Présentation du Guyana

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Présentation du pays

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Données générales

Nom officiel : République Coopérative de Guyana
Nature du régime : République parlementaire
Chef de l’État : M. David Granger (26 mai 2015)

Données géographiques

Superficie : 214 969 km²
Capitale : Georgetown (140 000 habitants)
Villes principales : Linden, New Amsterdam
Langue officielle : anglais
Langues courantes : anglais, créole
Monnaie : Dollar guyanien
Fête nationale : 23 février (indépendance : 26 mai 1966).

Données démographiques

Population : 777 859 habitants (Banque mondiale 2017)
Croissance démographique (Banque mondiale 2017) : 0,6 %
Espérance de vie (PNUD 2017) : 66,8 ans
Taux d’alphabétisation (CEPAL - Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes 2014) : 96,7 %
Religions : 57 % de chrétiens (anglicans, adventistes et catholiques), 33 % d’hindous, 9 % de musulmans
Indice de développement humain (PNUD 2017) : 0,654 (125e rang)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Le Guyana est une république parlementaire, le président de la République est le chef du parti ayant obtenu le plus de voix à l’Assemblée nationale. Le Parlement monocaméral est composé de 65 sièges dont 40 élus à la proportionnelle et 25 élus dans les 10 circonscriptions correspondant aux 10 régions du pays). Le Parlement actuel se divise entre le parti d’opposition People’s Progressive Party/Civic (PPP/C) réunissant 32 sièges et la coalition gouvernementale « A Partnership for National Unity (APNU) » regroupant le People’s National Congress (PNC), 26 sièges, avec le parti Alliance for Change (AFC), 7 sièges.
Les élections générales anticipées de mai 2015 voient la victoire de la coalition APNU-AFC et l’élection à la présidence de David Granger marquant le retour au pouvoir du parti PNC après 23 ans de gouvernement continu du PPP.

Le 21 décembre 2018, une motion de censure a été adoptée contre le gouvernement du président Granger. Cette motion a été contestée par le gouvernement. La Cour caribéenne de justice a validé le 18 juin 2019 la constitutionnalité de la motion de censure. La date de la tenue des élections générales anticipées est fixée au 2 mars 2020.

Politique étrangère

Le Guyana est notamment membre des Nations unies, de l’OMC (depuis 1995), des pays ACP (d’Afrique, Caraïbes et Pacifique), de l’AEC (Association des États de la Caraïbe), de la CARICOM (Communauté caribéenne) – dont il abrite le siège -, de l’OEA (organisation des États américains), de l’OTCA (Organisation du traité de coopération amazonienne), de la CELAC (Communauté d’États latino-américains et caraïbes) et l’un des deux seuls membres du continent américain, avec le Suriname, de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Ancienne colonie britannique, le Guyana est membre du Commonwealth. Les relations avec le Brésil sont bonnes et des projets d’intérêt régional ont été développés, tels que le pont sur le fleuve Takutu, financé partiellement et construit par le génie militaire brésilien, inauguré le 15 septembre 2009. Les relations avec le Suriname, bien qu’affectées par des désaccords sur la délimitation de la frontière, ont connu une nette amélioration depuis l’arrivée au pouvoir dans ce pays du président Bouterse en août 2010. Les visites bilatérales de part et d’autre se sont multipliées.

Les relations avec le voisin vénézuélien sont plus difficiles du fait d’un différend frontalier qui conduit le Venezuela à revendiquer près des deux tiers (159 000km²) du territoire du Guyana appelé « Essequibo ». Ce différend, qui date de la fin du XIXe siècle, a connu un regain d’actualité spectaculaire à l’été 2015 du fait de la découverte de pétrole au large des côtes guyaniennes. L’échec des bons offices initiés par le Secrétaire général des Nations unies a conduit l’ONU à confier le dossier à la Cour internationale de justice (CIJ). Le Guyana a saisi la Cour pour arbitrage le 4 avril 2018. La Cour doit étudier le dossier en mars 2020.
Corolaire de ces relations compliquées avec le voisin vénézuélien, le Guyana a rejoint le Groupe de Lima dénonçant la dérive autoritaire de Nicolas Maduro. Toutefois, le Guyana n’a pas reconnu officiellement Juan Guaido comme président par intérim.

Les relations avec les États-Unis et le Canada sont marquées par l’existence de fortes communautés guyaniennes dans ces deux pays, évaluées respectivement à plus de 160 000 et 300 000 personnes.

Les relations avec l’Union européenne se développent dans le cadre de l’Accord de Cotonou « UE-ACP », de l’UE-CELAC, de l’UE-CARIFORUM et de la stratégie commune de partenariat UE-Caraïbes. L’UE est destinataire de 30 à 35 % des exportations guyaniennes, le marché européen est le premier débouché pour le sucre guyanien.

La Chine est également présente au Guyana et contribue au financement des infrastructures énergétiques et routières. Le Bosai Mineral Group y a réalisé un investissement de l’ordre du milliard de USD avec l’ouverture d’une usine de bauxite. Le Guyana s’équipe d’avions de surveillance maritime Y12, fournis par l’entreprise chinoise CATIC.

Situation économique

Le Guyana est l’un des pays au plus faible revenu par habitant d’Amérique du Sud (4648 USD en 2018). La base productive de l’économie reste peu diversifiée et repose essentiellement sur cinq produits et trois secteurs : les mines (or, 10,6 % du PIB ; bauxite, 1,4 % du PIB), l’agriculture (riz, 4,9 % du PIB ; sucre, 2,2 %) et la sylviculture (3,8 % du PIB). Néanmoins, au cours des dix dernières années les produits non traditionnels ont largement pris le pas sur le traditionnel binôme sucre et bauxite. Cette évolution a été possible grâce aux investissements étrangers (11 % du PIB en 2012, 8 % en 2013). A ce titre, sauf pour le sucre où il existe une entreprise d’État, GuySuCo, et le secteur du riz, contrôlé par le secteur privé guyanien, les autres secteurs notamment miniers sont dominés par des multinationales (canadiennes, russes et chinoises). Le pays a bénéficié de l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés) et d’effacements de dette, la dette publique est ainsi passée de plus de 600 % dans les années 1990 à 46 % du PIB en 2016. Les transferts de fonds des émigrés, concernant près de 500 000 Guyaniens dont 85 % de main d’œuvre qualifiée, représentent 11 % du PIB. Sous le mandat du président David Granger, le Guyana a consenti des efforts substantiels en matière de transparence financière, qui ont conduit au retrait du pays de la liste grise du GAFIC (Groupe d’action financière des Caraïbes) en octobre 2016. Le pays a signé un accord FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act - échange d’informations fiscales) avec les États-Unis en octobre 2016. Il n’est en revanche pas membre du Forum mondial pour la transparence fiscale de l’OCDE et n’a pris aucun autre engagement en vue d’échanger automatiquement des informations fiscales, que ce soit au plan multilatéral ou sur une base bilatérale.

La récente découverte d’importantes réserves de pétrole estimées à près de 2,5 milliards de barils pourrait transformer le pays à court terme. Le FMI anticipe une croissance de près de 30 % avec les premières mises en huile attendues pour 2020. Le PIB par habitant doublerait en six ans pour atteindre 10 815 USD en 2024 selon le FMI, rapprochant le Guyana du Brésil et de l’Argentine. Le Guyana deviendrait ainsi l’un des principaux producteurs de pétrole de la région après le Brésil et le Mexique et à équivalence avec l’Argentine et l’Équateur. L’exploitation des hydrocarbures nécessitera des besoins en investissements considérables dans les infrastructures notamment. Total a pris des participations dans trois consortiums au Guyana.

Le Guyana est parmi les pays les plus vulnérables au changement climatique. Certaines zones du pays, en particulier les zones côtières sur lesquelles vit une partie importante de la population (90 % environ) et où se situent des infrastructures sensibles ainsi que des zones agricoles apportant 23 % du PIB, se situent en-dessous du niveau de la mer. L’élévation du niveau de l’eau va accélérer l’érosion côtière, accroître le risque d’inondation et entraîner la perte permanente de terres dans certaines zones. Ces évolutions pourraient être exacerbées par la hausse des fréquences et de l’intensité des tempêtes tropicales.

Mise à jour : 28.02.20

Informations complémentaires