Présentation de l’Irak

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Présentation du pays

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Données générales

Nom officiel : République d’Irak
Nature du régime : République fédérale
Chef de l’Etat : Barham Saleh (Président de la République)
Chef du gouvernement : Mustafa al-Kadhimi (Premier Ministre)

Données géographiques

Superficie : 438 517 km²
Capitale : Bagdad
Villes principales : Bagdad, Bassorah, Mossoul, Erbil
Langues officielles : arabe, kurde
Monnaie : dinar irakien 1 $ = 1 450 IQD

Données démographiques

Population (2019) : 39,3 millions d’habitants
Croissance démographique : 2,5% (2018)
Espérance de vie : 70 ans (2018)
Taux d’alphabétisation (2015) : 81,5%
Religions : 98% de musulmans (chiites 60%, sunnites 38%), 2% de minorités diverses (chrétiens, yézidis, kakaïs, shabaks, mandéens-sabéens)
Indice de développement humain (2017) : 158ème rang mondial – 0,685 (PNUD)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Après trois ans de combats contre Daech, qui s’était notamment emparé de Mossoul en 2014, la victoire contre l’organisation terroriste est proclamée en décembre 2017. L’Irak entre alors dans une phase de stabilisation et de reconstruction. Aujourd’hui, le contexte demeure toutefois fragile et volatile, en raison de tensions internes et régionales persistantes.
Sur le plan intérieur, l’Irak est confronté depuis octobre 2019 à un mouvement de contestation politique et social qui se concentre principalement dans le sud du pays - où il trouve son origine - et à Bagdad. Ce mouvement d’ampleur inédite dénonce le confessionnalisme, la corruption, les ingérences étrangères, la faiblesse de l’Etat et les difficultés socio-économiques. Les manifestations ont contribué à la démission du Premier ministre Adel Abdel Mahdi en novembre 2019.

Le pays est gouverné depuis mai 2020 par Mustafa al-Kadhimi, désigné Premier ministre après six mois de vacance du pouvoir. Ancien journaliste et militant des droits de l’homme puis directeur des services de renseignement irakiens, Mustafa al-Kadhimi souhaite voir l’Irak s’extraire des effets déstabilisateurs des tensions régionales et mettre fin aux dysfonctionnements dénoncés par le mouvement de protestation. Au début de son mandat, il a pris des engagements à l’endroit des manifestants (libération de manifestants emprisonnés ; formation d’une commission d’enquête sur les violences) et annoncé la tenue d’élections législatives anticipées désormais programmées en octobre 2021. Mustafa al-Kadhimi a également fait part de ses intentions d’œuvrer à restaurer la souveraineté irakienne et le contrôle de l’Etat sur le territoire. Il a ainsi intensifié les opérations militaires contre les réseaux clandestins de Daech et s’efforce de reprendre le contrôle des postes-frontières du pays, gérés depuis plusieurs années par des acteurs non-étatiques.

Le gouvernement irakien doit toutefois composer avec un environnement régional complexe. En 2020, l’Irak a été un terrain d’expression des tensions irano-américaines, qui ont culminé après l’élimination de Qassem Soleimani à Bagdad le 3 janvier. Les frappes de drones qui l’ont visé, à proximité de l’aéroport de Bagdad, ont également tué huit dirigeants irakiens de la Mobilisation Populaire, dont Abou Mahdi al-Muhandis, chef adjoint de l’organisation et ancien chef de Kataeb Hezbollah. Les Etats-Unis ont indiqué que cette frappe avait été menée en réponse à de multiples attaques par des milices contre ses emprises en Irak (tirs de roquettes le 27 décembre 2019 contre une emprise de la Coalition ; assaut de l’ambassade américaine le 31 décembre 2019 en réponse à cinq frappes américaines contre Kataeb Hezbollah le 29 décembre 2019) et pour prévenir d’autres attaques contre les personnels américains en Irak.

A la suite de l’opération américaine visant Qassem Soleimani, le Parlement irakien a voté le 5 janvier 2020 une résolution demandant le retrait des forces étrangères d’Irak. L’Iran a lancé le 8 janvier 2020 une riposte contre les Etats-Unis en tirant une vingtaine de missiles contre les deux bases abritant des soldats américains d’Aïn al-Assad et d’Erbil (Irak), sans faire de victimes.

En dépit de brèves accalmies, certaines milices irakiennes poursuivent leurs attaques contre les intérêts américains et les véhicules et emprises de la Coalition comme l’illustrent les tirs de roquettes qui ont pris pour cible, le 15 février 2021, l’aéroport international d’Erbil abritant la Coalition internationale. L’attaque a provoqué la mort d’un contractuel et d’un civil irakien.

En parallèle, Daech, qui ne contrôle plus directement de territoire, est de retour à une phase clandestine, et poursuit ses activités terroristes en Irak. Elle mène des actions de harcèlement contre les forces de sécurité depuis ses bases arrière dans les provinces d’Anbar, de Ninive et dans la Jézireh et s’en prend également aux civils. Le double attentat suicide du 21 janvier 2021 au centre de Bagdad a provoqué le bilan le plus meurtrier depuis trois ans dans une attaque de Daech dans la capitale.

Dans le cadre de la poursuite de la lutte contre Daech et de la montée de gamme de ses forces de sécurité, l’Irak continue à bénéficier d’un soutien militaire important de la communauté internationale fourni par la Coalition internationale contre Daech et par la mission NM-I de l’OTAN dont les activités ont toutefois été affectées par la crise sanitaire d’une part et les tensions irano-américaines d’autre part.

Les conséquences humanitaires de la guerre contre Daech demeurent importantes. Près de 1,2 million de personnes sont toujours déplacées à l’intérieur du pays selon l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM). Ces populations sont réparties sur l’ensemble du pays avec une forte concentration dans la plaine de Ninive et le Kurdistan irakien. La fermeture des camps de déplacés – où résidaient 250 000 déplacés – s’est accélérée en 2020 et suscite des préoccupations dans un contexte où les familles perçues comme étant affiliées à Daech font l’objet de rejets voire de violences lors de leur retour dans leur région d’origine. Seuls les camps situés dans la région autonome kurde font pour l’heure exception au mouvement généralisé de fermeture.

Le gouvernement irakien fait par ailleurs face à des difficultés économiques importantes depuis 2020. L’effondrement des cours des hydrocarbures dont dépend 90 % du budget de l’Irak (et donc les revenus – salaires, pensions – de 70 % des habitants de ce pays lourdement « fonctionnarisé ») contraint le gouvernement à des mesures d’austérité controversées, comme la dévaluation du dinar.

Enfin, la crise sanitaire provoquée par l’épidémie de Covid-19 est préoccupante en Irak. Le pays est confronté à une forte progression du niveau des contaminations – 628 550 cas pour 13 120 décès en février 2021 – qui met en tension un système de santé irakien structurellement affaibli par des années de conflit.

Politique étrangère

Les autorités irakiennes souhaitent mener une politique d’équilibre et de dissociation des conflits de leur environnement régional et jouer un rôle important sur la scène régionale, lequel pourrait être renforcé par l’accroissement à venir de son poids démographique et économique.

L’Irak a mis en œuvre un rééquilibrage de sa diplomatie, en renforçant ses partenariats avec les pays de son voisinage sud, notamment avec la Jordanie et l’Egypte avec l’organisation de sommets tripartites, ainsi qu’avec la Turquie. Le rapprochement entre Bagdad et les pays du Golfe est également notable, avec l’ouverture de points de passages sur la frontière terrestre irako-saoudienne dont celui d’Arar en novembre 2020. La déclaration d’Al Ula de janvier 2021 a permis l’intensification de la coordination avec les pays du CCEAG, via notamment la réactivation des comités de coordination (bilatéraux et au niveau du CCEAG) et la multiplication des visites officielles bilatérales.

Lors de la conférence de Koweït (12-14 février 2018) d’importantes contributions ont été annoncées par les pays voisins de l’Irak : Turquie (prêt de 5 mds$), Arabie saoudite (1 md$ de prêt, 1 md$ de crédits exports), Qatar (1 md$ de prêt), Emirats arabes unis (250 M$ de prêt et 5,2 mds$ de crédits-exports). Ces annonces importantes peinent toutefois à se concrétiser en décaissements effectifs, alors que les freins à la reconstruction demeurent nombreux (tensions régionales et internes, pandémie).

L’Irak a été, entre le 27 décembre 2019 et le 8 janvier 2020, le théâtre d’une grave escalade des tensions entre l’Iran et les Etats-Unis, qui a culminé le 3 janvier 2020 avec l’annonce de l’élimination par les Etats-Unis du général iranien Qassem Soleimani, commandant de la force Al-Qods depuis 1998.

L’Irak doit également composer avec des opérations militaires turques sur son territoire. Celles-ci s’intensifient depuis juin 2020 et se concentrent dans le nord du pays : la région autonome kurde où le PKK est implanté de longue date et dans certaines parties du territoire fédéral ou dans les zones dites « disputées » entre l’Irak fédéral et la région autonome du Kurdistan.

Situation économique

Avec 40 millions d’habitants, l’Irak est l’un des plus grands marchés de la région. L’économie est dominée par le secteur des hydrocarbures, principal moteur de l’économie irakienne (plus de 90 % des ressources budgétaires et environ 50 % du PIB). L’Irak dispose d’une réserve de pétrole d’environ 150 milliards de barils soit la troisième avérée au monde. La production du pays pourrait atteindre entre 6 et 9 millions de barils par jour selon les prévisions de l’Agence Internationale de l’Energie mais elle est actuellement limitée par les quotas imposés par l’OPEP+.

Le coût de la reconstruction est estimé à 88 Mds USD par la Banque Mondiale. Les principales infrastructures ont été détruites. Après quarante ans de guerre et d’embargo, suivis des destructions liées à la présence de Daech, les besoins sont immenses dans les secteurs de l’énergie, de l’électricité, de l’eau, des transports, des communications ou de la santé. Une conférence internationale sur la reconstruction de l’Irak s’est tenue au Koweït en février 2018.

L’Irak est aujourd’hui lourdement touché par l’effondrement des cours des hydrocarbures, dont dépend plus de 90 % de son budget, et par les effets du confinement (Covid-19) sur l’économie informelle. Après avoir subi une récession de plus de 10 % de son PIB en 2020, et connu plusieurs difficultés budgétaires, le redressement attendu des cours des hydrocarbures en 2021 pourrait redonner quelques marges de manœuvre à l’économie irakienne. Par ailleurs, contrairement à l’année 2020, l’Irak dispose d’un budget pour 2021 voté par le Parlement en avril.

Le gouvernement irakien estime toutefois que des réformes structurelles visant à améliorer la gouvernance - la corruption reste un problème majeur (168ème sur 176 dans le classement de Transparency International) - et à diversifier l’économie demeurent indispensables à long terme. Le Livre blanc adopté en 2020 par le gouvernement irakien identifie plusieurs axes de réforme prioritaires comme la refonte du secteur public, du fonctionnement du marché du travail et du secteur financier ou encore l’amélioration de l’environnement des affaires. Un Groupe de contact économique pour l’Irak [en anglais : Iraq Economic Contact Group] a été lancé le 21 octobre 2020 à Londres pour suivre ces réformes et assister l’Irak dans leur mise en œuvre. La France en est membre aux côtés des autres pays du G7, de l’UE, de la Banque mondiale et du FMI.

Mise à jour : 14.04.21

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