Présentation de la Moldavie

Données générales

MOLDAVIE {JPEG}

Nom officiel : République de Moldavie
Nature du régime : république parlementaire
Président de la République : Igor Dodon (novembre 2016)
Chef du gouvernement : Pavel Filip
Président du Parlement : Andrian Candu

Données géographiques

Superficie : 33 700 km²
Capitale : Chisinau (près de 820 000 habitants en 2017)
Villes principales : Tiraspol (148 000 habitants en 2012, « capitale » de la Transnistrie), Balti (145 000 habitants en 2015), Tighina (ou Bender, 100 000 habitants en 2012)
Langue officielle : roumain
Langue courante : roumain, russe
Monnaie : leu moldave (environ 1 euro = 20 lei)
Fête nationale : 27 août (jour de l’indépendance, acquise en 1991)

Données démographiques

Population (recensement de 2014) : 3,5 millions d’habitants dont Roumains (7%), Ukrainiens (6,6 %) ; Gagaouzes (4,6 %) Russes (4%) ; Bulgares (1,9%)
Densité : 128 hab./km2
Croissance démographique (2014) : - 0,2 %
Espérance de vie (2017) : 71,7 ans
Taux d’alphabétisation : 99 %
Religion : population très majoritairement orthodoxe (90% au dernier recensement)
Indice de développement humain
(classement PNUD 2018) : 112ème rang sur 189

Données économiques
(sources : bureau national des statistiques moldave ; DG Trésor ; Banque mondiale, FMI)

PIB (2017) : 8,1 Mds USD (prévision FMI pour 2018 : 9,7 Mds USD)
PIB par habitant PPA (2017) : 2290 USD (Banque mondiale)
Taux de croissance (2017) : + 4,5% (prévision FMI 2018 : +3,8 %)
Taux de chômage (2017) : 4,1 %
Taux d’inflation (2017) : 6,6 % (prévision FMI 2018 +3,6 %)
Solde budgétaire (2017) : - 1 % du PIB (prévisions FMI 2018 : -3,5 %)
Balance commerciale (2017) : - 645 M USD (prévision FMI 2018 : -748 M USD)

http://www.coface.com/fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/Moldavie

Principaux clients (2016) : Roumanie (29,7 %), Italie (11,4%), Allemagne (8,1%) Russie (8 %),
Exportations vers l’Union européenne (UE) : 68,8 % (2018)
Exportations vers la Communauté des Etats indépendants (CEI) : 15,4% (2018)
Principaux fournisseurs (2018) : Roumanie (14,5%), Russie (12,5%), Chine (10,4%), Ukraine (10%), Allemagne (8,4%), Italie (6,8%).
Importations de l’UE : 49,4 % (2018)
Importations de la CEI : 25,1 % (2018)

https://atlas.media.mit.edu/en/profile/country/mda/

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (estimations 2017) :

  • Agriculture : 12,2%
  • Industrie : 14,6%
  • Services : 73,2%

Exportations de la France vers la Moldavie (2017) : 41 M€
Importations françaises depuis vers la Moldavie (2017) : 54 M€
Solde déficitaire de -13% (2017)

Présence française

Site internet de l’ambassade : www.ambafrance-md.org

Consulat : section consulaire de l’ambassade de France à Bucarest
https://ro.ambafrance.org/La-section-consulaire-3470

Communauté française en Moldavie : 83 personnes inscrits au registre consulaire ; un peu plus d’une centaine de Français en comptant les non-inscrits

Communauté moldave en France : environ 4000 personnes

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Depuis 2009, la Moldavie est dirigée par des coalitions, dont l’objectif affiché est de se rapprocher de l’UE en mettant en œuvre des réformes structurelles.. Des crises politiques ont affecté la stabilité du gouvernement qui a changé à de nombreuses reprises depuis 2013, à la suite de scandales de corruption.

A partir des élections législatives de novembre 2014, la majorité parlementaire est devenue contrôlée par le PDM (Parti démocrate de Moldavie), d’orientation « pro-européenne ». Des élections présidentielles ont eu lieu en novembre 2016 et ont été remportées par Igor Dodon du Parti socialiste, élu pour la première fois au suffrage universel, sur une ligne de rapprochement avec la Russie. Ce résultat a ouvert une période de cohabitation entre le pouvoir exécutif plus proche de la Russie et le pouvoir législatif de tendance pro-européenne. L’émergence d’une force défendant une forte orientation européenne, tout en faisant de la lutte contre la corruption une priorité, est venue modifier les équilibres traditionnels, au-delà des divisions géopolitiques.

Cette nouvelle division entre trois grands blocs a été entérinée par les résultats des élections législatives du 24 février, à l’issue desquelles aucun parti n’a été en mesure d’obtenir la majorité absolue. Les négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement sont en cours. Le parti socialiste (PSRM) pro-russe remporte le plus grand nombre de sièges (35 sur 101), suivi par le parti démocrate (PDM), actuellement au pouvoir avec 30 sièges et du bloc pro-européen « ACUM », qui a obtenu 26 sièges..

Le pays est également marqué par la persistance d’un conflit gelé dans la région de Transnistrie, située sur la rive gauche du fleuve Dniestr et majoritairement peuplée de russophones. Cette région a tenté de faire sécession de la Moldavie en 1990 et s’est autoproclamée indépendante à la suite d’un conflit violent en 1992 sous le nom de République moldave du Dniestr. Si cette dernière se donne toutes les apparences d’un Etat constitué, elle est en réalité une zone de non-droit, non-reconnue par la communauté internationale. Les combats ont certes cessé depuis 1992 mais un bataillon de l’armée russe y stationne toujours en violation du droit international et contre la volonté des autorités moldaves.

Des négociations en vue d’un règlement du conflit se tiennent sous l’égide de l’OSCE, dans un format dit « 5+2 », à savoir les deux parties litigieuses, trois médiateurs - OSCE, Russie, Ukraine - et deux observateurs - UE et Etats-Unis. Elles ont permis d’obtenir des avancées sur certains dossiers socio-économiques contribuant par-là à rapprocher les populations des deux rives.

Au sud, la République de Moldavie est habitée par la communauté gagaouze, population turcophone orthodoxe fortement russifiée, qui bénéficie depuis 1994 d’un statut d’autonomie (Unité territoriale autonome de Gagaouzie – UTAG).

Situation économique

Petit pays aux sols fertiles, viticole et dépourvu de ressources naturelles, la Moldavie a souffert de l’effondrement de l’Union soviétique et de la perte d’une grande partie de ses débouchés commerciaux. De plus, le conflit gelé de Transnistrie a un coût économique élevé pour le pays, accru par la concentration d’industries sur le territoire de la région séparatiste. L’économie moldave est également très dépendante des transferts d’argent des travailleurs migrants (20,6 % du PIB en 2017).

Depuis la signature de l’accord d’association avec l’UE en juin 2014, les exportations de la Moldavie vers l’ouest ne cessent d’augmenter, atteignant environ 70% du total des exportations du pays en 2018. Ce basculement de la balance commerciale a été encouragé par l’embargo imposé par la Russie en 2013, au départ sur les importations de vin moldave puis étendu à d’autres produits agricoles, et qui avait profondément marqué l’économie du pays encore très dépendante de l’agriculture.

Le secteur bancaire a également été fragilisé par une importante opération de blanchiment d’argent sale entre 2012 et 2014, qui a abouti à la disparition de l’équivalent de 1 milliard de dollars dans trois grandes banques du pays, provoquant une chute de 0,5% du PIB en 2015 (après une croissance de 4,8% en 2014). La croissance est pourtant remontée depuis, avec un pic de 4,7% en 2017 et une croissance de 3,8% pour 2018. Sous l’égide de l’UE et du FMI, la Moldavie a entrepris de nombreuses réformes structurelles pour renforcer la stabilité de son secteur financier, diversifier la structure de ses exportations et soutenir le développement des investissements étrangers.

Politique étrangère

La proximité géographique, historique, linguistique et culturelle explique les relations privilégiées avec la Roumanie. Les relations politiques bilatérales se sont renforcées avec l’accession au pouvoir en 2009 de la coalition de sensibilité pro-européenne. La Roumanie est devenue le principal défenseur de la Moldavie auprès de l’UE en soutenant sa volonté d’y adhérer et reste le premier partenaire commercial du pays en 2018.

Avec l’Ukraine, la Moldavie entretient également de bonnes relations. Les deux pays partagent une volonté de se rapprocher de l’Union européenne et font partie du Partenariat oriental. L’Ukraine est également médiateur des négociations 5+2 sur la Transnistrie. Cependant la faiblesse des réseaux de transport entre les deux pays et la crise en Ukraine, du fait du conflit dans l’est du pays depuis 2014, ont ralenti les échanges.

Les relations avec la Russie sont complexes en raison du poids historique, culturel et économique de cette dernière en Moldavie depuis plus de deux siècles et notamment du fait de son implication dans le conflit transnistrien. Les transferts d’argent des migrants depuis la Russie pèsent de manière importante dans le PIB moldave mais tendent à diminuer à cause de la moindre attractivité de l’économie russe depuis les sanctions imposées par l’UE. Si le président actuel tente d’attirer le pays vers Moscou, le gouvernement à Chisinau dit vouloir suivre l’agenda des réformes de Bruxelles. Le point d’achoppement essentiel entre les deux pays demeure le stationnement d’une fraction de l’armée russe en Transnistrie, Chisinau faisant du départ des troupes une priorité dans l’apaisement de ses relations avec Moscou.

Dans le domaine de la défense, la Moldavie est membre du « Partenariat pour la paix » de l’OTAN depuis 1994. Une accentuation de la coopération entre les deux partenaires a eu lieu en 2015 avec l’adoption d’un pacte d’assistance pour assister la Moldavie dans le renforcement et la modernisation de ses forces armées. De plus, en décembre 2017 a été ouvert à Chisinau un nouveau bureau de liaison de l’OTAN. La part très réduite du budget de la défense moldave induit une forte dépendance du pays aux crédits occidentaux pour le renforcement de son appareil sécuritaire. Un nouveau plan national stratégique prévoit un accroissement des investissements pour la modernisation de ses équipements et une plus grande autonomie. La Moldavie reste toutefois très attachée à son statut de neutralité, garanti par sa constitution.

L’Union européenne et la Moldavie

L’UE est le 1er partenaire commercial, le 1er investisseur étranger et le 1er donateur d’aide pour la Moldavie. Le 1er septembre 2014, l’UE et la Moldavie ont signé un accord d’Association qui comprend un programme de réformes ainsi que la mise en œuvre d’une zone de libre-échange éliminant progressivement les droits de douane dans le commerce entre les deux parties. Parallèlement la libéralisation des visas de court séjour, permettant aux Moldaves de circuler librement dans l’espace Schengen pour une période de trois mois, est effective depuis avril 2014.

Ces relations s’inscrivent dans le cadre du « Partenariat Oriental » qui structure la politique de voisinage de l’UE (PEV) à l’égard des pays d’Europe de l’est et du Caucase. La Moldavie est ainsi, parmi l’ensemble des partenaires de la PEV, le premier bénéficiaire per capita de l’aide versée par Bruxelles.

Les priorités politiques de l’UE en Moldavie, portées par l’ensemble des représentations diplomatiques des Etats-membres comprennent notamment le renforcement des institutions, la réforme de la justice, l’amélioration du climat des affaires, la défense de la liberté d’expression et des droits de l’homme, l’amélioration des conditions sanitaires et sociales ainsi que la lutte contre les trafics illicites, le crime organisé, la corruption et le blanchiment d’argent.

En septembre 2017, le Parlement européen et le Conseil de l’UE avaient décidé d’attribuer une nouvelle aide macrofinancière (AMF) de 100 millions d’euros à la Moldavie, répartie en trois tranches, chaque versement étant conditionné au respect des principes démocratiques. L’annulation par la justice, sur des bases juridiques douteuses, de l’élection à la mairie de Chisinau du candidat de l’opposition pro-européenne Andrei Nastase, a contraint la Commission à annoncer la suspension du versement de cette aide. Une résolution du Parlement européen du 5 juillet 2018 a demandé à la Commission de prolonger la suspension de l’AMF aussi longtemps que ne seront pas respectées les conditions démocratiques afférentes à cette aide.

Mise à jour : 16.04.19

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