Présentation de la Lettonie

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Présentation du pays

LETTONIE {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République de Lettonie
Nature du régime : République parlementaire
Président de la République : M. Egils Levits (8 juillet 2019)
Premier ministre : M. Krišjānis Kariņš (23 janvier 2019)

Données géographiques

Superficie : 64 573 km²
Capitale : Riga
Villes principales : Daugavpils, Liepāja, Jelgava, Jūrmala
Langue(s) courante(s) : letton (seule langue officielle), russe
Monnaie : euro (depuis le 1er janvier 2014)
Fêtes nationales : 18 novembre, 4 mai (indépendance de 1990)

Données démographiques

(sources : Eurostat, Banque mondiale, PNUD)

Population (2019) : 1 919 968
Densité : 30 hab/km²
Croissance démographique (2018) : -0,8 %
Espérance de vie (2018) : 70,1 ans pour les hommes, 79,9 ans pour les femmes
Taux d’alphabétisation (2018) : 99,99 %
Religion(s) : pas de religion officielle. Protestantisme luthérien, catholicisme romain, orthodoxie russe
Indice de développement humain (2018) : 0,854 (39e rang)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Egils Levits a été élu le 29 mai 2019 à la présidence de la République. Il a bénéficié du soutien des partis de la coalition gouvernementale. Pour la première fois, cette élection s’est déroulée à scrutin ouvert. Juriste de formation, M. Levits est réputé notamment pour avoir été l’un des auteurs de la Déclaration du rétablissement de l’indépendance de la république de Lettonie le 4 mai 1990 et pour avoir contribué au Préambule de la Constitution lettone, adopté en 2014. Il a été juge à la Cour européenne des droits de l’Homme puis juge à la Cour de justice de l’Union européenne.

Le 23 janvier 2019, près de quatre mois après les élections législatives, le Parlement a accordé sa confiance (61 députés sur 100) au gouvernement conduit par Krišjānis Kariņš (Nouvelle Unité). La coalition gouvernementale rassemble cinq partis, à parité : 3 ministres de la Nouvelle Unité (parti européen de centre-droit né de la scission de l’Unité), 3 de l’union Pour ! Pour le développement de la Lettonie (pendant de la Nouvelle Unité), 3 du NPC (Nouveau parti conservateur, centré sur la lutte anti-corruption), 3 de KPV/LV (À qui appartient l’État ?, parti populiste) et 2 de l’Alliance nationale (droite nationaliste, représentée en outre par un Conseiller du Premier ministre en charge de la démographie). Cette configuration ne reflète pas totalement les résultats des élections législatives, qui ont offert 26 sièges au Parlement à la Concorde (formation de centre-gauche dominée par les russophones), 16 sièges respectivement à KPV LV et au NPC, deux formations apparues récemment, 13 sièges respectivement à l’union Pour ! Pour le développement de la Lettonie et à l’Alliance nationale, 11 sièges à la ZZS et 8 à la Nouvelle Unité.

Les priorités du gouvernement sont centrées sur la modernisation de l’économie (réforme du système bancaire et financier, nationalisation des installations portuaires), l’amélioration du niveau de vie de la population (renforcement du système judiciaire pour lutter contre le blanchiment et la corruption) et la mise en œuvre d’une gouvernance moderne. La politique étrangère reste inscrite dans le cadre des politiques de l’UE et de l’OTAN. La Constitution de 1922 attribue un rôle majeur à la Saeima, parlement monocaméral composé de cent membres élus pour quatre ans au scrutin proportionnel.

Politique étrangère

Russie : La Lettonie perçoit la Russie comme une menace, notamment au regard de la présence d’une forte minorité russophone. L’influence russe en Lettonie reste significative, en particulier dans les milieux d’affaires en raison des interdépendances économiques et du fait des actions de communication stratégique développées par Moscou.

Ukraine : Inquiètes de la déstabilisation russe et attachées à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, les autorités lettones défendent une ligne ferme à l’égard de Moscou, mais continuent à travailler avec les Russes sur les questions d’intérêt commun. Elles soutiennent le maintien des sanctions tant que les accords de Minsk n’auront pas été intégralement mis en œuvre.

Partenariat oriental (PO) : La Lettonie soutient le PO et souhaite ouvrir une « perspective européenne » pour ces pays, mais ses positions restent nuancées : elle ne souhaite pas, en particulier, en faire un irritant avec la Russie.

Relation transatlantique : Après une période d’incertitude liée à l’élection de D. Trump à la présidence des États-Unis, qui a fait douter Riga de la pérennité de la garantie de sécurité américaine, certains éléments rassurants dans le discours de l’administration Trump ont apaisé son inquiétude.
La Lettonie a été le premier pays européen à avoir ratifié le CETA, le 23 février 2017.

OTAN : La Lettonie fonde sa sécurité sur l’OTAN, dont elle est membre depuis mars 2004. Depuis 2018, elle a consacré 2 % de son PIB à la défense. En quête de mesures de réassurance face à une menace russe qu’elle juge croissante, elle se réjouit de la mission de « police du ciel » balte fournie depuis 2004 par rotation entre les Alliés, et du déploiement de troupes de l’OTAN depuis 2017 dans le cadre de la présence avancée renforcée (eFP). Depuis mars 2019, la Lettonie accueille le nouvel état-major de la division multinationale Nord de l’OTAN, chargé d’assurer la coordination et le commandement des forces alliées déployées dans la région balte. Attentive aux enjeux de cybersécurité et de communication stratégique, la Lettonie a créé un centre d’excellence (COE) dédié, StratCom, homologué par l’OTAN.

ONU : La Lettonie est candidate à un siège de membre non-permanent au Conseil de sécurité de l’ONU pour le biennium 2026-2027 (élections en 2025).

Relations avec l’Union européenne

La Lettonie est entrée dans l’Union européenne le 1er mai 2004, dans l’espace Schengen en décembre 2007 et dans la zone euro en janvier 2014. Elle a assuré la présidence du Conseil de l’Union européenne au 1er semestre 2015.

Présence dans les institutions européennes : Valdis Dombrovskis est vice-président de la Commission Von der Leyen pour une économie au service des personnes, après avoir été vice-président de la Commission Juncker pour l’euro et le dialogue social, également chargé de la stabilité financière, des services financiers et de l’union des marchés des capitaux. La Lettonie dispose de 8 députés au Parlement européen.

Brexit : La Lettonie regrette le Brexit, tout en respectant la décision britannique. Elle souhaite le maintien de liens aussi étroits que possible entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni. Elle est en outre attentive à la situation des Lettons expatriés au Royaume-Uni, estimés à 102 000 personnes.

Avenir de l’UE : La Lettonie souhaite éviter toute division entre l’Est et l’Ouest du continent et voudrait que l’Union se mobilise sur un « agenda positif », porteur de projets allant dans le sens d’une plus grande unité et cohésion. Elle n’est pas opposée à la mise en place d’une Europe différenciée, dans le cadre d’une approche transparente et inclusive.

Défense européenne : La Lettonie participe à certaines opérations extérieures de la PSDC (Atalante, Sophia, présence au Mali dans les cadres de l’EUTM et de la Minusma), qu’elle souhaite voir évoluer en complémentarité avec l’OTAN.

Réfugiés : Conformément aux décisions du Conseil JAI de septembre 2015, la Lettonie s’est engagée à accueillir 50 personnes dans le cadre des réinstallations (46 avaient été accueillies à la fin mars 2018) et 481 dans le cadre des relocalisations en provenance d’Italie et de Grèce (328 accueillies à la fin octobre 2018).

Politique régionale : Pour la période 2014-2020, la Lettonie bénéficie de 5,6 Mds € de fonds européens (2 815 € par habitant).

Climat : La Lettonie a ratifié l’accord de Paris le 20 février 2017.

Situation économique

PIB (2019, en prix courants) : 30,48 milliards €
PIB par habitant (2019, aux prix du marché) : 15 930 €
Croissance (201) : 2,2 %
Chômage (au sens du BIT) (2019) : 6,3 %
Inflation (2019) : 2,7 %
Solde budgétaire (2019) : +63,2 millions € (0,2 % du PIB)
Balance commerciale (2019) : -2,28 milliard €
Principaux clients : Lituanie (16,0 %), Estonie (11,5 %), Russie (9,1 %)
Principaux fournisseurs : Lituanie (17,5 %), Allemagne (10,6 %), Pologne (8,9%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2017) :

  • agriculture : 3,4 %
  • industrie : 19,5 %
  • services : 77,1 %

Exportations de la France vers la Lettonie (2019) : 358,9 millions €
Importations de la France depuis la Lettonie (2019) : 200,7 millions €

Après trois années de récession et une stricte politique d’austérité, l’économie lettone a renoué à partir de 2011 avec la croissance, mais celle-ci repose essentiellement sur la consommation des ménages. La discipline budgétaire est notable (excédent budgétaire de 0,2 % du PIB et dette de 35,9 % du PIB). En revanche, le marché du travail, très flexible, est confronté au manque de main-d’œuvre formée de façon adéquate, tandis que le déclin régulier de la population, lié au vieillissement et à l’émigration massive, est une fragilité importante. Le chômage structurel reste élevé (6,3 %). Le secteur bancaire traverse une crise depuis que le Trésor américain a mis en cause, en février 2018, la banque lettone ABLV, désignée comme établissement de première importance en matière de blanchiment d’argent. Par ailleurs, le gouverneur de la Banque centrale de Lettonie a été mis en cause sur des soupçons de corruption et placé sous contrôle judiciaire le 20 février.

La Lettonie peine à réduire les inégalités : la protection sociale est insuffisante, de même que l’accès aux services de santé (la Lettonie n’y consacre que 3,7 % de son PIB). C’est dans ce contexte qu’a été lancée une ambitieuse réforme fiscale qui vise à améliorer le taux de recouvrement des impôts et à rationaliser les dépenses publiques. Elle pourrait être suivie d’une refonte du système de santé et de la protection sociale.
Dépourvue de ressources énergétiques, la Lettonie reste très dépendante des approvisionnements en hydrocarbures russes (plus de la moitié du pétrole importé et la totalité du gaz). Les réservoirs naturels de gaz situés à Inčukalns pourraient atténuer cette dépendance et offrir à la Lettonie la possibilité de jouer un rôle de régulateur pour l’ensemble de la région. L’essentiel de la production d’électricité provient de l’hydroélectricité (ce qui permet à la Lettonie d’afficher de bonnes performances en matière de part des énergies renouvelables dans le mix énergétique), mais le pays doit importer 30 à 45 % de sa consommation électrique. Riga soutient les projets de synchronisation des réseaux électriques balte et polonais avec le système européen continental promus par l’Union européenne.

Dans le domaine des transports, les trois États baltes prévoient de créer une liaison ferroviaire reliant Tallinn à la frontière polonaise, en passant par Riga et Kaunas. Rail Baltica est inscrit comme projet prioritaire du réseau transeuropéen de transport (TENT-T) et sera financé par l’Union européenne à hauteur de 85 %.
La Lettonie a adhéré à l’OCDE en juin 2016.

Mise à jour : juillet 2020

Informations complémentaires