Présentation de l’Iran

IRAN {JPEG}

Présentation du pays

Données générales

Nom officiel : République islamique d’Iran
Nature du régime : République islamique
Chef de l’État et/ou du Gouvernement : M. Hassan Rohani

Données géographiques

Superficie : 1 648 000km2
Capitale : Téhéran
Villes principales : Machhad, Ispahan, Karaj, Tabriz
Langue (s) officielle (s) : Persan
Langue (s) courante (s) : kurde, baloutchi, turc, arabe
Monnaie : Rial (1 euro = 47 289 rials)
Fête nationale : 11 février (révolution islamique)

Données démographiques

Population (2018) : 83,258millions
Densité : 49,65 hb/ km²
Croissance démographique (2017) : 1,1 % / an
Espérance de vie (2017) : 76 ans
Taux d’alphabétisation (2016) : 93 % (pour les Iraniens de 19 à 40 ans)
Religion (s) : musulmans (99,4 %), en très grande majorité chiite, musulmans sunnites, bahaïs (religion interdite), chrétiens (117 700), zoroastriens (25 271), juifs (8 756).
Indice de développement humain : 0,798 (60e rang mondial en 2018)

Données économiques

PIB (2019/2020) : 333,6 milliards $ (prévisions)
PIB par habitant (2019/2020) : 4 005 $
Croissance annuelle : - 3,6 %
Taux de chômage (2019/2020) : 13,9 % selon le FMI
Taux d’inflation 31,2% (2018/2019) : 37,2 % (2019-2020)
Solde budgétaire (2019) : - 3,94 % du PIB
Balance commerciale (2018/2019) : 4,85 % du PIB
Exportations de pétrole (prévisions 2019) : 1.1 Mb/j
Principaux partenaires commerciaux : Chine, Inde, Emirats arabes unis, Turquie, Irak, Corée du Sud, Japon, UE.

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2017 Banque Mondiale) :

  • agriculture : 9 %
  • industrie : 35 %
  • services : 57 %

Exportations de la France vers l’Iran (2018) : 868 M euros Importations françaises depuis l’Iran : 1 560 M euros Solde commercial : - 687 M euros-

Source : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/Pays/iran

Présence française

Site internet de l’ambassade : https://ir.ambafrance.org/
Consulat(s) : Téhéran
Communauté française : 1 077 personnes (dont 784 à Téhéran)
Communauté iranienne en France : 10 100 personnes

Éléments d’actualité

Politique intérieure

La République islamique d’Iran, proclamée le 1er avril 1979, est un régime autoritaire revendiquant une double légitimité théocratique et populaire. Elle repose sur la loi islamique (charia) et sur le principe de la tutelle du jurisconsulte (velayat-e faqih) : la Constitution iranienne place l’ensemble des institutions (politiques, judiciaires, militaires et médiatiques) sous l’autorité du Guide suprême de la Révolution islamique et du Conseil des Gardiens. Cette fonction est assumée depuis le décès de l’ayatollah Khomeyni en juin 1989 par l’ayatollah Khamenei. Il est assisté du Conseil suprême de sécurité nationale, dont le responsable est le vice-amiral Ali Shamkhani et du Conseil de discernement des intérêts supérieurs du régime, présidé par l’ayatollah Sadegh Larijani, qui exerce depuis décembre 2018 cette fonction de supervision des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

Le Président de la République, Hassan Rohani exerce certaines fonctions de chef d’État (signature des traités, accréditation des ambassadeurs, etc.) et assume celles de chef de gouvernement ; il est responsable devant le Guide et devant le Parlement. M. Rohani a été élu à la présidence de la République islamique, dès le premier tour du scrutin, le 14 juin 2013, avec 50,68% des suffrages exprimés (le taux de participation électorale est estimé à 72,7%), puis réélu le 19 mai 2017 au premier tour avec 57% des suffrages.

Le Président, conservateur modéré, avait fait campagne sur un programme réformateur et obtenu l’appui des grandes figures réformatrices, comme l’ancien président Khatami. Investi pour un second mandat présidentiel le 5 août 2017, M. Rohani a fait le choix de la prudence et de la continuité en reconduisant la moitié de ses ministres.

Les élections du Majles (assemblée consultative islamique) en février et avril 2016 ont conforté le Président Rohani et ont vu la victoire de la liste de coalition réformateurs/conservateurs modérés à Téhéran. La réélection du Président réformateur au détriment de son rival conservateur est un signal positif envoyé à la communauté internationale. Si la réussite de son mandat s’articulait notamment autour de courageuses réformes économiques, le retrait américain de l’accord sur le nucléaire le 8 mai et le rétablissement des sanctions américaines ont plongé l’Iran dans une situation socio-économique très difficile.

Situation des droits de l’homme

La situation des droits de l’Homme a connu une dégradation importante depuis 2009. La liberté d’expression, d’association et de réunion connaissent toujours d’importantes restrictions. Les deux principaux chefs de file du Mouvement vert, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, sont maintenus à l’isolement depuis le 14 février 2011. De nombreux activistes politiques ainsi que des défenseurs des droits de l’Homme sont emprisonnés. Les minorités font face à des discriminations sociales importantes. Les atteintes à la liberté d’expression, visant notamment la presse réformatrice, perdurent (170ème place du classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2019). Internet reste très surveillé. Les condamnations à mort restent à un niveau très préoccupant, bien qu’elles soient en diminution depuis plusieurs années (966 en 2015 contre 223 en 2018). Lors de la vague de manifestations qu’a connu le pays à l’été 2018, 7 000 personnes ont été arrêtées, et au moins 26 manifestants ont été tués.

Malgré un discours plus engageant des nouvelles autorités, la situation des droits de l’Homme est loin des améliorations attendues lors de l’élection du président Rohani notamment en ce qui concerne la violation des normes relatives à un procès équitable.

Situation économique

L’annonce le 8 mai 2018 du retrait formel des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et la réintroduction progressive des sanctions américaines suspendues dans le cadre de l’accord, ont eu de lourdes conséquences sur l’économie iranienne. Ces sanctions visent des secteurs clés de l’économie iranienne (énergie, transport, finances). Les principaux investisseurs étrangers se sont retirés du pays et le niveau des échanges commerciaux a chuté de manière spectaculaire. L’inflation a atteint des niveaux particulièrement élevés (+63% entre décembre 2017 et décembre 2018) et a eu des effets négatifs très forts sur le pouvoir d’achat des ménages. Selon le FMI, l’économie iranienne est entrée dans une phase de dépression en 2018 avec une diminution du PIB de 3,6 %, cette tendance devrait encore s’amplifier pour l’année 2019 alors qu’une réduction de 6,3% de l’activité économique est anticipée. Ce contexte difficile génère des mouvements de contestation envers le gouvernement Rohani, des manifestations ont ainsi éclaté dans tout le pays à l’été 2018. Il entraîne également un renforcement de l’emprise des Gardiens de la Révolution sur les sphères du pouvoir et l’économie du pays. En juillet 2019, l’Iran, a décidé, en représailles aux difficultés économiques dues au rétablissement des sanctions, de ne plus respecter certaines des obligations nucléaires de l’accord de Vienne. Le pays a enrichi de l’uranium au-dessus des taux autorisés et a relancé la production d’eau lourde dans la centrale d’Arak.

Afin de préserver certains des bénéfices économiques du JCPoA pour l’Iran, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni cherchent à garantir le maintien de canaux financiers pour les échanges commerciaux entre l’UE et l’Iran, notamment dans les secteurs les plus urgents pour la population iranienne (agroalimentaire et pharmaceutique). A ce titre, Paris, Berlin et Londres ont créé une société de droit privé, appelée INSTEX, détenue par les trois États actionnaires, dont le but est de faciliter le commerce légitime avec l’Iran. L’Iran a établi un mécanisme miroir à Téhéran conforme aux normes financières internationales. Cette structure, devenue opérationnelle à l’été 2019, a vocation à s’élargir à d’autres pays européens.

Politique étrangère

Le retrait américain du JCPoA a de nouveau isolé Téhéran sur la scène internationale. Au-delà du rétablissement des sanctions levées au titre de l’Accord, les États-Unis ont renforcé leur dispositif de sanctions à l’encontre de Téhéran, en se fondant sur divers motifs comme le soutien au terrorisme, la prolifération balistique dans la région, ou le non-respect des droits de l’Homme. L’administration américaine cherche à des soutiens internationaux dans sa stratégie de pression maximale sur l’Iran.

La montée des tensions s’est intensifiée dans le Golfe depuis mai avec la destruction d’un drone américain par l’Iran, l’attaque de plusieurs tankers en mai et juin (attribuée aux Gardiens de la Révolution) et en juillet, trois arraisonnements de pétroliers par l’Iran dont un navire sous pavillon britannique.

Le soutien aux alliés régionaux dans le monde arabe (Syrie, Hezbollah et milices chiites irakiennes) demeure la priorité stratégique de l’Iran.

Depuis le déclenchement de la crise syrienne, l’Iran a apporté un appui crucial à Bachar al-Assad, qui se traduit par un engagement financier massif, des livraisons d’armes et l’envoi de conseillers militaires iraniens auprès de l’armée syrienne. Alors que le régime syrien a réussi à reprendre en main une large partie du territoire, l’Iran cherche à pérenniser son influence dans le pays en renforçant sa présence sur les plans économique, démographique, culturel et social.

Au Liban, le soutien au Hezbollah et son approvisionnement en matériel militaire est une priorité stratégique pour l’Iran. Il permet au régime de mettre en application son objectif de diffusion de la révolution islamique, et de maintenir une pression sur Israël.

Depuis l’intervention américaine de 2003, les liens politiques, économiques et sécuritaires entre l’Iran et l’Irak sont très étroits. Dès juin 2014, les forces iraniennes ont, apporté un soutien opérationnel à l’armée irakienne, aux Peshmergas kurdes et aux milices chiites de la Mobilisation Populaire dans la lutte contre Daesh. Alors que le Premier ministre irakien Abadi a annoncé la victoire contre Daech, le 9 décembre 2017, la question de l’avenir des milices se pose. La France a appelé à leur désarmement, Certaines milices de la Mobilisation populaire, à majorité chiites et pour certaines proches de Téhéran, ont connu un succès important lors des élections législatives de mai 2018.

Au Yémen, les Houthis, principale force d’opposition qui contrôle la capitale et la majeure partie de l’ouest du pays reçoivent un appui limité mais réel de Téhéran. La République islamique condamne fortement l’action de la coalition menée par l’Arabie Saoudite dans le pays.

Dans ce contexte régional favorable à l’expansion de l’influence iranienne, les relations de l’Iran avec ses voisins sunnites, se sont fortement détériorées depuis 2016. Les relations entre l’Iran et l’Arabie Saoudite ont été rompues en 2016 suite au saccage de l’ambassade saoudienne à Téhéran et à l’exécution d’un haut dignitaire chiite en Arabie. L’Arabie Saoudite soutient l’action des États-Unis dans la région et partage la ligne de pression maximale sur l’Iran adoptée par Washington.

A l’été 2019, les tensions dans le Golfe opposant l’Iran aux États-Unis et à leurs alliés sunnites ont connu une forte recrudescence. Plusieurs navires étrangers ont été arraisonnés en mer d’Oman, espace où transite un tiers des flux pétroliers mondiaux. La même semaine, un drone américain a été abattu par les forces armées iraniennes, entraînant une surenchère verbale entre les deux pays et, indirectement, la reprise du programme nucléaire iranien.

Les Nations Unies et l’Iran

L’Iran est membre de l’Organisation des Nations unies et des principaux organismes rattachés à l’ONU, de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, de l’Organisation de la Conférence islamique, de la Banque islamique de développement, du Mouvement des non-alignés, de l’Organisation de coopération économique (qui siège à Téhéran), de l’Indian Ocean Rim Association for Regional Cooperation, de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de la Cour pénale internationale, d’Inmarsat, d’Intelsat, d’Interpol, de la Cour permanente d’arbitrage, de l’Organisation internationale pour la standardisation, de l’Organisation hydrographique internationale et de la Commission océanographique intergouvernementale.

Mise à jour : 10.09.19

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