Présentation de la Moldavie

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Données générales

MOLDAVIE {JPEG}

Nom officiel : République de Moldavie
Nature du régime : république parlementaire
Présidente de la République : Maia Sandu (décembre 2020)
Président du Parlement : Igor Grosu, président du Parti Action et Solidarité fondé par Maïa Sandu (juillet 2021)

Données géographiques

Superficie : 33 700 km²
Capitale : Chisinau (près de 820 000 habitants en 2017)
Villes principales : Tiraspol (148 000 habitants en 2012, « capitale » de la Transnistrie), Balti (145 000 habitants en 2015), Tighina (ou Bender, 100 000 habitants en 2012)
Langue officielle : roumain
Langue courante : roumain, russe
Monnaie : leu moldave (environ 1 euro = 20 lei)
Fête nationale : 27 août (jour de l’indépendance, acquise en 1991)
Population (recensement de 2014) : 3,5 millions d’habitants (2,6 millions de résidents)
Densité : 128 hab./km2
Espérance de vie (2017) : 71,7 ans
Taux d’alphabétisation : 99 %
Religion : population très majoritairement orthodoxe (90% au dernier recensement)
Indice de développement humain
(classement PNUD 2019) : 107ème rang sur 189

Données économiques
(sources : bureau national des statistiques moldave ; DG Trésor ; Banque mondiale, FMI)

PIB (2019) : 12 Mds USD
PIB par habitant PPA (2017) : 2290 USD (Banque mondiale)
Taux de croissance (2019) : + 3,4% (prévision FMI 2020 : -3 %)
Taux de chômage (2019) : 3 % (prévision FMI 2020 : 6%)
Taux d’inflation (2019) : 4,8 %
Solde budgétaire (2019) : - 1,5 % du PIB (prévision FMI 2020 -7,6%)
Balance commerciale (2017) : - 645 M USD (prévision FMI 2018 : -748 M USD)

Principaux clients (2019) : Roumanie, Italie, Allemagne, Russie
Exportations vers l’Union européenne (UE) : 68,8 % (2018)
Exportations vers la Communauté des Etats indépendants (CEI) : 15,4% (2018)
Principaux fournisseurs (2019) : Roumanie, Chine, Russie, Allemagne, Ukraine
Importations de l’UE : 49,4 % (2018)
Importations de la CEI : 25,1 % (2018)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (estimations 2019) :

  • Agriculture : 9,9%
  • Industrie : 22,8%
  • Services : 67,3%

Exportations de la France vers la Moldavie (2019) : 62 M€
Importations françaises depuis vers la Moldavie (2019) : 57,6 M€
Solde excédentaire de +3,8% (2019)

Présence française

Communauté française en Moldavie : 83 personnes inscrites au registre consulaire ; un peu plus d’une centaine de Français en comptant les non-inscrits.

Communauté moldave en France : environ 4000 personnes

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Dans un environnement régional instable, l’élection de Maïa Sandu le 15 novembre 2020 a suscité d’importantes attentes, après plusieurs années de dérives oligarchiques qui avaient contribué à faire du « meilleur élève » du Partenariat oriental un Etat capturé par des intérêts privés. Maïa Sandu s’est engagée à renverser cette tendance en remettant le pays sur la voie des réformes en faveur de l’Etat de droit et de la lutte contre la corruption, prévues par l’ambitieux accord d’association signé avec l’Union européenne en 2014.
Malgré sa victoire convaincante lors de l’élection présidentielle, M. Sandu ne disposait pas de majorité en sa faveur au parlement et a dû composer avec un gouvernement intérimaire, essentiellement constitué de partisans de son prédécesseur, Igor Dodon, désormais principal opposant.
La convocation d’élections législatives anticipées en juillet 2021 lui a permis d’obtenir une majorité qui la soutienne. Le 6 août, le nouveau Parlement a largement (61 voix sur 101) voté la confiance au gouvernement de la Première ministre, Natalia Gavrilita, malgré l’opposition de la coalition de l’ex-président Igor Dodon et du parti Shor.

Le pays est également marqué par la persistance d’un conflit gelé dans la région de Transnistrie, située sur la rive gauche du fleuve Dniestr/Nistru et majoritairement peuplée de russophones. Cette région a tenté de faire sécession de la Moldavie en 1990 et s’est autoproclamée indépendante à la suite d’un conflit violent en 1992 sous le nom de République moldave du Dniestr. Si cette dernière se donne toutes les apparences d’un Etat constitué, elle est en réalité une zone de non-droit, non-reconnue par la communauté internationale. Les combats ont certes cessé depuis 1992 mais un bataillon de l’armée russe y stationne toujours, malgré l’engagement pris par la Russie en 1999 de le retirer. La crise sanitaire a encore renforcé davantage les divisions entre les deux rives du Nistru. Alors que deux états d’urgence distincts ont été proclamés, les tracasseries administratives aux points de passage se sont multipliées. Les autorités de facto ont ainsi pris prétexte du contexte sanitaire pour installer près de 37 points de contrôle supplémentaires.

Des négociations en vue d’un règlement du conflit se tiennent sous l’égide de l’OSCE, dans un format dit « 5+2 », à savoir les deux parties litigieuses, trois médiateurs - OSCE, Russie, Ukraine - et deux observateurs - UE et Etats-Unis. Elles ont permis d’obtenir des avancées sur certains dossiers socio-économiques contribuant par-là à rapprocher les populations des deux rives. Néanmoins, elles n’ont jamais été en mesure d’amener les parties à s’engager sur une discussion du fond s’agissant du règlement politique du conflit et notamment de l’octroi d’un statut spécial à la Transnistrie dans le cadre d’une Moldavie réunifiée.

Au sud, la République de Moldavie est habitée par la communauté gagaouze, population turcophone orthodoxe fortement russifiée, qui bénéficie depuis 1994 d’un statut d’autonomie (Unité territoriale autonome de Gagaouzie – UTAG).

Situation économique

L’économie est traditionnellement agricole, cette spécialisation étant renforcée par la sécession de la Transnistrie, qui concentre l’essentiel de l’industrie lourde (métallurgie, ciment, textile). L’industrie reste dominée par l’agroalimentaire (25% de la production industrielle en 2016) et le textile.

La croissance est structurellement fondée sur la consommation, soutenue par les transferts de fonds des migrants. Le pays connaît une forte émigration, motivée par le faible niveau de vie. Le taux de chômage au sens du BIT a atteint 3% fin 2018. Le secteur privé représente 65% du PIB.

En 2020, la Moldavie a subi un recul très important de son activité - sous l’effet à la fois de la crise de la Covid 19 et d’une chute de la production agricole - attendu par la Banque mondiale, le FMI et la BERD à respectivement -7,2%, -4,5% et -5,5%. L’économie moldave devrait rebondir en 2021 : +4,1 % selon le FMI et +5 % selon la BERD. La diaspora moldave a apporté un soutien financier très significatif au pays. Les transferts de fonds en provenance de l’étranger à des particuliers moldaves, malgré un net recul en mars et avril 2020, se sont inscrits en hausse de 21,6% par rapport à 2019, à 1,5 Md USD (soit 13% du PIB nominal prévu par le FMI).

Depuis la signature de l’accord d’association avec l’UE en juin 2014, les exportations de la Moldavie vers l’ouest ne cessent d’augmenter, atteignant environ 70% du total des exportations du pays en 2018. Ce basculement de la balance commerciale a été encouragé par l’embargo imposé par la Russie en 2013, au départ sur les importations de vin moldave puis étendu à d’autres produits agricoles.

Le secteur bancaire a également été fragilisé par une importante opération de blanchiment d’argent sale entre 2012 et 2014, qui a abouti à la disparition de l’équivalent de 1 milliard de dollars dans trois grandes banques du pays, provoquant une chute de 0,5% du PIB en 2015 (après une croissance de 4,8% en 2014). Sous l’égide de l’UE et du FMI, la Moldavie a entrepris de nombreuses réformes structurelles pour renforcer la stabilité de son secteur financier, diversifier la structure de ses exportations et soutenir le développement des investissements étrangers.

Politique étrangère

La proximité géographique, historique, linguistique et culturelle explique les relations privilégiées avec la Roumanie. Les relations politiques bilatérales se sont renforcées avec l’accession au pouvoir en 2009 de la coalition de sensibilité pro-européenne. La Roumanie est traditionnellement le principal défenseur de la Moldavie auprès de l’UE en soutenant sa volonté d’y adhérer et reste le premier partenaire commercial du pays en 2019. Le président roumain Klaus Iohannis s’est rendu à Chisinau dès le mois de janvier 2021 afin d’apporter son soutien à la présidente Sandu. A cette occasion, il a notamment annoncé le don de 200 000 doses de vaccin contre la Covid-19.

La Moldavie entretient également de bonnes relations avec l’Ukraine. La présidente Sandu a effectué son premier déplacement à l’étranger à Kiev début janvier. Cette visite a permis de relancer le dialogue à haut niveau, interrompu en raison des positions pro-russes de l’ancien président Dodon. L’Ukraine est le troisième partenaire économique du pays (derrière la Roumanie et la Chine). Cette visite a souligné la proximité idéologique avec Volodymyr Zelensky et le souhait des deux pays de faire front commun pour promouvoir un rapprochement plus ambitieux avec l’Union européenne. L’Ukraine est par ailleurs médiatrice au sein du format « 5+2 ».

Les relations avec la Russie sont complexes en raison du poids historique, culturel et économique de cette dernière en Moldavie depuis plus de deux siècles et notamment du fait de son implication dans le conflit transnistrien. Les transferts d’argent des migrants depuis la Russie pèsent de manière importante dans le PIB moldave mais tendent à diminuer. L’élection d’Igor Dodon à la présidence en 2016 avait contribué à un rapprochement avec la Russie (levée partielle de certaines barrières commerciales, réduction prix du gaz). Les liens avec la Russie demeurent un facteur de clivage au sein de la classe politique moldave. Durant sa campagne et depuis son arrivée à la présidence, Maia Sandu a affiché son souhait d’une relation équilibrée et pragmatique avec Moscou. Outre les questions relatives au règlement du conflit transnistrien, la politique russe de Maia Sandu se concentrera sur la situation des travailleurs migrants en Russie (plus de 300 000) ainsi que sur la levée des restrictions aux importations russes de nombreux produits moldaves.

Dans le domaine de la défense, la Moldavie est membre du « Partenariat pour la paix » de l’OTAN depuis 1994. Une accentuation de la coopération a eu lieu en 2015 avec l’adoption d’un pacte d’assistance pour appuyer la Moldavie dans le renforcement et la modernisation de ses forces armées. Un nouveau bureau de liaison de l’OTAN a été ouvert à Chisinau en décembre 2017 La Moldavie reste très attachée à son statut de neutralité, garanti par sa constitution.

Mise à jour : 20.08.21

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