Relations bilatérales

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Relations politiques

La France est l’un des Etats les plus anciennement représentés à Chisinau. Les relations diplomatiques ont en effet été établies dès 1992. Cette relation a connu une nouvelle dynamique à la suite de la crise politique de juin 2019 quand le nouveau ministre des Affaires étrangères a été reçu à Paris par la secrétaire d’Etat chargée des Affaires européennes alors que deux gouvernements se faisaient encore face à face à Chisinau. La secrétaire d’Etat s’était ensuite rendue à Chisinau le 13 septembre 2019 afin d’apporter son soutien à ces développements positifs. La présidente Sandu s’est rendue en visite de travail à Paris en février 2021, effectuant ainsi la première visite bilatérale d’un chef d’Etat moldave en France en 24 ans. Cette visite avait permis de marquer le soutien de la France au programme de Maia Sandu, et de définir un agenda bilatéral ambitieux (renforcement de la contribution française à la mise en œuvre des politiques publiques et au développement durable en Moldavie via l’intervention de l’Agence française de développement, Expertise France et Proparco ; nouvelle impulsion à l’enseignement bilingue francophone en Moldavie).

Relations économiques

La France est le douzième client de la Moldavie et son neuvième fournisseur. Les échanges commerciaux entre les deux pays demeurent modestes mais connaissent une dynamique positive. Après avoir dépassé les 100 millions d’euros en 2018, ils ont atteint 119,8 millions d’euros en 2019. La France achète à la Moldavie principalement des produits agricoles et textiles. Elle occupe traditionnellement des solides positions dans le segment des produits agro-alimentaires, les machines (dont machines agricoles), les automobiles ainsi que les produits chimiques. Sur les quatre premiers mois de l’année 2020, l’excédent français est en forte hausse, en raison d’une hausse notable des exportations de produits agricoles et agro-alimentaires. .

La France figure au quatrième rang des pays investisseurs étrangers en Moldavie, comptant pour plus de 4000 emplois directs. De grandes entreprises françaises comme Orange, Lafarge, Veolia, Egis, Pentalog (services informatiques), Lactalis etc. figurent parmi les principaux acteurs économiques du pays et contribuent à sa croissance. D’autres investissements français sont attendus si le pays poursuit son chemin vers l’Etat de droit, l’adoption des normes européennes et l’amélioration du climat des affaires.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Les échanges culturels et l’enseignement de la langue française en Moldavie ont nourri de nombreuses générations de culture française. En dépit des conflits, des divisions, des ruptures qui ont marqué l’histoire de l’Europe au cours des siècles, les Moldaves ont su garder un lien spécial avec la France, sa culture et sa langue.

L’Alliance française de Moldavie a été inaugurée en décembre 1995 à Chisinau. Depuis 1996, la Moldavie est membre de l’Organisation internationale de la francophonie. En marge du dernier sommet de la Francophonie à Erevan en octobre 2018, la Moldavie a signé un pacte linguistique destiné à renforcer la place du français dans son système éducatif. Aujourd’hui, le français, enseigné en tant que langue étrangère en Moldavie, continue d’animer des classes entières d’élèves et d’étudiants, dans tout le pays, du primaire au supérieur. 40% des écoliers du secondaire apprennent le français. Avec près de 3500 élèves, l’Alliance française de Moldavie est l’une des plus importantes Alliances françaises d’Europe. Elle constitue un marqueur essentiel de la présence française en Moldavie.

Concernant la coopération décentralisée, de nombreux projets avec des villages moldaves sont menés pour l’amélioration des infrastructures notamment dans le traitement des déchets, l’assainissement des ressources en eau, la transition énergétique et la préservation/ promotion du patrimoine culturel.

Relations avec l’Union européenne

L’UE est le 1er partenaire commercial, le 1er investisseur étranger et le 1er donateur d’aide à la Moldavie. Le 1er septembre 2014, l’UE et la Moldavie ont signé un accord d’Association qui comprend un programme de réformes ainsi que la mise en œuvre d’une zone de libre-échange éliminant progressivement les droits de douane dans le commerce entre les deux parties. Parallèlement, la libéralisation des visas de court séjour, permettant aux Moldaves de circuler librement dans l’espace Schengen pour une période de trois mois, est effective depuis avril 2014.

Ces relations s’inscrivent dans le cadre du « Partenariat Oriental » qui structure la politique de voisinage de l’UE (PEV) à l’égard des pays d’Europe de l’est et du Caucase. La Moldavie est ainsi, parmi l’ensemble des partenaires de la PEV, le premier bénéficiaire per capita de l’aide versée par Bruxelles.

La visite de Maia Sandu le 18 janvier 2021 à Bruxelles et le 4 février à Paris, ainsi que la venue à Chisinau de Charles Michel le 28 février (accompagné du Président de la Banque européenne d’Investissement) ont confirmé l’évolution positive de la relation UE-Moldavie. L’annonce, le 2 juin 2021, d’un plan de relance économique pour la Moldavie par la commission européenne s’inscrit dans cette tendance. Ce plan prévoit des investissements publics et privés allant jusqu’à 600 millions d’euros entre 2021 et 2024 (approche « Equipe Europe »), autour de cinq piliers : i) amélioration de la gestion des finances publiques et la stabilité macroéconomique ; ii) soutien à une économie innovante et aux PMEs ; iii) investissement dans les infrastructures ; iv) renforcement de l’éducation et de l’emploi ; v) soutien à l’Etat de droit, la justice et lutte contre la corruption. La conditionnalité restera au cœur du plan (progrès attendus sur les réformes de la justice et de la lutte contre la corruption). Celui-ci devrait constituer l’un des projets phares du Partenariat oriental d’ici à 2025.

Dans le cadre de la crise sanitaire, l’UE a apporté une aide significative à la Moldavie. Outre la réorientation de fonds à hauteur de 87 millions d’euros pour aider à répondre aux besoins urgents, l’Union européenne accorde une aide d’urgence de 100 M€ dans le cadre de l’instrument d’assistance macro-financière (AMF). Pour l’accès aux vaccins, la Moldavie bénéficie de la facilité COVAX, pilier de l’initiative ACT-Accelerator, lancée par la France, l’Allemagne, l’UE et l’OMS.

Mise à jour : 20.08.21

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