Présentation du Guatémala

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Présentation du pays

GUATÉMALA {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République du Guatemala
Nature du régime : République unitaire dotée d’un régime de type présidentiel
Chef de l’Etat : M. Alejandro Giammattei (depuis le 14 janvier 2020)

Données géographiques

Superficie : 108 890 km2
Capitale : Ciudad de Guatemala
Villes principales : Mixco, Villa Nueva, Quetzaltenango, Escuintla
Langue officielle : espagnol
Langues courantes : espagnol et 23 langues autochtones (quiché, mam, cakchiquel, etc.)
Monnaie : le Quetzal
Fête nationale : 15 septembre

Données démographiques

Données démographiques :
Population (Banque mondiale 2020) : 16,8 millions d’habitants
Densité : 161 habitants/km2
Croissance démographique : 1,6 %
Espérance de vie (Banque mondiale 2019) : 74,3 ans
Taux d’alphabétisation : 78 % (Banque mondiale 2012)
Religions : catholiques (47 %), protestants évangélistes (40 %)
Indice de développement humain (PNUD 2019) : 0,65 (rang : 127)

Données économiques

PIB (Banque mondiale 2020) : 77,5 Mds $
PIB par habitant (2020) : 4 603 $
Transferts d’argent des migrants (2020) : 15 % du PIB
Taux de croissance (Banque mondiale 2020) : -1.5 %
Taux de chômage (Banque mondiale 2019) : 2,19 %
Taux d’inflation (Banque mondiale 2020) : 2,6 %
Déficit public (FMI 2019) : -2.3 % du PIB
Solde commercial (Banque mondiale 2020) : -5.8 Mds USD
Principaux clients : Etats-Unis (36 %), pays du SIECA (33 %), UE (7,7 %)
Principaux fournisseurs : Etats-Unis (42 %), Mexique (12 %), Chine (11 %), UE (6,4 %)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (Banque mondiale 2018) :

  • agriculture : 10.7%
  • industrie/mines : 23.9 %
  • services : 61.8 %

Exportations de la France vers le Guatemala : 57,4 M€ en 2020 (-24.7%)
Importations françaises depuis le Guatemala : 56 M€ en 2020 (+4%)
http://www.tresor.economie.gouv.fr/se/guatemala/

Présence française

Communauté française au Guatemala : 989 inscrits, dont 42 % de binationaux.
Communauté guatémaltèque en France : 1088 personnes enregistrées.

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Les Guatémaltèques ont élu le 16 juin 2019 le président Alexandro Giammattei (parti Vamos), en tant que 51ème Président de la République du Guatemala. Ce dernier a remporté le second tour de l’élection présidentielle avec près de 58 % des voix, devant Sandra Torres (Union nationale de l’espérance- UNE, centre-gauche) et a succédé à Jimmy Morales qui avait été président de 2016 à 2020. Les prochaines élections locales, législatives, présidentielles sont prévues en juin 2023.

Les élections générales ont également élu un parlement fragmenté, avec 19 partis représentés pour 160 députés, dont seulement 17 sièges pour le parti présidentiel Vamos. Le gouvernement parvient malgré tout à gouverner grâce aux négociations avec l’opposition (UNE) et aux soutiens des partis conservateurs. En novembre 2021, le congrès a voté le budget 2022 après deux ans de reconduction du budget 2019, en l’absence d’approbation des projets de budget pour 2021 et 2020. L’Assemblée nationale est régulièrement la cible de revendications : à l’automne 2020, son siège a fait l’objet d’une tentative d’incendie de la part de manifestations sociales de grande ampleur protestant contre le projet de budget 2021. De nombreux mouvements sociaux au Guatemala reflètent des conflits terriens, en particulier dans le cadre de projets miniers contestés, provoquant des heurts avec les populations locales en majorité autochtones et marginalisées socio économiquement.

En fonctions depuis janvier 2020, le président Giammattei a été immédiatement confronté à la pandémie de COVID-19. La gestion de la réponse à la pandémie a fait l’objet de critiques et d’accusation de corruption visant des membres du gouvernement.

L’expulsion en 2019 de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG), décidée par l’ancien président Morales suite aux enquêtes visant son entourage, et confirmée par le président Giammattei, a marqué un tournant. Le blocage du renouvellement des instances judiciaires inquiète les observateurs sur la situation de l’Etat de droit, en particulier pour la Chambre de constitutionnalité dont la présidente, Gloria Porras, a été empêchée de prêter le serment lui permettant de renouveler son mandat. Le limogeage du procureur du parquet anticorruption, Juan Francisco Sandoval en juillet 202 a été suivi, en 2022, par des mesures de harcèlement judiciaire visant les juges, procureurs et avocats ayant coopéré avec la CICIG, conduisant à la démission de la juge Erika Aifan et à la destitution par la Cour suprême de justice du juge Pablo Xitumul à la suite, qui a été privé de son immunité.

La violence endémique, marquée par un taux d’homicides de 26 pour 100 000 habitants demeure la préoccupation majeure des Guatémaltèques.

Situation économique

Pays le plus peuplé d’Amérique centrale (16,8 millions d’habitants, soit 1/3 de la population de la région), le Guatemala en est aussi la première économie. En adoptant des mesures de couvre-feu, il a évité une trop forte dégradation de son PIB en 2020 (-1,5%). Une croissance du PIB de 4% est prévue pour 2021. Cette résilience de l’économie s’explique notamment par l’augmentation des envois de fonds des migrants (hausse de 6,3%) et du fait de la reprise de la demande des Etats-Unis. Parallèlement, les exportations de biens et de services ont aussi montré une résilience remarquable tout au long de la crise ; les principaux secteurs exportateurs du Guatemala (notamment les matières premières, les produits chimiques et le textile) n’ont été que peu affectés par la baisse de la demande globale et par les mesures de restriction de l’activité. En outre, la bonne tenue économique du pays s’explique aussi par le poids du secteur informel, qui représente près de 22% du PIB guatémaltèque et 76% de l’emploi total avant le début de la pandémie.

Le pays reste confronté aux inégalités et plus de la moitié de la population, en grande majorité d’origine indigène, vit en dessous du seuil de pauvreté (moins de 4 USD/jour). Les contrastes ne sont pas seulement économiques et sociaux, mais également ethniques et territoriaux : les indices de pauvreté les plus élevés du pays coïncident avec les départements fortement peuplés par les communautés indigènes. Les moins de 30 ans représentent 70 % de la population guatémaltèque, caractérisée par un faible taux de scolarité (seulement 65 % chez les moins de 18 ans, durée moyenne de scolarité : 4 ans), des maternités prématurées, le chômage et la violence.

La charge fiscale au Guatemala est l’une des plus faibles au monde (10,4 % du PIB en 2016). Selon les estimations du ministère guatémaltèque des Finances, le taux d’évasion fiscale concernerait entre 70 et 74 % du montant de l’impôt sur le revenu, et entre 30 et 35 % de la TVA (IVA). En outre, le délai moyen pour créer une entreprise au Guatemala a été divisé par deux entre 2010 et 2018 (15 jours).

Politique extérieure

La politique extérieure du Guatemala se caractérise par le poids des relations historiques avec les Etats-Unis, le Mexique et la région centraméricaine. Le Guatemala a ratifié le Traité de Rome instituant la Cour Pénale Internationale (CPI) en 2012. Principal contributeur de la zone Amérique centrale-Caraïbes, il participe par ailleurs depuis plusieurs années aux opérations de maintien de la paix, avec près de 250 effectifs déployés en pays francophones (principalement Haïti et République démocratique du Congo).

Le Guatemala entretient une relation dense avec les Etats-Unis où vivent près de trois millions d’émigrés guatémaltèques. Les transferts directs d’argents ont atteint 11,34 MDS USD en 2020, ce qui représente 15% du PIB.

Lors du mandat de Donald Trump la politique étrangère guatémaltèque s’est distinguée par un alignement sur les priorités de Washington : rupture des relations diplomatiques avec Caracas, transfert de son ambassade à Jérusalem, désignation du Hezbollah comme organisation terroriste, signature d’un accord de pays tiers sûr. L’arrivée de l’administration Biden s’est traduite par la permanence de l’importance attachée à la coopération visant à contenir l’émigration vers les Etats-Unis. Lors de sa visite au Guatemala en juin 2021, la vice-présidente Harris a incité les migrants à renoncer à leurs projets (« do not come »). Un accent nouveau a été mis sur la lutte contre la corruption, qui s’est traduit par l’adoption de sanctions individuelles contre des personnalités politiques guatémaltèques corrompues et la suspension de la coopération judiciaire après l’éviction du juge Sandoval de la tête de la FECI (Procureur spécial contre l’impunité). Le Guatemala n’a pas été convié au Sommet des Démocraties organisé par le président Biden en décembre 2021.

Le Guatemala entretien également des relations diplomatiques avec Taïwan.
L’intégration régionale est une des priorités de la politique étrangère du Guatemala, qui est membre du Système d’intégration centraméricain (SICA), dont il héberge également le siège. Cette organisation rencontre cependant des difficultés dans la désignation de sa présidence tournante, conséquence de la crise politique nicaraguayenne. Le Guatemala entretient un contentieux territorial avec son voisin, le Belize. Le principe de la saisine de la Cour internationale de justice (CIJ) a été validé dans les deux pays par référendum, au Guatemala en avril 2018 et au Belize en mai 2019. Le Guatemala a présenté son mémoire en revendication en 2020 et le Belize dispose d’un délai allongé à 2 ans, jusqu’en juin 2022, pour déposer le sien en réponse.

Le Guatemala est, derrière le Honduras et le Nicaragua, le troisième bénéficiaire en Amérique centrale de la coopération européenne (187 M€ pour 2014-2020). Premier bailleur d’aide au développement du Guatemala, l’UE soutient le processus d’intégration régionale, dont le renforcement était un des objectifs de l’accord d’association bi-régional signé et ratifié en 2012 par le Congrès guatémaltèque, dont le volet commercial est entré en vigueur, à titre transitoire, le 1er décembre 2013. Le G13, regroupant l’Allemagne, le Canada, l’Espagne, les Etats-Unis, le Royaume Uni, l’Italie, la Suisse, la Suède, la France, l’UE, l’OEA, la BID, le FMI, la Banque mondiale et l’ONU, est un espace de dialogue politique entre les principaux bailleurs et les autorités guatémaltèques.

Mise à jour : 02.05.22

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