Relations bilatérales

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Relations politiques

La France et le Japon ont célébré en 2018 le 160ème anniversaire de leurs relations diplomatiques. Les deux pays sont liés par un « partenariat d’exception » pour promouvoir la sécurité, la croissance, l’innovation et la culture.

Le Japon et la France portent sur la scène internationale les mêmes valeurs de liberté, de démocratie, de droits de l’Homme et de respect de l’État de droit. Ils sont tous deux attachés aux principes de la charte des Nations Unies, au respect du droit international, à la résolution pacifique des différends. Les deux pays se reconnaissent l’un et l’autre comme des partenaires privilégiés au sein des institutions internationales et des acteurs déterminants tant dans leur région respective qu’au sein de la communauté internationale. En tant que nations du Pacifique, la France et le Japon sont engagés en faveur de la paix et la stabilité dans la région. La France et le Japon ont adopté, en octobre 2015, un Plan franco-japonais pour le développement durable, la santé et la sécurité en Afrique.

Le partenariat entre les deux pays n’a cessé de se renforcer ces dernières années, notamment sous l’impulsion d’un sommet annuel entre les deux pays et des rencontres en marge des sommets internationaux, tels le G7 ou G20. Il s’appuie sur une feuille de route pour la coopération franco-japonaise qui fixe, à cinq ans (2019-2023), les grands objectifs suivants :

  • le renforcement de la coopération dans l’espace indopacifique ;
  • l’approfondissement de la coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense ;
  • la promotion d’une gouvernance mondiale fondée sur le multilatéralisme pour répondre aux enjeux globaux ;
  • le développement d’un partenariat économique tourné vers l’innovation ;
  • la création d’une nouvelle dynamique en matière d’échange humains.

Des échanges sur les questions stratégiques se tiennent à intervalles réguliers alternativement en France et au Japon. Ils s’articulent autour d’un dialogue politico-militaire au niveau des ministres des Affaires étrangères et de la Défense (« 2+2 ») dont la 5ème session s’est tenue à Brest en janvier 2019 et la prochaine session est prévue d’ici la fin d’année 2021. De nombreux dialogues bilatéraux sectoriels existent également et participent à la vitalité de la relation bilatérale (dialogue maritime global, cyber, espace, indopacifique…).

Présence française

Plus de 10 000 Français sont immatriculés au Japon et environ 30 000 Japonais vivent en France.

Visites

Le Président de la République, M. Emmanuel MACRON, s’est rendu au Japon du 23 au 24 juillet 2021 pour l’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo. Cette visite a permis d’aborder avec le Premier ministre SUGA de nombreux sujets internationaux et enjeux globaux, ainsi que plusieurs sujets de coopération bilatérale. Le Président MACRON a reçu le Premier Ministre japonais, M. Shinzo ABE, en France le 17 octobre 2018, le 23 avril 2019 et le 24 août 2019, en marge du sommet du G7 de Biarritz. Le Prince héritier du Japon s’est rendu en France du 7 au 14 septembre 2018.

En juillet 2018, le ministre des Affaires Etrangères M. Taro KONO s’était rendu en France à l’occasion du lancement de la série d’événements culturels que le Japon a organisés en France de juillet 2018 à février 2019, « Japonismes 2018 ». Il s’y est de nouveau rendu en janvier 2019 à l’occasion du dialogue politico-militaire au niveau des ministres des Affaires étrangères et de la Défense (« 2+2 ») dont la 5ème session s’est tenue à Brest. En octobre 2020, le ministre des Affaires Etrangères, M. Toshimitsu MOTEGI a été reçu au Quai d’Orsay par le ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères, M. Jean-Yves LE DRIAN afin d’échanger sur notre réponse commune face à la crise du COVID-19, les foyers de tensions régionales et la coopération franco-japonaise dans l’Indopacifique.

M. Jean-Yves LE DRIAN, s’est rendu au Japon du 26 au 29 janvier 2018 à l’occasion du dialogue politico-militaire « 2+2 » et du dialogue stratégique. Les différentes sessions de ces dialogues ont permis d’évoquer l’ensemble des grands enjeux internationaux : renforcement du multilatéralisme ; lutte contre le terrorisme ; règlement des crises régionales ; protection d’un ordre maritime international fondé sur le droit ; lutte contre le changement climatique ; coopération en matière de développement international ; lutte contre toute forme de protectionnisme.

Relations économiques

Les échanges commerciaux entre nos deux pays restent structurellement déséquilibrés au profit du Japon (déficit pour la France de -2,8 Mds € en 2020 – source douanes françaises) et relativement modestes : seulement 1% des exportations japonaises sont écoulées en France et la France ne représente que 1,7% des importations japonaises (tandis que la Chine et les Etats-Unis sont autour de 20%). En 2020, le déficit commercial bilatéral se maintient à un niveau stable par rapport à 2019 en dépit d’une forte baisse des exportations françaises (-27,1%) tirée par la chute des ventes d’aéronautique (-61%). Le secteur de l’agroalimentaire (20% du total exporté) fait preuve d’une relative résistance à la crise avec une baisse de 10% en dépit du positionnement traditionnel de la France sur des produits haut de gamme, qui pâtissent davantage de la fermeture des hôtels/restaurants.

En 2021, le commerce franco-japonais regagne une partie de ses pertes, avec une augmentation de 8% des exports vers le Japon sur le premier semestre 2021. Les perspectives restent prometteuses dans de nombreux secteurs qui bénéficient déjà d’une reprise dynamique : en aéronautique, les livraisons d’aéronefs sur le 1er semestre ont contribué à une hausse de 65% des exportations du secteur. L’excellence et le savoir-faire à la française restent à l’honneur : les exportations de textile et de produits de luxe ont augmenté de 10%. Malgré la situation sanitaire dégradée au Japon sur la période, le secteur agro-alimentaire y est resté stable et représente toujours 20% de l’excédent commercial mondial de la France dans ce secteur.

Du côté des investissements directs croisés, la France investit davantage au Japon (18,8 Mds€ en stock sur 2020 selon la Banque de France) que ce que le Japon investit en France (10,9 Mds en stock sur 2020). La France est le 5ème investisseur au Japon mais seulement le 23ème pays récipiendaire selon le JETRO. Le Japon n’en reste pas moins un investisseur historique majeur : il reste le 1er investisseur asiatique en France (stock de 15 Mds € ; 850 entreprises pour 91 000 salariés, surtout dans l’industrie automobile, le commerce, l’électronique) et le 8ème pays créant le plus d’emplois en 2020. Les investissements directs français au Japon se concentrent essentiellement dans le secteur manufacturier, notamment l’automobile, la finance et l’assurance (respectivement plus de la moitié et un tiers).

Coopération culturelle et scientifique et technique

Dans le domaine culturel, La France et le Japon entretiennent une relation bilatérale dense, qui a comme de nombreux pays, souffert des conséquences de la pandémie en termes notamment de mobilité des artistes, étudiants et chercheurs depuis le printemps 2020. Il n’en demeure pas moins que dans le domaine des industries culturelles et créatives (ICC), le Japon compte parmi les marchés les plus importants (3ème marché mondial pour le cinéma, la musique et le jeu vidéo, 4ème marché mondial pour le livre juste devant la France). Très majoritairement tourné vers la production culturelle domestique, le Japon reste par conséquent relativement difficile d’accès pour l’offre internationale. Il demeure que de nombreuses actions de promotion sont menées de façon continue dans les différents secteurs tels que le cinéma, la musique, l’édition, ainsi que, depuis plus récemment, le design, la mode et le jeu vidéo / E-sport / VR, en relation étroite avec les opérateurs français concernés (Unifrance, CNM, BIEF, CNL, Institut français, SNJV etc.). Cette action s’appuie sur un travail de cartographies et études de marché sectorielles, de relai d’information (newsletters) et de mises en relation des filières françaises et japonaises.

Dans le domaine du nucléaire civil, les deux pays entretiennent un partenariat de plus de 30 ans, coopérant sur les technologies des réacteurs, le cycle du combustible, la gestion des déchets radioactifs, le démantèlement et l’assainissement. La France et le Japon partagent la même vision d’un nucléaire durable, reposant sur le recours à terme aux réacteurs à neutrons rapides.

La coopération universitaire et scientifique franco-japonaise s’organise autour de 900 accords entre établissements d’enseignement supérieur et organismes de recherches français et japonais. Même si tous ces accords ne donnent pas lieu à des échanges d’étudiants ou d’enseignants, ils sont la preuve du dynamisme qui anime les relations bilatérales dans ce domaine, et autour desquelles s’articulent également 34 d’accords de doubles-diplômes (dont 70% concernent les sciences de l’ingénieur). La coopération scientifique et technologique est au cœur des partenariats avec le Japon, qui consacre 3,2% de son PIB à la R&D (2019), contre 2,2% en France. Les priorités en matière de recherche et innovation dans le cadre de la coopération sont fixées tous les deux ans par la tenue d’un Comité Consultatif Conjoint (CCFJ – COMIX). La mobilité des chercheurs et des étudiants reste une priorité dans ce cadre, et elle bénéficie de programmes de soutiens spécifiques développés par des structures d’état japonaises (JST, JSPS notamment) en coopération avec les Ministères français (MEAE, MESRI). Le CNRS est très implanté au Japon avec 8 IRL (International Research Lab) couvrant toutes les thématiques scientifiques des sciences exactes aux sciences sociales et humaines. Les diplômes universitaires sont mutuellement reconnus dans le cadre d’un accord bilatéral. Le rapprochement des pôles de compétitivité français et des "clusters" japonais est également une priorité des deux pays.

Près de 75 projets de coopération décentralisée associent aujourd’hui les collectivités territoriales françaises et japonaises, le plus souvent sous la forme de jumelages. Ils permettent de traiter de sujets concrets d’intérêt commun, tels les transports, l’environnement et l’aménagement urbain.

Le partenariat entre les agences spatiales française et japonaise s’articule autour de projets ambitieux, tels que l’exploration des lunes de Mars avec la mission MMX et le développement de technologies de lanceur réutilisable avec le démonstrateur Callisto.

Autres types de coopérations

Outil important de la coopération universitaire franco-japonaise, la convention de reconnaissance mutuelle des études, des diplômes et des crédits signés en 2014 offre une grille de lecture des diplômes des deux pays et permet d’établir des correspondances de niveau d’études. Elle permet aux étudiants japonais dont la scolarité n’est pas sanctionnée par un « baccalauréat » de s’inscrire en première année de licence en France (sous certaines conditions). A l’inverse, elle offre la possibilité aux titulaires d’une licence française de s’inscrire en shûshi (équivalent licence) au Japon. Elle vise également à faciliter les échanges d’étudiants entre le Japon et la France et en accroître le flux. Signée à Paris le 5 mai 2014 par la CPU, la CDEFI et la JANU en présence du Premier ministre japonais Shinzo Abe et du Président de la république française François Hollande, elle sera renouvelée au printemps 2022.

Relations avec l’Union européenne

Le Japon est un partenaire stratégique de l’Union européenne. L’accord de partenariat stratégique (APS) et l’accord de partenariat économique (APE) ont été signés en juillet 2018. Ces accords sont considérés par l’UE et le Japon comme les deux piliers fondamentaux de leur relation bilatérale. En septembre 2019, l’UE et le Japon ont également conclu un partenariat sur la coopération en matière de connectivité, afin de promouvoir une connectivité durable et fondée sur des règles et dont le travail d’opérationnalisation est actuellement poursuivi.

Le 27ème sommet UE-Japon, qui s’est tenu par visioconférence le 27 mai dernier a permis de faire le point et de contribuer à la mise en œuvre de l’APS et de l’APE. Trois annonces principales sont à retenir : i) le lancement d’une première « Alliance verte », ii) l’appel à renforcer la coopération UE-Japon dans l’Indopacifique et iii) l’annonce des premiers projets concrets de coopération au titre du partenariat UE-Japon sur la connectivité.

Enfin, l’adoption du communiqué conjoint de la Commission européenne et du Haut représentant du 16 septembre 2021 détaillant la stratégie de l’Union européenne pour l’Indopacifique constitue un nouvel instrument d’amplification de cette dynamique favorable à une coopération renforcée entre l’Union européenne et le Japon.

Mise à jour : 21.12.21

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