Présentation du Ghana

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Présentation du pays

GHANA {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République du Ghana
Nature du régime : République
Chef de l’Etat : Nana Akufo-Addo (né le 29 mars 1944)

Données géographiques

Superficie : 238 537 km² Capitale : Accra Villes principales : Accra, Kumasi, Sekondi-Takoradi, Tamale Langue officielle : Anglais Langues nationales principales : Asante (Twi), Ewe, Fante, Boron, Dagomba, Dangme, Dagarte, Kokomba, Akyem, Ga, Haussa Monnaie : cedi (taux de change au 30/09/2020 : 1 EUR = 6,757GHS) Fête nationale : 6 mars (proclamation de l’indépendance en 1957)

Données démographiques

Population : 30,4 millions d’habitants (Banque mondiale, 2019)
Croissance démographique : 2,2 % (Banque mondiale, 2019)
Espérance de vie : 63,78 ans (Banque mondiale, 2018)
Taux d’alphabétisation : 79,4 % (Perspective Monde, 2018)
Religions : Christianisme 71,2 % (Pentecôtisme 28,3 %, Protestantisme 18,4 %, Catholicisme 13,1 %, autres 11,4 %), Islam 17,6 %, traditionnelles 5,2 %, sans religion 5,3 % (Ghana Statistical Service, 2012)
Indice de développement humain : 0.596 soit 142e/189 pays (PNUD,2018)
Classement Transparency International : 80e sur 180 pays (2019)

Eléments d’actualité

Politique intérieure

Le Ghana accède à l’indépendance en 1957. Kwame N’Krumah, leader du mouvement panafricaniste, en devient président jusqu’à son renversement en 1966. Le Ghana va ensuite expérimenter plusieurs périodes d’instabilité politique jusqu’à la fondation de l’actuelle quatrième république en 1992 par Jerry John Rawlings. Réélu en 1996, celui-ci renonce, conformément à la constitution, à briguer un troisième mandat en 2000. Dès lors, le Ghana va connaitre une succession d’alternances pacifiques, érigeant le pays en modèle continental. Le Ghana jouit aujourd’hui d’une stabilité à la fois institutionnelle (alternance démocratique) et sécuritaire (même si la menace terroriste existe) qui en fait un pays à part dans la région.
Depuis son élection fin 2016, le président Nana Akufo-Addo s’est attelé avec son équipe à mettre en oeuvre son programme, le « Ghana beyond Aid », principalement axé sur l’économie. Décliné sous différentes formes, ce programme vise principalement l’industrialisation du pays (« One District One Factory ») et la remise à niveau de l’agriculture (« One Village One Dam » ; « Programme for Planting for Food and Jobs »). Confronté à un déficit d’infrastructures, notamment de transport, permettant de désenclaver l’intérieur du pays, le Président Akufo Addo cherche à renforcer des partenariats stratégiques avec des pays (la Chine en particulier) lui offrant des solutions rapides, quitte à endetter le pays.
Le développement économique poussé par le gouvernement vise à soutenir la politique de progrès social directement inspiré des Objectifs de développement durable des Nations unis dont le Président Akufo-Addo est ambassadeur. La matérialisation de cette vision est ainsi visible au niveau de l’éducation et de la jeunesse qui bénéficie depuis un an de la gratuité des études secondaires.
La politique intérieure du pays est aujourd’hui marquée par deux défis : la lutte contre la corruption et la décentralisation. Le gouvernement, par le biais d’un procureur spécial, s’est doté d’un nouvel outil destiné à accroître l’efficacité de la lutte contre la corruption (le Ghana recule de deux places au classement Transparency international entre 2018 et 2019). Les prochaines initiatives en matière de réformes des institutions devraient profiter aux régions. Sous la houlette d’une Commission électorale renouvelée en juillet 2018, six nouvelles régions ont été créée après un référendum organisé fin décembre 2018. Le référendum prévu le 1er décembre 2019 autour de l’élection des exécutifs locaux a été annulé).
Deux grands partis dominent le paysage politique du pays, consacrant la bipolarisation de celui-ci : le New Patriotic Party (NPP, actuelle majorité) et le National Democratic Congress (NDC, minorité).

Les prochaines élections présidentielles prévues pour le 7 décembre 2020 verront s’affronter le deux mêmes rivaux qu’en 2012 et 2016 : l’actuel président Nana Akufo Addo (NPP) et l’ancien président (NDC) John Dramani Mahama.
En dehors des deux principaux partis, les chefferies locales et traditionnelles jouent un rôle important dans l’administration du pays et constituent des relais politiques privilégiés.

Politique étrangère

Le Ghana bénéficie d’une image très positive sur la scène internationale. Ce pays avait notamment été choisi par le Président Obama pour son premier déplacement en Afrique en juillet 2009. Grâce à son expérience de la démocratie, le Ghana a souvent eu l’occasion d’être sollicité en tant que médiateur durant les crises politiques régionales. Ce fût notamment le cas au Libéria, en Gambie, ainsi qu’en Côte d’Ivoire (avec qui le Ghana partage des liens ethniques via les Akans). Le Ghana a d’ailleurs accueilli environ 10 000 réfugiés ivoiriens à la suite de la crise 2003-2004. Plus récemment, le président Akufo-Addo s’est impliqué comme facilitateur dans la crise togolaise de 2017-2018. Il préside pour un an la CEDEAO, confrontée à de nombreux défis (Mali, ECO,…). Sur le plan militaire, le pays s’est engagé depuis plus de 25 ans dans de nombreuses opérations de maintien de la paix de l’ONU (Sierra Leone, Liban, République Démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Mali…), au sein desquelles 40% de ses effectifs militaires sont actuellement engagés. Il abrite sur son sol le Centre International Kofi Annan de Formation au Maintien de la Paix (KAIPTC), créé en 1998 et mis en service en 2004.

Dans la tradition panafricaniste de son fondateur Kwame N’krumah, le Ghana est leader de l’intégration régionale, menant par exemple la « task force » sur la monnaie unique de la CEDEAO, qui devrait adopter comme nom l’ECO. L’institut Monétaire de l’Afrique de l’Ouest, créé en 2001 pour accompagner le processus de création de cette monnaie unique, est installé à Accra. Sur le plan continental, il fait partie des deux premiers pays à avoir ratifié l’accord portant création de la Zone de Libre-Echange Continentale africaine à l’initiative de l’Union africaine (ZLECAf).

Cette position n’empêche pas le Ghana d’avoir connu des différends avec ses pays voisins, notamment sur des questions frontalières. En septembre 2017, Accra a ainsi obtenu gain de cause face à Abidjan devant le Tribunal international du droit de la mer, dans le règlement d’un contentieux sur la délimitation de la frontière maritime (et de l’appartenance des ressources pétrolifères limitrophes).

Du fait de l’environnement sous régional dans lequel il évolue, le Ghana souhaite également intensifier ses relations avec ses voisins francophones. Dans ce cadre, le pays a signé avec l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) un « pacte » d’une durée de quatre ans pour renforcer l’enseignement et l’usage de la langue.

La France, avec la délégation de l’UE, l’Allemagne et quatre autres Etats membres présents au Ghana, soutient et s’engage dans le processus nouveau de programmation conjointe dont l’objectif est de concentrer et mutualiser les actions et les moyens dans des secteurs prioritaires, les rendant plus visibles et cohérents avec les objectifs du Gouvernement du Ghana. Le document de programmation conjointe se concentrera sur les secteurs de la gouvernance et de la décentralisation, l’économie (soutien au secteur privé, notamment pour l’agriculture et l’énergie), la lutte contre le changement climatique et le genre. En 2017, les échanges entre le Ghana et l’UE ont atteint 5,5 milliards d’euros. L’UE est le marché principal pour le Ghana pour ses produits agro-alimentaires (des fèves de cacao et le cacao transformé, le thon en conserve). L’UE soutient aussi la compétitivité de Ghana par des programmes de coopération.

Le Ghana bénéficie de la Stratégie de programmation conjointe des partenaires européens (2017-2020). Le processus de programmation conjointe prévoit en particulier de soutenir et d’accompagner le Ghana dans sa transformation et dans la consolidation de son statut de pays à revenus intermédiaires, de sa croissance économique et de sa gouvernance démocratique. L’objectif est de progresser vers un partenariat réciproquement bénéfique et de s’engager dans des formes de coopération plus stratégiques. Dotée d’une enveloppe budgétaire de l’ordre de 1,25 milliard d’euros pour la période 2018-2021, cette programmation se concentre sur deux secteurs prioritaires identifiés par le gouvernement du Ghana dans son Plan national de développement à long terme, que sont l’appui au secteur privé et à la gouvernance :

  • l’appui au secteur privé (dont agriculture, développement rural, pêche, forêts, énergies, industrie, protection sociale, etc.), répondant à l’objectif formulé par le gouvernement de construction d’une économie industrielle, inclusive et résiliente (886,4 M EUR)
  • la gouvernance (décentralisation, redevabilité, anti-corruption, finances publiques, politique fiscale, etc.), en réponse à l’objectif de construire des institutions effectives, efficaces et dynamiques (364,2 M EUR). La France y contribue à hauteur de 199,5 M EUR (dont 157,5 M EUR étaient déjà engagés en 2017).

Situation économique

Avec un PIB de 67,0 Mds USD et un RNB par habitant de 2220 USD en 2019, le Ghana représente la 2e économie de la CEDEAO, derrière le géant nigérian mais devant la Côte d’Ivoire. L’économie ghanéenne repose sur l’exploitation de matières premières (or, pétrole, cacao) et les activités de service qui s’y adossent. Après une période de ralentissement de la croissance entre 2014 et 2016 entrainée par la chute des cours des matières premières, le dynamisme économique ghanéen a repris en 2017 (8,1 % selon la Banque Mondiale).

Le Ghana a connu l’un des taux de croissance les plus élevés au monde en 2019 (6,5 %) mais la crise économique engendrée par le COVID-19 a entrainé une révision à la baisse des perspectives du FMI, qui prévoit dorénavant une croissance de 1,5% pour l’année 2020.

Encore peu diversifiée, l’économie ghanéenne présente une forte dépendance au cours des matières premières. Elle est aussi l’une des économies les plus endettées d’Afrique sub-saharienne : sa dette représentait 63,2 % de son PIB en 2019, détenue à plus de 60% par des investisseurs non-résidents. Le service de la dette couvre 44,5% du faible niveau de mobilisation fiscale (14,3% du PIB en 2019). Le Ghana a fait partie des premiers pays à se ré-endetter sur les marchés financiers internationaux après avoir bénéficié de l’initiative PPTE.

Depuis 2016, des efforts ont été entrepris pour rééquilibrer les finances publiques après le déficit public de -6,9% cette même année et ont permis d’atteindre -4,1% de en 2017. Les coûts exceptionnels induits par le sauvetage du secteur financier de 2017 à 2019 ont établi le déficit à -7,0% en 2018 puis à -7,5% du PIB en 2019. La réduction de l’inflation à 7,9% sur 12 mois glissants en décembre 2019, contre 9.8% un an plus tôt et 17% à la fin 2017, a permis à la Banque du Ghana de réduire son taux directeur à 16%. Pour atténuer les effets économiques de la crise du COVID-19, la Banque centrale a réduit son taux directeur à 14,5% en mars 2020.

Pour faire face au coût des mesures prises pour lutter contre la pandémie de COVID-19, le Ghana a bénéficié du soutien financier des intuitions internationales, notamment par les concours financiers du FMI (5,8 Mds GHS, env. 850 M EUR), de la Banque mondiale (580 M GHS, env. 85 M EUR), de l’UE (87 M EUR) et de la Banque Africaine de Développement (406 M GHS, env. 60 M EUR).
PIB nominal : 67,0 milliards de dollars en 2019 (Banque Mondiale, 2019) Taux de croissance : 6,5 % en 2019 (GSS, 2020) Taux de chômage : 4,3 % en 2019 (Organisation Internationale du Travail, 2019) Taux d’inflation : 7,9 % en 2019 (Banque du Ghana, 2020) Principaux partenaires commerciaux à l’exportation : Inde, Chine et Afrique du Sud en 2018 (Banque Mondiale) Principaux partenaires commerciaux à l’importation : Chine, Etats-Unis et Belgique en 2018 (Banque Mondiale) Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB en 2019 (Ghana Statistical Service, 2020) : agriculture : 18,5 % ; industrie : 34,2 % ; services : 47,2 %
Exportations : 17,1 milliards de dollars en 2018 (Banque mondiale) Importations : 11,9 milliards de dollars en 2018 (Banque mondiale)
Exportations de la France vers le Ghana : 233,3 millions d’euros en 2019 (Douanes françaises, 2020) Importations françaises depuis le Ghana : 431,3 millions d’euros en 2019 (Douanes françaises, 2020)

Mis à jour : 02.11.20

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