Présentation de la Lettonie

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Présentation du pays

LETTONIE {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République de Lettonie
Nature du régime : République parlementaire
Président de la République : M. Egils Levits (8 juillet 2019)
Premier ministre : M. Krišjānis Kariņš (23 janvier 2019)

Données géographiques

Superficie : 64 573 km²
Capitale : Riga
Villes principales : Daugavpils, Liepāja, Jelgava, Jūrmala
Langue(s) courante(s) : letton (seule langue officielle), russe
Monnaie : euro (depuis le 1er janvier 2014)
Fêtes nationales : 18 novembre, 4 mai (indépendance de 1990)

Données démographiques

(sources : Eurostat, Banque mondiale, PNUD)

Population (2021) : 1 893 223
Densité : 30 hab/km²
Croissance démographique (2021) : -0,3 %
Espérance de vie (2021) : 70,9 ans pour les hommes, 80,1 ans pour les femmes
Taux d’alphabétisation (2021) : 99,99 %
Religion(s) : Pas de religion officielle. Protestantisme luthérien, catholicisme romain, orthodoxie russe
Indice de développement humain (2021) : 0,866 (37e rang)

Éléments d’actualité

Politique européenne :

La Lettonie est entrée dans l’Union européenne le 1er mai 2004, dans l’espace Schengen en décembre 2007 et dans la zone euro en janvier 2014. Elle a assuré la présidence du Conseil de l’Union européenne au 1er semestre 2015.

Présence dans les institutions européennes : Valdis Dombrovskis est vice-président de la Commission Von der Leyen pour une économie au service des personnes, après avoir été vice-président de la Commission Juncker pour l’euro et le dialogue social, également chargé de la stabilité financière, des services financiers et de l’union des marchés des capitaux. La Lettonie dispose de 8 députés au Parlement européen.

Budget et plan de relance : La Lettonie a salué l’accord trouvé en juillet 2020 sur la facilité de relance et sur le futur cadre financier pluriannuel. Riga bénéficiera au titre du CFP 2021-2027 d’un montant global de 10,4 Mds€, en hausse de 3Mds€ par rapport au précédent accord budgétaire. S’agissant du plan de relance, le Lettonie se voit accorder au total 5Mds€.

Brexit : La Lettonie souhaite le maintien de liens aussi étroits que possible entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni.

Avenir de l’UE : La Lettonie souhaite éviter toute division entre l’Est et l’Ouest du continent et voudrait que l’Union se mobilise sur un « agenda positif », porteur de projets allant dans le sens d’une plus grande unité et cohésion. Elle n’est pas opposée à la mise en place d’une Europe différenciée, dans le cadre d’une approche transparente et inclusive.

Défense européenne : La Lettonie participe à certaines opérations extérieures de la PSDC (Atalante, Sophia, présence au Mali dans les cadres de l’EUTM et de la Minusma), qu’elle souhaite voir évoluer en complémentarité avec l’OTAN.

Réfugiés : Conformément aux décisions du Conseil JAI de septembre 2015, la Lettonie s’est engagée à accueillir 50 personnes dans le cadre des réinstallations (46 avaient été accueillies à la fin mars 2018) et 481 dans le cadre des relocalisations en provenance d’Italie et de Grèce (328 accueillies à la fin octobre 2018).

Fonds européens : Pour la période 2021-2027, la Lettonie bénéficiera globalement de 10,5 Mds € de subventions européennes, CFP compris.

Politique étrangère

Russie : Le déclenchement de la guerre en Ukraine conforte la Lettonie dans sa perception d’une Russie constituant une menace pour sa sécurité. Ainsi Riga défend une posture très ferme à l’égard de Moscou notamment via l’application de sanctions étendues au secteur de l’énergie (en dépit d’une dépendance significative aux importations énergétiques russes) et un isolement maximal sur la scène internationale. L’influence russe en Lettonie reste significative, en premier lieu du fait de la présence d’une forte minorité russophone (environ un quart de la population), mais aussi dans les milieux d’affaires en raison des interdépendances économiques et du fait des actions de communication stratégique historiquement développées par Moscou.

Ukraine : Avant même le déclenchement du conflit en Ukraine, la Lettonie a démontré son plein et entier soutien à Kiev, notamment via la livraison d’équipements militaires et d’armes létales. Riga a également appuyé avec ferveur afin que Kiev puisse obtenir un statut de candidat à l’UE.
Relation transatlantique : Alors que le mandat de Donald Trump avait ouvert une période d’incertitude pour la Lettonie, l’arrivée de l’administration Biden a été source d’espoir et de soulagement pour le pays qui se dit convaincue de la relance et du renforcement des relations transatlantiques et du multilatéralisme. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, Riga réclame un accroissement de la présence américaine en région baltique.

La Lettonie a été le premier pays européen à avoir ratifié le CETA, le 23 février 2017.

OTAN : La Lettonie fonde sa sécurité sur l’OTAN, dont elle est membre depuis mars 2004. Depuis 2018, elle a consacré 2 % de son PIB à la défense. En quête de mesures de réassurance face à une menace russe jugée croissante, la Lettonie a salué les résultats du sommet de l’OTAN, insistant en particulier sur le renforcement de la posture de l’Alliance sur son flanc Est et la reconnaissance claire de la Russie comme principale menace. Pour rappel, Riga bénéficie de la mission de « police du ciel » balte fournie depuis 2004 par rotation entre les Alliés, et du déploiement de troupes de l’OTAN, depuis 2017, dans le cadre de la présence avancée renforcée (eFP). Depuis mars 2019, la Lettonie accueille le nouvel état-major de la division multinationale Nord de l’OTAN, chargé d’assurer la coordination et le commandement des forces alliées déployées dans la région balte. Attentive aux enjeux de cybersécurité et de communication stratégique, la Lettonie a créé un centre d’excellence (COE) dédié, StratCom, homologué par l’OTAN.

ONU : La Lettonie est candidate à un siège de membre non-permanent au Conseil de sécurité de l’ONU pour le biennium 2026-2027 (élections en 2025).

Situation économique

La crise sanitaire a entraîné une contraction du PIB de 3,6% en 2020, une première depuis 2010. Néanmoins, les conséquences économiques de la pandémie ont été moins sévères que prévu et la croissance a atteint 4,8% en 2021, permettant au pays de retrouver son niveau antérieur de croissance. Cette reprise économique s’est poursuivie lors du premier trimestre 2022, progressant de 6,7 %. avant de s’essouffler à la suite du déclenchement de guerre en Ukraine. La crise des approvisionnements énergétiques aggravée par le contexte sécuritaire régional a causé une très forte inflation, estimée à 21% en juillet 2022 (3ème plus fort taux de la zone €). De surcroît, le pays sort beaucoup plus endetté de ces crises successives (54 % fin 2022 contre 37% en 2019). Le taux de chômage qui avait atteint 8,1% en 2020 au plus fort de la pandémie, est progressivement revenu à un niveau pré-crise, s’établissant à 6,6% au premier semestre 2022. Toutefois, la Lettonie est confrontée au manque de main-d’œuvre formée de façon adéquate, tandis que le déclin régulier de la population, lié au vieillissement et à l’émigration massive, est une fragilité importante.

Le secteur bancaire a été mis à mal en 2018 lorsque le Trésor américain a mis en cause la banque lettone ABLV, désignée comme établissement de première importance en matière de blanchiment d’argent. Le gouvernement Karins a rapidement mis en œuvre d’importantes mesures d’assainissement du secteur bancaire pour y faire face, permettant notamment au pays de ne pas être inscrit sur la liste grise des pays du Groupe d’Action financière (GAFI). Le pays doit encore mettre en place le volet juridique de cette réforme, ce qui mettrait un terme à la situation risquée du système bancaire et financier letton qui héberge une part importante de liquidités de pays tiers.

La Lettonie doit aussi faire face à la montée des inégalités : la protection sociale est insuffisante, de même que l’accès aux services de santé. C’est dans ce contexte qu’a été lancée une ambitieuse réforme fiscale qui vise à améliorer le taux de recouvrement des impôts et à rationaliser les dépenses publiques.
Dépourvue de ressources énergétiques, la Lettonie était jusqu’au déclenchement de la guerre en Ukraine très dépendante des approvisionnements en hydrocarbures russes (plus de la moitié du pétrole importé et la quasi-totalité du gaz). Le déclenchement de la guerre en Ukraine et les sanctions européennes à l’encontre de la Russie qui s’en sont suivies ont montré la nécessité de se défaire de cette dépendance. L’utilisation de réservoirs naturels de gaz situés à Inčukalns (capacité de stockage de 5 Mds de m3) va dans ce sens, permettant d’atténuer cette dépendance et d’offrir à la Lettonie la possibilité de jouer un rôle de régulateur pour l’ensemble de la région. L’essentiel de la production d’électricité provient de l’hydroélectricité (ce qui permet à la Lettonie d’afficher de bonnes performances en matière de part des énergies renouvelables dans le mix énergétique), mais le pays doit importer 30 à 45 % de sa consommation électrique. Riga soutient les projets d’accélération de la synchronisation des réseaux électriques balte et polonais avec le système européen continental promus par l’UE.

Dans le domaine des transports, les trois États baltes ont entamé la création d’une liaison ferroviaire reliant Tallinn à la frontière polonaise, passant par Riga. Rail Baltica est inscrit comme projet prioritaire du réseau transeuropéen de transport (TENT-T) et est financé à 85% par l’UE.

La Lettonie a adhéré à l’OCDE en juin 2016.

  • PIB (2021, en prix courants) : 32,87 milliards €
  • PIB par habitant (2021, aux prix du marché) : 17 454 €
  • Croissance (2021) : +4,8%
  • Chômage (au sens du BIT) (deuxième trimestre 2022) : 6,6 %
  • Inflation (juillet 2022) : 21 %
  • Principaux clients (2021) : Lituanie (17,2 %), Allemagne (10,5 %), Pologne (9,6 %)
  • Principaux fournisseurs (2021 ) : Lituanie (17,9 %), Estonie (10,7 %), Royaume-Uni (7,6 %)

Mise à jour : août 2022

Informations complémentaires