etc. En effet, sans avoir encore exploré la totalité de son territoire, le Mozambique se prépare à devenir le 6e producteur mondial de gaz vers 2026, et probablement le quatrième à plus long terme, ce qui devrait lui permettre d’accéder au rang de pays à revenu intermédiaire.

Mise à jour : 19.02.20

Informations complémentaires